L’analyse des comptes par association de l’économie sociale

By 28 October 2012

II) L’analyse des comptes :

L’analyse des comptes réalisée lors du stage portera sur le compte des flux externes car pour le compte des flux internes l’analyse sera à faire par l’association elle-même.

Chaque association reçoit avec les comptes présentés pour 2002, 2003 et 2004, une analyse du tableau de synthèse des flux externes.
Nous présenterons dans un premier temps l’analyse du tableau de synthèse par association puis l’analyse selon les trois groupes définis.

A) Une analyse des comptes par association :

Le travail d’analyse des comptes des flux externes a consisté à étudier chaque tableau de synthèse de chaque association et à donner pour chaque association quelques phrases permettant d’expliquer les soldes du tableau.
Il ne s’agit pas d’une analyse détaillée qui pourra être faite ensuite par chaque association mais de présenter une lecture du tableau de synthèse des comptes flux externes des trois années.

Pour bien comprendre et essayer d’être le plus claire possible, chaque tableau de synthèse sera lu de deux façons :
– une lecture du tableau pour une année (lecture verticale) : ici, l’année qui sera présentée est 2004. Chaque solde de 2004 sera donc lu afin de montrer ce qu’il représente.
– Une lecture sur les trois années (lecture horizontale) montrera l’évolution des soldes pour 2002, 2003 et 2004.

Voici donc la lecture des comptes de flux externes qui sera donnée à l’association A :

L’association A est une association dont les ressources proviennent essentiellement des activités marchandes :
Les revenus provenant des activités marchandes sont de 1 197 743 en 2004 et les dépenses sur le marché sont de 91 886 soit un apport réel du marché de 1 105 857 ce qui représente 90% de la valeur ajoutée sociétale créée.

La contribution des collectivités est de 116 452 ce qui représente 9,50% de la valeur ajoutée sociétale.
Ainsi, on s’aperçoit que l’association A est une association qui vit essentiellement des activités marchandes et qui bénéficie peu de subventions.
Que ce soit pour 2002, 2003 ou 2004, les ressources de l’association proviennent principalement du marché puisque plus de 90% des apports résultent des activités marchandes.

La part de la contribution nette des activités marchandes dans la valeur ajoutée sociétale tend à diminuer légèrement lors de ces trois années au profit d’une augmentation des apports publics.
Ce changement est certainement dû aux difficultés d’activités et de résultat de l’association. Celle- ci connaît une baisse d’activités qui est compensée par des aides des collectivités.

Un faible apport associatif :
La contribution des membres et du réseau est de 12 985 en 2004 et l’association reverse des cotisations pour 8 733. L’apport réel de la réciprocité associative pour l’association est donc de 4 252 ce qui représente environ 0,30% de la valeur ajoutée sociétale.
La part de la réciprocité associative dans la valeur ajoutée sociétale créée reste faible sur les trois années (inférieure à 1%).

Quelle situation financière ?
Entre 2002 et 2004, la valeur ajoutée sociétale créée par l’association a augmentée de 12% (elle était de 1 093 688 en 2002 et elle est de 1 226 561 en 2004).
Par contre le résultat net qui était positif en 2002 est déficitaire pour 2003 et 2004.

Ces analyses ont permis ensuite de comparer les comptes des associations des différents domaines (insertion et services aux particuliers) en distinguant 3 groupes : les crèches parentales, les associations de services aux particuliers et les associations d’insertion.

B) L’analyse selon les groupes :

Il est apparu intéressant de comparer les comptes des différentes associations.
Mais étant donné que l’échantillon de l’étude est large et regroupe à la fois des associations du domaine de l’insertion et du domaine des services aux particuliers, il semble nécessaire de distinguer des groupes pour l’analyse.
Nous avons donc choisi de séparer les structures de l’insertion des structures de l’aide aux particuliers.

Puis dans les services aux particuliers, les crèches parentales sont des structures spécifiques qui ne sont pas semblables aux autres associations d’aide aux particuliers et nous les avons donc insérées dans un propre groupe.

C’est ainsi que les trois groupes ont été déterminés.

1) Les crèches parentales :

Il s’agira de comparer les tableaux de synthèse des flux externes des deux crèches parentales et de confronter également les analyses faites de ces tableaux.

Pour mieux voir la répartition de la valeur ajoutée sociétale entre les trois pôles de l’économie mis en évidence (marché, collectivités et réciprocité associative) de ses deux crèches parentales, il s’agit d’indiquer la moyenne des apports de chaque association sur les années étudiées.

