La crise argentine 2001 et l’éclatement de la bulle internet

By 10 September 2012

IV- La crise argentine 2001

La seconde partie des années 90 seront tragiques pour l’argentine, puisqu’elle désigne la grande crise économique et sociale qui a eu lieu en Argentine entre 1998 et 2002, dont les conséquences se ressentent encore aujourd’hui. Les autorités argentines au début des années 1990 avaient choisi la technique du currency board ou caisse d’émission pour stabiliser une économie marquée par une inflation presque permanente depuis la Seconde guerre mondiale, permettre la convertibilité du peso, bénéficier des investissements étrangers et profiter de la croissance des échanges mondiaux. Ce système très particulier a mal résisté aux mouvements erratiques et violents du marché des changes flottants qui a suivi la crise des pays émergents et a sombré lorsque l’économie mondiale est entrée en récession avec la crise de la bulle Internet au début des années 2000.

Tout comme dans les autres pays, se trouvent au centre du déclenchement de la crise un taux de change fixe devenu progressivement irréaliste et un endettement extérieur insoutenable qu’il s’agisse des emprunts obligatoires du gouvernement, des lignes de crédits interbancaires ou des dettes contractées par les entreprises. La particularité de l’Argentine est le Currency Board, un système monétaire gageant chaque Peso sur un dollar américain. Dans un tel système, la monnaie locale est aussi bonne que la devise étrangère puisque chaque Peso émis par la Banque centrale correspond à un dollar qu’elle détient en réserve.

Formation de la crise : Afin de sortir du marasme économique et de l’hyperinflation, l’Argentine avait opté dès 1991, pour un régime de Currency Board couplé à une libéralisation financière totale afin de voir les capitaux étrangers revenir alimenter l’activité économique. Le système de Currency Board permet de contrôler l’inflation et d’attirer des capitaux étrangers en offrant une garantie contre le risque de change. En outre, ce système retire toute latitude à la politique monétaire; ainsi toute entrée de capitaux entraîne une expansion de la masse monétaire et inversement.

Ces mesures, accompagnées d’un programme de privatisation apportent des recettes supplémentaires à l’Etat, connurent un vrai succès jusqu’en 1996. Malheureusement, les évènements qui suivent infligent au système politique argentin des pressions insoutenables.

Quatre choses externes surviennent successivement : les prix des produits primaires exportés par l’Argentine cessent de monter, la croissance américaine fait que le dollar américain s’apprécie par rapport à l’ensemble des monnaies, le coût du capital emprunté par les économies émergentes s’élève à la suite la crise des pays asiatiques. En plus, le Brésil, le premier partenaire commercial de l’Argentine dévalue le Real en 1999.

Le 12 janvier 2001, le FMI annonce qu’il accepte d’augmenter la ligne de crédit de l’Argentine de 6,7milliards de dollars à 14milliards de dollars. Mais, le rejet du congrès à majorité péroniste du programme budgétaire présenté par le Ministre de l’Economie, M. Lopez va faire disparaître la dernière chance de sauvetage de la crise d’émission.

Mr. De la Rua, fait appel alors à Domingo Cavalho, l’artisan du miracle des années 1990. Il va prendre des mesures hétérodoxes pour relancer la croissance. Ainsi en dépit des règles de Mercosur, il augmente les tarifs douaniers pour protéger l’économie argentine, de son voisin brésilien. Plus grave encore, il annonce le 19 juin 2001 que le Peso est désormais fixé par rapport à deux monnaies, le dollar et l’Euro, ce qui revient à détacher le Peso du dollar. Les investisseurs demandent ainsi une prime de risque élevée pour détenir des obligations argentines, ce qui fait monter les taux argentins à plus de 10%. Ce n’est que le début de l’envolée des Spreads de taux, au-dessus des taux américains correspondant, ce qui aggrave encore la récession.

Les mesures dangereuses de D. Cavalho ne s’arrêtent pas là. Après l’éviction de Pedro Pou, le Gouverneur de la banque centrale a pris des mesures draconiennes. Ainsi, les banques sont désormais contraintes d’échanger les obligations d’Etat qu’elles détiennent et qui rapportent en théorie des taux d’intérêt élevé contre de nouvelles obligations dont le taux est fixé à niveau beaucoup plus faible. Les caisses de retraites étaient également obligées d’acheter prioritairement les obligations d’Etat dont ne veulent plus les banques d’investissements étrangers.

Le FMI a décidé d’accroître le crédit stand-by de l’Argentine de 21,5 milliards de dollars et autorise un tirage immédiat de 6,3milliards de dollars. En décembre 2001, la convertibilité est suspendue, l’Argentine suspend le remboursement de sa dette et le gouvernement doit démissionner. La monnaie est dévaluée quelques semaines plus tard. Comme le suggère Rogoff K., l’économiste en chef de FMI, dans le cas de l’Argentine, le mixage de politique budgétaire, endettement et régime de change ne sont pas soutenable.

Section 3 : Eclatement de la bulle internet et crise financière en 2002

A la fin de l’été 2002, le Nasdaq était au-dessous de 1300 points au début de l’automne il était à un niveau inférieur à 1200 points

Graphique II-2-1 les variations de l’indice boursier Nasdaq entre 1990 et 2002
les variations de l’indice boursier Nasdaq entre 1990 et 2002
Source: Massive Daily NASDAQ Rallies Adam Hamilton May 10, 2002 4153 Words

Et l’indice Dow Jones était largement au-dessous de 8000 points après avoir atteint des sommets au début de l’an 2000 les grands indices boursiers ont ainsi reculé pendant trois années par rapport à leur niveau le plus élevé :
– le Dow Jones avait perdu à la fin 2009 28 ,8%
– le Nasdaq 73,5%
– Le CAC 40 55,7% Et l’Eurostox 50 56,3%

En premier lieu la crise de 2002 correspond a l’éclatement d’une bulle financière elle-même liée aux crises internationales des années 90.

En second lieu, il est clair que la crise financière de 2001 – 2002 n’a pas été déclenchée directement par l’attentat du 11 septembre 2001, mais par la faillite du courtier en énergie, Enron en décembre 2001, et la crise de confiance des marchés boursiers qui en résultat. Tout au long de l’année 2002, d’autre faillites de grandes entreprises américaine seront à déplorer ; Kmart (distribution) en janvier ; NTL (câbles) en mai ; worldcom en juillet.

Lire le mémoire complet ==> (Le système financier international en temps normal et en temps de crise : Quelles réformes ?)
Ecole doctorale management international des entreprises
Mémoire de magistère – Faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestions