Le rôle intermédiaire financier des banques

By 17 December 2012

Le rôle économique et financier du secteur bancaire – Section II :

La place des banques dans l’économie nationale est importante. Les banques interviennent depuis longtemps parmi les agents économiques à capacité de financement et ceux à besoin de financement en collectant des capitaux à court terme des agents excédentaires et elles les redistribuent sous forme de crédits à long terme aux agents déficitaires (l’intermédiation bancaire traditionnelle). A partir des années quatre- vingt le rôle du secteur bancaire dans le financement de l’économie a connu un évolution importante, surtout dans les pays développés.

Cette évolution, qui a été résulté essentiellement du développement des marchés financiers, a consisté en la diminution des activités traditionnelles des banques (collecte des dépôts et distribution des crédits) et en la croissance constatée des opérations de marché (désintermédiation bancaire). Par ailleurs, dès cette période-là les banques interviennent largement sur le marché financier pour leur propre compte et les compte de tiers (les sociétés émettrices et les porteurs des valeurs mobilières).

Cette section s’intéresse au rôle économique et financier du secteur bancaire dans les deux pays étudiés (France et Egypte). L’étude de ce rôle sera complété par exposer le rôle intermédiaire des banques (§I) et leur rôle sur les marchés financiers (§ II).

§I : Le rôle intermédiaire des banques

Les banques constituent des intermédiaires financiers spécifiques. Elles interviennent entre les prêteurs et les emprunteurs en réalisant de la finance indirecte (la finance intermédiée). Cette intermédiation financière des banques peut être défini par leurs fonctions traditionnelles consistant en la collecte des dépôts, la distribution des crédits et la gestion des moyens de paiement (A). A partir des années quatre-vingt, une modification majeure a été effectuée dans la fonction d’intermédiation bancaire, notamment dans les pays développés. Cette modification a consisté en la réduction de l’intermédiation bancaire dite classique et en l’apparition de nouveaux aspects d’intermédiation bancaire (B).

A- La banque : un intermédiaire financier

La notion d’intermédiation financière a été définie par Gurley et Shaw en 1960. Ils ont analysé la mission fondamentale de la banque en tant qu’intermédiaire financier. Selon, Gurley et Shaw la fonction essentielle des intermédiaires financiers consiste à transformer les caractéristiques des actifs financiers. Ainsi, les intermédiaires financiers assurent une transformation des échéances et des risques153.

Dans chaque économie, il existe sur le plan financier deux catégories d’agents économiques. D’une part, il existe les agents à capacité de financement. Les revenus de ces agents sont plus élevés que leurs dépenses. Alors, ils cherchent à placer leurs ressources (ce sont les prêteurs). D’autre part, il existe la catégorie des agents à besoin de financement. Les dépenses de ces agents sont plus importantes que leurs revenus comme c’est le cas des entreprises et des administrations (ce sont les emprunteurs)154.

1- La finance directe et la finance indirecte

Selon l’analyse classique, les agents excédentaires et les agents déficitaires sont mis en relation par deux types de circuits de financement :

a) La finance directe

En fonction de ce type de financement, les agents à besoin de financement et les agents à capacité de financement se rencontrent directement sur le marché financier.

En d’autres termes, la finance directe se réalise quand l’agent à capacité de financement acquiert directement les titres (actions, obligations) émis par l’agent à besoin de financement155.

b) La finance indirecte

Selon ce type de financement, un intermédiaire financier intervient entre les emprunteurs et les prêteurs. En fait, les emprunteurs et les prêteurs n’ont pas les mêmes préférences. Les agents à besoin de financement procèdent à des processus d’investissement par l’émission de titres à long terme, tandis que les agents à capacité de financement cherchent des placements à court terme. Ainsi, l’intermédiation financière sert d’interface entre les emprunteurs et les prêteurs 156.

Par ailleurs, les marchés de capitaux se caractérisent par l’incertitude et l’asymétrie d’information. Le rôle d’un intermédiaire financier apparaît nécessaire pour pallier les imperfections de la finance directe.

Ainsi, les intermédiaires financiers, surtout les banques, interviennent pour transformer les caractéristiques des créances ou des dettes des agents économiques. Elles collectent les capitaux à court terme des agents à capacité de financement et les redistribuent sous forme de crédits à long terme aux agents à besoin de financement157.

2- Les justifications de l’existence des intermédiaires financiers

Selon l’analyse économique récente158 trois raisons principales justifient l’existence des intermédiaires financiers : la réduction des coûts de transaction (a), la réduction de l’asymétrie d’information (b) et l’assurance de liquidité (c). La majorité de ces raisons concernent essentiellement les banques.

a) L’intermédiaire financier et les coûts de transaction

L’existence des intermédiaires financiers permet de réduire les coûts de transaction. Ces coûts de transaction sont constitués du coût de recherche du candidat et d’un accord et des coûts de négociation des conditions financières. Ils comprennent également les coûts résultant de la surveillance de l’exécution du contrat.

En effet, les intermédiaires financiers permettent de diminuer ces coûts en réalisant des économies d’échelle. C’est-à-dire que le coût unitaire de production des services financiers diminue à mesure que la quantité produite augmente. Par ailleurs, le volume des opérations effectuées par les intermédiaires financiers réalise en effet, une bonne diversifications des risques159.

b) L’intermédiaire financier et l’asymétrie d’information

L’asymétrie d’information sur les marchés de capitaux constitue l’une des raisons essentielles qui justifient l’existence d’intermédiaires financiers. Cette asymétrie d’information résulte du fait que certains agents (les emprunteurs) sur le marché ont plus d’information que d’autres (les prêteurs). Elle découle également de l’asymétrie des rôles des agents dans l’activité économique160.

L’intermédiaire financier permet de réduire l’asymétrie d’information. Il dispose d’informations spéciales qui ne sont pas connues par les marchés financiers. Dans le cas d’une demande de financement par une entreprise à sa banque, celle-ci a la qualité pour estimer la solvabilité de cette entreprise (son client), parce qu’elle gère déjà ses comptes. Elle détient des informations précieuses qui lui permettent d’évaluer sa solvabilité et d’éviter la possibilité de cacher des informations importantes avant effectuer le contrat161.

Par ailleurs, l’intermédiaire financier assure le secret des informations ce qui constitue une grande avantage des emprunteurs. L’intermédiaire financier peut également diminuer les coûts de surveillance sur l’exécution du contrat, grâce à sa capacité de réduire les risques découlant d’une exécution partielle ou non exécution du contrat par l’emprunteur. En effet, les prêteurs préfèrent le recours aux services d’intermédiaires financiers plus que le recours au financement direct afin d’obtention un bon contrôle sur les emprunteurs162.

Il convient de souligner que, les banques occupent une place singulière par rapport aux autres intermédiaires financiers dans la réduction d’asymétrie d’information. Grâce à la nature de leurs fonctions, les banques entretiennent des rapports à long terme avec leurs clients qui leur permettent d’avoir des informations précieuses sur ceux-ci163.

c) L’intermédiaire financier et l’assurance de liquidité

Dans un marché qui se caractérise par l’incertitude, les agents économiques ont besoin de posséder des actifs liquides qui doivent avoir deux caractéristiques essentielles : d’une part, leur valeur doit être stable et sûre, et d’autre part, ces actifs doivent être aussitôt disponibles pour les échangés contre des biens, des services et des titres164.

Ainsi, la monnaie constitue le seul actif qui détienne ces deux caractéristiques. Selon la nature de leurs fonctions, les banques créent la monnaie en réalisant l’assurance de liquidité. Les banques sont les seuls intermédiaires financiers qui aient la possibilité de transformer leur dette en moyens de paiement généralement acceptés dans les échanges165.

Enfin, il convient de montrer que la fonction d’assurance de liquidité constitue une spécificité des intermédiaires bancaires. Cette fonction est octroyée aux banques grâce à son appartenance au système bancaire organisé et contrôlé par une banque centrale qui garantit les banques dans le cas du risque total d’illiquidité166.

Lire le mémoire complet ==> (La privatisation du secteur bancaire : Etude comparative entre l’Egypte et la France)
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Université Du Droit Et De La Santé De LILLE 2 – Sciences Economiques et Sociales