Les nouveaux modes de consommation musicale

By 30 November 2012

II. Les modifications dans les habitudes de consommation.

1. Les nouveaux modes de consommation musicale.

Désormais, la musique est omniprésente sur les canaux numériques fixes et mobiles car les modes de consommation changent. On remarque donc un bouleversement pour tous les acteurs de l’industrie de la musique puisqu’ on remet en cause des modèles économiques, des formats, des habitudes de consommation, des modes de distribution.

« Avec la dématérialisation numérique, l’industrie de la musique enregistrée se trouve une fois encore confrontée à sa problématique originaire d’être un art immatériel ».98

McGuire et Slater ont réalisé un sondage auprès d’acheteurs réguliers de musique en ligne et montrent l’importance de cette forme d’échange. La possibilité de bénéficier de recommandations d’autres internautes, via le podcasting, les blogs, les forums ou bien encore le P2P, sont considérés par les internautes comme des éléments majeurs dans le choix d’un site de téléchargement. Selon cette étude, en 2010, 25% des ventes en ligne seront provoquées par des échanges d’avis entre internautes, au travers d’outils directement intégrés aux sites de musique en ligne ou sur des sites dédiés externes en ligne. 99

Si on prend l’exemple de la musique sur mobile, le numérique est disponible sous tous ses formats. Plusieurs scénarios d’évolution sont envisageables : premièrement, le développement d’un marché de la cover100 et de la gratuité : le marché japonais possède les 5 plus importants labels mobiles; deuxièmement, l’abandon progressif des acteurs historiques et la réallocation des investissements vers d’autres produits comme les jeux vidéos, les vidéos sur mobile etc; troisièmement, une meilleure collaboration et répartition des rôles afin de redynamiser le marché pour qu’il devienne durable et rentable.

Pour les majors, la musique sur mobile représente un enjeu majeur pour le développement de leur industrie. Pour les opérateurs télécoms, ce nouveau système de distribution constitue le fer de lance de commercialisation de leurs services hauts débits ainsi qu’une source de revenus complémentaires.

Il s’agit bien ici d’un contexte de mutation mais les revenus provenant du numérique ne compensent pas le déclin des ventes physiques de disques. Le développement de la musique sur mobiles incarne avant tout une stratégie de diversification. En effet, de nos jours, le téléphone portable est un objet personnel indispensable et il constitue l’outil d’écoute privilégié du jeune public. De plus, c’est un nouveau modèle économique plus tangible, plus sécurisé pour les labels et une grande puissance marketing pour les opérateurs télécoms. Enfin, le mobile permet de s’affranchir des contraintes de temps et d’espaces qui pèsent sur l’écoute musicale car il est dès lors profitable d’écouter de la musique partout et quand on le souhaite.

Voici ci-dessous le schéma de la distribution des services en ligne.101
schéma de la distribution des services en ligne

Cependant, certaines contraintes persistent au niveau de la distribution numérique car il faut impérativement disposer d’une plate-forme d’interopérabilité, maîtriser les technologies de marketing et offrir une ergonomie sans faille. Il est possible d’opter soit pour la vente directe, où l’éditeur prend en charge l’intégralité du développement de son service, soit pour la distribution indirecte sur un kiosque comme sms+ ou Gallery ou sur un portail comme celui d’un opérateur (Orange World, Vodafone Live, i-mode…) ou celui d’un portail indépendant comme yahoo, msn…

La cible visée est celle d’un public jeune situé entre 15 et 25 ans car ce sont des personnes intéressées par les technologies innovantes, ayant besoin de communiquer. Généralement, ce sont des clients qui achètent par instinct. Ils possèdent un comportement d’achat impulsif lié au plaisir d’instantanéité où l’impact promotionnel joue un rôle primordial. Ils entrent dans un phénomène communautaire.

Grâce aux contenus musicaux numériques, une diversité de choix est enfin offerte. Il est vrai que les modèles traditionnels de distribution ne reflètent pas suffisamment la diversité musicale et n’offrent pas toujours aux consommateurs ce qu’ils souhaitent l’œuvre choisie est épuisée. Mais avec le numérique, ces problèmes sont résolus puisque l’acheteur potentiel découvre de plus en plus de produits pouvant correspondre à ses goûts personnels.

Avec les réseaux de distribution traditionnels, les orientations des consommateurs sont guidées par les médias de masse contrairement aux réseaux numériques offrant un large panel de culture. La musique ne constitue pas seulement le bien de consommation le plus populaire mais elle représente également un moteur clé de l’économie numérique. Actuellement, le numérique représente le canal de distribution affichant la plus forte expansion dans le domaine musical et à travers le monde. « L’essentiel de la révolution numérique du secteur tient à la dématérialisation de la musique avec le téléchargement des fichiers numériques ».102

Lire le mémoire complet ==> (La circulation de la musique à l’ère du média numérique en ligne : innovations technologiques et impacts sur la médiation des artistes)
Mémoire de Master 1 Projets Culturels – Domaine Sciences des Interactions Humaines
mention Esthétique, Arts et Sociologie de la Culture spécialité Industries Culturelles
Université Paul Verlaine Metz – UFR – Science Humaine et Arts

Table des Matières :

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98 Philippe Chantepie, Alain Le Diberder, « Révolution numérique et industrie culturelle », coll. Repères, éd. La Découverte, Paris, 2005, p.21
99 En juin 2005, iTunes Music Store a ainsi introduit le podcasting dans les fonctionnalités proposées à ses clients, Libération, 14 décembre 2005.
100 Enregistrement des tubes du Top 50 par d’autres interprètes que l’interprète original.
101 « Les nouveaux formats musicaux mobiles, 5 propositions pour pérenniser et dynamiser le marché », Livre Blanc, Geste, jeudi 29 juin 2006.
102 Philippe Chantepie, Alain Le Diberder, « Révolution numérique et industries culturelles », éd. La Découverte, coll. Repères, Paris, 2005, p.25