Le déroulement et la transmission de crise des subprimes

By 10 September 2012

Déroulement et transmission de crise des subprimes et sa propagation – Section 2 :

I- déroulement de la crise des subprimes:

L’été 2007 Un grand nombre des établissements financiers américains, qui font de la subprime leur spécialité, s’est trouvé facile à intégrer dans le système bancaire traditionnel. En fait, le marché des crédits hypothécaires à haut risque a connu une forte croissance pendant les quatre dernières années comme l’indique le graphique ci-dessous.

Graphique II-3-2 : croissance du marché des crédits hypothécaires27
croissance du marché des crédits hypothécaires

Quand la conjoncture est favorable, ce système fonctionne bien : l’emprunteur met sa maison en hypothèque, qui sert donc de garantie, et les établissements peuvent obtenir des marges confortables de profit grâce à ces clients à risque. Pour l’emprunteur à risque, ce mécanisme permet d’accéder à la propriété, ce qu’il ne pourrait pas faire par ailleurs.

II- Les mécanismes de transmission

1- La transmission par titrisation des prêts hypothécaires

Au-delà de la chaîne des effets directs (insolvabilité des emprunteurs subprimes, faillite des sociétés de crédit spécialisées, pertes de la part des grandes banques qui les détenaient ou travaillaient avec elles), l’essentiel des effets de la crise des subprimes est indirect.

a. Définition de titrisation : est l’une des grandes innovations financières des années 90, elle consiste à transformer les prêts ou même des crédits automobile ou encore de carte de crédit en actifs négociables sur les marchés de capitaux.

En bref la titrisation est une Technique financière qui vise à transformer des actifs peu liquides en valeurs mobilières facilement négociables

Schémas II-3-2 définition de titrisation
définition de titrisation

La première courroie de la crise des subprimes réside dans le phénomène de la titrisation de créances. La titrisation est l’opération financière, méconnue de l’emprunteur, par laquelle une banque revend ses créances sur des marchés spécialisés, souvent groupées avec d’autres valeurs. Ce qui lui permet à la fois de se refinancer et de réduire son risque (qui est reporté sur les investisseurs qui achètent ces créances). La titrisation est devenue un phénomène courant depuis le début des années 2000. Les créances titrisées sont rachetées par des investisseurs (fonds d’investissements classiques, fonds plus spéculatifs, etc.).

Le marché des subprimes a été massivement financé par la titrisation, les créances étant regroupées dans des véhicules de financement et transformées en titres négociables souscrits par des investisseurs.

Cependant, à partir du début 2007, la crise des crédits subprimes a jeté le doute sur l’ensemble des véhicules de titrisation de créances, en premier lieu les créances hypothécaires portant spécifiquement sur l’immobilier d’habitation américain ((en) residential mortgage backed security, ou RMBS), mais aussi les paquets de créances diversifiées appelés CDO ((en) Collateralised debt obligation). Ce sont en fait toutes les formes de véhicules de titrisation de crédit (ABS, RMBS, CDO et leurs variantes) qui sont devenus suspectes, aux yeux des investisseurs, au début et surtout durant l’été 2007, de peur qu’ils ne portent des créances à risque en général et subprimes en particulier21.

C’est le phénomène de « la mutualité des risques » où tout le monde détient une proportion de risque, mais aucun grand établissement n’en porte suffisamment pour le mettre en danger. Par la suite ces crédits titrés sont rachetés par les investisseurs. Afin de compenser la mauvaise qualité des créances sur lesquelles ces derniers sont adossés, ces titres offraient des taux d’intérêt nettement supérieurs au standard du marché. Donc, la titrisation apparaît comme un phénomène pertinent pour la répartition de risque. Cependant, elle a contribué dans la propagation de la crise de subprime au reste du monde et elle conduit à aggraver les doutes des investisseurs internationaux contre les titres de créances hypothécaires appelés RMBS (Residential Mortgage Backed Securities) portant sur l’immobilier d’habitation américaine et contre les paquets de créances diversifiées appelés CDO (Collateralized Debt Obligations). D’où la panique s’est renforcée. Ces CDO sont émis en suivant ces étapes :

Schémas II-3-2 : Processus de création du CDO
Processus de création du CDO

Les mécanismes de la crise des subprimes

Tableaux II-3-1 exposition des banques aux métiers de titrisation et au financement LBO (en % du résultat du groupe, en 2006)
exposition des banques aux métiers de titrisation et au financement LBO

La hausse des taux d’intérêt directeurs de la Réserve fédérale (Fed) a entraîné celle des taux des crédits immobiliers outre-Atlantique. En effet, confrontées à un coût de l’argent plus élevé pour financer leurs besoins, les banques ont répercuté ces conditions plus sévères sur leur clientèle.

Parallèlement, l’assèchement de la demande de biens immobiliers a tiré les prix de ces derniers vers le bas, entraînant du même coup une diminution de “l’effet richesse” des ménages – la valeur de leurs appartements et maisons ayant baissé, leur richesse potentielle s’est en effet amoindrie. La conjonction de ces deux évolutions défavorables a conduit à une hausse des défauts de paiement voire, dans certains cas, des situations d’insolvabilité de foyers. L’impossibilité de rembourser leurs prêts dans laquelle se trouvent ces ménages pèse sur des établissements de crédit spécialisés comme New Century, numéro deux du “subprime” américain confronté à de graves difficultés financières.

2) La transmission par les fonds d’investissement à risque (Hedge Funds)

Les fonds d’investissement ou les Hedge funds (ou fonds d’arbitrage) sont les fonds spéculatifs qui servent à acheter les créances titrisées. Ils sont caractérisés par des rendements élevés par le fait que l’emprunteur paie des taux d’intérêt supérieur que celui offert sur le marché prime. Quand les performances dégradées de la subprime se sont amplifiés, de nombreux déposants ont retiré leurs fonds et des créanciers ont refusé de reconduire leurs crédits. Alors les fonds de certains établissements financiers internationaux n’ont pu faire face et ont fait défaut. Suite à cette situation, certaines banques américaines ont annoncé le gel des actifs de ces fonds monétaires. Mais quelque mois suivant, les fonds ont relancé avec des décotes positives.

Malgré qu’en Europe il n’y ait pas d’équivalent au marché subprime américain, les banques et les organismes de placements européens étaient amplement affectés et ceci est expliqué par le fait que ces banques sont massivement fournis en titres adossés à du subprime auprès des banques américaines.

Lire le mémoire complet ==> (Le système financier international en temps normal et en temps de crise : Quelles réformes ?)
Ecole doctorale management international des entreprises
Mémoire de magistère – Faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestions

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27 Inside Mortgage Finance