Formalisation des pratiques de GRH et Variables de contrôle

By 18 July 2012

3.2. Présentation des données– résultats descriptifs

Nous présentons maintenant les résultats à l’égard des pratiques de GRH étudiées. À titre de rappel, l’enquête porte sur sept pratiques de GRH: structure et planification, évaluation de rendement, formation, dotation, participation, rémunération puis conditions de travail. Ces pratiques ont été sélectionnées en fonction de la littérature et en fonction des objectifs de la présente recherche.

Par contre, puisque notre mémoire ne se concentre que sur une partie de ce portrait qui est la formalisation des pratiques de GRH, nous ne reprenons ici que les résultats à l’égard de cette dimension4. Les résultats qui nous intéressent ici ne sont donc que ceux qui nous permettent de nous prononcer sur le degré de formalisation des pratiques de GRH.

3.2.1. Formalisation des pratiques de GRH

Dans notre étude, la formalisation agit à titre de variable indépendante. Pour estimer cette variable, nous avons utilisé dix indicateurs. Tous ont été mesurés de manière dichotomique (oui=présence ou non=absence). Nous avons sélectionné ces indicateurs en nous inspirant notamment du tableau présenté dans le cadre méthodologique et des études de Hornsby et Kuratko (1990); Wagar (1998) ainsi que Nguyen et Bryant (2004).

Le tableau 3.11 résume les résultats pour cette variable. Nous notons la présence de pratiques formelles en GRH chez plusieurs organisations de notre échantillon. Ce constat nous permet de poursuivre notre analyse sur l’existence de relation entre la formalisation et la participation des employés, tel que proposé dans notre seconde hypothèse.

Une fois ces données collectées, nous avons créé une échelle de mesure de type intervalles, en additionnant l’ensemble des valeurs positives obtenues. Ainsi, nous avons obtenu une échelle de formalisation allant de 0 à 10. La moyenne, la médiane, l’écart -type et le nombre de répondants associés à cette échelle sont affichés dans le Tableau 3.12.

Tableau 3.11 : Formalisation des pratiques de GRH

Pratiques Oui Non N
Plan stratégique pour l’organisation 59 45 104
Plan stratégique en GRH 44 58 102
Évaluation de rendement 69 29 98
Formation 75 11 86
Descriptions d’emploi 91 8 99
Politiques formelles pour le recrutement 61 38 99
Rémunération 71 27 98
Échelle salariale 74 25 99
Politiques formelles (employés) 85 14 102
Politiques formelles (bénévoles) 19 33 52*

Nous expliquons le nombre élevé de réponses manquantes pour les politiques formelles (bénévoles) par le fait qu’une proportion élevée d’entreprises dans notre échantillon ne fait pas appel à des bénévoles.

Tableau 3.12 Échelle de formalisation

Moyenne Médiane Écart-type N
Échelle de formalisation 6,23 6,50 2,40 104
3.2.2. Participation des employés

La seconde variable à l’étude est la participation des employés. Celle-ci constitue la variable dépendante. Elle a été mesurée sous forme d’échelle de type intervalles, allant de 0 à 5 (Tableau 3.13).

Tableau 3.13 Degré de participation

Sujets de décision Degré de participation Médiane Écart-type N

Méthodes de travail 4,06 4,00 0,93 98
Rythme du travail 3,71 4,00 1,04 97
Coordination du travail 3,56 4,00 0,98 96
Construction des équipes de travail 3,55 4,00 1,16 95
Activités de formation 3,90 4,00 1,09 97
Dotation 2,85 3,00 1,24 94
Financement 2,36 2,00 1,19 96
Plan stratégique 3,20 3,00 1,36 95

Nous pouvons également illustrer ces scores sous forme de schéma, afin de faciliter la compréhension (Figure 3.1).
Formalisation des pratiques de GRH et Variables de contrôle
Globalement, ces résultats nous démontrent un haut niveau de participation chez les entreprises de notre échantillon.

3.2.3. Tableau de corrélation entre la variable dépendante et indépendante

Avant de procéder aux régressions, nous avons fait l’étude de corrélations entre notre variable indépendante et les huit indicateurs représentant la participation des employés (Tableau 3.14). Nous retenons ici un niveau de confiance de 95%, soit un seuil de signification de 5%.

Tableau 3.14 : Tableau de corrélation entre la variable dépendante et indépendante

Variables 1 2 3 4 5 6 7 8 9
1-Échelle de 1,00
formalisation
2-Méthodes de 0,087 1,00
travail
3-Rythme de

travail

0,069 0,630

**

1,00
4-Coordination 0,129 0,565 0,651 1,00
du travail ** **
5-Construction

des équipes de

0,280

**

0,492

**

0,568

**

0,614

**

1,00
travail
6-Activités de 0,273 0,471 0,443 0,555 0,514 1,00
formation ** ** ** ** **
7-Dotation 0,053 0,353

**

0,397

**

0,458

**

0,441

**

0,441

**

1,00
8-Financement 0,301 0,380 0,386 0,399 0,351 0,557 1,00
0,047 ** ** ** ** ** **
9-Plan 0,063 0,495 0,462 0,553 0,468 0,503 0,584 0,577 1,00
stratégique ** ** ** ** ** ** **

