Organisation communique entre rationalité et réalité sociale

By 19 July 2012

2.5.3 L’organisation communique entre rationalité et réalité sociale

À l’évidence, il existe une certaine dépendance de la productivité à la cohésion sociale de l’organisation. C’est désormais par l’équilibre entre ces deux dimensions que les entreprises construisent leur communication. L’une est dictée par les contraintes socio-économiques, l’autre par les préoccupations sociales internes à l’organisme. Les conséquences pour les décideurs, c’est principalement un constat que les attentes et les motivations des individus au travail se composent d’exigences pécuniaires mais également de préoccupations sociales. Une fois comblés les besoins physiologiques fondamentaux correspondant au salaire, les besoins supérieurs d’estime et de réalisation du potentiel personnel doivent également être satisfait dans le travail.

Les expériences portant sur la hiérarchie des besoins des individus incitent le management des organisations à enrichir les tâches de travail (Maslow, 1972). Cependant, ces besoins sociaux existent, mais ne sont pas absolus et changent (Drucker, 1976). Lorsque le besoin économique est satisfait chez un employé, c’est-à-dire qu’il relègue son besoin de gagner sa vie au deuxième plan, il devient de moins en moins satisfait. La rétribution voit son rôle positif de motivation diminuer. Les employés les plus anciens et percevant la meilleure rémunération sont généralement les moins satisfaits par la rémunération qu’ils perçoivent. En retour, ils s’intéressent d’avantage à la vie sociale de l’entreprise dans laquelle ils entretiennent un tissu relationnel dense.

La rétribution économique cesse de devenir motrice pour devenir hygiénique. Si on ne s’en occupe pas de façon appropriée, c’est-à-dire si cette rétribution soulève une insatisfaction persistante, elle devient une force de dissuasion (Herzberg, 1968). Les besoins et les aspirations des individus semblent conditionnées par le système philosophique dans lequel chacun vit, ce qui amène les entreprises à développer le concept du « job enrichment », un enrichissement des tâches de travail qui intègre certains facteurs sociaux dans la motivation au travail.

Dorénavant, la gestion des organisations se transforme en une méthodologie pour résoudre les problèmes humains. Ils apparaissent parmi ceux qui travaillent ensemble et quel que soit leur niveau hiérarchique. Cette méthodologie se centre sur la communication managériale qui englobe la gestion du travail et le comportement social au sein de l’organisation (Blake & Mouton, 1977). Les managers se forment à la dynamique de groupe et pour mieux surmonter les difficultés communicationnelles qu’ils rencontrent au quotidien. La technique réside dans une mise en lumière des difficultés relationnelles que l’on cherchera à régler par la coopération des acteurs.

Le management, cherche toujours à communiquer des règles organisationnelles et se focalise sur la formalisation de ces relations entre les individus. L’entreprise évolue entre une tendance à la standardisation du travail, régie par une raison organisationnelle de normalisation de la qualité du travail et une recherche de cohésion sociale par la prise en compte et la valorisation des aspects identitaires du personnel de l’entreprise.

Préoccupés par les évolutions économiques et les revendications sociales, les managers tentent d’appréhender l’entreprise dans sa multi dimension économique et sociale, en référence au concept systémique. Ils recourent, depuis la fin des 30 glorieuses, à une gestion plus globale à l’image des phénomènes conjoncturels qui exercent des influences structurelles et sociales sur leurs organisations.

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