La relation entre le métabolisme et l’obésité

By 30 October 2012

2.1.4 Le métabolisme

Le métabolisme basal représente la dépense d’énergie d’une personne à jeun, testé dans un état de repos complet. À l’état de repos, une certaine quantité d’énergie est nécessaire pour répondre aux besoins vitaux de l’organisme comme la respiration, la circulation du sang, les battements de cœur, la fonction des organes et le maintien de la température corporelle. Le métabolisme basal correspond à environ 2/3 de l’énergie dépensée par une personne au cours d’une journée.
(http://www0.umoncton.ca/enef/na1602/m6o213p1.html)

Le métabolisme n’expliquerait pas à lui seul aléatoirement pourquoi des individus ont de la misère à prendre du poids et d’autres à en perdre. Ce serait plutôt l’impact de certains déterminants qui influencerait celui-ci. Plus le métabolisme est élevé et plus un individu va avoir de la facilité à perdre du poids; en revanche, plus son métabolisme est bas et plus il lui sera difficile d’en perdre. En résumé, Roy (1999) prétend que les déterminants qui influencent le plus le métabolisme sont : le sexe, l’âge, le niveau d’activité physique, la taille et le poids. Selon-lui, les femmes ont un métabolisme moins rapide, ce qui s’explique par une masse adipeuse plus élevée et une moins grande surface corporelle par rapport aux hommes. De plus, le métabolisme basal diminuerait avec l’âge, de 2 à 3 % par décennie après l’âge adulte. Cela s’expliquerait par le fait que les enfants et les adolescents sont en pleine croissance ce qui entraîne une dépense métabolique supérieure. De plus après cette période, le vieillissement cause un ralentissement des organes internes, ce qui du même coup diminue le métabolisme. Aussi, le niveau d’activité physique augmenterait le niveau métabolique de 5 à 15 % selon son intensité. La grandeur et le poids ont également un rôle à jouer, plus un individu est grand et gros et plus son métabolisme va être rapide. La composition corporelle a aussi un impact car les tissus musculaires utilisent plus d’énergie que les tissus adipeux. Donc, un individu ayant une masse musculaire importante va avoir un métabolisme plus rapide au repos. Toujours selon (Roy, 1999) d’autres facteurs comme le stress et la fièvre (qui a une influence sur la température corporelle) peuvent augmenter le métabolisme. La température ambiante, s’il fait très chaud ou froid va causer un stress thermique, donc augmenter le métabolisme. La grossesse, les aliments consommés (comme la caféine et certains stimulants) et la nicotine vont également l’augmenter. En revanche, certaines maladies de la glande thyroïde vont sécréter des hormones, qui vont soit augmenter le métabolisme basal, dans le cas de l’hyperthyroïdie ou le diminuer, dans le cas de l’hypothyroïdie. Le fait de jeûner et la consommation de certains médicaments sédatifs ou hypnotiques vont par contre, diminuer le métabolisme.

Une étude rapportée par Schieszer (2008) confirme la thèse que le métabolisme ne peut causer l’obésité par lui-même. Pour se faire, il a étudié deux groupes d’hommes n’ayant aucun problème de santé. Un groupe de 26 personnes minces (IMC entre 19 et 23) prétendant avoir de la difficulté à gagner du poids et n’ayant pas de membre de leur famille immédiate obèse (groupe résistant à l’obésité) et un groupe de 23 personnes en surplus de poids (IMC entre 23 et 27) prétendant avoir de la difficulté à perdre du poids et ayant au moins un membre de leur famille immédiate obèse (groupe ayant tendance à l’obésité). L’hypothèse était que les individus du groupe résistant à l’obésité allaient oxyder davantage de gras et brûler davantage de calories après un gros repas que le groupe ayant tendance à l’obésité, car, ils avaient un métabolisme plus rapide. Dans les deux groupes, les chercheurs ont testé le niveau métabolique des sujets à deux moments séparés : une fois après que le sujet ait mangé une diète normale et une autre fois après que le sujet ait mangé 40 % plus de calories que son corps a besoin pendant 3 jours. Le tout a été calculé selon les normes scientifiques les plus strictes. Les chercheurs ont alors trouvé que les deux groupes avaient un taux métabolique plus élevé après avoir trop mangé pendant 3 jours, par rapport à lorsqu’ils avaient mangé une diète normale. Par contre, le taux métabolique n’était pas plus élevé dans le groupe résistant à l’obésité que dans celui ayant tendance à l’obésité, il était identique. Ce taux métabolique était également équivalent dans les deux groupes après avoir mangé une diète normale. Ceci suggère que le rôle du métabolisme pour expliquer la trop grande minceur ou le surplus de poids d’une personne est limité.

Lire le mémoire complet ==> (Les déterminants de l’obésité et du surpoids chez les jeunes au canada)
Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en économique
Université Du Québec À Montréal

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