Renforcement des systèmes financiers

By 11 September 2012

Renforcement des systèmes financiers – Section 6 :

En mai 1999 le FMI et la banque mondiale ont lancé de concert un programme d’évaluation du secteur financier (PESF) ayant pour objectif de déterminer les points forts, les risques et les vulnérabilités des systèmes financiers nationaux et de déterminer les besoins des pays en matière de développement et d’assistance technique. Ce programme a déjà été mis en œuvre dans plus de 24 pays et on souhaite maintenant l’étendre chaque année à 24 autres, en commençant par ceux qui sont important pour la santé du système financier mondiale.

Le FMI commence également à s’intéresser aux places financières offshore, et il examine, en collaboration avec la banque mondiale, comment ces places financières pourraient contribuer à la lutte contre les abus financiers, en particulier le blanchiment d’argent.

Section 7 : L’adhésion à des normes et codes internationaux de bonne conduite

L’importance croissante du marché international des capitaux, en tant que source potentielle du financement des investissements et du développement à travers le monde, a mis en lumière l’importance de la réputation des débiteurs comme facteur d’attraction ou de répulsion des capitaux. Les crises des années 1990 ont aussi révélé à quel point l’instabilité des flux financier peut être liée aux déficit d’informations au sujet de la situation et des politiques mises en œuvre dans les pays emprunteurs ainsi qu’au manque de transparence dans le fonctionnement de leurs institutions, public ou privés43

De là est issu un foisonnement d’initiatives, publiques et privés, tendant à codifier les meilleurs pratiques en usage dans les différents domaines susceptibles d’influencer la stabilité financière et à recommander l’adhésion à ces code et normes de la part des autorités concernées.

L’adhésion à des normes et à des codes internationaux de bonnes pratiques contribuent à assurer le bon fonctionnement des économies et des systèmes financiers à l’échelle nationale, C’est la une condition préalable essentielle au bon fonctionnement du système international. L’adhésion à ces normes est volontaire, mais elles peuvent jouer un rôle précieux en contribuant à éviter les crises et à stimuler la performance économique.

Les principales réalisations, qui mettent l’accent sur le rôle du FMI, sont les suivantes :

Amélioration progressive de la qualité et de l’exactitude des données économiques diffusées par les autorités nationales et d’autres institutions; Application croissante de codes de bonnes pratiques qui sont essentiels pour le bon fonctionnement de l’économie; création de la facilité de lignes de crédit préventives (LCP), permettant au FMI, pour la première fois, d’accorder des prêts à titre préventif, afin d’éviter une crise.

Les cinq grands domaines de coopération internationale en matière de réforme sont énumérés ci-après. Nombre de ces initiatives supposent un renforcement de la surveillance dont le FMI est chargé, et au travers de laquelle il fournit aux pays membres une évaluation et des avis sur leur économie. La réforme des institutions financières internationales telles que le FMI s’inscrit donc dans les travaux entrepris afin de faire face aux mutations rapides de l’économie mondiale.

En juillet 2002, un règlement européen a confirmé la décision de la commission européenne d’imposer à toutes les sociétés européennes l’élaboration de leurs états financiers consolidés conformément aux normes comptables IAS/IFRS. Ces nouvelles règles s’appliqueront dans un premier temps a environ 7 000 entreprises, dont près de 1100 groupes français et 29000 filiales. A titre optionnel, elles pourraient également toucher les quelque 8000 groupes français non cotés établissement des compte consolidés, ainsi que leur filiales dès 2005. A terme, toutes les entreprises pourraient relever de cette normalisation.

Dans ces normes, l’information financière ne repose plus sur la notion du cout historique mais sur celle de la « juste valeur ».

Cette notion répond à l’optique financière des IFRS qui vise à satisfaire, en premier lieu, les besoins informationnels des investisseurs. Elle survient suite aux nombreuses critiques adressées au cout historique. En effet, les défenseurs du principe de juste valeur reprochent à la comptabilisation en cout historique sa myopie vis- à –vis de l’évolution des marchés financiers et son incapacité à traduire la réalité économique et l’image fidèle du patrimoine de l’entreprise.

