La désirabilité entrepreneuriale : les déterminants

By 17 January 2013

II.2.2 Les déterminants de la désirabilité

Dans le but de tester les relations des variables agissant sur la désirabilité de partir en affaire, nous avons utilisé des tests de régression simple. Nous rappelons que cette variable sera analysée pour les deux échantillons de notre étude.

La première relation que nous avons souhaité vérifier revient logiquement à l’hypothèse H2.1, relative à l’influence que peut avoir l’attitude envers l’entrepreneuriat sur la désirabilité perçue. Les résultats de la régression de la désirabilité par rapport à l’attitude affichent au sein de l’échantillon de référence une corrélation positive dont le coefficient est évalué. 663.

Le score du R² ajusté est 0.439. La qualité de l’ajustement obtenue par cette relation linéaire, évaluée à 0.437 pour un sig. = .000, est significative. La valeur critique de F (3,92 au seuil α = 0,05, pour 1 et 298 degrés de liberté) lui est inférieure. L’attitude influence donc la désirabilité entrepreneuriale.

Dans ce sens, l’hypothèse H2.1 : plus l’attitude envers l’entrepreneuriat est positive, plus la désirabilité perçue sera forte, n’est pas rejetée.

Tableau 43. Résultats de la régression de l’échantillon référence du modèle désirabilité= f (attitude)

Analyse de la variance
Somme des carrés DF Carré moyen Valeur  F sig
Modèle 131.308 1 131.308 233.344 .000(a)
Erreur 167.692 298 .563
Total corrigé 299.000 299
.439
R² ajusté .437
Analyse des coefficients
Bêta Valeur du t sig
Attitude .663 15.276 .000

Pour l’échantillon “Science », il est mis en évidence une dépendance significative entre la désirabilité d’entreprendre et l’attitude entrepreneuriale. Le coefficient de corrélation présente une valeur positive acceptable de 25.6%, synonyme d’une covariation positive. Si la valeur de l’attitude augmente, celle de l’intention augmente.

Tableau 44. Résultats de la régression de l’échantillon témoin du modèle désirabilité= f (attitude)

Analyse de la variance
Somme des carrés DF Carré moyen Valeur F sig
Modèle 25.316 1 25.316 33.671 .000(a)
Erreur 73.684 98 .752
Total corrigé 99.000 99
.256
R² ajusté .248
Analyse des coefficients
Bêta Valeur du t sig
Attitude .506 5.803 .000

La seconde relation que nous avons étudiée concerne l’influence de la norme sociale sur la désirabilité perçue de partir en affaire.

L’analyse de la variance, dont les caractéristiques sont reprises dans le tableau ci-dessous, prouve une forte corrélation dont le coefficient est estimé à 23,6%. La qualité de l’ajustement obtenue par cette relation linéaire, évaluée à 17.641 pour un sig. = 0,000 est significative. La valeur critique de F (3,84 au seuil α = 0,05, pour 1 et 298 degrés de liberté) lui est inférieure. Ainsi, l’hypothèse, H 2.1 : Plus la norme sociale envers l’entrepreneuriat est positive, plus la désirabilité perçue sera forte, sur la base de l’analyse de régression.

Tableau 45. Résultats de la régression de l’échantillon de référence du modèle désirabilité= f (normes sociales)

Analyse de la variance
Somme des carrés DF Carré moyen Valeur F sig
Modèle 16.711 1 16.711 17.641 .000(a)
Erreur 282.289 298 .947
Total corrigé 299.000 299
.056
R² ajusté .053
Analyse des coefficients
Bêta Valeur du t sig
Norme sociale .236 4.200 .000

La régression de la désirabilité par rapport aux normes sociales indique une corrélation positive de 18,8%. La qualité de l’ajustement obtenue par cette relation linéaire est non acceptable et est évaluée à 0.002 pour un sig. = 0.384. En effet, la valeur observée de F est inférieur à la valeur critique (F=0.763 au seuil α = 0,05, pour 1 et 98 degrés de liberté).

