Conséquences économiques et financières des privatisations bancaires

By 23 December 2012

Examen des effets économiques et financiers de la privatisation bancaire – Chapitre IV :

Comme nous l’avons déjà mentionné dans la première partie de cette thèse, les privatisations bancaires, mais aussi les privatisations touchant les autres secteurs de l’économie dans les deux pays étudiés, sont justifiées par certaines raisons de nature économique et financière. Ces raisons consistent essentiellement en l’amélioration de la performance des entreprises privatisées, le développement du marché financier, le développement de l’actionnariat salarié et populaire, la réduction des déficits publics et la ralentissement de la dette publique.

Dans ce cadre, on peut remarquer que l’amélioration de la performance des entreprises privatisées reste l’objectif le plus affiché dans les programmes de privatisation. Cet objectif apparaît, en effet, essentiel dans le cadre de la privatisation touchant le secteur bancaire parce que cette amélioration constitue une nécessité pour les banques afin d’affronter la grande concurrence au niveau national et au niveau international résultant du phénomène de la libéralisation financière, de l’évolution de l’intermédiation bancaire, du phénomène de regroupement bancaire et des progrès technologiques en matière bancaire.

Le chapitre présent s’intéresse aux conséquences économiques et financières de la privatisation touchant le secteur bancaire dans les deux pays étudiés. L’étude de ces conséquences sera complétée par l’analyse des conséquences économiques et financières des privatisations (section I) et l’impact particulier de la privatisation bancaire (section II).

Section I : Conséquences économiques et financières des privatisations

Les privatisations bancaires ainsi que les privatisations touchant les autres secteurs de l’économie constituent un élément efficace de la réduction du déficit budgétaire ayant nettement touché la plupart des pays développés et en développement dès le début des années quatre-vingt et dans le ralentissement de la croissance de la dette publique (§I).

Elles ont également pour objectif et conséquence le développement du marché financier des pays concernés. Elles permettent l’augmentation de la capitalisation du marché boursier concerné, ainsi que le nombre des titres négociables sur le marché. De plus, elles donnent naissance à une catégorie de petits investisseurs qui engagent leur épargne sur le marché financier. Tous ces aspects ont pour conséquence la croissance de la dimension du marché financier et la modernisation de ses mécanismes.

Par ailleurs, les privatisations constituent un facteur attractif pour les investissements étrangers à travers l’ouverture du capital des entreprises privatisées aux investisseurs étrangers et la mise en place des mesures visant à la promotion des investissements étrangers pour accompagner les opérations de privatisation. De plus, la privatisation est un instrument important pour l’essor de l’actionnariat salarié et populaire (§II). Il convient de souligner que les conséquences économiques et financières des privatisations proposées dans le cadre de cette section concernent l’ensemble des privatisations touchant le secteur bancaire et celles touchant les autres secteurs de l’économie.

§ I : L’impact budgétaire des privatisations

La privatisation permet, en effet, d’alléger le budget de l’Etat des charges des déficits chroniques accumulés par certaines entreprises du secteur public. De plus, l’utilisation des recettes de privatisation pour doter en capital les entreprises restant dans le secteur public permet l’annulation de ces dépenses dans le budget de l’Etat. En outre, les recettes de privatisation affectées au financement du déficit budgétaire ou au désendettement peuvent réduire le poids lourd de ces derniers651.

Cependant, cet impact budgétaire des privatisations peut varier d’un pays à l’autre. Ainsi, on constate que dans certains pays en développement, l’impact budgétaire des privatisations est limité ou voir nul652. Cet impact limité ou nul résulte de certaines contraintes et difficultés consistant essentiellement en : la nécessité de restructurer et de réhabiliter plusieurs entreprises privatisables pour les rendre attractives ; l’impact négatif des risques induits par les incertitudes de la situation économique, politique et sociale sur la valeur des entreprises privatisables ; la faible maîtrise du rythme de réalisation du programme de privatisation et de son accord avec les tendances conjoncturelles favorables du pays ; la forte diminution du prix de vente pour attirer des acquéreurs ; la prise en charge du lourd passif des entreprises privatisées par la liquidation ; le coût pour l’Etat du maintenir des entreprises publiques déficitaires à forte externalité positive 653.

Dans les deux pays étudiés, comme nous l’avons déjà mentionné, l’allégement du déficit budgétaire et de la dette publique était l’un des objectifs affichés de la politique de privatisation (bancaires, financières, industrielles). L’étude des recettes résultant des opérations de privatisation (A) et leur l’affectation permet de vérifier l’effet de la politique de privatisation sur le budget de l’Etat (B).

Lire le mémoire complet ==> (La privatisation du secteur bancaire : Etude comparative entre l’Egypte et la France)
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Université Du Droit Et De La Santé De LILLE 2 – Sciences Economiques et Sociales