La problématique, l’intention entrepreneuriale des étudiantes

By 13 January 2013

0.3 La problématique, l’objectif de la recherche et les intérêts

La problématique

Dès lors, toute la question est de savoir comment procéder, quel chemin emprunter, quelle méthode utiliser et quel type de formation dispenser afin que la formation permette de développer ou de renforcer l’intention des femmes à entreprendre ?

Cette thèse tente de d’expliquer la formation de l’intention entrepreneuriale des étudiantes en gestion suivant des programmes ou des formations en entrepreneuriat. Nous nous intéressons à comprendre dans quelle mesure des programmes ou des formations en entrepreneuriat, parmi des variables personnelles et contextuelles, agissent sur l’intention entrepreneuriale des étudiantes. Nous nous attachons, à expliquer l’influence de facteurs individuels et contextuels sur l’intention entrepreneuriale. Il est donc question, de savoir « comment expliquer l’intention entrepreneuriale des étudiantes?».

Les objectifs

L’objectif principal de notre thèse est de décrire, de prédire et de comprendre, dans un contexte de l’enseignement de l’entrepreneuriat, une phase majeure du processus entrepreneurial amont : l’intention entrepreneuriale. Dans une perspective processuelle, cette dernière prédit l’acte entrepreneuriale susceptible de se concrétiser.

Les sous-objectifs :
Objectif n° 1 : Construire et tester un modèle explicatif de l’intention d’entreprendre.
Objectif n°2 : Décrire et développer une première connaissance des étudiantes de filière différentes. <br />Objectif n° 3 : Préciser la relation entre l’université et l’entrepreneuriat au Liban afin de promouvoir l’intention entrepreneuriale des étudiantes.

La finalité propre aux sciences de l’organisation est une finalité d’action (Martinet, 1990). Nous espérons que les résultats nous permettront :

-de confirmer ou d’infirmer le paradigme de Shapero ;
-d’élaborer des moyens et des stratégies pour le Liban désirant stimuler la création d’entreprises par des femmes ;
– d’identifier les besoins de formation en entrepreneuriat et en gestion pour les étudiantes ;
-d’élaborer des programmes de formation pour les femmes désirant créer une entreprise.

L’intérêt double de la recherche

Les résultats attendus permettront de déterminer les facteurs qui influencent négativement ou positivement l’intention des étudiantes afin de proposer des remèdes pour développer l’entrepreneuriat féminin et l’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban. Notre thèse comporte un double intérêt :

1-Intérêt pour le domaine de l’entrepreneuriat féminin : comprendre la cause pour laquelle la femme libanaise n’entreprend pas. Est-ce la désirabilité et/ou la faisabilité ? Quelles sont les mesures pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin.
2-Intérêt pour le domaine de l’enseignement de l’entrepreneuriat : notre recherche permettra l’amélioration des formations universitaires afin d’avoir un impact fort sur les étudiantes et faire naître une intention entrepreneuriale.
Les intérêts mis en évidence présentent l’intention entrepreneuriale comme objet de recherche passionnant. Le déroulement de notre travail nous a conduites à arbitrer et à jongler entre les éléments théoriques et les conclusions issus de nos investigations empiriques.

0.4 Choix d’un mode de raisonnement et approches retenues

Le positionnement épistémologique

S’insérant au champ de l’entrepreneuriat, cette recherche se doit de préciser son positionnement épistémologique. Tout travail de recherche repose sur une certaine vision du monde, utilise une méthodologie, propose des résultats visant à prédire, prescrire, comprendre ou expliquer. Une explication de ces présupposés épistémologiques permet d’accroître la démarche de recherche. La réflexion épistémologique est donc consubstantielle à toute recherche qui s’opère (Martinet, 1990) et nous fournisse des éléments de réponse aux trois questions : quelle est la nature de la connaissance produite ? Comment la connaissance est-elle engendrée ? Quels sont la valeur et le statut de cette connaissance ? Les réponses apportées s’inspireront des deux grands paradigmes épistémologiques : le paradigme positiviste, le paradigme constructiviste. Certains travaux de recherche en entrepreneuriat font référence à un paradigme dit interprétativisme. Ce paradigme est parfois accordé au paradigme constructivisme (Guba et Lincoln, 1989), et parfois présenté comme un troisième paradigme épistémologique (Girod-Séville et Perret, 1999). Ce qui est parfois considéré comme un paradigme épistémologique interprétativiste (Girod-Séville et Perret 1999) désigne plutôt un paradigme méthodologique (Yanow, 2006)4. A l’instar de Yanow (2006), nous considérons que l’interprétativisme apparaît plutôt comme un paradigme méthodologique5.

