Procédures pour mesurer la taille et le poids des enfants

By 1 November 2012

6.2 Procédures pour mesurer la taille et le poids

Dans cette enquête, il a été demandé à tous les répondants âgés de 2 ans et plus, la permission que l’intervieweur mesure leur taille et leur poids. Lors des cycles précédents de l’ESCC, les enquêteurs utilisaient des renseignements de taille et de poids qui étaient fournies par le répondant. Après avoir pris connaissance des études affirmant que les gens ont tendance à ne pas fournir les renseignements exacts, les choses furent changées en 2004. Selon Statistique Canada (2005) pour la première fois au Canada dans le cycle 2.2 de l’ESCC, les intervieweurs ont mesuré la taille et le poids des répondants selon un protocole normalisé au moyen d’une balance et d’un mètre ruban. Quand une personne refusait de faire prendre ses mesures (pour diverses raisons, par exemple elle est en fauteuil roulant) on demandait à ses parents ou à elle-même (selon son âge) de déclarer ses mesures, mais les mesures déclarées n’étaient pas assimilés aux mesures mesurées dans la banque de données.

Selon Statistique Canada (2005), des dispositions ont été prises pour assurer l’exactitude et l’uniformité des mesures de la taille et du poids. Premièrement, des balances de grande qualité, qu’il n’est pas nécessaire de régler, qui sont faciles à utiliser et qui sont incroyablement exactes (au 50 grammes près) ont été utilisées. L’exactitude des pèse- personnes a été évaluée au début et à la fin de l’enquête pour s’assurer que leur fonctionnement ne s’était pas détérioré. Et deuxièmement, les intervieweurs ont reçu une formation pour mesurer la taille qui a été élaborée de concert avec des spécialistes sur le terrain. En outre, pour mesurer la variabilité entre les intervieweurs, ceux-ci ont subit avant et après le début de la collecte, un test où ils étaient appelés à mesurer le même sujet. De plus, une vidéo de formation a été produite pour garantir l’uniformité des interviews menées d’un bout à l’autre du pays et des superviseurs ont surveillé les problèmes qui se posaient tout au long de la collecte. Des démarches ont également été prises afin d’assurer une bonne représentation de tous les jours de la semaine dans l’échantillon final.

6.3 Échantillonnage

L’ESCC Cycle 2.2 est une enquête transversale par échantillon où il a été établi qu’un échantillon de 29 000 unités déclarantes était nécessaire. Une stratégie en deux étapes a été utilisée pour répartir l’échantillon entre les provinces. Premièrement et afin d’estimer les distributions de l’apport alimentaire, 80 unités d’échantillonnage ont été attribuées à chaque domaine d’intérêt (14 groupes âge-sexe) dans chaque province. Ainsi, 1120 unités ont été attribuées à chaque province dans un premier temps pour un total de 11 200 unités. Les autres 17 800 unités ont été réparties entre les provinces (sauf l’Île-du-Prince-Édouard) selon un schéma de répartition par la méthode puissance où q=0,7. La taille de l’échantillon total pour une province donnée s’obtient en faisant la somme des tailles obtenues aux deux étapes. (http://www.statcan.gc.ca/cgi- bin/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS =5049&lang=fr&db =imdb&adm=8&dis=2)

Voici l’échantillon total pour chacune des provinces :
Tableau 6.1
Échantillon total par province du Cycle 2.2 de l’ESCC (2004)

Province Échantillon provincial ou canadien
Terre-Neuve-et-Labrador
Île-du-Prince-Édouard
Nouvelle-Écosse
Nouveau-Brunswick
Québec
Ontario
Manitoba
Saskatchewan
Alberta
Colombie-Britannique
1 662
1 120
1 957
1 833
4 864
6 740
2 170
1 976
3 116
3 562
CANADA 29 000

Santé Canada, l’Ontario, l’Île-du-Prince-Édouard et le Manitoba ont acheté de l’échantillon supplémentaire faisant augmenter la taille de l’échantillon final à plus de 35 000 répondants.

Un taux de réponse élevé est essentiel pour assurer la qualité des données. Au total, le taux de réponse global de l’ESCC de 2004 a été de 76,5 % selon Shields (2005). Des mesures ont été prises afin de réduire au minimum les erreurs non dues à l’échantillonnage. Au total, dans l’ensemble de l’échantillon, 63 % des répondants ont eu à la fois leur taille et leur poids mesurés par l’intervieweur. Chez les enfants de 2 à 17 ans, des mesures directes de la taille et du poids ont pu être obtenus chez 65,5 % d’entre eux comme on peut voir à la Figure 6.1.

