Réalités locales prédisposent aux activités du tourisme sportif

By 15 July 2012

1.1.5 Les réalités locales prédisposent aux activités du tourisme sportif

La recherche appréhende l’espace géographique des Alpes-Maritimes dans son activité touristique. Selon Dominique Giard, si « on pourrait croire, à première vue, que tout territoire montagnard Français est propice à la pratique des sports de pleine nature. C’est à peut prés vrais pour la randonnée pédestre, cela ne l’est plus dès que l’on s’intéresse à des activités techniquement qui nécessitent des supports aux caractéristiques sélectives (rocher de qualité, profils et débit de cours d’eau adaptés,…). Même le vtt nécessite des parcours vallonnés mais sans trop de portage, des sentiers et chemins avec le moins possible de routes revêtues» (Giard, 1997, page 50). Ce que l’on distingue dans l’espace azuréen c’est sa diversité géographique, ses caractéristiques climatiques et sa grande richesse culturelle qui en font la première région touristique nationale après la région parisienne.

Administrativement, le département azuréen compte neuf circonscriptions depuis 1970 où l’on distingue 163 communes. Présentant deux îles de dimensions modestes, situées à proximité de la ville de Cannes dont elles dépendent administrativement, le littoral s’étire dans sa globalité sur 60 kilomètres, entre la commune de Théoule, localisée à l’ouest du département, et la ville de Menton, située sur la frontière Italienne bornant l’est du département. D’une superficie de 4299 kilomètres carrés, le département des Alpes-Maritimes reste de dimension modeste. À l’opposé de sa notoriété festive et balnéaire, c’est essentiellement un département forestier inhabité (40 % de sa superficie est couvert de forêts). De profondes vallées accueillent plus de 120 kilomètres de rivières surplombées par l’imposant massif alpin (7 sommets dépassent l’altitude de 3000 mètres). Le littoral, économiquement actif, est très densément peuplé.

Ces réalités géographiques conditionnent très favorablement le développement des pratiques de tourisme sportif comme la randonnée pédestre, les activités du cyclisme, le ski, l’équitation, les activités d’eau vive, les sports d’escalade et le golf. Mais c’est principalement à son historicité patrimoniale et à la clémence de son climat que le département doit sa notoriété. Si une clientèle aisée fréquente la Côte d’Azur (CRT, 2001) dès la fin du XVIII° siècle, ce site résiste au changement de mode et de saison. Elle rassemble aujourd’hui la plus forte densité de touristes de toutes les côtes françaises et représente toujours la deuxième zone d’accueil en France derrière Paris et l’Ile de France. En termes de fréquentation, la destination Provence Alpes Côte d’Azur est la deuxième région touristique à l’échelon mondial.

Au plan local, quatre stations dominent l’essentiel de l’activité touristique:
– La ville de Nice, 5° ville de France est la métropole de la Côte d’Azur, avec une population d’environ 500 000 habitants et fait figure de capitale touristique du littoral azuréen avec l’accueil de plus de 5 millions de touristes par an. Par comparaison, la ville accueille la même quantité de visiteurs que celle qui visite l’ensemble de la province du Québec, dont la superficie représente trois fois celle de la France. Elle joue également un rôle de plate-forme des transports régionaux avec le deuxième aéroport de France, par qui transitent plus de 10 millions de passagers par an.

– La luxueuse commune de Cannes doit son nom à un noble Anglais, Lord Brougham. Dépourvue d’activités industrielles et entourée de villages pittoresques, Cannes et ses 70 000 habitants se tourne entièrement vers le tourisme et plus spécialement vers la clientèle fortunée qui se compose pour moitié de visiteurs d’origine nord américaine. À l’image du festival du film, son renom est assuré par les manifestations de notoriété mondiale qui s’y déroulent.

– Dans la même logique, la principauté de Monaco représente pour les visiteurs le paradis du luxe et du jeu. C’est un état souverain de 27 000 habitants qui s’étend sur une surface de moins de 2 kilomètres carrés avec une hôtellerie luxueuse, des casinos florissants, des installations portuaires qui deviennent conséquentes et de nombreuses attractions festives dont le grand prix automobile de Formule Un sur lequel l’investigation de terrain revient par la suite (Fédération Nationale de l’Aviation Marchande, 2001).

– Enfin, la ville frontalière de Menton est la station la plus abritée de la côte, comme le soulignent les citronniers et les orangers qui participent à sa notoriété. Elle rassemble un peu moins de 30 000 habitants et sa notoriété grandissante vis-à-vis des clients trans-frontaliers en fait une commune azuréenne à la culture franco-italienne.