La notion de juste valeur implique un changement important sur les postes du bilan de l’entreprise. Les actifs et les passifs sont enregistrés à leur juste valeur, qui englobe aussi bien la valeur de marché, si l’actif ou le passif est échangé sur un marché actif, que sa valeur d’utilité dans le cas contraire. Bien évidemment, les actifs et passifs ne sont pas tous concernés par la juste valeur. En effet, les actifs et passifs à court terme ne requièrent pas d’actualisation, cependant la notion de juste valeur, et plus généralement la nouvelle normalisation internationale, privilégie la réalité économique a la forme juridique, ce qui implique l’intégration dans le bilan des éléments considérés par l’ancien dispositif comptable comme des éléments hors bilan.

En consultation avec d’autres institutions, le FMI a élaboré des normes ou des codes de bonnes pratiques dans ses principaux domaines de compétence: la norme spéciale de diffusion des données, le code de bonnes pratiques en matière de transparence des finances publiques, le code de bonnes pratiques pour la transparence des politiques monétaire et financière, ainsi que des directives concernant la solidité du secteur financier (voir ci-dessous).

D’autres organismes de normalisation s’efforcent d’élaborer, de renforcer et faire largement adopter des normes internationales dans les domaines suivants : comptabilité et vérification des comptes; faillites; gouvernement d’entreprise; réglementation des marchés de valeurs; et politique sociale.

Pour aider les pays à appliquer ces «codes de conduite», le FMI a préparé à titre expérimental des rapports sur l’observation des normes et codes (RONC) qui décrivent la façon dont les règles économiques et financières internationalement reconnues sont appliquées par les pays concernés.

L’encadré suivant mentionne les principaux codes et normes publiés, en indiquant à la fois le domaine concerné et l’agence publique et privée qui en assume la responsabilité.

Tableau III-3-1 : codes et normes internationales.

Domaine Code et norme Instance
Politique monétaire et financière Code de bonnes pratiques pour la transparence des politiques monétaire et financière FMI
Politique budgétaire Code de bonnes pratiques en matière de transparence des finances publique FMI
Diffusions des données Normes spéciales de diffusion des données système général de diffusion des données. FMI
Gouvernance

d’entreprise

Principes relatifs au gouvernement d’entreprise. FMI
Comptabilité Normes de vérification internationales (ISA) FMI
Audit Normes de vérification internationales (ISA) FMI
Paiement et règlement Principes fondamentaux pour les systèmes de paiements d’importance systémique CSPR
Intégrité des marchés 40 recommandations du groupe d’action financière sur le blanchiment des capitaux GAFI
Contrôle bancaire Principes fondamentaux pour un contrôle bancaire efficace. CBCB
Operations sur titres Objectifs et principes de la régulation financière OICV
Compagnies d’assurances Insurance core principles

Source : Institution économiques internationales, P156, JEAN-JACQUES Rey ; 3e Edition.

Bien que l’on s’accorde généralement que le système financier international et l’économie mondiale vont bénéficier de l’élaboration et l’adoption de codes et normes internationale reconnus, les défis dans la réalisation de cet objectif sont considérables. En outre, les participant au marché privé ont pour leur part d’effort pour que cette approche pour que améliorer le système financier international et de produire le type de résultats, dont les partisans de la mondialisation peuvent être fières.

D’autre effort doivent être déployé pour faire en sorte que le système financier mondial donne une solide assise au développement économique et humain. Mais il faux dire en toute justice que la façon dont la politique économique et les affaires financières sont conduites de part le monde est entrain de changer parce que la réforme du système financier international est en marche.

Conclusion :
On constate que même si l’intégration financière internationale améliore l’accès aux marchés financiers et les possibilités de diversification des risques, Cependant, la crise récente a également affiné notre compréhension du risque de déstabilisation de l’intégration financière. De ce fait, nous constatons que l’intégration financière augmente la probabilité d’une crise financière et aggrave l’impact de celle-ci, et peut aussi augmenter les possibilités de contagion de la crise entre les pays.

la comparaison des effets de la crise des subprimes sur trois pays dans cette étude de cas, nous montre qu’effectivement , plus le pays est intégré au système financier international plus il est affecté par la crise, on peut l’expliquer par la contagion entre pays qui augmente avec l’intégration financière internationale d’un pays, alors que l’intégration financière n’est pas une force de déstabilisation en soi, les risques d’instabilité peuvent apparaître si les forces motrices sous- jacentes plus forte intégration financière internationale reflète les déséquilibres économiques mondiaux. Il est raisonnable de soutenir que le boom d’avant la crise du marché immobilier américain et les marchés de titrisation reflète dans une certaine mesure la demande étrangère pour les actifs américains de haute sécurité résultant de “l’épargne mondiale excédentaire” dans le contexte de persistance des déséquilibres mondiaux.

