Les flux internationaux de capitaux et mouvements de capitaux

By 8 September 2012

Mouvements internationaux de capitaux – Section 3:

L’internationalisation et la croissance spectaculaire des activités financières internationales actuelles résultent du développement des activités bancaires internationales (à partir des années 60), du développement des Euromarchés (au cours des années 1970) et de l’intégration progressive des marchés de capitaux (depuis le début des années 1980)8.

I- Les flux internationaux de capitaux

1- définition :

Selon la définition du Manuel de la Balance des Paiements du FMI, les investissements étrangers correspondent aux différentes opérations financières destinées à agir sur les entreprises implantées dans un pays différent de celui de la maison mère.

Sous le terme d’Investissements Etrangers se regroupent en fait deux grands types d’opérations investissement directs ou de portefeuille :

a- investissement de portefeuille :

quand l’investissement étranger est inférieur à 10% des actions c’est donc un investissement de portefeuille(le but des investissements de portefeuille est de diversifier les titres mondialement et de répartir ainsi les risques, il s’agit très souvent d’investissements spéculatifs), celles réalisées par croissance interne au sein d’une même firme transnationale entre la maison mère et ses différents établissements implantés à l’étranger (filiales, bureaux de représentation, etc.): création ex-nihilo d’unités nouvelles; extension des capacités de production des unités déjà existantes; flux financiers entre établissements (augmentation de capital, prêts et avances de trésorerie par la maison mère, etc.); réinvestissement local des bénéfices.

b- Investissement direct :

Un investissement étranger est un investissement direct quand l’investisseur étranger possède plus de 10% des actions dans une entreprise étrangère convoitée: ce seuil est désormais retenu internationalement pour distinguer les IDE des «investissements de portefeuille», par définition beaucoup plus volatils et correspondant aux prises de participation inférieures à 10% du capital d’une entreprise.

2- L’autonomie des flux internationaux des capitaux

L’étude des balances des paiements des pays industrialisés fait apparaitre la part prépondérante des flux des capitaux. Les transactions financières dominent largement les transactions réelles. Cette croissante se trouve justifié par L’autonomie des flux de capitaux car on remarque que Les montants des transactions financières sont 50 fois plus importants que la valeur portant sur le commerce ce qui explique que Les flux de capitaux sont autonomes, c’est à dire, sans être une contrepartie des flux réels.

3- L’orientation des mouvements de capitaux 9

Les mouvements de capitaux vont naturellement des pays qui disposent de ressources de financement vers ceux qui présentent des besoins de financement. Depuis une quarantaine d’années, les flux de capitaux ont connu des périodes distinctes :

a- Les années 60-70 : les pays développés financent les pays en développement.
b- Du milieu des années 70 au milieu des années 80 : les deux chocs pétroliers consécutifs (1973-1979) permettent aux pays exportateurs le financement des déficits de certains pays industrialisés.
c- Depuis le milieu des années 80 : l’essentiel des mouvements de capitaux impliquent les pays industriels entre eux, notamment le Japon et l’Allemagne qui financent le déficit américain.

4- Évolution des investissements direct à l’étranger IDE

Les investissements à l’étranger ont connu un fabuleux essor depuis les années 1980 Ils représentaient moins de 0,5 % du PIB mondial au début des années 1980, et ont atteint près de 5 % en 2000, avant le reflux observé en 2001. Les investissements à l’étranger se sont développés depuis ces dernières années même si en 2003 on a pu noter le recul de l’investissement direct à l’étranger, Ces mouvements de capitaux étaient de l’ordre de 65 milliards de dollars par an à la fin des années 1970, et de 1 600 milliards à la fin des années 1990, soit environ 25 fois plus en 20 ans. Les opérations de portefeuille ont été multipliées par 20 et les investissements directs par 4.

Les flux internationaux de capitaux ont connu une croissance extraordinaire et constituent une part essentielle des échanges mondiaux.

Graphique I-1-1 : évolution des flux bruts mondiaux de capitaux
évolution des flux bruts mondiaux de capitaux
Source : FMI, international financial statistics.

Sur la période 1995-2010, le stock mondial d’IDE a ainsi été multiplié. Cet accroissement a été particulièrement important au cours des années 1990. Par contre, à partir de 2001 cet essor se ralentit puisqu’on constate un recul des flux d’IDE (- 40 % en 2001 et – 20 % en 2002), puis en 2003 la croissance s’est accélérée d’une manière progressive et continue.

Graphique I-1-2 : évolution des Flux de capitaux dans le monde, milliard de dollars
évolution des Flux de capitaux dans le monde, milliard de dollars
Source : FMI, international Financial statistics.

L’Europe affiche la plus forte hausse,…..

Aujourd’hui, les pays industrialisés sont à l’origine d’environ 90 % des IDE et en reçoivent plus de 70 %.

Ces mouvements de capitaux prennent des formes diverses, mais sont aujourd’hui particulièrement présents sous forme d’IDE (investissements directs à l’étranger).

5- Répartition des investissements direct à l’étranger IDE dans le monde :

La répartition géographique des IDE est particulièrement inégalitaire, Les pays développés et la Triade en particulier (l’union européenne, États-Unis, canada) capitalisent l’essentiel des stocks d’IDE : en 2002, près des 2/3 du stock d’IDE se concentrent dans deux des trois pôles de la Triade (37 % pour l’Union européenne et plus de 20 % pour les États-Unis et le Canada). De plus les pays développés sont à l’origine d’environ 90 % des IDE.

Autour de la Triade, gravite un groupe de pays émergents (pour l’essentiel, des pays d’Asie orientale, d’Amérique Latine et d’Europe centrale et orientale) qui attirent un nombre croissant d’IDE. Au sein de ce groupe, la Chine a réussi depuis les années 1990 à se « détacher » et est devenue un des premiers pays d’accueil des flux d’IDE.

Par ailleurs, d’autres pays (une cinquantaine de PMA – pays les moins avancés), en particuliers des pays africains, sont totalement délaissés des investisseurs étrangers. Avec moins de 1 % du total mondial, leur stock d’IDE est dérisoire.

– Les publications de l’OCDE montrent qu’en 2004, les IDE en direction des pays de l’OCDE ont continué de se replier. Les États-Unis restent le premier pays d’accueil des IDE parmi les grands pays industrialisés, avec 107 milliards de dollars, devant le Royaume-Uni (78,5 milliards de dollars), l’Australie (42,2 milliards) et la Belgique (34,4 milliards). En revanche l’Allemagne et la France sont moins attractives : les flux d’IDE vers la France ont pratiquement été divisés par deux, revenant de 43 milliards de dollars à 24 milliards de dollars ; et en Allemagne les investisseurs étrangers ont retiré 39 milliards de dollars du pays, ce qui « efface » les entrées de 27 milliards enregistrées en 2003, Indéniablement, ce sont les avantages octroyés par les pays d’accueil qui déterminent le choix de l’investisseur.

De nombreux rapports spécialisés ont souligné que la chute des IDE en 2009 a concerné les 17 pays de la zone OCDE. Dans ces pays les IDE se sont contractés d’environ 50% au terme du premier trimestre 2009 en comparaison avec la même période de l’année précédente.

Lire le mémoire complet ==> (Le système financier international en temps normal et en temps de crise : Quelles réformes ?)
Ecole doctorale management international des entreprises
Mémoire de magistère – Faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestions

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8 ANDREW Harrison, ARTUGRUL Dalkiran, ENA Elsey, business international et mondialisation, 1e Edition De Boeck & Larcier S.A., 2004, Page 113.
9 www.seribd.com/doc/13225310