L’impact et les conséquence de la crise des subprimes en France

By 11 September 2012

Impact de la crise des subprimes sur la France – Section2 :

En France les conséquences de la crise des subprime américain a été concrète et visible entreprise, commerce, vie quotidienne, pouvoir d’achat.

La France subit de plein fouet l’impact de la crise avec l’entrée de la France dans la récession.

La crise des subprimes a eu des répercussions négatives dans de nombreux domaine : la consommation des ménage souffre de la baisse des pouvoir d’achat, l’investissement des ménages essentiellement en logement à reculer de 2,5% sur l’ensemble de l’année 2009, La dégradation du marché de travail ayant pris le relais de la hausse des prix pétroliers et alimentaires

1. Commerce international et production industrielle

À la mi-octobre 2008, le Baltic Dry Index qui permet d’évaluer l’activité maritime a baissé de 50% en une semaine alors que le resserrement du crédit rendait plus difficile l’obtention de lettres de crédit par les exportateurs.

En février 2009, The Economist annonçait que la crise financière avait conduit à une crise de la production industrielle. Les plus fortes baisses d’activité se situant dans les pays tournés vers l’exportation.

Quelques analystes soutiennent même que nous serions entrés dans une période de démondialisation et de protectionnisme après des années d’intégration économique croissante.

L’année 2009 a été marquée par la crise et une contraction sans précédent du commerce mondial, se traduisant par une baisse de la demande mondiale adressée à la France du même ordre de grandeur. Aussi, les échanges extérieurs de la France n’ont pas été épargnés tel que montré dans le graphique ci-dessous : Graphique III-3-3 : évolution trimestrielle et déficit commercial.

(milliards d’euros)
douanes francaises
Source : douanes francaises

D’après de le graphique ci-dessus, 2008 avait plutôt bien commencé mais la tendance s’est totalement retournée à l’été 2008 avec une dégradation remarquable du commerce extérieur.

En 2009, le déficit commercial s’est nettement réduit pour s’établir à 43 milliards d’euros après 55,4 milliards d’euros en 2008. Ce recul résulte principalement de la baisse de la facture énergétique, en lien avec la baisse du prix du pétrole par rapport à l’année dernière.

GRAPHIQUE III-3-4 : Contribution des différents secteurs à l’évolution du solde commercial hors énergie entre 2007 et 2008
Contribution des différents secteurs à l’évolution du solde commercial hors énergie entre 2007 et 2008
Source : DOUANE FRANCAISES

Les mauvais résultats du secteur automobile français, particulièrement sinistré, ont contribué à la dégradation du solde du commerce extérieur (plus de 12 milliards d’euros d’excédent en 2004 contre environ 3 milliards d’euros de déficit en 2008).

En revanche, il est intéressant de noter que, hors énergie et hors automobile, le reste des exportations françaises s’est plutôt bien comporté en 2008 notamment les biens d’équipement (grâce par exemple à l’activité d’Airbus…).

2. Impact sur le marché automobile

Après un ralentissement durant l’été 2008, le marché automobile français est à son tour touché par la crise, accusant une chute de plus de 7% en octobre 2008. Les constructeurs annoncent alors des réductions de production et la mise en place de chômage partiel. Les ventes de voitures particulières neuves reculent pour les deux groupes français. De manière plus prononcée chez Renault que chez PSA Peugeot Citroën, selon les chiffres publiés par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) (http://www.lexpress.fr/actualite/economie/le-marche-automobile-francais-rattrape-par-la-crise_674767.html) (04/11/2008).

3. Impact sur le Marchés financiers

a- Impact sur le marché boursier : CAC 40 :

Le choix du CAC 40 n’est pas fortuit car il est l’indice vedette de PARIS et donne une vue d’ensemble sur l’évolution de la bourse.

Le CAC 40 a subit un effondrement de ses cotations à partir du deuxième semestre de 2007 en creusant des pertes de près de 5000 points à fin 2008.

