Le contexte et la formation de l’intention entrepreneuriale

By 14 January 2013

II.1.2 La formation de l’intention entrepreneuriale

Davidsson (1995) propose un modèle psycho-économique des variables agissant sur les intentions des individus créateurs de nouvelles entreprises. L’auteur considère que l’approche comportementale ne rend pas compte du phénomène entrepreneurial et Son modèle se repose sur le rôle central de l’intentionnalité dans le processus d’émergence organisationnelle. Ce faisant, l’intention entrepreneuriale est déterminée essentiellement par la conviction personnelle qu’une carrière d’entrepreneur est une alternative préférable pour soi et joue un rôle médiateur entre l’acte entrepreneurial et les influences exogènes. Dans sa représentation, les variables du contexte personnel affectent des attitudes générales et des attitudes relatives au domaine. Les attitudes générales se rapportent à des dispositions psychologiques générales, alors que celles du domaine sont spécifiquement dirigées envers l’esprit d’entreprendre. Les deux formes d’attitudes renforcent la conviction selon laquelle l’esprit d’entreprise est « une alternative appropriée ». Les spécificités situationnelles peuvent affecter la procédure de formation des convictions et aussi des intentions entrepreneuriales. Ainsi, dans sa construction, Davidsson (1995) rassemble les variables telles que l’individu et l’efficacité, la norme subjective et l’attitude envers un comportement (Ajzen, 1991). Le modèle a été examiné sur un échantillon aléatoire de 1313 Suédois âgés de 35 à 40 ans. Les résultats de l’analyse convergent en grande partie vers les rapports suggérés dans le modèle. Le pouvoir explicatif de la conviction de 35%, alors que celui des intentions est de 50%. De plus, la conviction se tient en tant que variable explicative primaire et cause déterminante des intentions d’entreprendre une affaire.

I.1.3 Le contexte de l’intention entrepreneuriale

Parmi les termes les plus récurrentes dans la conception de l’intention entrepreneuriale, nous notons : l’environnement, le contexte, la situation et les perceptions. Dans cette perspective, le modèle de Bird (1988) repris par Boyd et Vozikis (1994) se montre particulièrement important. En s’intéressant à l’analyse des choix de carrière, la théorie de l’auto-efficacité de Bandura (1977) est insuffisante pour prédire l’intention. Ce faisant, nous rejetons cette théorie qui se correspond aux perceptions du contrôle comportemental, une dimension de la théorie du comportement planifié d’Ajzen (1991).

L’étude de l’intention entrepreneuriale produite, par Bird (1988, p. 442), a devancée les études descriptives. Elle fournit une attention particulière aux variables individuelles et contextuelles dans l’étude de l’intention entrepreneuriale. Le modèle de l’intention entrepreneuriale de Bird (1988), basé sur la théorie de la psychologie cognitive tente de décrire l’intention d’adopter un comportement donné. L’intention est devient le lien entre les croyances (qui traduisent les attitudes) et les comportements (Fishbein et Ajzen, 1975). Elle devient, ainsi, le déterminant immédiat de la pensée et des décisions stratégiques du dirigeant. Pour Bird, c’est l’assemblage des facteurs personnels et contextuels, qui apprêtent les individus à avoir une intention de créer une entreprise. Parallèlement, les facteurs personnels identifient les expériences entrepreneuriales antérieures, les traits de personnalité et les compétences de l’individu. Les facteurs contextuels se rapportent aux variables sociales, politiques et économiques, telles que les déplacements, les changements des marchés et les politiques gouvernementales. Les intentions sont structurées par l’association de deux types de pensées : analytique/rationnelle et intuitive/holistique. L’intention entrepreneuriale, selon Bird (1992, p. 12), sollicite la volonté personnelle et des aptitudes pour vérifier la faisabilité d’une idée.

L'étude de l'intention entrepreneuriale Boyd et Vozikis (1994) considèrent que l’intention est basée à la fois sur la façon par laquelle les personnes perçoivent leurs environnement physique et social, et la manière par laquelle ils anticipent les conséquences futures de leurs comportements (attitudes, perceptions et efficacité personnelle). Ces perceptions, attitudes, croyances et préférences qui influencent l’intention sont l’issue du développement historique de chaque individu. En effet, le produit du passé historique d’un individu (dérivé d’évènements personnels ou d’une réaction à une stimulation environnementale) est un stockage d’informations. Ces informations, véhiculées à travers des processus cognitifs (intuitifs ou rationnels), se transformeront en attitudes, perceptions et une forme d’efficacité personnelle envers l’action (figure ci-dessous). Cette présentation offre l’avantage d’intégrer à la fois les éléments personnels et les facteurs contextuels relatifs à l’intention entrepreneuriale dans un seul cadre conceptuel, qui reprend les notions de croyances, d’attitudes et d’efficacité personnelle perçue. Par ailleurs, l’originalité de ce cadre s’apparente à l’adoption des éléments cognitifs (la pensé analytique rationnelle et la pensée intuitive holistique) pour expliquer la disposition par laquelle sont véhiculées des valeurs sociales, économiques et personnelles. Cependant, force est de constater que la variable situationnelle, souvent reprise dans la plupart des modèles de l’intention, n’est pas analysée de manière aussi précise par Boyd et Vozikis (1994). Et pourtant, ses effets sur la stabilité et la transformation de l’intention en action dans le temps ne sont plus à prouver.

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Thèse de Doctorat ès Nouveau Régime Sciences de Gestion de l’Université de NANCY 2
Institut D’administration Des Entreprises