Rôle de l’innovation dans la croissance économique

By 2 August 2012

Rôle de l’innovation dans la croissance économique – Section 4 :

Comment distinguer ce qui est une innovation significative de ce qui n’est qu’une simple évolution? Il s’agit certes d’une question de vocabulaire mais aussi d’une dimension essentielle de l’analyse de l’effet de l’innovation sur l’économie. Il serait donc intéressant de présenter le concept de l’innovation majeure et mineure ainsi que la notion de «destruction créatrice ».

Cette classification alternative des innovations selon leur nature plus ou moins radicale au regard des changements qu’elles provoquent, semble donner une idée relativement plus claire quand à leur compact ou les compétences de la firme.

4- 1- Innovation majeure:

On appose ‘innovation radicale, de rupture ou majeure et l’innovation incrémentale, progressive ou mineure. Cette innovation implique généralement le recours à des compétences nouvelles, surtout lorsqu’elle fait appel à une technologie maîtresse ou générique susceptible d’affecter l’organisation du travail et la productivité dans un grand nombre d’activité. Elle est à l’origine des changements progressifs et nombreux qui orientent la firme et l’industrie au sein d’une “trajectoire technologique”.

Dans le domaine de la motorisation automobile, le moteur à piston rotatif, le moteur à deux temps à injection ou encore le moteur électrique représentent tous des innovations de rupture introduisant des standards nouveaux en matière de silence (rotatif, moteur électrique), de légèreté (deux temps) ou de consommation d’énergie (deux temps et surtout moteur électrique).

En autre, la découverte des ondes et de l’ordinateur constituent deux autres innovations majeures: la première a permis de développer les industries de traitement de l’information.

Le degré de “radicalité” de ces innovations majeures et le degré de généricité de la technologie qu’elle implique vont conditionner le champ d’épanouissement potentiel des innovations futures: l’espace du changement peut être sectoriel ou peut affecter l’ensemble de l’économie.

4- 2- Innovation mineure:

Cette innovation entraîne une amélioration progressive des références (qu’il s’agisse des prestations ou des outils) et n’exige pas des savoir faire nouveaux. L’amélioration progressive des performances et du rendement des moteurs classiques d’automobile en est un exemple: l’évolution s’est faite très progressivement sans remettre en cause la conception fondamentale du moteur ni exiger de compétences radicalement nouvelles.

Par ailleurs, l’innovation mineure constitue un des changements progressifs et nombreux découlant de l’innovation majeure, qui permet d’améliorer et de transformer la technologie maîtresse afin de l’adapter aux spécificités des secteurs et marchés concernés par son application.

Le flux des innovations mineures permet d’une part d’actualiser la trajectoire technologique à travers la diffusion de l’innovation initiale et d’autre part de révéler les potentialités économiques et commerciales d’une innovation majeure.

En revanche, il existe, à chaque instant, des entreprises qui créent des emplois tandis que d’autres en suppriment, des secteurs qui se développent alors que d’autres se contractent. C’est cette dimension du processus évolutif que Schumpeter a qualifié de “destruction créatrice”. C’est aussi cette même dimension qui met en question le concept du cycle long lui- même.

4- 3- Le concept de “destruction créatrice” :

Ce concept est introduit par Schumpeter (1942). Le processus de destruction se produit lorsque la maîtrise des nouveaux éléments dicte une acquisition des connaissances exploitées jusqu’alors. Si les innovations radicales sont sources de destruction, elles sont également à l’origine de la création d’autres compétences. C’est précisément pour cette dernière raison que l’innovation se présente aux entreprises sous la tonne d’un dilemme. Et une forte turbulence est souvent associée aux marchés à forte intensité radicale.

En effet, il est absolument nécessaire d’innover, afin de renouveler les gammes des produits arrivés en fin de cycle. Cette politique d’innovation permet aussi de restaurer les marges, dans la mesure où un produit réellement innovant ne souffrira pendant un certain laps de temps en tout cas d’aucune concurrence directe. La “prime d’innovation” peut être importante, on constate ainsi sur des nombreux marchés que la firme pionnière garde une part de marché plus importante.

Cependant, on peut comprendre une certaine réticence à innover, dans la mesure où l’innovation est très chère et très risquée. En effet, les coûts de recherche et de développement, les coûts de conception et les coûts de lancement d’un nouveau produit ou procédé sont très élevés. En 1996, les dépenses de R&D des entreprises ont dépassées les 300 milliards de dollars dans la zone OCDE.

Les grandes entreprises manufacturières et de services comme Ford, Siemens, IBM et Microsoft y consacrent chaque année des milliards de dollars. Et pourtant, les dépenses de R&D ne représentent qu’une part du coût total de l’innovation. Dans l’industrie manufacturière, cette part est comprise entre le tiers et la moitié des dépenses d’innovation.

Pour rendre l’innovation opérationnelle, d’importants investissements supplémentaires sont nécessaires en matière de formation, d’équipement, de licences, de marketing et de réorganisation.

Parallèlement, le taux d’échec des nouveaux produits est très élevé. Les firmes peuvent donc être tentées de laisser le rôle d’innovateur à leurs concurrents et d’avoir une politique d’imitation.

Lire le mémoire complet ==> (Gestion des connaissances et Innovation)
Projet de fin d’études
Institut des Hautes Etudes Commerciales – Carthage