Le Raid’Spect Nature : un évènement sportif durable

By 21 February 2013

Analyse de l’évènementiel sportif durable – Chapitre 3 :
Section I : L’étude de cas de quatre « évènements sportifs durables »

C) Le Raid’Spect Nature

Le Raid’Spect Nature

1- Structure organisatrice : L’UFOLEP

L’UFOLEP, Union Française des Œuvres Laïques d’Education Physique, est le secteur plein air de la Ligue de l’Enseignement. Elle a été créée en 1928 et propose « une autre idée du sport », en faisant de celui-ci un « outil d’éducation pour tous »57. Avec plus de 125 sports représentés, 410 000 adhérents, 10 000 clubs, 102 comités départementaux, 24 comités régionaux, c’est la première fédération affinitaire multisports de France. C’est la seule pour le moment à avoir mis en place un guide pour aider ses affiliés à mieux organiser leurs évènements en terme de développement durable. L’UFOLEP nationale a été primée par la fondation Nicolas Hulot pour ce guide, « Développement durable et manifestations sportives ». C’est le comité régional Rhône Alpes qui a organisé le Raid’Spect Nature, dans lequel Cédric Godderidge, l’interviewé, est l’unique cadre salarié. Son rôle est un rôle de coordination entre les 8 départements, mais aussi entre le national et le régional, même s’il faut noter qu’il n’y a pas de relations hiérarchiques entre ces différents échelons territoriaux. Il travaille donc à la fois à gérer l’équipe technique régionale, formée de bénévoles, qui se réunit en commissions sportives régionales, mais aussi, à un niveau un peu plus « administratif » comme il le dit, à chercher des subventions et des partenaires.

57 Page d’accueil de www.ufolep.org

a) Concept de l’évènement

Le Raid’Spect Nature s’est déroulé les 2 et 3 juin à Hauteville Lompnès dans l’Ain, pour sa deuxième édition. C’est un Raid qui allie le côté sport aventure : par équipes de 2, les participants se mesurent lors d’épreuves de VTT, tir à l’arc, course d’orientation, canyoning, accrobranche ; et le côté éducation à l’environnement, avec une exposition pédagogique nationale « Sport nature, sport qui dure » et un salon « développement durable ».

L’évènement accueille le champion du monde 2005 des raids aventure, membre de l’équipe Quechua (important partenaire de l’évènement), Rudy Gouy.

b) Caractéristiques « durables » de l’évènement

Beaucoup d’actions tournées vers le développement durable ont été mises en place sur cet évènement :

* Un salon gratuit réunissant des équipementiers sportifs engagés dans l’éco- conception (Quechua et ses vêtements Outdoor, Pack Europe : produits plastiques recyclés, Agnès Godart : cuisine à base de plantes, etc.), des acteurs locaux (produits du terroir, produits bio…) et des associations environnementales (Mountain Wilderness, Frapna : Fédération Rhône Alpes de protection de la nature, Greenpeace…)

* Une exposition, élaborée par Jérôme Caviglia, fondateur d’Atemia Développement58, expliquant les impacts environnementaux de certains sports dont on ne soupçonne pas les effets, et les clés et solutions pour faire évoluer les choses. L’inauguration et le vernissage de l’exposition nationale ont eu lieu ce week-end là.

* Des projections de films et documentaires liés au développement durable ont été proposées tout au long du week-end.

* Plus concrètement au niveau interne de l’organisation, des mesures en cohérence avec le projet global ont été prises pour minimiser le plus possible l’impact sur l’environnement : les déchets ont été triés, les ravitaillements ont été faits avec des produits bio et locaux (rappelons que la consommation de tels produits évite de faire venir des produits de plus loin et donc limite l’émission de pollution par les transports), des sacs biodégradables ont été utilisés, un jet à forte pression pour le nettoyage des VTT a permis une consommation d’eau réduite, les reconnaissances du site ont été faites en covoiturage, le circuit VTT (sentiers balisés et chemins carrossables) a été certifié par un organisme de protection de la nature, etc.