Tableau 46. Résultats de la régression de l’échantillon témoin du modèle désirabilité= f (normes sociales)

Analyse de la variance
Somme des carrés DF Carré moyen Valeur F F
Modèle .765 1 .765 .763 .384(a)
Erreur 98.235 98 1.002
Total corrigé 99.000 99
.008
R² ajusté .002
Analyse des coefficients
Variable Bêta Valeur du t Sig
Norme sociale .088 .874 .384

La troisième relation que nous avons étudiée concerne l’influence de la sensibilisation et de formation de l’entrepreneuriat (SFE) sur la désirabilité perçue de partir en affaire. L’impact de la SFE sur la désirabilité entrepreneuriale est formulé à travers quatre variables : l’enseignement en entrepreneuriat, l’environnement universitaire, la vision des étudiantes de l’enseignement en entrepreneuriat et la valorisation de recevoir cet enseignement. Pour appréhender cette influence, nous nous sommes fondés sur la méthode d’ANOVA à un facteur particulièrement adaptée au cas d’une variable explicative qualitative et d’une variable à expliquer quantitative. Le calcul se fait en transformant les deux variations (intergroupe et intragroupe) en un rapport de variance qui s’obtient en divisant chacune d’elle par le nombre de degrés de liberté qui convient. Nous obtenons ainsi un coefficient F de FISHER- SNEDECOR dont les propriétés statistiques sont connues. Nous comparons la valeur calculée de F à sa valeur critique, à un seuil α fixé et pour le nombre de degrés de liberté correspondant.

L’enseignement de l’entrepreneuriat

L’influence de l’enseignement en entrepreneuriat sur la désirabilité entrepreneuriale se vérifie par le biais de la technique de l’ANOVA à un facteur. L’enseignement en entrepreneuriat n’a pas d’influence sur la désirabilité des étudiantes. La table de FISHER-SNEDECOR donne pour α = 0,05 et 1 et 298 degrés de liberté, une valeur de 1,207. Celle que nous avons calculée (33,089) lui est largement inférieur (tableau). Nous concluons donc que les données recueillies permettent de se prononcer en faveur d’une influence non significative (F 1,207et sig. = 0,273) de l’existence d’un enseignement en entrepreneuriat sur la désirabilité entrepreneuriale.

Dans ce sens, l’hypothèse H4.1a : l’enseignement en entrepreneuriat influence la désirabilité entrepreneuriale, est non validée.

Tableau 47. Résultats de l’ANOVA de l’échantillon de référence du modèle désirabilité=f(formation en entrepreneuriat)

Sommes des carrés df Moyenne des carrés F Sig.
Inter-groupesIntra-groupesTotal 1,206297,794299,000 1298299 1,206,999 1,207 ,273

Au sein de l’échantillon témoin, les analyses d’ANOVA indique un impact non significatif entre l’enseignement en entrepreneuriat et la désirabilité perçue (la valeur calculée de F est supérieure à la valeur critique observée sur la table statistique : F calculé = ,406; sig. = 0,526 ; F critique = 3,92, au seuil α = 0,05 pour 1 et 98 degrés de liberté).

Donc, l’hypothèse H4.1a : l’enseignement en entrepreneuriat influence la désirabilité entrepreneuriale, est non validée

Tableau 48. Résultats de l’ANOVA de l’échantillon témoin du modèle désirabilité= f (enseignement en entrepreneuriat)

Sommes des carrés df Moyenne des carrés F Sig.
Inter-groupesIntra-groupesTotal ,40898,59299,000 19899 ,4081,006 ,406 ,526

La culture entrepreneuriale au sein de l’université

L’environnement entrepreneurial universitaire au sein de l’université peut jouer un rôle primordial sur la désirabilité. Cependant le test d’ANOVA, dont les caractéristiques sont reprises dans le tableau 60, indique pour la population de référence une influence non significative entre la culture entrepreneuriale au sein de l’université et la désirabilité perçue des étudiantes. La valeur critique de F, au seuil α = 0,05, pour 1 et 298 degrés de liberté, est égale à 3,87, le F calculé (1,564, sig. = 0,212) étant nettement inférieur, nous pouvons conclure que H4.2.a : la culture entrepreneuriale au sein de l’université influence la désirabilité entrepreneuriale, est non validée

Tableau 49. Résultats de l’ANOVA de l’échantillon de référence du modèle désirabilité= f(Culture entrepreneuriale au sein de l’université)

Sommes des carrés df Moyenne des carrés F Sig.
Inter-groupesIntra-groupesTotal 1,561297,439299,000 1298299 1,561,998 1,564 ,212

Les statistiques de régression, dont les caractéristiques sont contenues dans le tableau ci- dessous, montrent une influence non significative entre la culture entrepreneuriale au sein de l’université et la désirabilité perçue des étudiantes. Le coefficient F de FISHER-SNEDECOR est égal à 0,662 pour un sig. = 0,418. La valeur du F critique est de 3,94, au seuil α = 0,05 pour 1 et 98 degrés de liberté. L’hypothèse H4.2.a est donc rejetée au sein de l’échantillon témoin.

Tableau 50. Résultats de l’ANOVA de l’échantillon témoin du modèle désirabilité= f (Culture entrepreneuriale au sein de l’université)

Sommes des carrés df Moyenne des carrés F Sig.
Inter-groupesIntra-groupesTotal ,66498,33699,000 19899 ,6641,003 ,662 ,418

L’impact perçu

La valorisation des étudiantes de recevoir cet enseignement a été mesurer à travers la variable «impact perçu ». Pour repérer les liens significatifs entre l’impact perçu et la désirabilité perçue des étudiantes, nous nous sommes fondés sur l’analyse d’ANOVA. En effet, cette technique convient au cas où la variable explicative est qualitative et la variable à expliquer est quantitative. La table de FISHER-SNEDECOR indique un coefficient F d’une valeur de 5,348 laquelle est largement supérieure à la valeur critique (F = 2,63 pour α = 0,05 et 4 et 37 degrés de liberté). Il est ainsi mis en évidence un lien fortement significatif (F = 5,348 et sig. = 0,002) entre l’impact perçu des étudiantes et la désirabilité perçue venant valider l’hypothèse 4.2.a pour l’échantillon de référence121. Plus les étudiantes ont un impact perçu positif, plus élevée est leur désirabilité entrepreneuriale.

L’hypothèse H4. 3a : l’impact perçu influence la désirabilité entrepreneuriale, n’est pas rejetée.

Tableau 51. Résultats de l’ANOVA de l’échantillon de référence du modèle désirabilité= f(impact perçu)

Sommes des carrés df Moyenne des carrés F Sig.
Inter-groupesIntra-groupesTotal 21,69037,51759,207 43741 5,4231,014 5,348 ,002

La nécessité perçue

Pour comprendre la vision des étudiantes de l’enseignement en entrepreneuriat, nous avons mobilisés cette variable. Pour savoir si l’hypothèse 4.3a ne peut être rejetée dans le cadre de l’échantillon de référence, nous allons nous intéresser au test d’ANOVA (tableau 61). Il existe de lien significatif entre la nécessité perçue et la désirabilité. Le coefficient F observé (F = 4,000 ; sig. = 0,05) est inférieur au F calculé pour 1 et 298 degrés de liberté (12,845 ; sig.= 0,000). L’ANOVA révèle de liaison significative.

En conséquence, l’hypothèse H4.4a : la nécessité perçue de la formation à l’entrepreneuriat des étudiantes influence la désirabilité entrepreneuriale, n’est pas rejetée.

Tableau 52. Résultats de l’ANOVA de l’échantillon de référence du modèle désirabilité= f (nécessité perçue)

121 Pour l’échantillon témoin, nous n’avons pas pu tester cette hypothèse. Le taux de réponse est trop faible (la plupart des étudiantes filière « Sciences » n’ont pas reçu pas une formation en entrepreneuriat).

Sommes des carrés df Moyenne des carrés F Sig.
Inter-groupesIntra-groupesTotal 12,356286,644299,000 1298299 12,356,962 12,845 ,000

Etudions l’échantillon témoin pour s’enquérir de la validité statistique de cette hypothèse. En fait, le lien unissant ces deux variables n’est pas significatif (la valeur calculée de F est inférieure à la valeur critique observée sur la table statistique : F calculé = 0,578; sig. = 0,449; F critique = 4,00, au seuil α = 0,05 pour 1 et 98 degrés de liberté). L’hypothèse H4.3a est ainsi rejetée au sein de l’échantillon “Sciences”.

Tableau53. Résultats de l’ANOVA de l’échantillon témoin du modèle désirabilité= f (nécessité perçue)

Sommes des carrés df Moyenne des carrés F Sig.
Inter-groupesIntra-groupesTotal ,58098,42099,000 19899 ,5801,004 ,578 ,449

La désirabilité dépend de l’attitude entrepreneuriale, de la norme sociale perçue, de l’impact perçu et de la nécessité perçue des étudiantes de l’échantillon de référence. Cependant, la désirabilité de l’échantillon témoin dépend seulement de l’attitude entrepreneuriale.

Lire le mémoire complet ==> (L’intention entrepreneuriale des étudiantes )
Thèse de Doctorat ès Nouveau Régime Sciences de Gestion de l’Université de NANCY 2
Institut D’administration Des Entreprises