Y a-t-il tout sur Internet ? L’ascension du C to C

By 12 September 2012

3- Y a-t-il tout sur Internet ?

Présent dans la conscience collective, la faculté de pouvoir tout trouver sur Internet et de plus ouvre la piste du C to C. On peut désormais tout acheter sur Internet: des livres et des DVD aux voyages, en passant par les voitures d’occasion et les billets de cinéma. Désormais le marché de l’alimentaire est désormais très développé et vous pouvez vous faire livrer des produits frais sur 96 % du territoire Français. Certains modèles économiques de vente à destination des particuliers ont réussi à résister à l’éclatement d’Internet, notamment les modèles économiques basés sur le C to C. Ibazar, racheté par Ebay ou cdiscount est spécialisé dans la mise en relation d’acheteurs et de vendeurs du monde entier, et fonctionne comme un énorme dépôt vente mondial. Les fraudes et la difficulté de se retrouver à l’intérieur d’une architecture non organisée ont poussé les sites C to C à se baser sur les références des produits afin de rationaliser l’organisation des articles, comme un site web marchand B to C. Ce modèle a démarré très fort, car il répond à une demande des consommateurs, en quête de produits récents à bas prix, même d’occasion, et disponibles immédiatement. Ainsi, des sites comme 2xmoinscher.com référencent tous les produits high-tech et culturels afin de disposer d’une base exhaustive des produits vendables sur le site. Chaque acheteur s’y retrouve donc aisément, et le parcours se trouve ainsi favorisé.

Les ventes de services en ligne à destination des particuliers représentent une part importante du commerce électronique sur Internet. Les ventes de voyages et de réservations d’hôtels sont les plus importantes parmi ces ventes de services en ligne. Les agences de voyages et les entreprises de l’hôtellerie ont trouvé avec Internet un moyen efficace de faire connaître et de vendre leurs offres au plus grand nombre. La technologie multimédia d’Internet est particulièrement adaptée pour que le client puisse choisir et réserver à distance la chambre d’hôtel ou le voyage qui lui convient le mieux, y compris en dernière minute.

En effet on retrouve même des agences type : « Lastminute.com » spécialisé dans la vente de dernière minute. La faiblesse des coûts logistiques permet à ces E-commerçants de dépenser plus que les autres acteurs en publicité et marketing (32 % des coûts liés à l’activité de l’entreprise sur Internet) et dans la relation avec le client.

3.1 L’ascension du C to C

Pendant la bulle Internet entre 1999 et 2001, un des grands succès médiatiques fut www.ibazar.fr, un site qui porte bien son nom, étant donné le fouillis qui y régnait. Le modèle économique de Ibazar n’a rien d’exceptionnel sur la forme, étant donné que les magasins physiques de dépôt- vente existent depuis de nombreuses années en France. La force du site a été de réussir à traduire sur Internet ce concept « particulier à particulier ». Une organisation très succincte par type de produits (disques, électroménager, musique, …) permettait de retrouver des articles que l’on pouvait chercher, mais l’avantage de l’ordinateur pour ce genre de site reste le module de recherche. Ainsi, la comparaison est facile entre un magasin physique de dépôt-vente et un site tel que Ibazar :
* Tout est centralisé sur un seul site, donc beaucoup plus de choix
* Aucun frais de stock, puisque les produits restent en possession des vendeurs
* Un module de recherche permettant de savoir rapidement si un objet est en vente

Rapidement, par le biais de publicités à la télévision (encore une fois Ibazar était précurseur), des milliers d’articles sont mis en vente pour une durée variant de quelques jours à quelques semaines. Ibazar ne se rémunérait que sur une commission en fin de vente.

C’est ce modèle économique qui a coûté très cher à Ibazar, étant donné qu’une grande partie des acheteurs et des vendeurs s’entendaient pour contourner les modalités, et ainsi être gagnants des deux côtés, en prétextant par la suite une vente non achevée. C’est par ailleurs le manque de maturité de ce modèle qui disposait d’une faille au niveau des paiements. Ne disposant pas forcément des adresses valides des acheteurs, rien ne les empêchait d’utiliser les numéros de carte de crédit de manière frauduleuse. Ainsi, entre 2000 et 2001, Fia-Net a enregistré une croissance du montant total des fraudes sur Internet de +445% ! Le manque d’encadrement et du processus d’achat ont poussé Ibazar à être racheté par le géant américain Ebay, qui disposait de modèles économiques éprouvés. Ainsi, le dépôt des annonces est devenu payant, et les ventes refusées ont été plus sévèrement contrôlées.

Ebay est aujourd’hui la plate-forme de vente non organisée la plus imposante par son nombre de vendeurs et son nombre d’acheteurs, mais le manque d’organisation peine à faire exploser le marché, qui a tendance à être le site de ventes d’objets volés ou clandestins. Nous analyserons ce site de vente en ligne, véritable phénomène mondial en troisième partie.

Ainsi, depuis près de deux ans sont arrivés d’autres modèles économiques C to C, tels que Twenga, priceminister.com ou 2xmoinscher.com. Leur fonctionnement change radicalement du modèle de Ebay. En effet, uniquement positionnés sur les produits high-tech et culturels, ces sites bénéficient d’une organisation irréprochable. Un long travail, sous-traité, permet de disposer d’une base de données exhaustive de tous les livres, disques, et DVD sur le marché. A ceci s’accompagne une large liste des différents appareils high-tech (appareils photos numériques, lecteurs DVD, calculatrices, lecteurs MP3, ou encore composants d’ordinateurs). Ces références correspondent à des produits facilement identifiables, mais aussi à des produits qui bénéficient d’une courte durée de vie. En effet, un appareil photo numérique Panasonic DMC TZ5 EFS ne sera différent que sur l’état de l’appareil entre deux ventes, contrairement à une guitare sèche, dont le prix pourrait ne pas avoir de limites. De même, un tel appareil photo deviendrait obsolète rapidement à un fan de technologies numériques, mais contenterait aisément un amateur de photo numérique.

Ainsi, de nombreux produits sont parfois référencés sur le site, sans pour autant avoir de vendeur, mais cela a pour conséquence la possibilité d’être prévenu dès la mise en vente de cet article, événement impossible sur Ebay.

L’avantage indéniable de cette organisation rationnelle est la possibilité de mise en concurrence entre tous les vendeurs. En effet, si plusieurs vendeurs possèdent le même produit, à eux de proposer le meilleur prix pour le vendre le plus vite possible.

Pour de nombreux vendeurs, cette rationalité a permis la mise en vente de nombreux albums CD devenus totalement obsolètes. Pour les acheteurs, cela devient une mine d’or à des prix dérisoires. Les fans de Johnny Hallyday n’auront aucun mal pour trouver chacun des albums à moins de 5€. Ainsi on retrouve dans différentes étude, présentent auprès du journal du net de l’expansion et de zdnet, les caractéristiques principale de ces acteurs du C to C.

Encore une fois, le système révolutionne un peu les modèles Ebay, en proposant des modalités de règlement totalement différentes.

En effet, Priceminister devient tiers de confiance. Aucun acheteur ne rentre en contact avec les vendeurs, ou alors très rarement. L’achat se passe directement on-line, par carte bancaire, au profit de Priceminister par exemple. Le vendeur est alors prévenu de l’achat de l’un de ses articles, mais ne dispose d’aucune autre information sur l’acheteur. Il est en droit de refuser, mais n’aura aucune chance de retrouver l’acheteur. En acceptant, le vendeur s’engage à envoyer sous 48 heures les produits commandés. Le vendeur est payé tous les 15 jours, sans minimum de vente.

Ainsi, on obtient des résultats fortement appréciables, même par rapport aux sites e-commerce habituels. En effet, rares sont les sites proposant de tels choix, à des prix si faibles, et de surcroît capable de les envoyer sous 48 heures.

Certains internautes ont d’ailleurs monté un marché entier sur ce type de sites, en achetant en gros sur Cdiscount et en revendant sous emballage à l’unité au double du prix. Certains vendeurs disposent de près de 10.000 articles en vente. De même, des entreprises se sont mises sur ce type de sites, en proposant par exemple les dernières sorties DVD en exclusivité, au prix du marché. Ici, la rareté fait le prix, et non la concurrence entre les acheteurs. Priceminister a d’ailleurs fait une campagne de promotion pour les entreprises désireuses de s’implanter sur ce terrain, en proposant des commissions plus faibles. Priceminister y retrouve une forte notoriété, du fait de la qualité de services des entreprises. Un véritable marché s’est constitué sur ces sites, qui ont par ailleurs développé leur système en marque blanche, pour permettre à des comparateurs de prix ou des régies de publicité de proposer les ventes d’occasion aux couleurs de leurs sites. Acheter d’occasion sur Alapage.com est désormais possible.

Le modèle économique est plus ficelé que celui de Ebay, avec moins de failles, mais beaucoup de succès. Le mode de fonctionnement est totalement différent de celui d’un site de commerce électronique habituel, dans la mesure où ces sites C to C ne sont que responsables de l’organisation du site, et tiers de confiance (paiement et service après vente en cas de réclamation quelconque). Aucun stock, un nombre d’employés restreint, donc des locaux réduits, pas de réassortiments, pas de nouveautés à mettre en avant. Tout le site est autonome, seules les mises à jour des bases de données, sous-traitées, sont nécessaires.

Il me semble intéressant de comprendre également s’il est facile de monter sa propre boutique sur Internet afin de comprendre l’évolution de ce phénomène. Ainsi je soulève cette piste afin de ne pas l’occulter par la suite.

3.2 Les internautes consommateurs

3.2.1 Internet répond aux nouvelles attentes des consommateurs

Des études de Médiamétrie et de Benchmark démontrent ce que cherche le consommateur sur Internet et analyse le consommateur type sur Internet.

Par la vente à distance, Internet apporte un nouveau confort. Au-delà de l’achat à domicile, les consommateurs apprécient la liberté de navigation et surtout la liberté d’acheter ou non un produit. Il est possible de faire les magasins pour une durée illimitée, sans être dérangé et en allant soi-même chercher l’information nécessaire.

Les sites de ventes en ligne font en sorte que les produits vendus soient plus facilement repérables. Les sites peuvent être parcourus à toute heure, il n’y a aucune queue à faire pour choisir un produit ou pour payer. Il en ressort donc une impression de gain de temps.

La présentation virtuelle des produits permet d’atteindre une parfaite ou quasi-parfaite exhaustivité. Par exemple, l’ancien administrateur du site Alapage.com, M. Cahen, considère effectivement que l’exhaustivité est le premier avantage de leur site. Alors qu’une librairie peut atteindre des centaines d’ouvrages en exposition, Alapage atteint largement les milliers !

Le contexte dans lequel l’achat s’effectue joue un rôle primordial dans le degré de stress perçu. En outre, les personnes accompagnant l’acheteur (enfants, amis, …) exercent une influence importante. Ainsi les internautes apprécient particulièrement la possibilité d’acheter seul devant son ordinateur, de pouvoir prendre son temps sans subir de pression extérieure.

Le consommateur perçoit cette modification des rapports comme un gain de liberté, il peut également ressentir une impression d’abandon (aucun vendeur) et d’isolement (aucun contact humain). La question est de savoir comment réagissent les consommateurs face à ces changements. En d’autres termes, comment les intègrent-ils dans leur système de valeurs et comment adaptent-ils leurs comportements ?

Lire le mémoire complet ==> (Le e-commerce, un canal devenu incontournable)
Mémoire A.I.G.E.M.E – Thème : Commerce électronique
Université Marne La Vallée