Le constructiviste tend aujourd’hui à étendre l’influence de sa conception de la connaissance au sein de la communauté des chercheurs en sciences de l’organisation (David, 1999). Le paradigme positiviste est souvent présenté comme le paradigme dominant des sciences de l’organisation et revendiquent un positionnement réaliste. Notre positionnement épistémologique ne rejoint pas l’attitude traditionnelle qui oppose positivisme contre constructivisme dans la mesure où nous refusons le positivisme tout comme le constructivisme dans leur extrémité. En effet, de nombreux chercheurs empruntent « des éléments aux différents paradigmes, se dotant de ce que l’on pourrait appeler une position épistémologique aménagée. Cette attitude d’aménagement des paradigmes rend encore plus nécessaire une réflexion épistémologique mettant en lumière les présupposés épistémologiques des chercheurs » (Girod- Séville et Perret, 2007).

La méthode de recherche empirique dite interprétativiste (Yanow et Schwartz-Shea, 2006) connait depuis une vingtaine d’années un essor important en relation avec le phénomène connu sous le nom de ‘tournant interprétatif’ (Burrell et Morgan 1979 ; Hiley et al. 1991)6. Dans ce paradigme méthodologique, la visée des recherches est essentiellement compréhensive : comprendre les phénomènes étudiés, tant du point de vue du chercheur que de celui du sens que les différents acteurs concernés leur donnent, particulièrement lorsqu’il n’y a pas congruence entre ce qu’ils disent du phénomène considéré et leur manière effective d’agir en référence à ce phénomène (Avenier, 2008).

Dans notre recherche, nous retenons l’approche de Yanow (2006) en adoptant une épistémologie positiviste dans une perspective interprétativiste.

Notre optique ne vise pas à débattre l’historique de la philosophie des sciences, ni le statut de la vérité, ni les conditions de production de la connaissance scientifique. Notre ambition est moins modeste et notre finalité plus concrète. Nous cherchons la cohérence entre notre objet de recherche et notre méthodologie de recherche d’un point de vue épistémologique. Pour ce faire, nous nous référons aux deux grands courants et expliquerons ce qu’implique pour notre recherche le fait d’adopter une approche.

Nous analyserons les principales raisons qui nous poussent à ne pas retenir le paradigme constructiviste en formulant les arguments en faveur de l’interprétativiste. Notre recherche s’intéresse à l’individu et vise à comprendre la formation de son intention d’entreprendre.

a) Dans le positionnement constructiviste, le chercheur « construit » une compréhension de sa réalité du monde (Deschamps, 2000). Or, nous cherchons à comprendre l’intention entrepreneuriale sans « construire ». Nous développons une compréhension de la réalité sociale qu’expérimentent les sujets étudiées et non pas à partir de notre (le chercheur) expérience (le cas du paradigme constructivisme)7.

b) L’énoncé de notre problématique, à lui seule, suppose la justification du paradigme interprétativiste. En effet, nous ne construisons pas une représentation instrumentale et/ou un outil de gestion utile pour l’action, selon l’approche constructiviste. Dans notre cas nous développons une compréhension de l’intérieur du phénomène, qui est l’intention entrepreneuriale des étudiantes, et non pas un projet d’action avec les interviewées.

c) Pour terminer, nous souhaitons ajouter que l’objectif de notre recherche n’est pas réellement de produire des lois universelles (positivisme) ni de construire avec, les acteurs la réalité sociale (constructiviste) mais plutôt comprendre les significations que les individus attachent à la réalité sociale, leurs intentions, leurs motivations et attitudes dans une approche interprétative.

d) En effet, la perception que nous avons de la réalité est en partie dépendante de notre propre interprétation des phénomènes étudiés, des représentations que se font les répondants de l’objectif de la recherche (Pourtois et Desmet, 1988)8 et aussi de l’interaction sociale et humaine dans laquelle s’est construite la réalité. Dans notre recherche et selon l’approche interprétative, « le développement de la connaissance, passe notamment par la compréhension des intentions et attitudes des individus participant à la création de leur réalité sociale et du contexte de cette construction, compréhension qui, seule, permet d’assigner un sens à leurs comportements » (Schwandt, 1994).

Après avoir brièvement indiqué les raisons qui nous poussent à ne pas conduire notre thèse sous l’influence du paradigme constructivisme, il nous reste à formuler les arguments en faveur du positivisme. Notre ancrage théorique sur les théories de l’événement entrepreneurial et la théorie du comportement planifié nous conduira à privilégier un positionnement positivisme. Le paradigme positiviste repose sur cinq grands principes : le principe ontologique, le principe de l’univers câblé, le principe d’objectivité, le principe de naturalité de la logique et le principe de moindre action (Le Moigne, 1990). En effet, en se référant aux fondements du positivisme radical nous concluons que, de par le caractère exploratoire et les spécificités de notre modèle, notre recherche ne peut être en adéquation avec les deux derniers critères. Nous synthétisons dans le tableau les raisons qui nous incite à conduire une recherche positiviste.

Tableau 1. L’adéquation entre le paradigme positiviste et notre recherche

Principes positivistes Implications pour notre recherche
Ontologie :Le principe ontologique suppose que la réalité existe en dehors du chercheur; elle est repérable. L’intention entrepreneuriale est réparable etmesurable; elle existe dans l’esprit de l’individu ; la mesure de l’intention par le questionnaire traduit une réalité
Univers câblé :Ce principe nous invite à prendre n’importe quel élément composant le processus entrepreneurial et à le considérer comme un tout que l’on pourrait étudier. Vu que l’intention précède l’acte, l’intention entrepreneuriale peut être étudiée indépendamment de l’acte entrepreneurial.
ObjectivitéCe principe renvoie à l’indépendance de l’objet par rapport au sujet. Comme l’intention précède l’acte, le chercheur mesure l’intention entrepreneuriale, sans pour autant agir et en modifier la nature.

Le principe de la naturalité de la logique exprime le penchant des positivistes pour une logique déductive. Pour notre objet, peu d’écrits académiques traitent de la relation intention /enseignement de l’entrepreneuriat ; le chercheur ne peut donc émettre d’hypothèse à partir de la théorie. De plus, plusieurs auteurs soulignent que nous pouvons être positiviste et adopter une logique inductive ou hypothético-inductive (Mbengue et Vandangeon-Derumez, 1999). Pour le dernier principe, il fait référence à l’existence d’une solution unique ; alors il n’y aurait qu’une seule voie pour conduire une intention entrepreneuriale. L’observation de l’intention laisse rapidement apparaître qu’il n’existe pas un seul niveau d’intention et que celle- ci varie avec le temps.

Après avoir étudié et analysé, dans le contexte de notre recherche, les différents fondements épistémologiques positivistes et constructivistes, nous pouvons situer notre travail dans le paradigme positivisme. Compte tenu des recommandations de Bruyat (1993)9 pour l’étude de l’entrepreneuriat, du caractère de notre objet d’étude, ainsi que de nos objectifs de comprendre, l’inspiration d’une perspective méthodologique interprétativiste nous semble justifiée et sera traitées ci-dessous.

9 Dans sa réflexion épistémologique concernant l’état du champ scientifique de l’entrepreneuriat, Bruyat (1993) explique que ce qui caractérise le champ de l’entrepreneuriat l’empêche d’être traitée de façon adaptée d’un point de vue positiviste et ne recommande pas pour autant le constructivisme dont on ne sait pas si les formes produites par les chercheurs sont utiles pour les acteurs, opérationnalisables et scientifiques.

Nature de la connaissance produite

Ayant opté l’interprétativiste, nous nous devons de préciser davantage les hypothèses sous- jacentes à la nature de la connaissance que nous souhaitons produire. Elles concernent la nature de la connaissance et de la réalité, la nature du lien entre le sujet et l’objet retenu ainsi que la nature du monde social envisagée. La réalité est-elle objective (unique) ou subjective (multiple) ? Selon nous, il est difficile de supposer, à l’instar des positivistes radicaux, que les données mesurent une réalité objective, donc indépendante à la fois du chercheur et du répondant. En effet, il semble difficile d’affirmer la neutralité du chercheur vis-à-vis de la donnée collectée, notamment dans notre champ universitaire. « Il nous semble, même si le chercheur s’efforce de mettre en œuvre un certain nombre de tactiques et de stratégies pour parvenir à la neutralité, difficile d’affirmer le caractère purement objectif des données collectées » (Emin, 2003). Selon nous, la réalité dépend, en partie, de l’interprétation du répondant faite de l’objet de la recherche et de l’interprétation du chercheur des phénomènes à observer. Dans notre étude, certaines échelles ont été créées à partir d’items issus de notre enquête exploratoire basée sur des questions semi-directives. Notre subjectivité a pu intervenir lors du choix des variables émergentes des entretiens et du choix des items finaux. Il est aussi difficile d’affirmer l’objectivité de la mesure de variables non directement observables. Notre étude repose sur la mesure d’intention, ainsi que sur des éléments perceptuels tels que des motivations. En ce sens, nous ne pouvons pas affirmer que nos données sont « froides » (au sens de Girin, 198610) même si nous soutenons que la réalité existe et n’est pas qu’invention.

