La globalisation financière internationale : définition et 3D

By 8 September 2012

La globalisation et l’intégration financière internationale – Section 2 :

I- la globalisation financière : Qu’est-ce que la globalisation financière ?

1. définition :

Les multiples définitions de la globalisation financière5 :

a) Définition de Zygmunt BAUMAN :

« la globalisation traduit non seulement l’extension géographique des échanges, mais également l’extension du domaine de ces échanges. Elle ne concerne plus seulement les marchandises, mais englobe les capitaux, la main d’œuvre, les services, la propriété intellectuelle, les œuvres d’art. »

b) La globalisation financière selon Michel AGLIETTA :

« La globalisation financière est le nom donné à des transformations qui ont affecté les principes de fonctionnement de la finance. Ce sont des transformations très profondes qui associent étroitement la libéralisation des systèmes financiers nationaux et l’intégration internationale. »

c) La globalisation selon Dominique PLIHON :

« la globalisation financière peut être définie comme un processus d’interconnexion des marchés de capitaux au niveau mondial et international, conduisant l’émergence d’un marché unifié de l’argent à l’échelle planétaire »

De ces différentes définitions, on conclut que la globalisation financière est la mise en place d’un marché unifié des capitaux au niveau planétaire ou les entreprises multinationales industrielles et financières peuvent emprunter ou placer des capitaux sans limite où et quand elles le souhaitent, en utilisant tous les instruments financiers existants.

Le système financier international est devenu un méga-marché unique des capitaux, qui se caractérise par une double unité :

– de lieu : les places sont de plus en plus interconnectées grâce aux réseaux modernes de communication ;
– de temps : il fonctionne en continu, 24 h sur 24, successivement sur les places financières d’Extrême-Orient, d’Europe et d’Amérique du Nord. Désormais, celui qui investit (ou emprunte) recherche le meilleur rendement en passant d’un titre a l’autre, ou d’une monnaie a l’autre, ou d’un procédé de couverture a l’autre ( de l’obligation en euro a l’obligation en dollar, de l’action a l’option au futures…) sont devenus les sous ensembles d’un marché financier global, lui-même devenu mondial.

2. la règle des trois D

Le processus de mondialisation financière est fondé sur la règle des trois “D” : désintermédiation, décloisonnement, dérèglementation.

a) Décloisonnement des marchés :

Les différents marchés des capitaux ne sont plus séparés les uns des autres et tous les acteurs peuvent intervenir sur tous les marchés ; c’est en bref l’abolition des frontières entre les marchés séparés, l’ouverture à l’extérieur des marchés nationaux et aussi à l’intérieur de ceux-ci (le SFI est le méga-marché de l’argent). Le réseau est interconnecté et en fonctionnement continu, ce phénomène réfère à plusieurs éléments :
– Sur le plan interne ; peu de distinction entre le long terme et le court terme ; frontière progressivement abolies entre les banques commerciales et les banques d’affaires, entre lieux de services d’assurances et de services bancaires, entre les marchés de change et les marchés financiers,….
– Sur le plan externe : essentiellement, on réfère à l’ouverture de la bourse et du marché des créances de l’état et des grandes firmes aux opérateurs étrangers.

b) La désintermédiation :

Ceci signifie que maintenant les entreprises peuvent satisfaire leurs besoins financiers sans faire appel aux banques, C’est le recours direct des opérateurs internationaux aux marchés financiers (finance directe) sans passer par les intermédiaires financiers et bancaires (finance indirecte) pour effectuer leurs opérations de placement et d’emprunt.

La désintermédiation par titrisation : les capitaux disponibles sont directement orientés par les marchés vers les agents ayant des besoins de financement, les transactions s’effectuent sous la forme de titres allant du très court terme au long terme.

c) La dérèglementation

Visait la suppression progressive des règlements et des contrôles en matière de fixation des prix des services bancaires, de manière à faciliter la circulation internationale du capital, elle s’est accompagnée d’une vague d’innovations financières

3. les conséquences de la mondialisation financière

La mondialisation financière a deux sortes d’effets :

– des effets positifs
– des effets négatifs

a) Avantage et effets positifs de la mondialisation financière

* L’un des avantages attendus de la mondialisation financière c’est la possibilité d’utiliser les capitaux disponibles là où l’on en a besoin. Ainsi, les pays qui peuvent proposer de bons projets d’investissement, mais qui n’ont pas de capitaux nationaux, peuvent quand même lancer ces nouveaux investissements et soutenir leur croissance.

* Cette possibilité de placement au niveau mondial permet du même coup aux détenteurs de capitaux de diversifier leurs risques en plaçant des ressources dans des endroits différents.

* D’une manière générale, la libre circulation des capitaux permet aux pays qui disposent d’un surplus d’épargne de le transférer vers les pays qui en manquent et en ont besoin. Il devrait en résulter plus de croissance et plus d’emploi pour tous …

* La diminution des couts : le cout des transactions diminue car on a de moins en moins recours aux banques, la concurrence entre banques est accrue. Cette concurrence interbancaire et le moindre recours aux financements intermède (finance directe) réduisent le cout de l’accès aux capitaux. De plus, les nouveaux instruments (produits dérivés) procurent une meilleure protection contre les risques.

* Une meilleure allocation de ressource : Le transfert des capitaux s’opère plus aisément entre les pays disposant de ressources de financement (excédents de la balance des transactions courantes) et ceux ayant des besoins de financement (déficits de la balance des transactions courantes).

b) Les effets négatifs de la mondialisation financière

De la mondialisation financière résulte également de nombreux risques :

* La perte d’autonomie des économies nationales : Avec la mondialisation financière, les capitaux circulent librement d’une nation à l’autre. L’importance de ces mouvements soumet les gouvernements à de nombreuses contraintes économiques.

* Quand un montant important arrive dans un marché, la valeur de la monnaie va augmenter. A l’inverse quand un capital sort d’un pays, la valeur de la monnaie diminue. Les gouvernements doivent donc tout mettre en œuvre pour attirer les capitaux en maintenant des taux d’intérêts élevés. Quand la valeur d’une monnaie est menacée les investisseurs se retirent.

* Le gonflement des transactions sur les marchés financiers n’a plus de rapport direct avec le financement de la production et des échanges internationaux. Donc l’écart va accroitre entre l’économie monétaire et l’économie réelle. Cet écart s’appelle la bulle spéculative.

« La mondialisation6 n’est rien d’autre en effet que l’intensification d’un mouvement connu de longue date. Au XIX siècle déjà existait un capitalisme financier international et une interdépendance des conjonctures économique nationales les phénomènes de contagion lors des crises de surproduction sont la pour nous le rappeler, il ne s’agit donc pas pour nous d’être pour ou contre la mondialisation mais de comprendre en quoi son intensification peut éventuellement provoquer un changement de nature »

Lire le mémoire complet ==> (Le système financier international en temps normal et en temps de crise : Quelles réformes ?)
Ecole doctorale management international des entreprises
Mémoire de magistère – Faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestions

_________________________________
5 Economie international, Michel AGLIETTA, édition la découverte, collection repères, paris 1999, P52.
6 Les grandes questions de l’économie internationale ; YVES Crozet, ABDELMALKI Lahcen, DUFOURT Daniel, SANDRETTO René, 2e Edition ; 2001 ; P8.