Les facteurs de fragilité du système financier international

By 9 September 2012

Facteurs de fragilité financière – Section 2 :

I- Le rôle du dollar

Le rôle du dollar dans le système monétaire et financier international pose un problème de stabilité du système global car il joue un rôle excessif dans le système monétaire contemporain.

– Comme unité de compte d’abord, car à la fin du XXe siècle, 25 pays rattachaient directement leur propre monnaie au dollar et 25% de la capitalisation boursière est libellé en monnaie des états unis.
– Comme réserve de valeurs ensuite, le dollar, représente 60% de la réserve officielle de change.
– Enfin, comme monnaie de facturation, le dollar et également au premier plan puisque presque la moitié du commerce mondiale est facturé en dollar alors que les États-Unis représentés à la fin du siècle 16,6% des opérations commerciales. Toute dépréciation significative du dollar perturbe ainsi les circuits monétaires et financiers mondiaux.

Les Etats-Unis utilisent d’ailleurs largement la parité du dollar dans l’orientation de leur politique économique. Dès l’année 2002, le recul du dollar fut sensible. Or, ce recul était un handicap pour la reprise au japon et en Europe… la santé de l’économie mondiale est donc à la merci des choix de l’administration américaine en matière de change. Pour le reste du monde, un dollar trop fort a non seulement pour conséquence d’attirer la plus grande partie de l’épargne mondiale vers les Etats-Unis (au détriment des pays émergents le plus souvent), mais aussi de rendre l’énergie chère, ce qui nécessite la pratique de taux d’intérêt élevés qui compromettent la croissance. En revanche, un dollar trop faible, fait perdre a l’Europe et au japon une partie de leur compétitivité avec, la encore, des conséquences néfastes sur la croissance. L’OCDE considère qu’une chute de 10% du dollar par rapport à l’euro fait baisser la croissance de la zone euro de 0,6 point au bout d’un an.

Or, le dollar a parfois connu des variations bien supérieures. Il a perdu par exemple 35% de sa valeur entre février 2002 et mai 2003. On constate aussi que les mouvements de brusque décrochage du dollar comme en juin 2002 déstabilisent les marchés financiers internationaux. Les investisseurs cherchent à se repositionner brutalement sur le marché de référence (le marché américain) et demandent des primes de risques considérables pour accepter de placer des capitaux dans les économies émergentes. Ces dernières ont alors du mal à trouver les capitaux extérieurs dont ils ont besoin et doivent accepter sur leurs emprunts des taux d’intérêt qui freinent leur croissance.

D’une façon générale, il apparait donc que de brusques mouvements du dollar peuvent entrainer de graves déséquilibres de l’économie mondiale s’ils dépassent une certaine ampleur.

II- La financiarisation des déficits des balances des paiements19

Au rôle dominant du dollar, il faut ajouter la forte financiarisation du financement des déficits de balance de paiement des pays émergents. Cela signifie que ces pays ont fait jusqu’au déclenchement de la crise asiatique en

1997) de plus en plus appel à un financement obligataire au détriment du crédit bancaire qui représente toutefois la moitié de la dette des emprunteurs privés de pays émergents. La part de l’endettement obligataire dépassait 40% de la dette totale en argentine à la fin du siècle. Elle atteignait environ 30% au Mexique, en Malaisie et en Corée, 20% en Turquie et aux philippines etc. Or les marchés financiers sont volatils et très sensibles aux mouvements internationaux de taux d’intérêt. Dès que la situation financière mondiale devient plus incertaine, on assiste à une montée sensible du risque-pays ce dernier désigne la prime de risque intégré aux taux d’intérêts que doivent accepter de payer les pays emprunteurs. Concrètement, il s’agit de la prime de rendement que doivent offrir les obligations d’un pays émergents par rapport aux obligations du trésor américain. Au cœur de la crise de l’année 2001. Un pays comme l’argentine dont l’endettement obligataire est considérable était par exemple confronté à une prime de risque comprise entre 1300 et 4700 points de base !de même, après les attentats du 11septembre 2001, l’écart de taux entre les obligations mexicaine et américaine s’est accru de 26%. Sans ces primes de risque, les souscripteurs de titres sur les euromarchés (compagnies d’assurance, fonds de pension, OPCVM et banques des pays industrialisés) refuseraient d’investir dans les pays en voie de développement.