58 Entreprise de valorisation des patrimoines : diagnostic et réalisation d’actions de développement soutenable, de recherche et d’innovation, auprès des collectivités territoriales et entreprises. www.atemia.org

c) Quelques limites du Raid’Spect Nature

Quelques unes des remarques suivantes m’ont été rapportées par une personne qui s’est rendue sur le site ce week-end là, car je n’ai pas pu personnellement y aller.

Tout d’abord, au niveau de la visibilité de l’évènement et de la communication faite autour de celui-ci, on peut dire qu’elles ont été très faible : très peu d’indications dans le village et peu lisibles pour les non avertis. Tout au long de l’évènement, très peu d’images ont été prises, photographie et télévision confondues.

Ensuite, l’ensemble du salon était aéré, soigné, pédagogique et ludique, mais le public n’était pas au rendez-vous, peut être à cause du temps et de la période électorale. Les enfants et scolaires non plus… La grande halle accueillant le salon est restée souvent vide, même si la volonté d’affirmer le développement durable était vraiment très présente.

Les efforts de ce raid pour atteindre une certaine qualité environnementale sont par ailleurs nettement identifiables, mais pas assez poussés à leur maximum (par exemple, toute la nourriture n’était pas forcément bio, le nettoyage des vélos à l’eau n’est pas indispensable). On retrouve l’aspect économique du développement durable dans la présence des producteurs locaux, mais encore une fois on remarque très peu d’actions au niveau social. Le fait que l’exposition et le salon étaient ouverts gratuitement montre néanmoins une volonté d’équité sociale, en ne refusant aucun public.

On peut aussi noter la séparation flagrante entre le raid et le salon, au niveau géographique, ce qui n’a pas forcément incité les rares spectateurs à tout visiter.

Pour résumer, on observe ici une vraie volonté de faire changer les choses au sein de l’organisation en elle-même, comme au niveau de la sensibilisation auprès du grand public et une capacité spatiale parfaite pour une grande manifestation, mais des moyens limités, par exemple au niveau financier, qui ont entraîné quelques points négatifs, comme par exemple le manque de communication flagrant autour de l’évènement.

2- Analyse de l’entretien avec Cédric Godderidge

a) La remise en questions d’une aventure associative et sportive au travers du développement durable

Comme dans le précédent entretien, on remarque la relative importance du domaine sportif, avec le raid et ses valeurs d’aventure, auprès de Cédric Godderidge, cadre fédéral à l’Ufolep et organisateur du Raid’Spect, comme l’illustre l’analyse lexicale (cf. thème n°3, Tableau 3 en fin de partie) et cette citation : « Donc, nous, notre axe prioritaire c’était quand même l’évènement sportif, parce que c’est ce qu’on sait faire en premier lieu, donc c’était le raid, et après, le salon est venu se greffer. C’était pas l’inverse. »

Mais rapidement, dans les explications, vient se greffer la forte alliance entre le raid et la partie salon et exposition, autrement dit la partie sensibilisation de l’évènement : « On a toujours voulu communiquer sur l’ensemble de ce que sera l’évènement et le raid et que les gens qui viennent y participer et bien… ils aient peut-être cette sensibilisation ou en tout cas ils sont curieux de voir comment se déroulera ce raid là par rapport à n’importe quel type de raid. Et puis après sur les exposants, sur la presse et autre, on a toujours mis tous les volets de l’évènement, voilà. ». Le Raid’Spect n’est pas une nouvelle édition d’un raid auquel on aurait rajouté une dimension développement durable mais bien un évènement à part entière, né de la fusion entre un raid nature (le DéfiNat’) et une exposition (Sport nature, Sport qui dure), expliquant les impacts de certaines activités sportives sur l’environnement : « En fait, le vrai point de convergence qui a fait que ça a pris cette tournure là, c’est que en travaillant par ailleurs sur la fameuse exposition, et donc avec les gens avec qui je travaille sur l’exposition, donc l’UFOLEP nationale, Atemia Développement et compagnie, on s’est dit tiens, bah… quand est-ce qu’elle va sortir cette expo, quand est-ce qu’on en fera le vernissage, il faudrait que ce soit quelque chose de sympa, sur une manifestation existante et tout. Et là, ça m’a fait tilt et je me suis dit… on a un raid nature qu’aura lieu en juin. »