GRAPHIQUE III-3-5: évolution de l’indice boursier CAC 40, depuis le déclenchement de la crise financière.
évolution de l’indice boursier CAC 40, depuis le déclenchement de la crise financière
Source : www.boursier.com

b- impact sur les banques :

Les banques françaises sont plus solides aujourd’hui que les institutions américaines, car elles s’assoient sur un modèle de banques universelles (sont la plupart du temps banques d’investissement et banques de détail). De ce fait, elles subissent moins les effets de la crise de liquidité sur le marché interbancaire (leurs dépôts leur assurent une certaine autonomie).

Toutefois, certaines d’entre elles n’ont pas échappé à la secousse, c’est le cas du crédit agricole et de la société générale et de NATIXIS ayant subit des pertes au total de 14 milliards d’euros (voire graphique ci-dessous).

Graphique III-3-6 : impact de la crise financière sur les banques françaises.
impact de la crise financière sur les banques françaises
Source : Fédération Bancaire de France

Contrairement aux banques citées, la BNPP a tiré son épingle du jeu. Elle a même fait de belles affaires. Cette institution a réussi un coup de maître en rachetant les activités belges, luxembourgeoises et internationales de la banque belge Fortis pour 14,7 milliards d’euros. Elle met ainsi la main sur 1.100 agences et 3 millions de clients. Cette belle opération vient, de toute évidence, rassurer les épargnants et actionnaires de ses filiales en France et à l’international.

Un fort engagement des pouvoirs publics pour sauver les banques et par là le système financier. Cet engagement s’est traduit par une aide directe des États aux banques par voie de recapitalisation et de garanties apportées pour certains actifs et enfin baisse des taux d’intérêts des banques centrales (celles-ci bien que non directement liés à l’État de nos jours sont quand même la propriété de tous et ont pour mission de protéger le bien commun).

4- Impact sur les IDE

La France a vu ses investissements directs étrangers (IDE) entrants reculer de 15% en 2009, tandis que les IDE sortants se sont repliés de 11%.

Les secteurs d’activité sont touchés différemment. Par exemple, l’édition de logiciels connait une baisse de 18 % du nombre de projets et une chute de 47 % des créations d’emplois. Alors que les projets des investisseurs étrangers dans les énergies renouvelables ont augmenté de 16 %.

5- Impact sur l’inflation

L’analyse du graphique ci-dessous fait ressortir que sur l’année 2008 l’inflation aura été atypique. Elle a suivi l’envolée du prix du pétrole qui a frôlé les 150 dollars mi-2008 puis ensuite chute sur le deuxième semestre. La baisse générale des prix des matières premières, suite au ralentissement de la demande mondiale avec la crise financière, a encore accentué la baisse de l’inflation. La baisse s’est poursuivie pour atteindre une déflation de 0,7% et remonter par la suite jusqu’à 1,50% d’inflation au mois de septembre 2010.

GRAPHIQUE III-3-7 : inflation en France (2005-2010)
inflation en France (2005-2010)
Source : www.France-inflation.com

En 2008 l’inflation moyenne s’établit à 2.8%41 avec de fortes fluctuations tout au long de l’année alors qu’en 2009 l’inflation moyenne était de 0,1%42. Certaines familles de produits ont assez fortement augmenté en 2008:
Les produits alimentaires + 5.1%
L’énergie pour le chauffage domestique + 9.6% Les carburants + 12.1%

L’économie française au été affectée à plusieurs canaux de transmissions. L’impact négatif sera principalement visible sur les exportations qui ont fléchi en fin 2008 pour faire creuser encore davantage les déficits des réserves de change. Le secteur de la production a aussi subit un net recul surtout celle de l’automobile qui a vu plusieurs emplois supprimés. L’inflation a atteint un pic au milieu de 2008, témoin de la hausse des prix de l’énergie. La bourse de paris a reculé de plusieurs points. Les banques qui ont subit des pertes pour certaines et une aubaine pour d’autres (exemple de BNPP), bien que soutenues par l’Etat sont toujours soucieuses de la qualité de l’emprunteur ce qui les amène à réduire le degré de leur implication dans le financement de l’économie.

Lire le mémoire complet ==> (Le système financier international en temps normal et en temps de crise : Quelles réformes ?)
Ecole doctorale management international des entreprises
Mémoire de magistère – Faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestions
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41 INSEE (Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques)
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