Définition, cause et déclenchement de la crise des subprimes

By 10 September 2012

Crise des subprimes octobre 2008 – Chapitre 3 :

Le système financier mondial a traversé en 2007 et en 2008 une crise d’une ampleur sans précédent. Cette crise a été évolutive : elle a successivement atteint différents marchés, différents acteurs, différents pays avant de se muer en une crise économique, c’est-à-dire une crise touchant l’économie réelle. En effet, les interactions entre le secteur financier et l’économie réelle tendent à se renforcer mutuellement via notamment le canal du capital bancaire.

La faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 marque un tournant dans la crise financière apparue pendant l’été 2007 aux États-Unis. Comment expliquer un tel effondrement du système financier mondial ?

Section 1 : Définition et cause et déclenchement de la crise des «subprimes »

I- définition de la crise des subprimes :

La crise des subprimes est une crise financière et boursière mondiale, déclenchée en 2006 par un krach des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis les subprimes, révélée au monde en février 2007, puis transformée en crise financière mondiale à partir de l’été 2007, le système financier international traverse une des plus graves crises depuis 1929. Le premier signal en est lancé le 17 juillet par un établissement financier américain, Bear Stearns, qui annonce alors la forte perte de valeur de ses fonds du fait des subprimes. Toutefois, l’évènement majeur de cette crise qui la fait basculer en crise systémique est la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers, le 14 septembre 2008. Cela illustre la fragilité d’un système financier internationalisé, où l’effet de contagion est fort.

II- Les causes du déclenchement de la crise des subprimes

De diverses causes sont à l’origine du déclenchement de la crise des subprimes.
– À l’échelle nationale qui sont propres aux Etats-Unis,
– À l’échelle internationale résultant de l’impact de la conjoncture économique mondiale.

1. L’impact du contexte mondial

Afin de répondre aux chocs successifs de 1998 à 2003 et d’éviter des éventuelles récessions, les banques centrales mondiales avaient baissé longuement et fortement les taux d’intérêt.

Néanmoins, en 2003, une nouvelle phase de croissance est venue, il y a plus des problèmes de liquidité en conséquence de la croissance de l’activité des établissements financiers et surtout par l’enrichissement général (hausse de prix de pétrole, hausse des prix des matières premières, l’excédent des réserves chinois et autre pays émergents). Cette hausse des prix des matières premières et surtout la croissance de la chine ainsi que la prévision de tout risque inflationniste ont poussé les banques centrales à augmenter leurs taux d’intérêt à savoir l’Angleterre en 2003 puis aux USA en 2004 et enfin en Europe en 2005 et dans autres pays.

Contre toute prévision, la remonte des taux d’intérêt n’a pas entrainé une réduction de liquidité et en plus les marchés obligataires sont restés stables. En effet, l’importance du stock de liquidité a qualifié l’action des banques centrales d’inefficacité. Cette stabilité des rendements obligataires a permis de financer sans cesse des opérations qui appariaient nouvelles telle que les crédits à la consommation et surtout les crédits immobiliers des ménages, financement de rachat des entreprises par des fonds d’investissement et le financement des fonds spéculatifs, etc. En fin, de nombreux investisseurs ont recherché des rémunérations supérieures. Ils ont accepté de financer des opérations de plus en plus risquées comme par exemple les « Subprime Mortgage »

2. Les causes internes et propres aux USA

Au début de l’année 2007, plusieurs signes ont indiqué que le marché résidentiel américain est en train de se trouver de plus en plus hors de portée. En fait, tout commence sur le marché américain des prêts immobiliers dits « subprime » au début de l’année 2007. Notons que le système dépend obligatoirement de deux conditions pour assurer sa pérennité : d’une part, les taux d’intérêt doivent être relativement stables et d’autre part, l’immobilier doit être régulièrement apprécie.

Or, entre 2004 et 2006, les taux d’emprunt ont été augmentés par la Fédérale Réserves de 1% à 5,25%. Et cela s’est accompagné d’une baisse des prix de l’immobilier de 20% juste les 18 derniers mois précédent la crise, en raison d’une contraction de la demande, diminuant ainsi l’effet richesse des ménages. Ces éventuelles événements ont rendu la plus part des emprunteurs (environ 15%) incapables de rembourser leurs emprunts puisque les populations le plus fragiles ne peuvent plus assumer l’énorme charge de la dette qui a déclenché les turbulences actuelles des marchés. Donc, elles font défaut et leur bien hypothéqué par les organismes créanciers est vendu, ce qui amène à accélérer encore la baisse des prix immobiliers.

Le graphique, dans la page suivante, indique l’évolution rapide du taux de défaut des subprimes pendant les deux dernières années.

Graphique II-3-1: Evolution du taux de défaut
Evolution du taux de défaut
Source: FOF, Mortgage banking Association of America

Ce phénomène de défaut de paiement en masse a mis en danger les établissements de crédit. En effet, suite à la dépréciation du marché immobilier américaine, la valeur des maisons est devenue inférieure à la valeur du crédit qui a été garantis. Ainsi, ces établissement de crédits, qui désirent récupérer leurs mises en vendant les habitations hypothéquées, se retrouvés paralysés puisque vendre ces biens ne suffisait plus à couvrir leurs pertes.

Mais que s’est-il passé exactement ?26

Lire le mémoire complet ==> (Le système financier international en temps normal et en temps de crise : Quelles réformes ?)
Ecole doctorale management international des entreprises
Mémoire de magistère – Faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestions

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26 BANQUE DE FRANCE • DOCUMENTS ET DÉBATS • N° 3 • JANVIER 2010