Maintenant que nous avons précisé notre vision de la nature de la connaissance produite et de la réalité et de la nature du lien sujet/objet, nous allons préciser notre conception du monde social.

Le corpus théorique que nous mobilisons pour expliquer l’intention, à savoir les théories psychologiques de l’action, s’inscrit dans le pôle d’individualisme méthodologique11. Ce paradigme des sciences sociales considère l’homme en tant qu’être conscient et libre d’agir. A partir de son comportement, nous pouvons comprendre les faits sociaux. A son opposé, il y a le paradigme holiste qui considère l’homme comme le produit des mécanismes sociaux. Notre choix souligne le fait que les comportements ne résultent jamais de déterminismes, mais d’une intention stratégique de l’acteur. Il devient ainsi possible d’étudier les étudiants en tant qu’acteurs intentionnels et selon leurs filières.

10 Cité par Emin, 2003.
11 L’individualisme méthodologique a été introduit dans les sciences sociales par le sociologue allemand Max Weber (1864-1920).

Ayant précisé la nature de la connaissance que nous souhaitons produire et rappelé la finalité de recherche que nous poursuivons, nous allons maintenant présenter le chemin de la connaissance.

Chemin de la connaissance : une démarche de compréhension de la réalité

L’explication et la compréhension sont deux façons opposées d’accès à la connaissance. Généralement, l’explication est vue comme la méthode des sciences de la nature, puisqu’elle vise à découvrir les causes, et la compréhension comme celle des sciences de l’homme et de la société, puisqu’elle cherche les raisons. Il existe, selon Lee (1991), trois niveaux de compréhension du phénomène. Le premier niveau est celui de la « compréhension subjective », une phase d’observation où l’interprétation et la signification sont limitées au sens commun. Le second niveau, qualifié d’ « interprétatif », est une étape de compréhension du sens commun. Enfin, le dernier niveau « positiviste », consiste à élaborer et à tester des hypothèses permettant d’expliquer le phénomène étudié. Dans ce sens, pour l’interprétativiste, il ne s’agit plus d’expliquer la réalité mais de la comprendre au travers des interprétations qu’en font les acteurs. Nous pouvons attribuer une certaine objectivité à l’explication et une subjectivité à la compréhension. Ainsi, la connaissance scientifique doit être obtenue à travers la compréhension de l’interaction sociale et humaine dans laquelle se construisent la réalité (Walsham, 1995) et le processus de création de connaissance passe par la compréhension du sens que les acteurs donnent à la réalité (Perret et Séville, 2007). Il développe ainsi une démarche qui doit prendre en compte les intentions, les motivations, les attentes, les croyances des acteurs (Pourtois et Desmet, 1988). Dans ce sens, la compréhension se fonde sur la notion Versthen12 qui signifie au sens restrictif, le processus par lequel le chercheur interprète les significations subjectives qui fondent le comportement des individus qu’il étudie» (Lee, 1991). Le but étant de comprendre les déterminants du phénomène dans son ensemble la démarche de compréhension a guidé notre recherche. Nous avons interprété les significations subjectives (intention, attitude, motivations,…) qui fondent le comportement des étudiantes étudiées. La réalité des étudiantes a été vue en étudiant leurs perceptions et croyances.

Démarche hypothético-inductive

A la lumière de ce qui précède, le mode de raisonnement de notre recherche combine inductif et déductif. La place accordée au terrain et à la théorie permettent de distinguer « inductif versus déductif » :

-en mode déductif, à partir de la littérature existante, un modèle est défini; il est ensuite testé pour être validé ou rejeté. Dans notre recherche, la déduction intervient au moment de l’élaboration d’un modèle de recherche issu d’une analyse théorique ( théorie de l’événement entrepreneuriale) aboutissant à la formulation d’hypothèses de recherches sous-jacentes et au moment de la phase quantitative dont l’analyse a permis la validation du modèle.