« Cette année y’a toujours la même envie de faire quelque chose autour des sports de nature, donc deuxième édition, et en fait y’a eu plein d’autres choses que l’on mène en parallèle qui ont fini finalement par converger. C’est-à-dire que d’un côté y’a ce raid, et de l’autre côté y’a l’exposition qu’on est en train de mener… exposition qui s’intitule sport euh… « sport nature, sport qui dure », et qui est une exposition qui traite en fait de l’incidence des sports de nature sur l’environnement, des impacts, et puis… pas simplement s’en rester au constat, mais essayer de proposer des solutions, toutes bêtes, concrètes, individuelles et collectives pour qu’on limite nos impacts à la fois dans nos pratiques et nos organisations ».

Même si Cédric Godderidge connaît bien l’intérêt de chacun des piliers du développement durable (économique, social et environnemental) : « Pour nous, le développement durable, il est celui là, c’est-à-dire qu’il est bien sur ces trois piliers, sur le fait de laisser notre planète comme ça sur les générations futures. Sur ces trois dimensions là. Mais bon, j’ai rien inventé en disant ça», on comprend rapidement au travers de ses propos que la dimension environnementale est vraiment essentielle dans sa vision du développement durable, de par ses fonctions et son intérêt pour les sports de nature : « Nous, le développement durable, si on le regarde par le petit bout de la lorgnette des activités sportives, euh forcément, on prend en compte le troisièmee pilier, celui environnemental. […] Par la force des choses, puisqu’on est sur du sport de nature… et puis aussi c’est l’axe sur lequel on peut avoir concrètement des attitudes, en terme d’organisation, et même des pratiques, faciles, rapides, directes… Enfin

y’a des choses toutes bêtes, voilà quoi en impact… qui réduisent en tout cas l’impact rapidement… alors que sur les deux autres aspects, économique et social, c’est quand même plus complexe, et puis surtout ça dépend pas que de nous… »

Cette prédominance du domaine environnemental, que l’on retrouve aussi dans l’analyse des occurrences puisque cette thématique arrive en tête en termes d’occurrences (cf. thème n°4, Tableau 3) démontre que cet évènement se rapproche du courant théorique de l’économie écologique. En effet dans cette conception du développement durable, il est indispensable d’intégrer les nuisances sur l’environnement et sur la société de nos actions de toutes sortes, comme ici le sport en cadre naturel.

L’organisateur a ainsi longuement réfléchi en amont à toutes les actions possibles dans le but de réduire l’impact de son évènement sur l’environnement : « C’est une évidence mais c’est important de la rappeler, mais plus on consomme des choses qui ont été… qui émanent du proche, produit localement, c’est forcément un plus. Donc on est bien dans cette volonté là, on est sur des sacs biodégradables à base de maïs et autre, on est sur plein de petites choses comme ça, on est sur un jet à forte pression pour le lavage des VTT, pour une consommation d’eau réduite, enfin voilà, j’en oublie certainement parce qu y’a plein de choses auxquelles on a réfléchi autour de ça ».

Sa prise de conscience personnelle : « ça l’est pour moi maintenant, parce que je baigne dedans depuis quelques temps et que pour moi y a une logique évidente », se répercute clairement sur son organisation et est appuyée par le public participant : « Les raideurs, la plupart qui m’ont… qui sont inscrits, donc la vingtaine d’équipes dont je parlais, c’est des gens qui viennent à ce raid-là parce que justement il a cette dimension-là, je pense que c’est pas qu’on va prêcher des convaincus, mais c’est des gens qui sont… qui ont déjà cette fibre. La plupart en tout cas… j’veux dire, ça va être un leitmotiv sur l’ensemble des départs, sur les deux jours ».

