L’intégration financière internationale de l’Algérie

By 10 September 2012

Troisième partie
L’Intégration financière internationale et la vulnérabilité d’un pays aux crises
Etude de cas : Algérie, Chine et France

Introduction

Les deux dernières décennies ont connu de vastes mouvements de libéralisation surtout en termes de capitaux internationaux, aussi bien pour les marchés développés que pour les marchés en développement. L’objectif était d’aller vers une plus grande ouverture de marchés financiers nationaux afin de tirer pleinement profit de l’intégration financière internationale expliqué par une meilleure diversification des risques, une réduction du coût de capital et une croissance économique.

En effet le système financier international est caractérisé par un processus de globalisation financière, de libéralisation et de privatisation ce qui nous amène à parler du phénomène d’intégration financière international.

Nous allons essayer donc, dans le premier chapitre, d’étudier le phénomène d’intégration financière internationale dans un premier temps, en se basant essentiellement sur les facteurs qui la déterminent tel que l’ouverture au commerce extérieur, le développement du marché boursier, les flux de capitaux étrangers et l’inflation.

Trois marchés différents ; feront l’objet de notre étude :
1- l’Algérie considéré comme un pays sous développé dont les exportations sont liées essentiellement aux hydrocarbures et dont la bourse est encore très en retard par rapport aux bourses du monde.
2- la chine, en sa qualité de puissance économique naissante et qui a fait ses preuves ces dernières années dans divers domaines et dont le PIB ne cesse d’accroitre d’une année à l’autre.
3- la France, un pays développé de la zone euro.

Puis, nous allons traiter l’impact de la crise des subprimes d’octobre 2008 sur chacun de ces pays pour mettre en lumière la relation entre l’intégration financière internationale et la vulnérabilité d’un pays aux crises.

Quant au deuxième chapitre, il traitera la stabilisation du système financier international à travers notamment quelques résolutions de sortie de crise.

Chapitre 1: cas de l’Algérie
Section 1 : L’intégration de l’Algérie au système financier international
1- ouverture de l’Algérie au commerce extérieur

Il n’est pas facile d’entrer en relations d’affaires avec l’Algérie, notamment lorsqu’il s’agit du commerce extérieur car Le pays est classé à la 112e place en matière de facilitation du commerce extérieur sur une liste comportant 121 pays. Seulement cinq pays africains font pires que l’Algérie en matière de complication des procédures : Burundi, Nigeria, Zimbabwe, Côte d’Ivoire, Tchad.

Avec cette maigre performance, l’administration de l’OMC va mettre du temps avant qu’elle ne donne son feu vert pour que l’Algérie intègre cette organisation mondiale.

Le rapport du Forum économique mondial comporte, en effet, une série de contributions d’experts et d’acteurs des échanges internationaux qui examinent différents aspects liés à l’encouragement du commerce. Cette année, une importance particulière a été accordée aux formalités douanières, l’un des thèmes-clés des négociations de Doha sur la facilitation du commerce, L’on constate que l’Algérie impose beaucoup de barrières tarifaires, que ce soit pour les produits agricoles ou autres.

Aussi, l’Algérie n’est pas dotée d’infrastructures de transport et de télécommunications fortement développées pour assurer un transit rapide vers la destination finale, La faiblesse du classement de l’Algérie est due au manque de réformes structurelles pendant les deux décennies précédentes.

a. Importations en Algérie : Les modalités d’importation demeurent toujours floues notamment en ce qui concerne la lenteur des délais ainsi que le nombre toujours croissant de documents nécessaires pour accomplir cette formalité à quoi s’ajoute une explosion des coûts.

Ceci dit, l’Algérie, importe une large gamme de produits :
* Biens d’équipement industriel : 3,34 milliards de dollars (véhicules de tourisme, véhicules de transport de marchandises, équipement de téléphonie…).
* Produits alimentaires : 1,88 milliards de dollars (sucre, blé, lait en poudre, huiles…)
* Demi-produits : 1,7 milliards de dollars (biens destinés à l’outil de production)
* Médicaments : 1,2 milliard de dollars
* Bien de consommation non-alimentaire : 0,83 milliard de dollars (statistiques de 2006).

Graphique III-1- 1 : évolution des importations de l’Algérie
évolution des importations de l’Algérie

b. exportations en Algérie

L’exportation n’est pas mieux lotie car les opérateurs souffrent des mêmes maux (délai, procédures, documents).

Graphique III-1-2 : exportation en Algérie
exportation en Algérie

A travers ce graph on remarque que l’Algérie n’exporte quasiment que des hydrocarbures ; ses exportations hors hydrocarbures représentent une part d’environ 2 % du total, correspondant à environ 1 milliard de dollars. Le pétrole et le gaz étant des produits spécifiques et hautement stratégique leur commerce a ses propres règles, de sorte que les efforts de l’Algérie en matière d’accroissement de ses exportations et de diversification de ses clients, ne portent que sur le petit milliard d’exportations hors hydrocarbures (sur lequel une bonne part est tenue par des dérivés du pétrole, d’ailleurs).

Le manque de transparence des taxes est aussi un mal dont souffre le commerce extérieur car celles-ci changent tout le temps tout comme leurs modalités de paiement.

Il n’y a pas eu de modernisation de l’économie ce qui a empêché l’amélioration de l’environnement des affaires et la mise en place de conditions idoines pour intégrer l’Algérie dans l’économie de marché.

