La nature de la relation Université et Entrepreneuriat au Liban

By 15 January 2013

II.3.3 La nature de la relation U-E au Liban

Notre objectif est de dégager, dans cette partie, quelques points remarquables qui caractérisent la situation actuelle de l’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban, sans prétendre à une vue exhaustive.

II.3.3.1 Université et entrepreneuriat : une relation récente

L’entrepreneuriat est un objet d’enseignement relativement récent. Il est apparu aux Etats-Unis au milieu des années 1960 et n’a pas cessé, depuis de se développer (Fayolle, 1997). L’introduction et le développement de l’entrepreneuriat au sein de l’université sont des éléments relativement récents. Ils correspondent essentiellement à plusieurs éléments : Les limites du modèle de la grande entreprise, et du salariat ; le rôle de l’Etat qui semblent être le moteur dans le rapprochement entre université et entrepreneuriat (Schmitt, 2008).

Actuellement, l’université, quelque soit le pays, prend en considération le rôle important de l’entrepreneuriat. Au Liban, Levy-Tadjine présente le cadre singulier du Liban du point de vue socio-économique en ce qui concerne la relation université-entrepreneuriat. L’auteur constate que le développement d’actions dans ce domaine est très récent au sein de l’Université, même si le Liban a une tradition entrepreneuriale, et que c’est l’université privée qui s’est emparée en premier lieu des actions de formation et d’accompagnement à l’Entrepreneuriat. Puisque le développement de l’entrepreneuriat au sein de l’Université peut se comprendre comme le reflet d’une certaine évolution de la société et de nos organisations

(Boutillier et Uzunidis, 2000)56, l’analyse de la construction de l’université au processus entrepreneurial au Liban met en évidence plusieurs éléments :
* il existe un potentiel de chercheurs, mais la démarche de développement de la recherche reste limitée ;
* l’entreprise ne coopère pas naturellement avec l’université. Au Liban, les établissements universitaires sont reconnus dans leur mission de formation et de recherche mais il apparaît que vis-à-vis des entreprises, ils ont une légitimité à conforter. Les relations avec l’université se limitent bien souvent à l’accueil des stagiaires. Contrairement aux spécificités du système américain qui a pu jouer un rôle crucial grâce à l’implication très forte des entreprises (McIntyre et Ivanaj, 2008).

Plusieurs analyses comparatives de la place de l’entrepreneuriat dans les universités des différents pays sont disponibles, et révèlent la différence de sensibilité entre les pays et entre les universités du même pays. Cependant, la relation université et entrepreneuriat passe par les trois étapes : l’Initialisation, l’Institutionnalisation et l’Intégration (Schmitt, 2005, 2008).

L’initialisation est le point de départ de la relation U-E. A ce niveau, il y a une prise en considération de l’importance de l’entrepreneuriat dans le développement économique local national. Pendant l’institutionnalisation, l’université organise des actions et structures. L’intégration consiste à l’élaboration d’une stratégie clairement établie de participer au développement économique local et national.

En guise de synthèse, nous schématisons le processus de 3I de Schmitt :

Figure 34. Processus de la relation entre université et entrepreneuriat (adapté de Schmitt, 2008)
Processus de la relation entre université et entrepreneuriat

Nous constatons que le Liban demeure dans la phase de l’initialisation, « la sensibilisation est hyper-trophié dans le cas libanais tandis que la formation, l’accompagnement et la recherche demeurent modestement développés même si les germes d’une véritable relation U/E existent »57(Levy-Tadjine, 2008) dans certaines universités à l’instar de AUB, ESA et LAU. La relation U/Entrepreneuriat, au Liban, est en cours de construction (voir figure ci-dessous).

Figure 35. Les différents temps entre université et entrepreneuriat
Les différents temps entre université et entrepreneuriat

Lire le mémoire complet ==> (L’intention entrepreneuriale des étudiantes )
Thèse de Doctorat ès Nouveau Régime Sciences de Gestion de l’Université de NANCY 2
Institut D’administration Des Entreprises