L’intention entrepreneuriale: au carrefour de différentes approches

By 14 January 2013

I.2.2 Approche intention : au carrefour de différentes approches

Il existe un consensus parmi les chercheurs pour aborder le problème de l’entrepreneuriat par quatre principales dimensions : processus, acteur, environnement, nouvelle organisation. De notre part, c’est l’interaction des différentes dimensions du cadre conceptuel qui représente l’entrepreneuriat et qui constitue l’approche intention.

Pour dépasser les limites des approches précédentes et « pour évoquer le sujet de la création d’entreprise, une approche plurielle s’impose » (Bruyat, 1994). L’approche intention importe davantage de décrire en profondeur le phénomène entrepreneurial et ses antécédents pour essayer de le comprendre et de l’expliquer.

Les bases théoriques qui animent les tenants de cette approche ont été empruntées à la psychologie sociale, plus précisément à la théorie des comportements planifiés (“theory of planned behavior”) d’Ajzen (1991).

La théorie du comportement planifié (phycologie sociale) confère à l’intention de l’individu la place centrale dans la genèse du comportement. Selon cette théorie, tout comportement qui nécessite une certaine planification, tel l’est sans contredit la création d’entreprise, peut être prédite par l’intention d’avoir ce comportement.

Ainsi, c’est en étudiant les intentions d’un individu de se partir ou pas en affaires qu’il serait possible de prédire si cet individu créera effectivement une entreprise. En effet, la psychologie sociale cherche, entre autre, à analyser l’interaction entre les variables individuelles et le contexte de l’individu pour prédire le comportement social (Vallerand, 1994, p. 12). Les théories comportementales peuvent nous éclairer sur les processus d’influence des variables individuelles et contextuelles sur l’intention entrepreneuriale.

Dans cette approche comportementale, la création d’une organisation est un événement contextuel, le résultat de nombreuses influences et l’entrepreneur intervient dans ce processus complexe. Ses actions ont pour résultat la création d’une organisation ” (Hernandez, 1999, p 52). A cet effet, l’entrepreneur potentiel est toute personne qui a une attitude entrepreneuriale (descriptive) dans un contexte qui reflète une norme sociale favorisant l’esprit d’entreprise (contextuelle) en lui donnant les compétences pour maîtriser le processus entrepreneurial. Pour synthétiser, l’approche intention est l’interaction entre désirabilité et faisabilité. L’approche projet est une extension de l’approche intention. La traduction de l’intention en projet entrepreneurial fait appel à des démarches favorisant non seulement la production de connaissances, et donc la structuration du projet, mais aussi le travail de collecte d’information.

Nous nous interrogerons sur l’importance du projet pour aborder le phénomène entrepreneurial. Le projet est une imagination par rapport à un futur désiré en fonction d’élément existent, il existe dans la tête de son porteur, il n’est jamais une organisation. En fait, le projet est une forme d’organisation productive très ancienne: « quand un pharaon décidait de faire construire la pyramide sous laquelle il serait enterré, il fallait exécuter un ouvrage de spécifications techniques précises, en un laps de temps court, avec des ressources matérielles et humaines limitées » (Garel et al., 2001). Dans tout projet, nous retrouvons cette prise en compte simultanée de ces trois catégories de facteurs (temps, ressources et spécifications techniques) pour réaliser un objet ou une prestation de service, qui n’a jamais été encore exécuté dans ces conditions précises et qui est d’une certaine complexité. Le projet est un artefact permettant de faire le lien entre l’entrepreneur et la représentation de son contexte (Schmitt et Bayad, 2006), d’où la nécessité de problématiser et l’importance de la projection. Le projet entrepreneurial favorise donc l’évolution des représentations initiales de l’entrepreneur et des parties prenantes, pouvant faire même émerger des liens jusque-là ignorés et pour certains inenvisageables ultérieurement (Schmitt, Julien, Lachance, 2002). Le projet entrepreneurial est donc le lieu où l’intention va s’exprimer à travers l’image d’un état futur désiré que nous voulions atteindre en combinant moyen et fins, l’intention.

création d’une organisationCependant, fort séduisante d’un point de vue conceptuel de par sa simplicité, cette approche n’a toutefois pas été vérifiée intégralement dans un contexte de création d’entreprise. Plus précisément, bien que les facteurs formant les intentions entrepreneuriales aient pu être identifiés, le lien entre les intentions et le passage à l’action n’a pas encore été validé. A cet effet, nous nous n’intéressons pas au processus entrepreneurial dans sa globalité, mais à la relation intention/action.

A la lumière de ce qui précède, la présente recherche met l’accent sur le rôle des intentions entrepreneuriales dans le processus de création d’entreprises, en mettant en relief les facteurs psychologiques, les facteurs socioculturels et les facteurs environnementales. Plus précisément, nous avons porté notre attention sur les intentions entrepreneuriales des étudiantes étant sur le point de terminer leurs études universitaires supérieures.

Avant de positionner l’intention dans le processus entrepreneurial, il importe de décrire en plus de profondeur l’intention entrepreneuriale pour expliquer plus tard en quoi consistent les différents modèles théoriques basés sur les intentions qui ont été vérifiés jusqu’à ce jour et de jeter un œil critique sur ces modèles.

Lire le mémoire complet ==> (L’intention entrepreneuriale des étudiantes )
Thèse de Doctorat ès Nouveau Régime Sciences de Gestion de l’Université de NANCY 2
Institut D’administration Des Entreprises