L’association G :

2002 2003 2004 Moyenne des 3années
Solde net activités marchandes 60 433 33,3% 52 923 31% 59 424 34% 57 593 32,84%
Solde net des collectivités 50 843 28,0% 45 768 27% 46 358 26% 47 656 27,17%
Solde net associatif 70 170 38,7% 70 170 42% 70 090 40% 70 143 39,99%
Valeur ajoutée sociétale 181 446 100% 168 861 100% 175 872 100% 175 393 100%
frais de personnel 174 550 96% 158 955 94% 173 753 99% 169 086 96%
Solde d’exploitation 6 896 9 906 2 119 6 307
Résultat 4 654 8 641 423 4 573

L’analyse des comptes par association de l’économie sociale

L’association H :

2002 2003 2004 Moyenne des 3années
Solde net activités marchandes 36 411 16,8% 48 073 20,91% 40 796 18% 41 760 18,58%
Solde net des collectivités 62 927 29,0% 64 464 28,04% 69 568 31% 65 653 29,20%
Solde net associatif 117 390 54,2% 117 390 51,06% 117 390 52% 117 390 52,22%
Valeur ajoutée sociétale 216 728 100% 229 927 100% 227 754 100% 224 803 100%
frais de personnel 219 787 101,41% 228 087 99,20% 223 729 98,23% 223 868 99,58%
Solde d’exploitation – 3 059 1 840 4 025 935
Résultat – 2 934 1 493 951 – 163

L’analyse des comptes par association de l’économie sociale

Une contribution des membres et des réseaux associatifs importante :

Le solde le plus important dans la valeur ajoutée sociétale pour les deux crèches parentale étudiées est celui des contributions associatives.
– Le solde des apports associatifs représente en moyenne sur les trois ans 39.99% de la valeur ajoutée sociétale pour la crèche G.
– Il correspond à 52.22% de la valeur ajoutée sociétale de l’association H.

Ces crèches existent donc principalement grâce aux membres, à leurs dons et à leur temps. Un financement complémentaire diversifié :
A coté de ce solde associatif, on s’aperçoit que les deux autres soldes on à peu près la même place dans la valeur ajoutée sociétale.
– Pour l’association G, la ressource qui vient en second provient des activités marchandes.
Le solde des activités marchandes correspond à environ 33% de la valeur ajoutée sociétale créée par la crèche.
Le solde des collectivités quant à lui est un peu moins important puisqu’il est en moyenne sur les trois années de 27.17% de la valeur ajoutée sociétale.
– Pour l’association H, ce sont les apports des collectivités qui sont la seconde source de revenus pour la crèche (en moyenne sur les trois année, le solde des collectivités est de 29.20% de la valeur ajoutée sociétale).

Le solde provenant du marché représente en moyenne 18.58% de la valeur créée.
Bien que les contributions associatives soient plus importantes que les deux autres soldes, ces deux crèches paraissent avoir un financement qui se rapproche d’une structure des revenus avec 1/3 issu des activités marchandes, 1/3 des aides des collectivités et 1/3 des membres.

2) Les associations de services aux particuliers :
Si on compare les comptes des flux externes des quatre associations de services aux particuliers, on s’aperçoit qu’elles ont des structures de leur valeur ajoutée sociétale qui se ressemblent.
Pour mieux se représenter cette répartition de la valeur ajoutée sociétale entre les trois pôles de l’économie mis en évidence (marché, collectivités et réciprocité associative), nous pouvons calculer la moyenne des apports de chaque association sur les années étudiées.

L’association I :

2002 2003 2004 Moyenne des 3 années
Solde net activités marchandes 258 665 96,9% 290 421 90% 346 646 96% 298 577 94,41%
Solde net des collectivités 948 0,4% 24 542 8% 4 644 1% 10 045 3,18%
Solde net associatif 7 383 2,8% 6 905 2% 8 601 2% 7 630 2,41%
Valeur ajoutée sociétale 266 996 100% 321 868 100% 359 891 100% 316 252 100%
frais de personnel 253 116 292 472 347 386 297 658
Solde d’exploitation 13 880 29 396 12 505 18 594
Résultat 14 026 29 144 12 756 18 642

L’analyse des comptes par association de l’économie sociale

L’association J :

2002 2003 2004 Moyenne des 3années
Solde net activités marchandes 79 264 75% 223 797 90% 151 531 85,87%
Solde net des collectivités 9 040 9% 6 246 3% 7 643 4,33%
Solde net associatif 16 968 16% 17 616 7% 17 292 9,80%
Valeur ajoutée sociétale 105 272 100% 247 659 100% 176 466 100%
frais de personnel 103 052 230 991 167 022
Solde d’exploitation 2 220 16 668 9 444
Résultat 3 147 17 196 10 172

L’analyse des comptes par association de l’économie sociale

L’association K :

2002 2003 2004 Moyenne des 3années
Solde net activités marchandes 88 801 71% 145 538 81,9% 178 263 81% 137 534 78,96%
Solde net des collectivités 1 074 1% 612 0,3% 11 308 5% 4 331 2,49%
Solde net associatif 35 954 29% 31 639 17,8% 29 381 13% 32 325 18,56%
Valeur ajoutée sociétale 125 829 100% 177 789 100% 218 952 100% 174 190 100%
frais de personnel 126 581 170 834 196 917 164 777 95%
Solde d’exploitation – 752 6 955 22 035 9 413
Résultat – 580 5 332 21 469 8 740

L’analyse des comptes par association de l’économie sociale

L’association L :

2002 2003 2004 Moyenne des 3années
Solde net activités marchandes 207 736 90% 331 523 96% 395 002 95% 311 420 94,23%
Solde net des collectivités 3 928 2% – 4 913 -1% 2 216 1% 410 0,12%
Solde net associatif 18 150 8% 20 423 6% 17 375 4% 18 649 5,64%
Valeur ajoutée sociétale 229 814 100% 347 033 100% 414 593 100% 330 480 100%
frais de personnel 224 632 326 742 394 184 315 186 95%
Solde d’exploitation 5 182 20 291 20 409 15 294
Résultat 4 632 12 959 19 949 12 513

Des associations qui vivent principalement du marché :

Pour chacune, la contribution la plus importante dans la valeur ajoutée sociétale est celle du marché. Ainsi, la contribution des activités marchandes représente :
– plus de 90% de la valeur ajoutée sociétale créée par l’association I et en moyenne sur les trois années cela équivaut à environ 94% de la valeur ajoutée sociétale.
– plus de 75% de la valeur créée par l’association J soit environ 86% de moyenne pour 2003 et 2004 (mais attention à cette moyenne car elle ne porte que sur deux années et non sur 3 comme pour les trois autres associations et ces deux années sont en plus le démarrage de l’association donc le chiffre n’est pas forcément représentatif de l’activité normale de l’association).
– Les activités marchandes représentent plus de 78% des contributions à la valeur ajoutée sociétale de l’association K en moyenne sur les trois années.
– Pour l’association L, la part des contributions marchandes dans la valeur ajoutée sociétale est de plus de 94% et en moyenne sur les trois ans.

L’analyse des comptes par association de l’économie sociale

Donc on peut dire que ces quatre structures de services à domicile et aux particuliers vivent essentiellement du marché puisque les apports de celui ci représentent plus des trois quarts de la richesse créée.
Une part importante de la valeur ajoutée sociétale provient des membres et des réseaux associatifs :
La contribution qui vient en second dans la valeur ajoutée sociétale est celle de la réciprocité associative excepté pour l’association I où la part des apports associatifs et la part des apports des collectivités sont sensiblement les mêmes.

Mais les apports associatifs restent relativement bas comparés aux contributions du marché :
– Le solde net associatif de l’association J représente en moyenne sur les deux années 9,80% de la valeur ajoutée sociétale.
– Les contributions associatives représentent en moyenne sur les trois années 18.56% de la valeur ajoutée créée par l’association K.
– Pour association L, le solde associatif est en moyenne de 5.64%.

Ainsi ces soldes sont la deuxième contribution des associations à la création de leur valeur ajoutée sociétale mais leur part dans cette valeur ajoutée ne dépasse pas 10% (sauf 18.56% pour l’association L).

Une faible contribution des collectivités :
Enfin, arrive les contributions collectives qui sont la troisième source de richesse pour les associations de services aux particuliers.

– Pour l’association J, la part du solde net des contributions des collectivités est en moyenne de 4,33% de la valeur ajoutée sociétale.
– Les contributions des collectivités représentent en moyenne sur les trois années 2,49% de la valeur créée par l’association K.
– Pour l’association L, ces apports publics ne dépasse pas 1% de la valeur ajoutée sociétale (en moyenne sur les trois années, ces contributions représentent 0,12% de la valeur ajoutée sociétale).

Ainsi, ces associations vivent principalement du marché même si la part des apports associatifs comme celle des collectivités sont essentielles à leur existence.
Pour ces quatre associations, on voit également que les résultats ont tendance à augmenter (sauf pour l’association I qui connaît une baisse d’activité entre 2003 et 2004 mais qui réalise tout de même un bon résultat en 2004).

Peut être que l’augmentation des résultats de ces quatre associations reflète un développement du secteur des services aux particuliers.

Lire le mémoire complet ==> (Expérimentation de comptabilité sociétale
étude menée par le CODESPAR auprès de douze associations de l’Économie Sociale et Solidaire
)

Mémoire de MASTER 2 ATE- Management Des Activités Tertiaires
Université Rennes 2 – Haute Bretagne – UFR Sciences sociales Département AES