III- La fragilité des structures des économies émergentes

Dans les économies émergentes, la politique de libéralisation financière a rencontrés de grandes difficultés. La restructuration est inachevée ; dans un pays comme la Turquie par exemple, l’existence de quatre-vingt banques au début du XXIe siècle parait déraisonnable compte-tenu de la taille restreinte du secteur. Dans ces mêmes économies émergentes, les critères d’évaluations des projets sont souvent contestables ; il est courant que l’appartenance à un réseau proche du pouvoir ou la conformité aux objectifs prioritaires du gouvernement soient les éléments déterminants.

La volonté d’un pays de défendre une parité surévaluer peut entrainer, dans certaines circonstances, un déficit de balance des paiements. En particulier, beaucoup d’économies émergente en choisi un rattachement de leur monnaie au dollar afin d’obtenir une crédibilité financière. Si le déficit extérieur devient trop important, le pays est obligé d’augmenter ses taux d’intérêt pour le financer par des entrées de capitaux qui sont souvent a court terme. Mais les hausse des taux d’intérêt dépriment l’activité, d’où les fuites des capitaux : c’est alors la crise financière.

Section 3 : Les déséquilibres macroéconomiques

L’instabilité réelle ou ressentie de notre système financier international est également liée à des problèmes macroéconomiques structurels qu’il faut identifier.

I- L’inégale répartition de la production mondiale

Le premier déséquilibre majeur est l’inégalité de la répartition de la production mondiale. Les cinq premières économies du monde sont à l’ origine de 60% de cette production. Les Etats-Unis engendraient à eux seuls environ 27% du PIB mondial en 1999 (contre 16% pour le japon, 8% pour l’Allemagne, 5% pour la France et 4% pour le Royaume-Uni) alors qu’ils ne regroupent que 5% de la population mondiale, dans ce contexte si l’un des deux principaux pays ou un groupe de grandes nations connaissent une faible croissance, l’économie mondiale risque d’en souffrir, les Etats-Unis ont évidemment la plus forte influence. Non seulement ils sont comme nous venons de le voir les premiers producteurs du monde, mais ils sont aussi les premiers consommateurs d’énergie et de matières premières : ils absorbent par exemple le quart du pétrole brut, du minerai de fer et de l’aluminium mondiaux ainsi que le cinquième du cuivre affiné. De plus 30% des exportations d’un pays comme le japon leur sont destinées, de même que les quatre cinquième de celle du Mexique et du canada. Les principaux pays de l’Europe de l’ouest sont un peu moins dépendant dans la mesure où moins de 10% de leur exportation sont destinées aux Etats-Unis. Quoi qu’il en soit, tout ralentissement de l’économie américaine se transmet mécaniquement au reste du monde.

II- Le marasme japonais

Quant à la deuxième économie du monde (le japon, dont la production atteint plus que la moitié de la production américaine), sa stagnation a partir de 1991 a révèle d’inquiétantes faiblisses structurelles. L’effondrement de la croissance de l’économie nippone a ainsi pesé sur l’économie mondiale.

III- L’épargne internationale

La répartition de l’épargne internationale est déséquilibrée, les Etats-Unis représente le pays le plus riche et le plus endetté du monde, selon le FMI, 70% de l’épargne mondiale on été utilisé par les Etats-Unis à la fin des années 90 et début du siècle.

Selon la théorie néoclassique, l’épargne devrait favoriser les pays les moins riches, on pourrait voir ainsi réduire l’écart entre les pays les plus développés et les autre pays pauvres. Mais la réalité est que les trois quart des investissements direct sont en effet orientés vers les pays développés, la question qui se pose est la suivante : comment expliquer que l’épargne international soit attiré par les pays les pus riches ? Selon Jean Marie le Page il y a des raisons liées au déséquilibres de court terme et d’autre a une logique économique à long terme ; A court terme, en partant de l’identité I+X = S+M ou I désigne l’investissement global, X les exportations, S l’épargne global et M les importations, cette identité implique que M-X = I-S, ce qui signifie que le solde des opérations extérieures courantes est égal a l’excès des investissements sur l’épargne, cela illustre la situation des Etats-Unis à la fin du XXe siècle.

A long terme, le développement des (TIC) technologie de l’information et de la communication favorise les perspectives de rendement exceptionnelles des Etats-Unis, les firmes ont modernisé leur équipements productif dès lors, l’épargne mondiale s’est concentré vers les pays développés ou le capital par tète continus d’augmenter sans baisse des taux de profits.

