L’environnement intra-utérin, le gain de poids de la mère

By 30 October 2012

2.2.2 L’environnement intra-utérin, le gain de poids de la mère durant la grossesse et la durée d’allaitement

L’environnement intra-utérin tout au long de la période de gestation aurait également un rôle à jouer dans le développement de l’obésité. Hadjiyannakis (2007) affirme qu’il y a une relation en U qui existe entre le poids du bébé et l’indice de masse corporelle ainsi que son pourcentage de gras à l’adolescence. Autrement dit, si le bébé est trop gros ou trop petit dans le ventre de sa mère et à sa naissance par rapport à la moyenne représentée par un certain seuil statistique dépendant de l’âge gestationnel, ceci augmente les risques d’obésité à l’adolescence. Ces différences de croissance peuvent être causées entre autre par : la primiparité (premier enfant de la femme), le tabac, l’âge des parents, des restrictions dans la diète de la mère, la résistance à l’insuline maternelle ou le diabète de grossesse. Plourde (2006) prétend qu’une étude longitudinale réalisée sur un échantillon de 33 413 enfants a démontré que les enfants ayant un poids à la naissance supérieur à 4 000 grammes avaient 3 fois plus de chance d’être obèses à l’âge de 17 ans que les enfants ayant un poids inférieur à 4000 grammes à la naissance. Une autre étude (Sorensen et al., 1997) affirme également que le poids de naissance de l’enfant est positivement corrélé à l’IMC à l’âge adulte.

Plusieurs recherches dont (Hodges, 2008) affirment que si la mère a pris trop de poids durant la grossesse, le nouveau-né sera plus lourd que la moyenne au moment de la naissance. Pour déterminer si une femme a pris trop de poids durant la grossesse, Hodges se base sur les lignes directives de gain de poids recommandées par The Institute of Medecine (ci-après IOM) qui affirment qu’une femme ayant un poids normal avant la grossesse devrait gagner entre 11 et 16 kg durant la grossesse. Une femme en excès de poids avant la grossesse devrait gagner de 7 à 11 kg durant celle-ci et une femme en sous-poids de 13 à 18 kg.
Pour l’étude, la base de données du National Collaborative Perinatal Project fut utilisée, celle-ci inclut un échantillon de 10 226 femmes enceintes enrôlées entre 1959 et 1965. L’enquête évaluait les données socio-économiques et de croissance lors de trois étapes de la vie : la gestation, à la naissance et à l’âge de 7 ans, pour les enfants issus de grossesses non-prématurées.

Au final, 11 % des mères ont gagné un gain de poids excessif, 24 % un poids adéquat et 65 % un poids insuffisant par rapport aux directives établies. En utilisant les lignes directives de l’IOM, Hodges (2008) affirme que les enfants des mères ayant gagné un poids excessif, étaient 48 % plus susceptibles d’être en surplus de poids ou obèses à l’âge de 7 ans que ceux dont les mères avaient gagné un poids adéquat. Bien que cette étude et d’autres prouvent qu’il y a un lien causal entre le gain de poids de la mère durant la gestation et le poids de l’enfant à la naissance, il n’a pas été démontré que le lien entre le gain de poids de la mère durant la gestation et le poids de l’enfant à 7 ans était direct.

Aussi, il a été démontré qu’il y avait une relation inverse entre la durée de l’allaitement maternel et la prévalence de l’obésité. En effet, la durée d’allaitement serait un facteur protecteur du développement de l’obésité selon une étude de Von Kries et al. (1999) portant sur un suivi de 9357 enfants bavarois de 5 à 6 ans. Selon cette étude, la prévalence de l’obésité était de 4,5 % chez les enfants qui n’ont jamais été nourris au sein, contre 2,9 % chez les enfants ayant bu le lait de leur mère. De plus, il existe un effet de dose facilement observable. En effet, l’obésité affectait 3,8 % des sujets nourris au sein durant 2 mois, 2,3 % des enfants allaités durant 3 à 5 mois, 1,7 % s’il a duré entre 6 et 12 mois et 0,8 % durant un an ou plus. Selon les auteurs, ces résultats seraient davantage attribuables à la composition du lait maternel plutôt qu’au mode de vie associé à l’allaitement.

2.2.3 La grandeur de l’enfant

La grandeur de l’enfant aurait également un impact positif sur l’obésité. En effet, selon une étude longitudinale américaine, « la prévalence de l’obésité était 10 fois plus importante chez les grands enfants de 3 à 10 ans que chez les petits enfants du même âge. Cette association grandeur-IMC atteignait son maximum à l’âge de 9 ans pour les filles et 11 ans pour les garçons, pour devenir progressivement moins significative et être nulle dès l’âge de 15 ans. » (Freedman et al., 2004, p.12) Après avoir pris les mesures appropriées (mesure des plis de la peau subscapulaires et du tricep, niveau d’insuline), les chercheurs en sont venus à la conclusion qu’effectivement, les enfants plus grands avaient des plis de peau plus épais, donc un taux d’adiposité plus élevé. Ceci s’expliquerait selon Freedman et al. (2004) par la poussée de croissance qui ferait brûler rapidement le gras au début et lors de la puberté chez les grands enfants, mais de façon moins rapide chez ceux-ci avant que le processus de puberté s’enclenche.

Mes chiffres confirment également que la grandeur a un rôle à jouer dans l’obésité juvénile, mais que son influence diminue avec l’âge. En faisant une régression de la grandeur par rapport à l’IMC, nous avons constaté que la grandeur à un impact positif sur l’obésité (taux de significativité de 1 %) chez les jeunes de 2 à 13 ans. En revanche, son impact n’est pas significatif chez les jeunes de 14 à 17 ans.

Lire le mémoire complet ==> (Les déterminants de l’obésité et du surpoids chez les jeunes au canada)
Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en économique
Université Du Québec À Montréal

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