La qualité de l’audit et la compétence et l’indépendance systémiques

By 17 February 2013

III. La qualité de l’audit et la compétence et l’indépendance systémiques

L’étude au niveau systémique des compétences et indépendance consiste à utiliser des modèles multidimensionnels qui présentent les critères explicatifs susceptibles de se situer à la fois au niveau organisationnel et au niveau individuel et collectif. Le tableau suivant s’il ne présente pas une étude exhaustive des modèles systémiques de la qualité en détaille certains pour montrer comment les différents niveaux d’analyse des compétences et indépendance peuvent être reliés.

Tableau 9: Présentation des modèles systémiques de la qualité de l’audit

Modèle Description
Le modèle de Sutton et Lampe (1991) Ces deux chercheurs ont construit un modèle autour de trois critères : la planification, le champ de travail et l’administration du travail. On retrouve 19 critères au sein de ces trois domaines. Cette étude peut se rapprocher du niveau individuel et collectif puisque l’hypothèse principale est que les acteurs de l’audit sont impliqués tous les jours dans la démarche globale du travail d’audit. Le critère clé dégagé par cette étude est l’importance de l’environnement.
Le modèle de Carcello et al. (1992) Cette équipe de chercheurs distingue 41 critères qui se rapprochent de l’étude comportementale de la qualité de l’audit. Parmi ces critères on retrouve l’expérience et l’expertise, les standards d’éthique, la connaissance du secteur du client et la qualité de la communication entre l’auditeur et le management.
Le modèle de Behn et al. (1997) Dans ce modèle, se dégage une relation importante entre la qualité de l’audit et la satisfaction du client. Cette étude n’est réalisée qu’auprès des “Big 6”, ce qui explique que la satisfaction du client soit importante. Dans le secteur public, la satisfaction du client n’est peut-être pas aussi primordiale que dans le secteur privé puisque cet exercice prend un caractère obligatoire et n’est pas soumis facilement à la concurrence ou encore à une remise en question. Cependant, la satisfaction de l’audité reste importante en raison de sa relation avec la qualité de l’audit de l’exercice ou de la campagne suivante.
Le modèle de Beattie et Fearnley (1995) Cette étude fait émerger 29 critères caractéristiques de la qualité de l’audit. Parmi les 29 critères étudiés, les quatre qui se sont révélés être les plus importants sont : l’intégrité, la qualité de relation au travail, la valeur des services d’audit et les compétences techniques.

On remarque que cette étude associe à la fois une étude de la qualité de l’audit au niveau organisationnel et individuel et collectif.

Le modèle de Duff (2004) Duff s’intéresse aux qualités techniques et de service des auditeurs. Pour cela il a mis au point un questionnaire “Auditqual” capable de mesurer la qualité de l’audit. Il comprend neuf dimensions contenant chacune quatre items. Ces dimensions peuvent se synthétiser autour de trois thèmes: la qualité technique (réputation, capacité et assurance), la qualité de service (empathie, service hors audit et responsabilité) et l’indépendance.
Le modèle de Warming- Rasmussen et Jensen (1998) Entièrement axé sur la qualité perçue, ce modèle explicatif de la qualité de l’audit propose six dimensions possibles : la crédibilité personnelle, l’indépendance de l’auditeur vis-à-vis de son management, l’ouverture du rapport d’audit sur des sujets touchant les intérêts des investisseurs et actionnaires, la connaissance de l’industrie, la loyauté envers les actionnaires minoritaires et enfin l’attitude septique de l’auditeur.
Modèle Description
Le modèle de Deis et Giroux (1992) Deis et Giroux se sont attachés à vérifier que les différents critères de la qualité de l’audit dans le secteur privé pouvaient être utilisés pour l’audit des comptes publics. Ils ont pour cela identifié les critères suivants :
– durée d’exercice des auditeurs,
– taille de la structure réalisant l’audit,
– nombre de clients,
– santé financière des clients,
– utilisation de la peer review,
– conformité aux normes,
– temps accordé à l’audit,
– détection ou non d’erreurs ou d’irrégularités.

Les résultats de leur étude montrent que tous ces critères sont significativement corrélés à la qualité de l’audit à l’exception de la durée d’exercice et de la conformité aux normes. Les corrélations les plus fortes sont celles qui concernent la taille et le temps accordé à l’audit.

Deis et Giroux ont également amélioré le modèle de qualité de l’audit étudié en identifiant des critères supplémentaires :
– les employés,
– la structure de l’audit,
– la santé financière du cabinet d’audit,
– les ressources et le professionnalisme au travail.

Les modèles systémiques sont nombreux dans la littérature de la qualité de l’audit et ils présentent tous une approche globale même s’ils insistent sur des points différents. Le modèle de Deis et Giroux (1992) semble être le plus représentatif car l’étude a été réalisée dans le secteur public. On y retrouve la validation de nombreux critères déjà utilisés dans le privé comme la durée du mandat, la taille ou encore l’utilisation de la peer review.

La présentation de la grille de lecture de la qualité de l’audit selon les trois niveaux d’analyse proposé (organisationnel, individuel et collectif et enfin systémique) résulte d’une première sélection des différentes études constituant le champ théorique afin d’adapter la grille de lecture au cas de l’audit des comptes publics.