Globalement, l’actualité économique du secteur du tourisme, en provenance de l’ensemble des professionnels de la Côte d’Azur, est satisfaisante en dépit des effets redoutés des attentats du 11 septembre 2001. Depuis quelques années, la fréquentation se qualifie souvent d’exceptionnelle sur la Côte d’Azur. En effet, le département accueille plus de 11 millions de visiteurs fréquentant la région, dont 50 % sont de provenance internationale (CRT, 2001). La Côte d’Azur se classe régulièrement dans les toutes premières destinations touristiques de notre planète et la croissance annuelle de cette fréquentation dépasse parfois 5 %.

Un élément important, favorable à la pratique sportive, concerne la durée des séjours qui augmente pour atteindre une durée moyenne de 9 nuits par touriste. Elle provoque un taux moyen d’occupation annuel pour l’ensemble de l’hôtellerie littorale approchant 60 %. La répartition des touristes visitant la Côte d’Azur, en fonction de leurs origines géographiques, classe logiquement la France comme premier pays de provenance avec 50 % des visiteurs. Suivent les visiteurs en provenance de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Italie et des USA devant la Scandinavie, l’Espagne, la Belgique et la Suisse. Dans les autres provenances de clientèles, on souligne une progression des visiteurs Sud-Américain et Russes. Sur l’ensemble de ces visiteurs, plus de 80 % de la clientèle de l’hôtellerie de luxe est de provenance internationale.

Localement, une mutation de l’offre dans la régression du parc hôtelier témoigne d’une certaine évolution de la demande des touristes. Cette évolution n’entraîne que peu de conséquences pour le tourisme sportif (CCINCA, 2001). On dénombre sur la côte d’azur un parc approchant les 1 000 hôtels, représentant une offre d’hébergement de 32 000 chambres. Les évolutions de l’environnement économique ont provoqué quelque 140 fermetures d’établissements dans les trois dernières années, soit une baisse de 2 750 chambres classées. Dans la même période 24 hôtels classés ont été créés ou rouverts et le nombre de résidences de tourisme a doublé depuis la fin des années 80. La grande majorité de ces résidences sont classées en 3 étoiles. Actuellement, 115 résidences totalisent une offre d’hébergement de 40 000 lits dont la moitié de ces établissements se situent sur le littoral ouest des Alpes-Maritimes (Antibes-Cannes).

Les principales causes d’évolution de l’offre touristique citées dans les rapports du Ministère du Tourisme sont « le ralentissement économique du développement du secteur, l’évolution des exigences des clientèles vers davantage de confort et de service, l’accroissement de la concurrence et une plus stricte application des labels et des normes de qualité » (Origet du Cluzeau. & Viceriat, 2002, page 2). Par extrapolation, on peut avancer que ces tendances devront logiquement se retrouver dans la clientèle du secteur du tourisme sportif. Des exigences s’imposent aux professionnels : Recherche de confort dans les prestations, exigence de labels de qualification des acteurs, recherche de normes d’hygiène et de sécurité pour les pratiques, appropriation des technologies de l’information et de la communication et optimisation commerciale des activités. Ce contexte constitue une incitation décisive à une modernisation de l’offre sportive et à l’initiative de ses acteurs. Il apparaît prépondérant de développer des stratégies d’adaptation de l’offre et des produits en poursuivant des démarches de valorisation.

Dans le domaine sportif, les structures cherchent à se rapprocher des attentes des clientèles et les conséquences pour les organisations en sont le formatage de leurs produits dans la perspective d’une distribution plus efficace et plus large. Plus que jamais, les prestataires sportifs doivent travailler en partenariat et en réseau, face à l’augmentation continue des exigences de la demande et de la pression de la concurrence. C’est au niveau de l’organisation et des stratégies individuelles que tout semble se jouer.

Face à ce type d’analyse, menée à partir de l’actualité économique du secteur touristique, des conséquences deviennent prévisibles pour les offres qui ne respectent pas les exigences de conformité avec les promesses données aux clients : Le respect de l’environnement, le respect de la sensibilité à l’éthique, la qualité, l’intégration renforcée de services et des technologies dans les prestations, la mise en scène et en spectacle d’une identité renforcée des lieux, des ambiances et des produits (OMT, 2002). Elles engagent à explorer plus avant les tendances présentes dans le secteur du tourisme pour mieux cerner l’actualité conjoncturelle du contexte de recherche. Les préoccupations s’orientent sur les relations existantes entre la conjoncture du tourisme, les conséquences sur les activités du tourisme sportif et les mutations adaptatives des organisations.

Le tourisme sportif en quête d’identité
La construction identitaire dans les organisations de tourisme sportif, entre idéologies sportives et matérialité professionnelle marchande
Thèse de doctorat de 3° cycle – Sciences de l’Information et de la Communication
Université de Nice Sophia-Antipolis