L’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban

By 14 January 2013

II- L’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban

Pour beaucoup des libanais, le Libanais est un entrepreneur par essence. Malgré que le libanais « a le goût de l’aventure et de l’immédiat » (Mouwannes, 1973), le pays est marqué par une absence de structures d’appui pour entreprendre et un rôle limité entre l’université et l’entrepreneuriat. En découle une formation à l’entrepreneuriat encore dispersée et insuffisante. Pour tenter de comprendre cette situation paradoxale, ce paragraphe vise principalement à donner une première représentation du niveau de diffusion de l’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban. La première partie présente le cadre spécifique du Liban, la seconde partie se propose de caractériser le modèle libanais d’enseignement supérieur à travers ses particularités et son fonctionnement. Enfin, nous présentons l’état actuel de l’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban et l’évaluation de son impact sur l’intention.

II.1- Le cadre spécifique du Liban

Le contexte socio-économique exerce son influence sur la construction des programmes (Schied-Bienfait, 2000). L’auteur énumère plusieurs paramètres qui doivent être prise en compte : le statut de l’établissement et son implantation géographique, les caractéristiques du tissu industriel, l’existence des laboratoires, la présence de culture entrepreneuriale manifestée par la création d’incubateurs, de dispositif d’aide à la création, le développement de fonds d’amorçage et de capital risque. Ce contexte transforme le système éducatif vers le développement de l’entrepreneuriat dans les établissements universitaires.

Ainsi, dans quelle mesure le Liban constitue un terrain fertile pour l’entrepreneuriat et pour la formation initiale à la gestion de petite et moyennes entreprises ? En d’autres termes, le contexte environnemental libanais favorise-t-il l’émergence d’une préoccupation entrepreneuriale à l’université ?

II.1.1 Le contexte social

Banque JammalL’esprit d’entreprise48 et l’activité entrepreneuriale du libanais a des héritages phénicien. Michel Chiha49 définit le Liban par un ensemble de traits se rapportant à l’individu : « le pays de l’innovation quotidienne, de l’occasion saisie du vol, de l’opportunité, du mouvement ». Les caractéristiques du Libanais que nous trouvons chez l’ensemble des idéologues du courant libaniste confirment ces propos et sont synthétisées par Salam (2001) : pour le père Sélim Abou, le libanais a « le gout de l’aventure et de la mer, un attachement à toutes les formes de liberté jusqu’aux plus anarchistes, un sens poussé du négoce et des intérêts ». Pour René Habachi, « le génie libanais» fournirait le meilleur de lui-même dans l’initiative personnelle ». Et pour revenir à Chiha, « par l’âme », le libanais serait « un voyageur né », et par la nature, il aurait » la mobilité dans le sang ». A cet effet, les Libanais, tout au long de leur histoire mouvementée, ont montré une remarquable capacité de survie (Corm, 2003). A titre de confirmation, l’instabilité politique, n’a pas constitué un frein à l’entrepreneuriat pour la plupart des libanais, le sens de la « débrouillardise » à libérer l’initiative privée. Ce libanais a pu reconstituer à plusieurs reprises son pays après la guerre. Ce libanais a pu faire de son pays « la suisse du Moyen-Orient » et le pont entre l’orient et l’occident. Ainsi, une expérience suffisante, une présence de capital, des relations développées à l’intérieure comme à l’extérieur du pays constituent les avantages à la création d’entreprise au Liban. A titre d’illustration, il est facile de trouver un entrepreneur libanais dont les membres de la famille étaient dans les affaires auparavant, de sorte que la plupart de banques libanaise sont familiales et porte le nom de la famille (ex : banque Audi, Banque Jammal).

Parmi les caractéristiques premières de l’entrepreneuriat au Liban, figurent l’importance des entrepreneurs internationaux surtout en Afrique. Nous notons, dans ce sens, que l’émigration libanaise a existé depuis que ce pays existe. À travers les époques, l’émigration libanaise a permis de créer un réseau mondial d’entreprises “libanaises” implantées partout où se sont implantés les Libanais. Aujourd’hui, beaucoup de libanais occupent des places importantes dans tous les domaines : politiques, scientifique, économique et culturel dans les pays d’émigration. L’entrepreneuriat des libanais peut devenir le point d’attache des libanais disséminés de par le monde et peut représenter à l’ère de la mondialisation actuelle, la destinée et l’avenir du Liban. « A ce point, le libanais est particulier, il a fait preuve d’ubiquité résidentielle ; donc entreprendre hors le Liban, c’est entreprendre pour le pays et non pas contre le pays » (Levy- tadjine, 2010). De plus, le Libanais est distingué par sa culture. La culture libanaise adopta plusieurs langues : le phénicien, le grec, le latin l’arabe et récemment le français et l’anglais. Le succès de Libanais dans l’histoire et dans le monde prouve les capacités et les talents de ce peuple (Basbous, 2006). Cette culture était et reste un atout pour l’entrepreneur libanais, à travers le monde, distingué par sa capacité au travail, son ingéniosité, son obstination et son sens aigu au travail.

Lire le mémoire complet ==> (L’intention entrepreneuriale des étudiantes )
Thèse de Doctorat ès Nouveau Régime Sciences de Gestion de l’Université de NANCY 2
Institut D’administration Des Entreprises