Par conséquent, la demande d’actifs étrangers, non seulement fait baisser le taux d’intérêt américains à risque, mais aussi compressé les primes de risque sur les actifs risqués. Le faible coût de financement favorisé à son tour une augmentation du niveau d’endettement du secteur financier domestique qui a exacerbé le risque systémique. Cette interprétation des événements soulève une question importante, à savoir que l’augmentation de la stabilité du système financier mondial ne devrait pas être fait en repoussant la mondialisation financière, mais d’abord régler le problème des déséquilibres mondiaux.

Ce travail ne met pas en cause l’intégration financière. Au contraire nous pensons toujours que l’ouverture financière peut stimuler la croissance économique dans les pays hôtes à condition qu’elle soit bien régulée.

Il est donc primordial que les dispositifs de stabilité financière suivent le rythme avec le degré d’intégration financière. Ces arrangements devraient être particulièrement ambitieux dans l’UE et la zone euro, qui sont caractérisés par un degré très élevé d’intégration financière.

Conclusion générale :
L’évolution du système financier international, depuis 30 ans, se caractérise bien sûr par une expansion énorme en volume et en types d’activité, mais surtout par l’imbrication de plus en plus conséquente des acteurs.

La fragilisation de l’ensemble vient de la faiblesse du système lorsqu’un de ses maillons cède, un risque qui augmente avec la croissance de l’interdépendance. La volatilité des taux de change et des taux d’intérêt, à la fois cause et effet de la marchéisation, est révélatrice de cette situation. La politique monétaire, limitée à la seule variation des taux d’intérêt, loin d’atténuer le problème, l’accentue.

La stabilité financière est un bien public mondial. Les crises financières internationales de ces deux dernières décennies sont la preuve, et montrent l’importance d’une coopération étroite et rapide entre les autorités gouvernementales et monétaires des états avec leurs homologues internationales. Sans intensification de la coopération internationale, il ne peut y avoir un système financier stable, réactif et durable. La communauté internationale s’est employée à mettre en place un cadre de politique économique propre à réduire la fréquence et l’ampleur des crises futures.

La mise en place d’un système financier international plus solide et plus stable réduira la vulnérabilité du monde à des crises financières dévastatrices et permettra à tous les pays de bénéficier des avantages de la mondialisation, et de l’intégration financière internationale phénomène dont la capacité à accélérer la croissance et à améliorer le niveau de vie est bien établie.

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43 Institution économiques internationales, P156, JEAN-JACQUES Rey ; 3e Edition.

Lire le mémoire complet ==> (Le système financier international en temps normal et en temps de crise : Quelles réformes ?)
Ecole doctorale management international des entreprises
Mémoire de magistère – Faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestions

Table des matières
I Introduction générale
II Sommaire
III Première partie Le Système Financier International
Introduction
Chapitre 1 Constitution du Système Financier International (SFI)
Section 1 : Définition
Section 2 : La Globalisation et intégration financière internationale
1. Globalisation financière
2. L’intégration financière internationale
Section 3 : mouvement internationaux des capitaux
1- Les flux internationaux des capitaux
2- Les euromarchés
3- Les centres offshores
Chapitre 2 Les Mutation qui ont affectés le système financier international
Section 1 : L’émergence du système financier international 1946-1974
1. L’esprit de BRETTON WOODS
2. Les caractéristiques formelles du SMI issu de Bretton Woods
3. La fin du système monétaire de Bretton Woods 1973
Section 2 : L’endettement généralisé (1973-1981)
Section 3 : La financiarisation de l’économie mondiale (depuis 1982)
1- Le développement des flux de capitaux internationaux
2- La « fragilisation » du système financier international
a. La marchéisation du financement
b. L’innovation financière et les instruments financiers dérivés
c. Un risque généralisé croissant
Chapitre 3 Architecture Du Système Financier International
Section 1 : La Banque Mondiale
e. Les cinq institutions du groupe de la banque mondiale
f. Historique de la SFI
g. L’organisation du groupe de la banque mondiale
h. Le fonctionnement du groupe de la banque mondiale
Section 2 : Fonds Monétaire International
1. L’évolution de la structure financière du FMI
2. le rôle du FMI
3. Création des droits de tirage spéciaux
Section 3 : Les Autres Enceintes
1. Groupe des Sept
2. Groupe des Huit
3. Groupe des Dix
4. Groupe des Vingt
5. Groupe des Vingt-quatre
6. Club de Londres
7. Club de Paris
8. L’organisation de coopération et de développement économiques
9. La banque des règlements internationaux
Deuxième partie Fragilité du système financier international et diffusion des crises
Introduction
Chapitre 1 Facteurs de fragilité du système financier international
Section 1 : Mutation, libéralisation et globalisation chemin vers l’instabilité de la finance internationale
1. Mutation financière
2. Libéralisation des mouvements internationaux des capitaux
3. La globalisation
Section 2 : Facteurs de fragilité financière
1. Le rôle du dollar
2. La financiarisation des déficits de balance des paiements
3. La fragilité des structures des économies émergentes
Section 3 : Les déséquilibres macroéconomique
1. L’inégale répartition de la production mondiale
2. Le marasme japonais
3. L’épargne international
4. Le triangle d’incompatibilité de mundell
5. Le piège de Peg
Chapitre 2 Diffusion des crises dans les pays émergent au cours des années
Section 1 : définition de crises financières
Section 2 : crises des pays émergents
1. La crise méxicaine de 1994 (crise tequilla)
2. La crise asiatique
3. La crise russe
4. La crise argentine 2001
Section 3 : Eclatement de la bulle internet et crise financiere en 2002
Chapitre 3 Crise des subprimes octobre 2008
Section 1 : Définition et cause déclenchement de la crise des «subprimes »
1. Définition de la crise des subprimes
2. Les causes de la crise
Section 2 : Déroulement et transmission de crise et sa propagation
1. Déroulement de la crise
2. Les mécanismes de transmissions
Section 3 : Les conséquences de la crise sur le marché américain
1. L’impact de la crise sur les ménages
2. L’impact sur le dollar
3. L’impact sur les systèmes financiers mondiaux
Section 4 : Mesures entreprise pour sortir de la crise
1. Le G 20 s’engage à stabiliser le système financier mondiale
2. La réunion du G7 en février à Rome
Conclusion
Troisième partie Intégration financière international et vulnérabilité des pays aux crises étude de cas l’Algérie, la chine et la France
Introduction
Chapitre 1 Cas de l’Algérie
Section 1 : intégration de l’Algérie au système financier international
1. Ouverture de l’Algérie au commerce extérieur
2. Développement du marché boursier algérien
3. Flux des capitaux étranger
Section 2 impact de la crise des subprimes sur l’Algérie
1. L’impact de cette crise sur les cours du pétrole
2. Impact sur l’économie réelle
Chapitre 2 Cas de la chine
Section 1 : intégration de la chine au système financier international
1. Ouverture de la chine au commerce extérieur
2. Développement du marché boursier chinois
3. Flux des capitaux étrangers
Section 2 impact de la crise des subprimes sur la chine
1. Impact sur le marché immobilier
2. Impact sur le secteur de la distribution
3. Impact sur le commerce extérieur
4. Impact sur les capitaux étrangers
5. Impact sur le marché boursier
Chapitre 3 Cas de la France
Section 1 : intégration de la France au système financier international
1. Ouverture de la France au commerce extérieur
2. Développement du marché boursier
3. Flux de capitaux étranger
4. L’inflation
5. La croissance de la production industrielle
Section 2 impact de la crise des subprimes sur la France
4. Commerce international et production industrielle
5. Impact de la crise sur le marché de travail
6. Impact sur le marché automobile
7. Impact sur le Marchés financiers
Chapitre 4 Stabilisation du système financier international, quelques résolutions
Section 1 : participation du secteur privé a la prévention et à la résolution des crises
Section 2 : redonner à la bourse sa fonction initiale
Section 3 : régime de change viable
Section 4 : renforcement de la supervision financière et de la régulation
Section 5 : détection et contrôle de la vulnérabilité interne
Section 6 : renfoncement des systèmes financiers
Section 7 : l’adhésion à des normes et code de bonne conduite
Conclusion
Conclusion générale