Innovation Source d’avantage compétitif et objectif de croissance

By 2 August 2012

L’Innovation source d’avantage compétitif et objectif de croissance – Troisième chapitre :

Introduction

A l’heure actuelle, il n’est plus possible de dissocier entreprise et innovation, tant il est vrai que le sort de l’une et de l’autre se tiennent en étroite indépendance : L’entreprise donne sa légitimité à l’innovation qui lui assure en retour une amélioration de sa performance.

En effet les deux dernières décennies témoignent le rôle croissant que joue l’innovation dans le développement et la survie des entreprises. Les activités de recherche et développement de l’innovation sont considérées comme l’un des déterminants les plus importants de la compétitivité de la firme.

Etant donné les nouvelles perspectives stratégiques, nous sommes conscients que l’innovation est devenue une variable importante tant pour les pays que pour les entreprises lorsqu’il s’agit non seulement de créer mais aussi de maintenir un avantage concurrentiel. C’est pour cette raison qu’elle doit être développée dans tous les domaines aussi bien au niveau interne qu’externe.

Ainsi, il n’y a pas lieu de s’interroger uniquement sur les motivations des entreprises mais aussi sur leurs aptitudes et compétences à innover.

Dans ce cas de figure, plusieurs travaux théoriques et empiriques se sont intéressés aux liens entre compétences de la firme et innovation donna nt naissance, ainsi, à une nouvelle approche de l’entreprise fondée sur les compétences.

Dans le chapitre suivant, nous allons cerner – à partir d’un exposé sur l’innovation – l’importance de la stratégie du savoir dans la croissance de l’entreprise et ce en mettant l’accent sur le rôle joué par les connaissances organisationnelles et l’importance de la créativité et la motivation dans la discipline d’innovation.

Ce chapitre commence par un essai de définition de l’innovation et de classification des différentes formes d’innovation. Dans un second temps, nous allons étudier le rôle joué par l’innovation dans la croissance des entreprises et de l’économie en général.

Par la suite, on va examiner les compétences à innover et on va démontrer que l’inno vation ne s’appuie pas seulement sur des compétences individuelles des hommes, mais aussi sur des compétences organisationnelles résultantes de collaboration, de synergies et convergence.

Dans un dernier temps, nous allons procéder à l’étude de la mesure de l’innovation. En faite, l’innovation doit être mesurée pour saisir la réaction du marché vis-à-vis des firmes innovatrices.

Section 1 : Définition de l’innovation :

L’innovation, phénomène qui rassemble autant d’éléments matériels qu’immatériels, est un facteur essentiel de développement de la firme et partant de la richesse des nations.

Dans son sens le plus large, innovation peut désigner tout changement introduit sciemment dans l’économie par un agent quelconque et ayant pour but et résultat une utilisation plus efficiente ou plus satisfaisante des ressources.

D’ après tes travaux théoriques et les analyses empiriques l’innovation est souvent définie par l’introduction sur le marché d’une nouvelle technologie offrant aux consommateurs des services objectivement nouveaux ou améliorés.

C’est pourtant, dans un sens plus proche de celui là que le terme est apparu en premier lieu dans la littérature économique par l’œuvre de l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950), qui distinguait cinq cas d’innovation :
– La fabrication d’un nouveau produit.
– L’introduction d’une méthode de production nouvelle.
– La réalisation d’une nouvelle organisation.
– L’ouverture d’un débouché nouveau-
– La conquête d’une nouvelle source de matière ou de produit semi-ouvré,

Pour cet auteur, le trait commun de ces changements très disparates est qu’il s’agit de “l’exécution de combinaisons nouvelles” qualitativement importantes et introduites par des chefs d’entreprises dynamiques :”les entrepreneurs”. Leur résultat est de provoquer et de soutenir l’évolution économique.

Ces nouvelles combinaisons peuvent se présenter soit sous forme d’un nouveau produit ou d’une nouvelle procédure de production c’est-à-dire d’un nouveau procédé.

Section 2 : Typologie de l’innovation :

L’innovation est un phénomène qui présente un caractère interdisciplinaire et multidisciplinaire qui s’accentue de plus en plus et qui permet de mettre l’accent sur le caractère multidimensionnel de cette notion.

On distingue deux types d’innovation : innovation de produit et innovation de procédé.

2- 1- L’innovation de produit :

L’innovation de produit concerne la définition même du produit. Elle s’intéresse à toutes les caractéristiques du produit visant en général l’amélioration des prestations offertes aux clients. Ce type d’innovation donne à l’entreprise qui l’introduit une situation de monopole temporaire, génératrice de superprofits. Elle peut donc retenir pour elle-même durant un certain temps les progrès de productivité.