2. Développement du marché boursier algérien

Pour ce qui est de la Bourse d’Alger, le bilan en chiffres fait ressortir que le marché des actions en Algérie n’a enregistré aucune nouvelle émission d’actions en 2009. Le compartiment action de la Bourse d’Alger comporte seulement les deux titres El Aurassi et le groupe Saidal, après le retrait Eriad-Setif en 2007. Le volume des ordres (achats et ventes) présentés sur le compartiment actions pour l’année 2009 est de 748.828 ordres, contre 1,45 million d’ordres en 2008, avec un volume transigé de près de 14 millions dinars en 2009, contre 21,4 millions de dinars en 2008. Concernant le marché des obligations, la Cosob a délivré, en 2009, deux visas sur deux notices d’information portant sur un montant de 31 milliards de dinars, contre trois visas en 2008 portant sur une émission d’obligations de 44,3 milliards de dinars. La Bourse d’Alger comprend également 7 intermédiaires en opérations de Bourse. Il s’agit de Stratégica Finance BNA, BADR, BDL, Cnep Banque, BEA et CPA. Les IOB, qui représentent les six banques publiques (BNA, BEA, CPA, BDL, BADR et CNEP), lesquels ont pour tâche de négocier les titres boursiers (actions et obligations). Les valeurs hors-Trésor admises aux négociations sur la Bourse d’Alger sont au nombre de cinq : deux titres en actions (El Aurassi et Saidal) et trois titres obligataires (Sonelgaz, Algérie Télécom et Air Algérie). Quant aux Obligations assimilables du Trésor (OAT), elles sont cotées à la Bourse d’Alger depuis février 2008.

Cependant l’Algérie veut intégrer le système financier mondial28 en respectant les normes internationales ; elle vient de lancer un nouveau système de « service crédit garantie clientèle » qui entend participer activement a la restructuration et au développement de ce secteur stratégique pour le développement de l’économie nationale, le transfert de technologie pourrait ainsi contribuer a la mise a niveau des banque et des institution financières en leurs permettant de mieux gérer les millions de dossiers de comptes des clients en temps réel et à des coûts financiers moindres en faisant d’énormes gains en terme de temps et de traitement.

3. Flux des capitaux étranger

Graphique III-1- 3: Flux d’IDE en Algérie, en millions de dollars
Flux d’IDE en Algérie, en millions de dollars

La loi sur la monnaie et le crédit (LMC) est promulguée en 1990 et le Code des investissements en 1993, mais ce n’est qu’avec l’ordonnance d’août 2001 (modifiée et complétée en 2006) que le pays parachève son ouverture. C’est pourquoi les IDE sont insignifiants avant l’année 2006, mais c’est un fait que même après les investissements se stabilisent autour du milliard de dollars dont la part du lion va au secteur des hydrocarbures.

La situation sécuritaire est un élément fortement dissuasif à l’attraction des investissements étrangers (selon le forum économique mondial, l’efficacité des services de sécurité n’est pas trop visible : 62e place) car elle est en relation avec la tranquillité recherchée par les investisseurs étrangers qui préfèrent investir dans les pays voisins tels que le Maroc et la Tunisie.

La majorité des IDE en Algérie en 200929 ont été consacrés au secteur des hydrocarbures selon le dernier rapport du réseau Anima.

L’Algérie dont le tour de vis « nationaliste » qui s’est exprimé par l’obligation légale pour un investisseur étranger de s’associer à un partenaire majoritaire pour tout projet dans le pays a probablement eu un effet dissuasif sur les IDE hors hydrocarbures. Les auteurs du rapport n’hésitent pas d’ailleurs à mettre en exergue la détérioration du climat des affaires déjà déplorée par le Rapport « Doing Business 2010 » de la Banque mondiale. Mais l’image peu attractive de l’Algérie en tant que terre d’accueil des IDE n’a pas eu, au contraire semble-t-il, de conséquences sur les projets étrangers dans le secteur pétrolier et gazier. L’évolution des IDE en 2009 est significative, les annonces d’investissements en Algérie passent de 1,5 à près de 2,5 milliards d’euros. Le rapport de l’AIN cite l’ANDI qui enregistrait une hausse de 40% au cours des 9 premiers mois de 2009. Signe du renforcement du caractère rentier de l’économie algérienne, ces résultats sont à mettre au crédit du secteur de l’énergie en Algérie, qui représente à lui seul 9 des 10 plus gros projets de 2009. A cette aune, la diversification de la production nationale reste un vœu pieux. Le retour à des niveaux d’investissements compatibles avec des objectifs de développement en ligne avec le potentiel et la démographie algérienne n’est pas encore perceptible.

4- le taux d’inflation

Le taux d’inflation locale : selon Adler et Dunes (1983), Cooper et Kaplanis (1994) et Lewis (1999), plus les taux d’inflation sont élevés, moins les investisseurs investissent internationalement, ce qui explique le lien négatif entre l’inflation et l’intégration financière internationale.

Graphique III-1-4 évolution des taux d’inflation en Algérie
évolution des taux d’inflation en Algérie
Source : chiffres tirés de l’ONS

D’après ces facteurs d’intégration on conclu que l’Algérie n’est pas encore intégrée au système financier international car l’économie algérienne n’est pas assez ouverte au commerce extérieur, ce qui se traduit par le manque d’IDE causé par le manque de confiance des investisseurs étrangers en plus on remarque que le marché boursier n’est pas développé. L’existence de deux titres seulement affaiblie l’attraction des investisseurs étrangers, et elle se caractérise par un total détachement vis-à-vis des marchés financiers mondiaux. Il n’y a point d’investissement en portefeuille étranger, en plus des taux d’inflation élevé qui ne favorise pas l’investissement étranger

Lire le mémoire complet ==> (Le système financier international en temps normal et en temps de crise : Quelles réformes ?)
Ecole doctorale management international des entreprises
Mémoire de magistère – Faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestions

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28 Article ecrit par Amar Aouimer, midi libre, quotidien national d’information edition du 27-06-2010
29 Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com, D’après le Quotidien d’Oran, mardi 25 mai 2010.