La question financière n’est pas taboue pour l’organisateur, qui considère son investissement supplémentaire comme nécessaire et essentiel pour faire évoluer l’offre de solutions techniques. « C’est un peu plus onéreux, mais je pense que ça le sera de moins en moins. Et s’il y a plein de gens qui font comme nous, et bah… forcément… forcément, ouais, en développant les filières… je parle tout connement du textile, enfin du textile euh… là on a des t-shirts, notre partenaire principal c’est Quechua, donc ils nous filent 250 T-shirts en coton bio, une gamme qu’ils commencent à peine à faire dans leurs magasins… aujourd’hui ça coûte encore assez cher, ça coûtera de moins en moins ».

C’est un risque qu’il veut bien prendre car, même s’il a conscience des difficultés : « le plus dur pour nous et c’est toujours ce qui a été important c’est d’essayer d’être cohérent sur tout ce qu’on a mis en place concernant cet évènement, en amont, pendant et évidemment après, pour à la fois limiter nos impacts sur l’environnement mais pour essayer de prendre en compte les trois piliers du développement durable », « voilà, ça veut dire qu’y a quand même une limite aussi au système et puis que l’impact zéro n’existe pas… enfin on est aussi lucide et réaliste », c’est un idéaliste qui croit à la participation de tous à l’effort du développement durable.

Il souhaite et réussit à ce que son discours soit en cohérence avec les actions qu’il mène :

« Pour nous en tout cas, la façon dont on a voulu mettre en place cet évènement c’est pas de faire de l’évènementiel justement, au sens péjoratif du terme, à savoir qu’on veut pas faire de com pour de la com, et que ça fasse pchiit derrière. Donc, si on se lance dans ce type d’aventure, parce que pour moi je pense que c’est une grande aventure parce qu’on est encore loin d’avoir des réflexes naturels liés à la préservation de l’environnement et du développement durable en général, donc c’était d’être cohérent sur l’ensemble ».

Par ailleurs, il ne manifeste pas d’intérêt particulier pour la communication et le marketing, et prend même conscience que cela peut devenir une des limites de son évènement : « Déjà une des perspectives pour l’année prochaine, sur ce raid-là, c’est que ça sera un raid UFOLEP Quechua à proprement parler. Donc voilà, qui s’adressera à la fois à ses salariés, avec une communication encore plus importante sur l’ensemble des magasins […]c’est vachement plus sécurisant quoi… plus porteur aussi, moins complexe en termes de communication… ».

Son action durable au niveau du sport lui permet d’être utile et de faire un pas en avant dans une société qu’il trouve trop passive, et au milieu d’acteurs de la vie politique qui n’ont pas selon lui encore saisi les véritables enjeux, comme il le mentionne : « Le conseil régional Rhône Alpes est l’un de nos partenaires les plus importants donc je vais pas cracher dans la soupe, sauf qu’on voit bien qu’y a encore un décalage entre le discours et ce qu’ils prônent effectivement. Dans le contrat d’objectif, figure la petite case à cocher ou pas « développement durable », la thématique transversale à l’ensemble de leurs objectifs, mais par exemple quand je vais en réunion de conseil régional, à l’entrée on me donne un petit badge plastifié avec mon nom, pour ma réunion, que je jette après… donc vu le nombre de réunions au quotidien et à l’année j’imagine que ça en fait un sacré paquet de milliers… donc voilà… première incohérence de fait ». « Il (Nicolas Hulot) est très alarmiste mais je pense qu’il a raison de l’être parce que je pense qu’on a pris beaucoup de retard et là je parle pas du sport, mais de nos politiques de manière générale… et donc on va être rattrapés… on l’est déjà c’est-à-dire que le réchauffement climatique on est en plein dedans, tous les effets secondaires ils nous arrivent aussi, donc nos comportements vont évoluer… donc nos pratiques sportives également… c’est une obligation ».

Il est également critique et dénonce les manifestations sportives qui prônent le développement durable à des fins marketing : « Moi, je serai extrêmement critique par rapport à ce type d’évènement-là (le Paris Dakar) parce que… parce que là, on est bien dans de la communication… et on amène trois sacs de riz… et on essaie de faire en sorte parce que c’est du fric derrière, donc ça leur coûte pas trop… en terme de com, d’essayer de faire en sorte que… je veux dire qui communique le mieux autour du développement durable aujourd’hui… c’est Total hein, par exemple… », « Ensuite, effectivement, je pense qu’il faut trier, et faire la part des choses entre qui communique et qui se contente de communiquer même s’ils le font très bien, et ceux qui ont d’abord envie d’agir et qui communiquent sur leurs actions, c’est pas tout à fait pareil, c’est pas la même approche. On est plutôt, nous, je l’espère, dans ce deuxième cas de figure… », « Il faut justement garder son sens critique, avoir un peu de recul sur les évènements, et puis on voit qu’y en a qui veulent mettre en place même des choses très simples, à leur niveau, et puis d’autres, à mon avis, où c’est pipeau… ».

Par ailleurs, on peut noter aussi nettement dans cet entretien la prééminence des thèmes de l’associatif et du fédéral, fréquemment associés aux domaines de l’éducation et de la sensibilisation autour du salon et de l’exposition, comme on peut le voir dans le Tableau 3 (cf. thèmes n°1 et 2) ainsi que dans les propos de l’interviewé : « Pour moi, comme pour les autres c’est l’UFOLEP quand même… fédération multisport, affinitaire, ça veut dire qu’on met des activités sportives mais aux filtres de certaines valeurs, de laïcité, de citoyenneté et autre, et forcément le développement durable aujourd’hui fait partie des incontournables et des valeurs qu’on a envie de mettre en place ». Ces occurrences et valeurs propres au monde associatif (citoyenneté, respect), rappellent en partie le registre de justification du monde civique dans la typologie de Boltanski et Thévenot (1991). En effet dans la cité civique, l’état de grandeur est accessible aux personnes collectives, en fonction de la qualité de leur conscience. Ici, l’organisateur, en tant que représentant de l’UFOLEP, essaie de faire passer le message du développement durable au plus grand nombre, même s’il n’est pas élu par suffrage comme dans la cité civique. L’action collective et la mobilisation pour une juste cause font partie intégrante de cette cité civique.

b) Un habitus doublé d’une démarche personnelle active vers le développement durable

Cédric Godderidge, 35 ans, a un père journaliste et une mère professeur de mathématiques en GRETA (groupements d’établissement publics locaux d’enseignement), et des grands parents institutrice, officier de marine, ouvrier et mère au foyer. Il a vécu à Amiens, Reims, Chartres, Orléans, au gré des changements de poste de son père : « J’ai un parcours assez atypique, j’ai quitté le système scolaire assez tôt, avec le bac, et puis après j’ai poursuivi mes études par un brevet d’état d’éducateur sportif, à l’époque c’était le BESAP activité physique pour tous, qui m’a fait rentrer dans le monde professionnel, puis après j’ai fait un diplôme universitaire de gestion des organisations sportives, et puis j’ai voulu commencer du management aussi, mais j’ai pas terriblement accroché aux idées, avec mes attentes professionnelles, je me suis dit bon, j’arrête ».

Il fait ensuite son service militaire dans le civil à l’USEP, fédération sportive de l’école primaire laïque et publique pour ensuite entrer à l’UFOLEP, fédération voisine : « C’est-à- dire qu’on est tous les deux, nos deux fédérations qui émanent de la ligue de l’enseignement qui chapeaute le tout, un grand mouvement d’éducation populaire. », « Le monde associatif, parce qu’il faut savoir qu’on est aussi une association donc ça me… correspond plutôt bien on va dire, mais surtout la particularité de l’UFOLEP, qui est une fédération multisports c’est que y’a pas de routine, quoi ». Il s’installe enfin à Lyon pour ce poste de cadre régional.