Tableau 6.2
Répartition en pourcentage des répondants de 2 à 17 ans, selon la réponse et les raisons de la non-réponse concernant la mesure de la taille et du poids

Groupe d’âge

Total % 2 à 11 ans % 12 à 17 ans %
Total 100 100 100
Mesures prises 65,5 61,9 70,8
Mesures non prises 34,5 38,1 29,2
Raison
Enfant non disponible 14,6 24,5 0
Refus 4,4 1,7 8,3
Matériel de mesure 7,2 6,2 8,7
Trop grand pour que l’intervieweur puisse prendre les 2,3 0 4,2
mensurations
Interview téléphonique 1,5 0 3,4
Conditions de l’interview 0,9 0 2
Autre (taux trop faible pour être

publié)

3,6 5,7 2,8

Source : (Shields, 2005, p. 20)

Les principales raisons de la non-réponse concernant la mesure de la taille et du poids sont la non-disponibilité de l’enfant (14,6 %) et les problèmes d’équipement (7,2 %). Par contre, étant donné que les mesures n’ont pu être prises pour une partie importante des répondants (34,5 %), ceci peut être problématique. Par contre, dans ce 34,5 %, pour 30,1% des répondants, la raison de la non-mesure est souvent aléatoire et ne peut-être causée par le poids. En revanche, 4,4 % des enfants (ou leurs parents) ont refusé que l’on prenne les mesures. Ces enfants pourraient fort bien avoir des caractéristiques différentes de celles de l’échantillon. En effet, serait-il possible que les enfants ayant refusé d’être mesuré aient davantage de probabilité d’être obèses que les autres ? Si c’est le cas, ceci pourrait biaiser nos données et possiblement sous-estimer le niveau d’obésité réel.

En effet, nous avons un échantillon représentatif de la population que nous nommerons A. Cet échantillon A est constitué de 2 groupes : les gens chez qui l’IMC a été mesuré (B) et ceux qui ont refusé d’être pesé ou/et mesuré, pour lesquels nous n’avons pas mesuré l’IMC (C).

Pour vérifier s’il y a des différences entre les deux groupes (B et C) et afin de s’assurer que le groupe B est représentatif de A, nous avons calculé les corrélations entre les différentes variables indépendantes. Dans ces données, nous avons constaté qu’il y avait très peu de corrélation. Les seules variables présentant des corrélations étaient celles de provinces et de langues, où le fait d’être francophone était corrélé positivement avec le Québec. Ainsi que la variable célibataire et taille du ménage, où le fait d’être célibataire était corrélé avec un ménage d’une personne. Étant donné que la majorité des répondants habitaient avec leurs parents, cette corrélation n’est pas importante. Donc nous pouvons utiliser nos résultats directement.

6.4 Limites de l’ESCC 2.2

Au moment de rédiger notre mémoire, « les données sur les apports en nutriments provenant de la consommation alimentaire et des suppléments de vitamines et minéraux, ainsi que le rappel alimentaire de 24 heures de la troisième diffusion (réalisé le 4 avril 2008) étaient encore en cours de validation. » (http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/surveill/nutrition/commun/cchs/focus-volet_escc-fra.php) La diffusion de ces données prendra du temps selon Statistique Canada (2005) parce que les opérations de traitement et de codage nécessaire pour produire des données cohérentes et fiables sont beaucoup plus complexes que pour le volet général sur la santé. En effet, le rappel alimentaire de 24 heures demande de classifier de l’information très précise comme le moment où les aliments ont été consommés, la quantité consommée, si le repas a été préparé à la maison ou ailleurs, ce qui était ajouté sur les aliments (par exemple : du beurre sur le pain) etc. Ceci explique pourquoi ces données ne sont pas présentes.

De plus selon Santé Canada (2009), bien que 100 % des dossiers des répondants du fichier maître soient dans le fichier de micro-données à grande diffusion que nous utilisons, certaines variables ont été regroupées, retirées ou masquées parce qu’un trop petit nombre d’individus ont répondu à certaines sous-questions. La raison de ce retrait est la protection de l’anonymat de ces répondants qui seraient plus facilement reconnaissables. Nous avons décidé de ne pas utiliser le fichier maître, car ces variables à cause de leur petit nombre n’auraient pas été significatives. Puisque nous faisons déjà une analyse d’un groupe restreint de la population (les jeunes de 2 à 17 ans), ces données auraient donc été supprimées de toute façon.

Le fait que l’ESCC soit une base de données transversale et non longitudinale nous empêche de comparer la situation de l’enfant dans le temps. Par exemple, il est reconnu qu’un enfant obèse a de plus fortes probabilités de le rester. Malheureusement, nous de disposons pas de données canadiennes à grande échelle fiables pour confirmer ces différentes théories. Il aurait été intéressant également, d’avoir des données sur le poids de l’enfant à la naissance. Ceci sont des limites en ce qui concerne l’enquête dans son ensemble, pour en savoir davantage sur ces limites se rapportant aux variables et à notre mémoire, voir le chapitre 8.6.

Lire le mémoire complet ==> (Les déterminants de l’obésité et du surpoids chez les jeunes au canada)
Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en économique
Université Du Québec À Montréal

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