L’écart entre les pays les plus développés et les pays en voie de développements ne diminuent pas et a même tendance à s’accroitre. La création d’un marché mondial des capitaux concurrentiels, fonctionnant sans entraves, doit accroitre l’efficacité du système financier international, en permettant une réduction du cout des financement et une meilleure allocation des capitaux entre pays et entre secteurs d’activités, de quoi porter plus de croissance a l’économie mondiale , toutefois, les financement internationaux ne se dirigent en fait que vers un petit nombres de pays au total selon la banque mondiale, les pays industrialiser on reçu en 2000 plus de 90% des flux internationaux privés dont environ 84% des investissement directs .

IV – Le triangle d’incompatibilité de Mundell

Par ailleurs, le puissant mouvement de libéralisation financière que nous avons connu a parfois mis en évidence l’existence du triangle d’incompatibilité de Mundell. De quoi s’agit-il ? Selon un économiste canadien, une zone économique ne peut bénéficier simultanément de la fixité du taux de change. D’une politique monétaire autonome et de liberté totale des mouvements des capitaux. Imaginons qu’un pays souhaitons bénéficier d’un taux de change stable et pratiquement d’une totale liberté des mouvements des capitaux veuille conserver l’autonomie de sa politique monétaire. S’il tente de resserrer dans ce contexte, il provoque des entrées de capitaux (à cause de la hausse des taux d’intérêt) qui n’aboutissent à l’expression de la masse monétaire. Et si la banque centrale vend les devises pour stérilisé les entrées de capitaux, elle induit une appréciation de taux de change. La crise du SME de septembre 1992, puis de l’été 1993(qui aboutit à l’élargissement des bandes de fluctuations de +- 2,25% à +- 15%) illustre bien l’existence du triangle d’incompatibilité. Un pays comme la France a essayé de conserver l’autonomie de sa politique monétaire dans un contexte de liberté des mouvements des capitaux et de spéculation contre la livre, la livre et le franc. Les pertes de devises subies par la banque de France l’ont obligées a aligné sa politique monétaire sur celle de la Bundesbank. En revanche, l’Italie et le Royaume-Uni ont préférer a l’époque quitter le système monétaire européen. Les spéculateurs ont considéraient que ces différents pays avaient violé le principe de compatibilité. La France était par exemple confrontée à une contraction majeure. Alors qu’elle était obligée de suivre la Bundesbank dans sa politique de resserrement de la politique monétaire (elle- même conséquence de la réunification) pour rester dans le SME, elle constatait que cette politique de taux élevés était suicidaire du point de vue de l’emploi et de la croissance. Un autre exemple de violation du triangle d’incompatibilité est constitué des pays les plus touchés par la crise asiatique qui ont essayé en vain de maintenir la stabilité nominale de leur monnaie.

VI- Les pièges du Peg

En dernier lieu, le déclenchement des crises financières se produit souvent à la suite d’une surévaluation des taux de change réel. Ce phénomène survient presque inévitablement à la suite de la mise en œuvre d’un couloir rigide de fluctuation ou même d’un currency Board. La dollarisation est dans ce domaine une solution extrême adoptée par l’Equateur et le Salvador. De telles pratiques sont en effet un moyen de donner une crédibilité à leur monnaie et d’attirer les capitaux internationaux. Malheureusement, si le taux d’inflation du pays est supérieur à celui des Etats-Unis ou du pays dont la monnaie sert de référence, l’économie émergente qui a arrimé sa monnaie perd progressivement sa compétitivité prix. Il a alors le choix entre un niveau très élevé de taux d’intérêt qui provoque la récession (cas du Mexique en 1994 et de l’argentine) ou la dévaluation de sa monnaie qui entraine un regain d’inflation (cas de la Russie 1998) et l’envolée du poids de l’endettement extérieur (cas de la crise asiatique de 1997 et de la crise Brésilienne 1999).

Lire le mémoire complet ==> (Le système financier international en temps normal et en temps de crise : Quelles réformes ?)
Ecole doctorale management international des entreprises
Mémoire de magistère – Faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestions

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19 Jean-Marie Le Page, Crise financière internationales & Risque systémique, de boeck & larcier s.a., 2003, 1re édition, P 20.