Quand il évoque son propre caractère, « enfin moi c’est plus un sens critique… ouais des valeurs, évidemment, que je partage mais un sens critique d’une manière générale et puis… moi quand je vois des manifestations qui perdurent aujourd’hui comme le Paris Dakar, ou ce type d’évènement qui moi me paraissent indécents… parce qu’ils vont pratiquer un sport de riche dans les pays pauvres…», il défend un sens critique et des valeurs associatives qu’ont vraisemblablement pu lui transmettre ses parents, tous deux immergés dans les métiers de l’information et de l’éducation qui sont des milieux où l’intérêt pour la société et les problématiques sociales est souvent plus fort que celui envers le profit économique. On peut ainsi, toutefois avec prudence, en déduire que sa couche primaire de socialisation, formant une partie de son habitus (Bourdieu, 1980), a été propice d’une part à cette sensibilité sociale dont il fait preuve, mais aussi à une certaine ouverture sur le monde et donc peut-être sur l’environnement.

De plus, les sports qu’il a pratiqués, les causes qu’il a défendues : « J’ai fait pas mal de sports de nature forcément, du VTT et autre, moi je suis tennisman donc c’est plutôt un sport d’intérieur, sauf sur la partie estivale, j’ai fait plein de sports, je corresponds aussi sur ma pratique à la fédé dans laquelle je travaille puisque j’ai fait beaucoup de sport, j’en fais toujours dès que j’ai l’occasion », « J’ai été pendant des années… mais c’est pas du développement durable en tant que tel, mais dans une association de lutte contre le dopage », mais aussi sa volonté de découvrir et d’apprendre, ont participé à sa prise de conscience concernant les problématiques environnementales, qui se traduit par des actes concrets dans sa vie professionnelle et personnelle : « L’écologie c’est quelque chose qui m’a toujours fortement intéressé et qui m’intéresse de plus en plus, de manière générale on va dire », « j’en ai (des engagements) à travers mon boulot principalement, et puis après, euh… au niveau personnel, dans ma façon d’aborder mon quotidien. […] J’utilise pas de bouteilles d’eau minérale, voilà, j’ai une carafe avec un filtre, enfin j’ai un système de filtrage, voilà, après j’ai des mousseurs pour ma douche, qui consomment beaucoup moins de flotte au quotidien, enfin bon c’est des petites choses mais bon… après, dans tout ce qui est bureautique, on utilise vraiment tout ce qui est papier recyclé, des encres végétales si possibles… enfin voilà, y’a plein de petites choses à mettre en place, y’a encore plein de choses qu’on a pas résolues, mais on essaie ».

Tableau 3, champs et occurrences lexicales dans l’entretien avec Cédric Godderidge.

Champ lexical Vocabulaire employé (fréquence), dérivés inclus. Totaux
1-Domaineassociatif : valeurs travail et éducation UFOLEP (16), fédération (15), Association/tif (13), bénévoles(4), commissions (6), convergence (3), coordonner (4), travail/ler (18), organisation (7), départements (5), régional (18), réunions (4),

subventions (4), officiels (3), partenaires (7), réseau (2)

128
2- Education etsensibilisation à Exposition (15), salon (7), sensibilisation (6), citoyenneté (2),civique (2), éducation (4), communiquer/cation (15), 83
travers le salon enseignement (5), école (3), formation (2), convaincre (2)
3- Raid etévènement sportif avant tout Sportif (25), sport (10), équipe (5), raideurs (6), raids (4),champions (2), compétition (2), aventure (2), outdoor (2), clubs, CNDS, CNOSF, randonnée, ravitaillement, candidats, canyon, défi 86
4-Développement durable axé sur l’environnement Développement durable (28), environnemental (10), nature (27),arbres (3), bio/dégradables (4), impacts (8), véhicule (7), vert (5), écologie (4), montagne (3), changements climatiques (2), covoiturage (2), Greenpeace (2), Hulot (2), moteurs (6), planète (2), polluer (2), quad (4), recycler (5), terroir (2), textile (2), végétal, dopage, CO2, déchets, mousseur, équitable, plastique,lobbying, Ademe, Toyota prius 138
Autres Critique (5), pipeau (3), valeurs (5), cohérence (5),

Lire le mémoire complet ==> (L’évènementiel sportif et le développement durable)
Master 2 Management des évènements et loisirs sportifs, Option Management de projets sportifs
Université PARIS X – NANTERRE – UFR Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives