La privatisation et la performance des banques privatisées en Egypte

By 24 December 2012

2- L’effet de la privatisation sur la performance des banques privatisées en Egypte

L’impact de la privatisation sur la performance des banques privatisées en Egypte peut être mesuré par deux méthodes. La première méthode consiste à comparer la performance d’un échantillon de banques privatisées avant et après la privatisation pour enregistrer les changements dans leur performance après la privatisation (a). La deuxième méthode utilisée pour mesurer l’impact de la privatisation sur les banques privatisées en Egypte consiste en la comparaison de la performance d’un groupe de banques privatisées avec la performance d’un groupe comparable de banques publiques pendant la même période (b).

a) La comparaison de la performance d’un échantillon de banques privatisées avant et après la privatisation

Dans le cadre de cette méthode, on a comparé la performance d’un échantillon composé de cinq banques privatisées et ce avant et après leur privatisation. L’échantillon apparaît à notre avis bien composé puisqu’il comprenait une banque de taille relativement importante (Commercial International Bank-Egypt), deux banques de taille moyenne (National Société Générale Bank et National Bank for development) et deux petites banques (Suez Canal Bank et Egyptain Gulf Bank). La comparaison a été effectuée à la lumière des considérations suivantes :
– Les banques examinées étaient des banques mixtes privatisées dans l’année 1996/1997. Ainsi, on a comparé les indicateurs de performance des banques examinées concernant, en moyenne, les trois années précédant la privatisation avec ceux concernant, en moyenne, les trois années suivant la privatisation selon les informations disponibles sur ce plan.
– La date considérée de la privatisation est la date à laquelle la part possédée directement ou indirectement par l’Etat dans le capital de la banque concernée ne dépassait pas 20 %. Certaines raisons peuvent expliquer cette définition de la date de privatisation. D’une part, selon le programme de privatisation des banques mixtes annoncé par le gouvernement, ce programme visait à réduire la part publique (ces parts publiques avaient variées entre 51 % et 100 % dans les capitaux ces banques mixtes avant la privatisation) dans ces banques à moins de 20 %. D’autre part, la réduction de la part publique dans le capital des banques privatisées à moins de 20 % indique nettement que le gouvernement ne dispose d’aucune influence sur la gestion ou les décisions stratégiques de la banque privatisée.
– La performance des banques examinées a été mesurée selon les critères adoptés par la littérature sur l’impact de privatisation sur les banques privatisées (selon les informations disponibles pour les banques examinées) consistant essentiellement en la rentabilité, la structure financière (taux de capitalisation), l’efficacité et l’exposition du risque de crédit.
– La rentabilité des banques examinées a été mesurée à l’aide de deux indicateurs. Le premier était le coefficient de rendement (ROA, Return over assets) c’est-à-dire le ratio bénéfice net global/total de l’actif. Tandis que le deuxième consistait en le coefficient de rentabilité (ROE, Return over equity) c’est-à-dire le ratio bénéfice net global/capitaux propres.
– La structure financière des banques examinées a été mesurée par le ratio capitaux propres /total de l’actif (le taux de capitalisation). En effet, ce ratio donne des indications précises sur la solvabilité de la banque concernée et par conséquent sur la capacité de la banque concernée pour affronter ses obligations et les risques bancaires.
– L’efficacité des banques examinées a été mesurée, au sein de cette comparaison, par deux indicateurs (deux ratios), le ratio total du crédit/total de l’actif et le ratio total du crédit/total du dépôt. Ces deux indicateurs ont mesuré, en effet, l’efficacité des banques concernées dans la gestion de leurs ressources et leurs investissements pour atteindre le plus d’efficacité possible sur ce plan, en prenant en compte que les activités bancaires traditionnelles (la distribution des crédits et la collecte des dépôts) occupaient jusqu’alors une place très importante dans les activités des banques égyptiennes.
– Enfin, le risque de crédit a été mesuré dans le cadre de cette comparaison par le ratio Provisions pour risque du crédit/total du crédit, l’augmentation de la valeur de ce ratio indiquant l’augmentation du risque du crédit et par conséquent le volume des créances douteuses.

Tableau 4.21 – Les résultats des banques examinées avant la privatisation (la moyenne des trois années précédant la privatisation)

En %

Commercial International Bank- Egypt

National Société Générale Bank

National Bank for development

Suez Canal

Bank

Egyptian

Gulf Bank

ROA(a)

2,8

2,2

0,5

0,4

0,56

ROE(b)

20,6

32,9

14,1

11,2

8,85

Taux de capitalisation (capitaux propres/total d’actif)

13,5

6,5

3,5

3,5

6,4

Total du crédit/total d’actif

49,5

42,7

49

47,7

29,2

Total du crédit/total du dépôt

72,3

48,3

58,5

56,7

36

Provisions pour risque de crédit/Total crédit

4,8

8

12,7

nd

nd

a) ROA : le ratio Bénéfice net global/total de l’actif.
b) ROE : le ratio bénéfice net global/capitaux propres. Source : SAMAK N., (2003), op. cit., pp. 247-252.

Tableau 4.22 – Les résultats des banques examinées après la privatisation (la moyenne des trois années suivant la privatisation)

En %

Commercial International Bank- Egypt

National Société Générale Bank

National Bank for development

Suez Canal

Bank

Egyptian Gulf

Bank

ROA

2,3

2,4

0,88

1,02

1,0

ROE

25,4

29,7

15,9

15,7

9,8

Taux de capitalisation (capitaux propres/total d’actif)

9,1

8, 1

5,6

6,8

11,4

Total du crédits/total d’actif

63,2

62,3

56,7

61,7

56,7

Total du crédit/total du dépôt

92,3

74

64,3

70,7

68,7

Provisions pour risque de crédit/Total du crédit

4,5

5,3

11,8

10,1

8,9

– Les ratios sont calculés d’après les rapports financiers annuels (budgets- listes du revenu) des banques concernées, Années 1998, 1999 et 2000.

Si l’on met en rapport les indicateurs de performance des banques examinées avant la privatisation et après la privatisation (tableaux 4.21 et 4.22), on observe que au niveau de la rentabilité, les deux ratios de rentabilité (ROA et ROE) s’est amélioré pour trois de cinq banques examinées (National Bank for development, Suez Canal Bank, Egyptian Gulf Bank).

Pour les deux autres banques, on constate que la Commercial International Bank-Egypt a réalisé une augmentation notable dans le coefficient de rentabilité passant de 20,6 % avant la privatisation à 25,4 % après la privatisation. Cependant, le coefficient de rendement (ROA) de cette banque a enregistré une petite diminution après la privatisation en passant de 2,8 % à 2,3 %.

Pour la National Société Générale Bank, elle a enregistré une baisse dans le ratio de rentabilité (ROE) qui a été réduit de 32,9 % avant la privatisation à 29,7 % après la privatisation. En outre, le ratio de rendement (ROA) n’a connu que une augmentation marginale après la privatisation passant de 2,2 % à 2,4 %. Le manque enregistré dans la rentabilité de la National Société Générale Bank peut être expliqué par l’augmentation du fonds propre (Tier1) de la banque de 308 millions de LE à 378 millions de LE au cours de la période considérée. En effet, les résultats des années suivantes montrent que la rentabilité de cette banque a nettement augmenté. Ainsi, au cours de la période de 2002 à 2005, le ratio de rentabilité (ROE) de la National Société Générale Bank a atteint, en moyenne, 38,15 %.

Au niveau du taux de capitalisation (capitaux propres/total d’actif), toutes les banques de l’échantillon, à l’exception de la Commercial International Bank- Egypt (où ce ratio a diminué de 13,5 % à 9,1 %), ont réalisé une amélioration notable de leur structure financière après la privatisation. Par ailleurs, l’efficacité économique mesurée par le ratio total du crédit/total d’actifs et le ratio total du crédit/total du dépôt, a nettement augmenté après la privatisation dans toutes les banques de l’échantillon.

Enfin, le risque de crédit a diminué dans toutes les banques examinées. Ce résultat s’est traduit par la réduction du ratio Provisions pour risque de crédit/total du crédit dans les banques examinées.

Globalement, on peut noter que la comparaison de la performance des banques privatisées examinées avant et après la privatisation confirme que les privatisations touchant le secteur bancaire en Egypte ont eu un impact positif sur la performance et le comportement financier des banques privatisées.

b) La comparaison des résultats d’un groupe de banques privatisées avec ceux d’un groupe homologue de banques publiques au cours de la même phase conjoncturelle

Selon cette méthode, on compare les résultats d’un groupe composé de quatre banques privatisées avec ceux de quatre banques totalement possédée par l’Etat. Les deux groupes bancaires comparés apparaissent relativement homologues, les banques publiques comparées constituent les plus grandes banques commerciales en Egypte (elles représentent près de 48 % du total de la situation des banques en Egypte en juin 2004), en revanche, les banques privatisées comparées sont les plus grandes banques privées en Egypte.

Les résultats comparés des deux groupes concernent l’année 2004. Deux raisons nous ont conduit au choix de l’année 2004 pour la comparaison. La première est que les chiffres de l’année 2004 constituent les derniers chiffres disponibles pour toutes les banques examinées. La deuxième raison est que les années suivantes (2005, 2006) ont connu des changements dans le statut des banques comparées, notamment le début du processus de privatisation de la Banque d’Alexandrie (banque totalement possédée par l’Etat) en février 2005 et la fusion de l’Egyptian American Bank avec Calyon Bank-Egypt en août 2006.

Dans ces conditions, on peut souligner que dans l’année considérée, l’Etat restait indirectement propriétaire d’une part minoritaire dans le capital des quatre banques privatisées comparées (18 % dans le capital de la National Société Générale Bank, près de 20 % dans le capital de la Commercial International Bank- Egypt, 24,8 % dans le capital de la Misr International Bank et 33,8 % dans le capital de l’Egyptian American Bank)751.

Dans le cadre de cette comparaison, on compare les résultats des deux groupes bancaires dans la même année (terminée en juin 2004 pour les banques publiques et en décembre 2004 pour les banques privatisées) en mesurant la rentabilité (ROA et ROE), le taux de capitalisation (capitaux propres/total d’actif), et l’efficacité des deux groupes bancaires comparés.

Tableau 4.23 – Les résultats comparés des quatre banques privatisées

En %

Commercial International Bank- Egypt

Misr International Bank

National Société Générale Bank

Egyptian American Bank

La Moyenne

ROA(a)

1,8

0,8

2,1

2,26

1,74

ROE(b)

26,6

12,3

33,6

40,6

28,3

Taux de capitalisation

(capitaux propres

/total d’actif)

6,8

6,8

6,3

5,7

6,4

Marge de bénéfice©

23,1

21,8

21,8

31

22

a) ROA : le ratio Bénéfice net global/total de l’actif.
b) ROE : le ratio bénéfice net global/capitaux propres.
c) Le ratio bénéfice net global/produit brut.

Source : Les ratios sont calculés d’après les rapports financiers annuels des banques concernées en décembre 2004.

Tableau 4.24 – Les résultats comparés des quatre banques publiques

En %

National Bank of Egypt

Banque Misr

Banque du

Caire

Banque d’Alexandrie

La Moyenne

ROA

0,25

0,14

0,12

0,18

0,17

ROE

5,3

3,98

1,87

4,35

3,88

Taux de capitalisation

(capitaux propres

/total d’actif)

4,8

3,6

6,5

4,15

4,8

Marge de bénéfice

3,6

1,96

1,3

1,8

2,2

Source : Les ratios sont calculés d’après les rapports financiers annuels des banques concernées en juin 2004.

Si l’on met en rapport les résultats comparés des banques privatisées et ceux des banques publiques (tableaux 4.23 et 4.24), on peut observer que le coefficient de rendement et le coefficient de rentabilité atteignant respectivement en moyenne 1,74 % et 28,3 % pour les banques privatisées, étaient nettement plus élevés que ceux des banques publiques atteignant 0,17 % et 3,88 %. Ainsi, ces ratios mesurant la rentabilité des banques comparées, ont confirmé que les banques privatisées étaient nettement plus rentables que les banques publiques.

Par ailleurs, le taux de capitalisation des banques privatisées était plus élevée que celui des banques publiques. Ce résultat est traduit par l’augmentation du ratio capitaux propres/total d’actif plus importante pour les banques privatisées (6,4 %) que pour les banques publiques (4,8 %). En outre, la marge de bénéfice, c’est-à-dire le ratio bénéfice net/produit brut (le produit brut = le revenu d’intérêt + les autres revenus d’exploitation bancaire), qui mesure la efficacité de la banque concernée pour réduire les charges et les coûts de fonctionnement (plus il est élevé et plus la banque peut être jugée comme efficace dans son organisation), était également nettement plus élevée pour les banques privatisées (22 %) que pour les banques publiques (2,2 %).

De plus, dans une étude effectuée en 2001, l’auteur indiquait que le ratio provisions pour risque de crédit/total crédit avait atteint (en moyenne) en juin 2000, 11,6 % pour les quatre banques publiques et seulement 4,2 % (en décembre 1999) pour les quatre banques privatisées mentionnées plus haut752. Ce dernier résultat montre que le risque de crédit pour les banques publiques était clairement plus élevé que pour les banques privatisées et par conséquent, les créances douteuses des banques publiques étaient plus importantes que celles des banques privatisées. Il montre également la mauvaise gestion des ressources dans les banques publiques, notamment la distribution des crédits, ainsi que l’effet négatif des considérations politiques et sociales sur le volume des créances douteuses des banques publiques.

Ainsi, la comparaison des résultats du groupe des banques privatisées avec ceux du groupe des banques publiques pendant la même phase conjoncturelle confirme que, les banques privatisées étaient nettement plus performantes que les banques publiques.

Les résultats fournis par cette comparaison sont confirmés par les résultats d’une autre comparaison portant sur les évolutions des actifs, des produits nets bancaires et des bénéfices nets des deux groupes bancaires comparés pendant une période plus longue de 1999 à 2004. Il convient de souligner que la période considérée a connu un cas de récession économique en Egypte. Le taux de la croissance du PIB est tombé de 5,9 % en 1999/2000 à 3 % en 2003.

Tableau 4.25 – L’évolution des actifs des quatre banques privatisées (entre 1999 et 2004)

En millions de LE

Décembre 1999

Décembre 2004

La variation

En montant

En %

Commercial International Bank- Egypt

15 016

27 977

12 961

86,3

Misr International Bank

10 107

17 967

7 860

77,8

National Société Générale Bank

4 535

11 640

7 105

156,7

Egyptian American Bank

5 764

10 629

4 865

84,4

Total

35 422

74 540

39 118

101,3

Source : Les rapports financiers annuels des banques concernées en décembre 1999 et en décembre 2004.

Tableau 4.26 – L’évolution des actifs des quatre banques publiques (entre 1999 et 2004)

En millions de LE

Juin 1999

Juin 2004

La variation

En montant

En %

National Bank of Egypt

65 279

131 701

66 404

101,7

Banque Misr

51 859

91 106

39 247

75,7

Banque du Caire

32 830

45 263

12 433

37,9

Banque d’Alexandrie

20 526

37 280

16 752

81,6

Total

170 514

305 350

134 836

79

Source : Les rapports financiers annuels des banques concernées en juin 1999 et en juin 2004.

Pour l’évolution des actifs (tableaux 4.25 et 4.26), il semble que, malgré que les bilans des quatre banques publiques ont été nettement plus élevés que ceux des quatre banques privatisées, l’évolution des actifs des quatre banques privatisées (101,3 %) était nettement plus élevée que celle des quatre banques publiques (79 %) sur l’ensemble de la période (1999 – 2004).

Tableau 4.27 – L’évolution du produit net bancaire des quatre banques privatisées (entre 1999 et 2004)

En millions de LE

Décembre 1999

Décembre 2004

La variation

En montant

En %

Commercial International Bank- Egypt

689

1 273

584

84,8

Misr International Bank

444

666

222

50

National Société Générale Bank

231

690

459

198,7

Egyptian American Bank

242

518

276

114

Total

1 606

3 147

1 541

96

Source : Les rapports financiers annuels des banques concernées en décembre 1999 et en décembre 2004.

Tableau 4.28 – L’évolution du produit net bancaire des quatre banques publiques (entre 1999 et 2004)

En millions de LE

Juin 1999

Juin 2004

La variation

En montant

En %

National Bank of Egypt

1 960

3 049

1 089

55,6

Banque Misr

1 101

2 410

1 309

118,9

Banque du Caire

1 070

1 770

700

65,4

Banque d’Alexandrie

553

790

237

42,9

Total

4 684

8 019

3 335

71

Source : Les rapports financiers annuels des banques concernées en juin 1999 et en juin 2004.

En ce qui concerne l’évolution des produits nets bancaires des deux groupes comparés (tableaux 4.27 et 4.28), on peut observer que l’évolution du produit net bancaire des banques privatisées était plus élevé que celui des banques publiques. Le produit net bancaire de l’ensemble des quatre banques privatisées a augmenté de 1 606 millions de LE en décembre 1999 à 3 147 millions de LE en décembre 2004 en réalisant une évolution atteignant 96 % sur l’ensemble de la période. En revanche, le produit net bancaire des quatre banques publiques est passé de 4 684 millions de LE en juin 1999 à 8 019 millions de LE en juin 2004 réalisant ainsi une croissance de 71 % sur l’ensemble de la période.

Tableau 4.29 – L’évolution des bénéfices nets des quatre banques privatisées (entre 1999 et 2004)

En millions de LE

Décembre 1999

Décembre 2004

La variation

En montant

En %

Commercial International Bank- Egypt

351

505

154

43,9

Misr International Bank

256

150

– 106

– 41,4

National Société Générale Bank

111

247,3

136,3

122,8

Egyptian American Bank

100

240,6

140,6

140,6

Total

818

1 142,9

324,9

39,7

Source : Les rapports financiers annuels des banques concernées en décembre 1999 et en décembre 2004.

Tableau 4.30 – L’évolution des bénéfices nets des quatre banques publiques (entre 1999 et 2004)

En millions de LE

Juin 1999

Juin 2004

La variation

En montant

En %

National Bank of Egypt

392

338

– 54

– 13,8

Banque Misr

225

132

– 93

– 41

Banque du Caire

210

54,9

– 155,1

– 73,9

Banque d’Alexandrie

108

67,5

– 40,5

– 37,5

Total

935

592,4

– 3 426

– 36,6

Source : Les rapports financiers annuels des banques concernées en juin 1999 et en juin 2004.

Concernant l’évolution des bénéfices nets (tableaux 4.29 et 4.30), sur l’ensemble de la période de 1999 à 2004, les banques privatisées étaient nettement plus rentables que les banques publiques. Les bénéfices nets des quatre banques privatisées s’est accru, passant de 818 millions de LE en décembre 1999 à 1 142,9 millions de LE en 2004 en réalisant une croissance dans leurs bénéfices nets atteignant 39,7 %. Au contraire, on constate une baisse notable des bénéfices nets des quatre banques publiques. Leurs bénéfices ont chuté de 935 millions de LE en juin 1999 à 592,4 millions de LE en juin 2004 en enregistrant une évolution négative dans leurs bénéfices nets qui a atteint – 36,6 %.

En bref, cette dernière comparaison portant sur l’évolution des actifs, des produits nets bancaires et des bénéfices nets des deux groupes bancaires privatisés et publics pendant une période de six ans de 1999 à 2004, confirme que le groupe bancaire privatisé était nettement plus performant que le groupe bancaire public. Ce résultat s’est traduit par l’augmentation notable des taux d’évolution des actifs, des produits nets bancaires et des bénéfices nets de l’ensemble des quatre banques privatisées (atteignant respectivement, 101,3 %, 96 % et 39,7 %) comparé à ceux de l’ensemble des quatre banques publiques (atteignant respectivement, 79 %, 71 %, – 36,6 %).

Enfin, on peut noter que la comparaison des résultats d’un échantillon de banques privatisées avant et après leur privatisation, ainsi que la comparaison des résultats d’un groupe bancaire privatisé avec un autre groupe bancaire homologue resté dans le secteur public pendant la même phase conjoncturelle, indiquent nettement que la privatisation a eu des effets positifs sur la performance des banques privatisées en Egypte.

Lire le mémoire complet ==> (La privatisation du secteur bancaire : Etude comparative entre l’Egypte et la France)
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Université Du Droit Et De La Santé De LILLE 2 – Sciences Economiques et Sociales