Les limites du marché tunisien de la technologie d’Internet

By 29 September 2012

Limite du marché national – Sous Section 2 :

L’état du marché et les pratiques des entreprises en matière d’Internet, constituent une contrainte importante pouvant tarder les résultats des efforts déployés par les cabinets comptables pour le travail en ligne (§1). Par ailleurs, les technologies disponibles permettent de s’adresser aux marchés étrangers et donc d’établir des relations qui étaient avant l’apparition d’Internet lourdes à établir (§2).

§ 1 : La faiblesse du nombre d’utilisateurs nationaux

A la fin du mois de juillet 200379, le nombre des utilisateurs d’Internet en Tunisie est de 560 000. Le nombre de comptes e-mail est de 87 418. Le nombre de sites Web hébergés en Tunisie est de 973 sites.

Par ailleurs, l’année 2002 a connu une vaste campagne de sensibilisation des entreprises à l’Internet, au courrier électronique et au commerce électronique, qui a touché onze gouvernorats de la Tunisie et cent quarante entreprises tunisiennes. Le but des visites est de connaître les habitudes des entreprises en matière d’Internet.

Les courriers électroniques

Selon les statistiques de l’année 200280, 7000 entreprises uniquement sont connectées à l’Internet. Pour les 140 entreprises visitées, 50 dirigeants ont pris le soin d’imprimer leur adresse électronique sur leurs cartes de visite et 6 d’entre eux seulement ont utilisé leurs noms pour ladite adresse.

Beaucoup d’entreprises n’utilisent pas le courrier électronique et d’autres ne vérifient même pas leur courrier ou n’y répondent pas. Pour celles qui utilisent le courrier électronique ou l’Internet, et particulièrement celles qui ne disposent que d’une connexion téléphonique plutôt que d’une liaison spécialisée, le problème le plus souvent cité est lié à la qualité et à la fiabilité des connexions qui ont de la peine à ne pas être interrompues, endommageant parfois les boîtes de réception des utilisateurs ou compromettant le téléchargement de fichiers d’échantillons graphiques de produits que leur envoient leurs partenaires à l’étranger. Parfois ces derniers prétendent avoir effectué des envois qui ne sont jamais reçus du côté tunisien.

Disparités géographiques

Il semble par ailleurs exister une disparité dans le degré d’avancement informatique des entreprises des régions par rapport à celles des grandes agglomérations. Les entreprises des zones dites reculées sont dotées de systèmes archaïques et ce, non pas parce qu’elles l’ont bien voulu ou parce qu’elles ignorent sciemment cet aspect du cycle de leur développement, mais plutôt en raison du manque de compétences informatiques. En effet, quand elles sont disponibles dans les grands centres, les compétences informatiques ne trouvent pas l’intérêt à s’établir loin de la capitale et les fournisseurs de matériel, de logiciel ou de services sont pour la plupart concentrés dans les grandes villes. C’est ainsi qu’il est rare de trouver des entreprises tunisiennes disposant d’un ERP, par exemple, qui ne soient pas à Tunis, Sousse ou Sfax ou n’appartenant pas à un grand groupe.

§ 2 : Caractéristiques de la population des internautes et coût de l’utilisation de l’Internet

Le nombre des utilisateurs en Tunisie, à la fin de juillet 2003, est réparti selon le secteur d’activité comme suit81 :

Tableau : Répartition des internautes selon le secteur d’activité

Secteur d’activité Nombre d’internautes Pourcentage
1 Education 341.500 61%
2 F.S.I. privés 103.500 16%
3 Enseignement supérieur et recherche 68.000 12%
4 Publinets 30.000 6%
5 Institutions publiques 12.000 2%
6 Santé 9.000 2%
7 Agriculture 1.000 1%
Total 560.000 100%

Il apparaît que 73% des utilisateurs d’Internet en Tunisie sont formés par des élèves, étudiants et chercheurs. D’une part, ceci renseigne sur l’âge et les besoins recherchés de l’utilisation de l’Internet par cette catégorie. D’autre part, les moyens financiers dont dispose cette catégorie sont limités et ne leur permettent pas de naviguer pendant des durées importantes.

Cette situation est d’autant plus contraignante pour le développement du commerce électronique, que le coût de l’Internet, comme nous l’avons précisé dans la première partie du mémoire, peut limiter davantage le temps de connexion des internautes et donc la réussite des opérations de vente en ligne.

Sous Section 3 : L’opportunité de s’adresser au marché International

Comme il a été soulevé ci-dessus, l’état du marché tunisien est caractérisé par :
– un faible nombre d’utilisateurs d’Internet;
– un faible pouvoir d’achat du plus grand nombre d’utilisateurs;
– un faible nombre de compétences en matière de développement de sites Web dynamiques;
– un commerce électronique au stade de démarrage;
– un effort privé limité en matière d’investissement dans les sites Web dynamiques.

Par ailleurs, et partant du fait qu’Internet a le mérite de supprimer l’effet des distances, une réelle opportunité de s’intéresser au marché international est ouverte aux professionnels pour vendre les prestations au-delà des frontières.

Certains cabinets tunisiens établissent la paie d’entreprises françaises en Tunisie et saisissent les écritures comptables d’entreprises françaises via Internet.82

Cependant, à notre avis, les professionnels ne pourront aller au-delà des frontières qu’après avoir atteint au préalable un niveau de compétence technique et technologique suffisant leur permettant de maîtriser les nouvelles donnes d’un marché ayant des caractéristiques particulières.

Lire le mémoire complet ==> (L’internet au service de l’expert-comptable : le site web dynamique du cabinet)
Mémoire en vue de l’obtention du diplôme d’expertise comptable – Commission d’Expertise Comptable
Université DE SFAX – Faculté des Sciences Economiques et de Gestion

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79 www.ati.tn/internet/index.htm, « Internet en Tunisie : statistiques », Agence Tunisienne de l’Internet, visité le 25 septembre 2003
80 ZERZERI Mohamed, L’économie tunisienne est-elle sous connectée ? Afrique Economie n° 318 septembre 2000 page 33
81 www.ati.tn/internet/index.htm, « Internet en Tunisie : statistiques », Agence Tunisienne de l’Internet, visité le 25 septembre 2003