-en mode inductif, les données collectées sur le terrain d’observation choisi permettent directement la construction du modèle. Il n’apparaît donc qu’a posteriori. La littérature préexistante permet des contrôles de cohérences, des comparaisons entre concepts, mais elle n’encadre pas le modèle résultant (Deschamps, 2000). Dans notre recherche, l’induction a été présente à deux niveaux : Tout d’abord lors de l’exploration théorique puis au moment des entretiens qualitatifs autorisant une meilleure adaptation du modèle et questionnaire (l’exploration théorique) au contexte et spécificité libanaise. Puis, pour opérationnaliser ces hypothèses, nous nous sommes référés aux observations du terrain et notamment aux résultats fournis par une étude empirique exploratoire. De plus, pour l’interprétation des résultats recueillis, nous avons procédé par confrontation-illustration des résultats aux discours des enseignants et expert en entrepreneuriat.

Au cours de notre recherche, induction et déduction se superpose : notre démarche devient hypothético-inductive qui consiste à combiner la déduction et l’induction (Crozier et Friedberg, 1977 ; Miles et Hubermann, 1991 ; Glaser et Strauss, 1967).

Notre recherche illustre également la complémentarité des modes d’inférence inductive et déductive (par l’utilisation des démarches inductives et déductives) pour la production de connaissance en management. Dans notre cas, notre modèle a été défini à partir des théories existante et testée, et le terrain d’observation est utilisé pour permettre d’acquérir une vision aussi complète que possible du problème et adapter le modèle au contexte libanais. Ainsi, notre recherche est de nature hypothético-inductif et associe des instruments qualitatifs et quantitatifs :

-qualitatif pour découvrir, préparer, confirmer et illustrer ;
-quantitatif pour expliquer et comprendre.

0.5 Le plan de la thèse et la thèse soutenue

L’introduction générale nous a permis de montrer « le fardeau social » de notre problématique. Solution envisageable pour lutter contre les problèmes d’emplois, encourager l’entrepreneuriat est pourtant absente des discours politiques qui visent aujourd’hui à favoriser l’esprit d’entreprise. L’objet de notre recherche permet d’accomplir des choix et de n’étudier que les femmes diplômées dans un contexte particulier de l’enseignement de l’entrepreneuriat. L’introduction nous a permis de présenter nos positionnements, évolution obligatoire pour la compréhension postérieure du travail.

La présentation de cette recherche s’articule en deux parties.

La première partie est consacrée à l’instauration du cadre théorique de la recherche. Cette partie a cherchée à la délimitation de notre objet de recherche. Elle porte sur la place de l’intention entrepreneuriale et vise à définir précisément le champ d’investigation de notre travail, soit la définition de l’entrepreneuriat et de l’entrepreneur que nous retenons, ainsi que l’enseignement de l’entrepreneuriat. Cette première partie “le positionnement de la recherche dans le champ de l’entrepreneuriat” se décline en trois chapitres.

Dans le premier chapitre, nous explorons quelques définitions et approches d’un champ analysé : l’entrepreneuriat. Nous en présentons notre propre position. Nous retraçons les évolutions et les approches qui délimitent ce champ. Nous présentons ensuite des modèles de l’intention entrepreneuriale. Ce chapitre permet également de délimiter le champ de l’entrepreneuriat. Nous proposerons une revue critique de la littérature et nous donnons notre acception de l’intention qui met en exergue la volonté personnelle.

Dans le deuxième chapitre, nous abordons plus particulièrement l’importance de la relation Université-Entrepreneuriat et nous exposons ce que nous entendons par l’enseignement de l’entrepreneuriat. Les objectifs du deuxième chapitre que nous poursuivons visent à développer une compréhension globale des programmes d’enseignement de l’entrepreneuriat (qui fait quoi ?), une compréhension des résultats (quel impact) et de la situation au Liban. En fait, l’ensemble des défis fait que les besoins de formation en entrepreneuriat sont actuellement très importants sur de sujets différents. Ainsi, élaborer et mettre en œuvre une stratégie en matière de programmes de formation afin d’améliorer les compétences managériales et entrepreneuriales est devenu très urgent. Le rôle que l’université peut jouer en ce domaine est très grand à travers le développement de programmes diplômant en entrepreneuriat en matière de formation initiale et continue.