A travers la diffusion de ses progrès, la firme innovatrice tente de s’octroyer une meilleure position concurrentielle et cherche à la préserver en consacrant une part de ses profits à la recherche et développement (R&D) dans le but de mettre, sur le marché une nouvelle génération de produit en cas d’imitation.

2- 2- L’innovation de procédé :

L’innovation de procédé s’inscrit dans une préoccupation d’efficience et de maîtrise des coûts. Ce type d’innovation, moins visible par les consommateurs et les concurrents, permet à la firme d’occuper une position compétitive favorable par l’adoption d’une innovation visant à améliorer la productivité, assurer l’efficience de tout le système, améliorer la qualité et réduire les délais de production.

Certaines innovations de procédé peuvent être assimilées à des innovations de produit en apportant une amélioration notable des performances du produit. Inversement, certaines innovations de produit peuvent être comparées à des innovations des procédés dans la mesure ou elles apportent principalement une réduction des coûts à la fabrication.

Ainsi, la répartition physique des constituants d’un micro-ordinateur (unité centrale, clavier, écran) constitue à la fois innovation de produit (le client peut avoir une machine sur mesure) et une innovation de procédé (la phase d’assemblage est supprimée).

Certaines entreprises consacrent l’essentiel de leur effort à l’innovation de procédé dans la mesure où l’innovation produit implique une incertitude technique et commerciale alors que celle de procédé n’implique qu’une incertitude technique lorsqu’elle est utilisée exclusivement dans la firme.

Si ces deux types d’innovation sont à dominantes technologiques, il est à remarquer que certaines innovations sont à dominantes commerciale ou organisationnelle.

Ainsi, après avoir définir l’innovation et présenter ses différents types, on va mettre l’accent dans ce qui suit sur son rôle joué aussi bien dans la croissance de la firme que de l’économie en général.

Section 3 : Rôle de l’innovation dans la croissance de la firme

Au premier siècle. Michel Chevalier écrivait :”dans une situation actuelle de la société, innover est au nombre des premiers besoins de peuple”, on pourrait ajouter “au nombre des premiers besoins des entreprises”, car ces dernières ont le choix entre subir ou anticiper le changement technologique, c’est-à-dire entre un déclin probable et l’expansion du fait qu’innover est devenu indispensable et vital pour l’entreprise. L’innovation n’est pas donc panacée mais une obligation.

Dans ce sens. Schumpeter a développé avant la seconde guerre mondiale (1912), deux conceptions séduisantes, celles de l’entrepreneur et des occasions d’innover qui lui sont offertes afin de développer la croissance de sa firme.

3- 1- La notion d’entrepreneur :

L’entrepreneur innovateur est une personne “dont le rôle consiste à réformer ou révolutionner la routine de production, en exploitant une invention ou plus généralement une possibilité technique inédite”. (Schumpeter : théorie de l’évolution économique. Paris (1932).

L’entrepreneur est alors le personnage qui assume personnellement les risques de l’innovation. C’est une sorte d’aventurier doué des qualités exceptionnelles qui viennent briser la routine ambiante, qui apporte un regard neuf sur l’ancienne manière de faire des industriels, il n’est pas nécessairement industriel lui- même au départ, pas plus qu’un savant, ingénieur, inventeur ou capitaliste. Peu importe, l’entrepreneur selon Schumpeter ne se définit pas par une classe sociale ou une formation, mais par des aptitudes.

3- 2- Les occasions d’innover :

La question qui se pose à ce niveau est : quelles innovations introduire et à quel rythme ? Le problème paraît complexe mais on peut dire que toute innovation résulte de la saisie par l’entreprise d’une occasion d’innover, ou plus exactement d’investir dans l’innovation car une innovation de quelque importance réclame, en général des dépenses de capital. Une occasion sera définie comme la survenance d’un événement ou d’une situation qui provoque la décision et dont l’opportunité était auparavant floue ou nouvelle.

Schématiquement, les occasions qui se présentent à la firme peuvent être regroupées selon un double critère de lieu (occasions internes et externes) et de nature (occasions économiques ou techniques) dont la combinaison engendre quatre catégories :

 Les occasions internes : sont celles qui naissent au sein même de l’entreprise du fait des modifications de son potentiel en ressources productives et inventives dont la taille et la structure évoluent avec la croissance. On distingue :

Les occasions internes économiques : lorsque la présence d’hommes, de stocks, d’équipements… mal utilisés incite l’entreprise à des actions nouvelles pour permettre un emploi plus rationnel de ces facteurs.
Lire le mémoire complet ==> (Gestion des connaissances et Innovation)
Projet de fin d’études
Institut des Hautes Etudes Commerciales – Carthage