L’enfant cancéreux et sa relation avec la religion

By 17 February 2013

III.3.2.2 L’enfant cancéreux et sa relation avec la religion

Le traitement oncologique est généralement long et les soins dérangent beaucoup. Les enfants, dans cet état chronique grave, peuvent avoir des moments de dépression, d’isolement; ils peuvent se sentir infériorisés avec une augmentation corollaire du risque de problèmes psychiatriques, sans compter une détresse spirituelle. Quand l’enfant est capable de comprendre de façon cognitive les dimensions qui le transcendent lui-même, il peut ainsi reconstruire les expériences précédentes en y incluant des relations personnelles ou de nature spirituelle. Selon Hart et Schneider (1997), la spiritualité aide à créer les valeurs et croyances qui vont influencer la conduite de la vie chez les enfants, ce qui peut faire naître en eux la force et le courage.

Le soin spirituel de l’enfant doit être en cohérence avec les besoins psychosociaux- et avec son développement et doit être communiqué de façon à pouvoir être cognitivement compris. L’enfant fait rarement mention de besoins spirituels et très peu d’enfants ont la capacité cognitive ou des expériences passées significatives leur permettant d’identifier un besoin comme étant spirituel. C’est ce que l’étude de Hart et Schneider (1997) sur les soins spirituels chez l’enfant cancéreux montre. En réalité, pour les enfants cancéreux et dans leur relation avec la religion, les parents et la famille jouent un rôle fondamental. Les expériences médicales vécues de façon journalière tissent la foi de ces individus et de plus, ces enfants peuvent avoir des expériences telles que la peur de voir leur corps déformé- perte importante de poids, alopécie et/ou perte d’un membre- ou bien celle de la perte potentielle de la vie et en conséquence la détresse spirituelle peut être accompagnée d’une diminution de l’espérance et de la foi, ce qui peut avoir un impact négatif sur le processus de guérison (HART et SCHNEIDER, 1997).

Le choix religieux de la famille a une forte influence sur les croyances et pratiques en relation avec la maladie chronique grave et la mort : les parents peuvent amener leur enfant à plusieurs types de rencontres spirituelles, dans l’espérance de trouver un argument non encore évoqué par les médecins. Ou bien ils sont là à la recherche d’une justification, à la recherche de la solution, de la guérison, à la recherche de la vie, autrefois si présente chez l’enfant et maintenant cachée derrière la maladie.

La détresse spirituelle peut être démontrée par l’anxiété, l’hostilité et l’accusation… Il faut observer avec finesse le comportement des parents, leurs commentaires verbaux et les types de questions posées, et il faut également savoir s’ils ont un système de soutien moral fiable (entourage) ou s’ils assurent le soutien de l’enfant. Quand les efforts de coping des parents et les ressources spirituelles fournissent une sorte de soutien – par exemple familial ou social- les enfants sont plus susceptibles de gérer le trauma de l’hospitalisation et de la maladie de façon plus tranquille (HART et SCHNEIDER, 1997).

Etant donné la possibilité fréquente de voir les parents dans un état critique, le professionnel de santé doit comprendre que les pleurs, les cris et les appels à Dieu peuvent faire partie de la recherche d’une source de forces et non seulement, cela doit être compris par l’entourage para- médical, mais les médecins doivent aussi faire face et assimiler ce type de comportement. Il est alors vivement déconseillé de séparer l’enfant cancéreux de la famille. Evidemment on observe que les besoins spirituels d’un enfant sont plus facilement compréhensibles si on a accès aux besoins spirituels des parents. De fait, les membres de la famille se tournent vers le niveau spirituel pour que l’enfant soit guéri, ce qui est enregistré par l’enfant qui peut identifier l’efficacité, le bénéfice et la victoire atteints grâce à la religion ou bien grâce aux sources spirituelles utilisées et dans ce cas, ces pratiques religieuses doivent continuer à l’hôpital (HART et SCHNEIDER, 1997).

D’autre part, à la suite du traitement, il faut que les parents sachent aussi observer le comportement de leur fils. Fulton et Moore (1995) expliquent que des symptômes repérés à l’école chez les enfants : évitement des interactions, lassitude, réponses furieuses, somnolence, cauchemars ou comportement régressif peuvent indiquer une diminution du sens de l’amour et être en relation avec un manque de miséricorde, signes qui indiquent une détresse spirituelle.

Une autre remarque doit être faite sur la foi de celui qui souffre : il veut que le professionnel de santé sache ce qu’il pense au sujet de la foi. Quand il croit, il veut que le professionnel soit partisan de cette foi. Imaginons le cas d’un parent : il ne veut pas de contraintes avec celui qui surveille la vie de son fils et parfois le patient n’a pas le courage d’en parler, tout en pensant que le professionnel pourra le croire, à quelqu’un d’ignorant ou de moins éduqué (HART et SCHNEIDER, 1997). Tout cela pourra gérer une situation d’insatisfaction, menant à une blessure dans la relation professionnel- patient.

Lire le mémoire complet ==> (Les facteurs psychologiques impliqués lors des soins dentaires aux enfants brésiliens )
Thèse de doctorat en psychopathologie et psychologie clinique – Ecole Doctorale Cognition, Langage, Interaction
Université PARIS 8- VINCENNES-SAINT-DENIS