Lors de nos propos introductifs, nous avons déjà pu percevoir la spécificité de l’intention de création d’entreprise des femmes. Bien que l’entrepreneuriat soit défini dans l’histoire en tant que domaine de l’homme, les axes de recherche en entrepreneuriat féminin diffèrent de ceux de la recherche en entrepreneuriat en général. Les femmes et les hommes se diffèrent quant au mécanisme de formation de l’intention, et peuvent choisir créer leur entreprise pour différentes raisons. D’où l’intérêt de comprendre leur intention de créer leur propre entreprise, surtout qu’en 1975, il y a désormais, sur l’ensemble des facultés plus d’étudiantes que d’étudiants (Molinari, 1992). Ce troisième chapitre est structuré en deux points. Nous verrons d’abord dans quelle mesure l’entrepreneuriat féminin présente une logique singulière. La deuxième section sera l’occasion de contextualiser notre recherche en identifiant les spécificités du cadre libanais.

La deuxième partie « Validation du modèle d’analyse de l’intention entrepreneuriale » s’articule autour de trois chapitres.

Le chapitre quatre consiste à argumenter la construction théorique qui s’appuie sur le modèle de la formation entrepreneuriale de Shapero et Sokol (1982) et la théorie du comportement planifiée de Ajzen (1991). Il présente la conception du modèle qui vise essentiellement à proposer un instrument qui facilite l’appréhension et la compréhension de la formation de l’intention entrepreneuriale des étudiantes. Le modèle proposée élabore un ensemble d’hypothèses qui nécessitent l’explication de la logique des relations qui unissent les concepts évoqués dans la problématique. Il sera soumis à validation à travers deux enquêtes quantitatives (comparatives) et des tests statistiques qui feront l’objet des deux derniers chapitres.

Le chapitre cinq a pour objet de décrire et de justifier notre méthodologie empirique. Nous débutons par les explications de la démarche hypothético-inductive et de la logique quantitative précédée par une enquête qualitative. Nous adoptons et adaptons la méthode de Churchill (1979) aux impératifs de la recherche. Nous présentons le déroulement de l’enquête qualitative des consultations d’experts. Leur apport est indispensable à l’épuration du projet de questionnaire. Le double test de ce dernier est indéniable à l’amélioration de sa compréhension et de sa pertinence. Nous détaillons la construction du questionnaire en mettant l’accent sur la modalité d’échantillonnage, les tailles et compositions des deux échantillons et la question de l’optimalité qui en découle. Avant de conclure, nous présentons l’analyse descriptive de notre échantillon.

Le chapitre six comprend les traitements d’homogénéité et les analyses de vérification d’hypothèses qui portent sur les influences des variables explicatives sur la variable à expliquer. Dans un premier niveau d’analyse, nous exposons les tests d’homogénéité des échelles par le biais des analyses factorielles et de l’alpha de Cronbach. Ces tests sont imposés avant d’effectuer les calculs de la validation des hypothèses.

Notre thèse se termine par une conclusion générale qui, généralement, doit répondre aux questions posées au début de la recherche. La discussion des résultats de la recherche est abordée avant la présentation des apports, limites, et voies de recherche.

La thèse soutenue

Nos principaux résultats nous amènent à défendre la thèse suivante :

La formation de l’intention entrepreneuriale est contingente à la filière d’étude dans le cas des étudiantes libanaises, filière « Management » et filière « Sciences ». En d’autres termes, la désirabilité et la faisabilité perçues sont deux éléments indispensables à la formation d’une intention entrepreneuriale pour les étudiantes filière « Management ». Pour les étudiantes filière « Sciences », la désirabilité contribue seule à la détermination de l’intention entrepreneuriale. Dans le même sens, les déterminants de la désirabilité et faisabilité perçues envers l’entrepreneuriat change selon la filière.

Par contre, l’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban n’a pas d’impact suffisant sur l’intention entrepreneuriale pour les deux échantillons.

La structure générale de ce travail peut être synthétisée dans la figure qui présente l’émergence de la problématique, l’élaboration du cadre théorique, la méthodologie adoptée, la logique de traitement des résultats obtenus, et la thèse soutenue. Elle vise à mettre en évidence la cohérence du le cheminement du travail entrepris

Figure 2. Démarche générale de la recherche
Démarche générale de la recherche

Lire le mémoire complet ==> (L’intention entrepreneuriale des étudiantes )
Thèse de Doctorat ès Nouveau Régime Sciences de Gestion de l’Université de NANCY 2
Institut D’administration Des Entreprises