* = seuil de signification p ≤ 0,05
** = seuil de signification p ≤ 0,01
*** = seuil de signification p ≤ 0,001

Les relations considérées comme significatives seront celles qui auront une valeur p ≤ 0,05. Le tableau 3.14 nous démontre que les huit indicateurs de participation des employés sont corrélés entre eux. Ces relations s’avèrent positives, c’est-à-dire que les indicateurs ont tendance à aller dans la même direction. Par exemple, nous pourrions dire que plus la participation des employés à l’égard du rythme de travail croît, plus la participation à l’égard des méthodes de travail tend à croître. Par ailleurs, les résultats nous dévoilent une relation significative entre l’échelle de formalisation et la participation des employés à l’égard de la construction des équipes de travail et des activités de formation. Contrairement à ce que nous avions posé comme seconde hypothèse, ces deux relations sont positives, c’est-à-dire que plus les scores sur l’échelle de formalisation sont élevés, plus les scores sur l’échelle de participation à l’égard des deux indicateurs donnés sont aussi élevés.

3.2.4. Variables de contrôle

Pour ce qui est des variables de contrôle de l’étude, nous avons fourni les statistiques descriptives en début de chapitre dans la section sur le portrait de l’échantillon. À titre de rappel, nous retenons cinq variables de contrôle à l’égard des organisations : secteur d’activité, taille, année de fondation, revenus, présence de syndicat. Ces variables de contrôle ont été sélectionnées en fonction de la littérature scientifique. Nous avons vu que certains auteurs ont découvert une relation entre certaines variables de la formalisation et de la participation. C’est pourquoi nous les avons inclus ici dans nos analyses statistiques.

3.2.4.1. Variables de contrôle et la formalisation des pratiques de GRH

Puisque dans notre modèle de régression, nous supposons que ces variables risquent d’avoir une influence sur notre variable dépendante, nous avons vérifié la présence de multicolinéarité parfaite entre ces variables et la variable indépendante. L’une des conditions sous-jacentes au modèle de régression est que les variables incluses à titre de variables explicatives ne soient pas en corrélation parfaite. Si un tel cas survenait, les estimations des coefficients deviendraient indéterminées, car une seule variable suffirait pour expliquer la variance de la variable dépendante (Lind et al., 2007).

Nous avons procédé à des tests de corrélation entre l’échelle de formalisation et les va riables de contrôle. La corrélation est applicable aux variables continues et sur les variables dichotomiques. Dans le dernier cas, il s’agit en fait de corrélation bisériale, mais le coefficient de Pearson obtenu avec SPSS par défaut correspond au coefficient de corrélation bisériale (Lussier, 2005).

Le tableau 3.15 résume les résultats obtenus pour les corrélations. Il démontre plus précisément une relation positive entre la formalisation et la taille de l’organisation, la formalisation avec les revenus puis la formalisation et le fait d’appartenir ou non à un CPE. Plus la formalisation augmente, plus la taille et les revenus de l’organisation tendent également à augmenter et plus il est probable que l’organisation soit un CPE.

Tableau 3.15 : Tableau de corrélation entre la formalisation et les variables de contrôle

Variables 1 2 3 4 5 6
1-Échelle de 1,00
formalisation
2-Taille de

l’organisation

0,268

**

1,00
3-Année de 0,123 0,236 1,00
fondation *
(âge de
l’organisation)
4-Revenus 0,265 0,482 0,258 1,00
** ** **
5- Présence syndicale 0,050 0,222

*

0,240

*

0,200

*

1,00
6- CPE ou non 0,246 0,55 0,143 0,156 0,280 1,00
* *

* = seuil de signification p ≤ 0,05
** = seuil de signification p ≤ 0,01
*** = seuil de signification p ≤ 0,001

Ces relations ne risquent cependant pas d’affecter grandement l’incidence sur la variable dépendante dans les modèles de régression ultérieurs. Ces variables peuvent être conservées à titre de variables explicatives car elles n’affichent pas une multicolinéarité élevée. D’après les conventions statistiques, une multicolinéarité élevée est celle qui aurait un coefficient de corrélation de plus de 0,8 (Lind et al., 2007). Nous inclurons donc ces variables dans les régressions, mais nous demeurerons prudents quant à leur interprétation.

Par ailleurs, les résultats révèlent des relations significatives entre nos variables de contrôle. Entre autres, nous notons une corrélation positive entre la taille de l’organisation, l’année de fondation, les revenus et la présence syndicale. Ainsi, plus la taille de l’organisation augmente, plus l’organisation tend à être âgée, plus les revenus tendent à être élevées et plus il y a de chance de que les employés soient syndiqués. Il faut cependant demeurer vigilant dans ces interprétations car la corrélation ne nous informe pas de la causalité. De plus, il semble que la présence syndicale soit reliée au fait d’appartenir à un CPE ou non. Encore une fois, il faut cependant savoir que les corrélations n’affichent pas des coefficients très élevés. Conformément aux recommandations de Lind et de ses collaborateurs (2007), nous conserverons donc l’ensemble de ces variables dans notre modèle de régression pour vérifier leur influence sur la variable dépendante.

3.2.4.2. Variables de contrôle et la participation des employés

Préliminairement aux tests de régression, nous avons également vérifié l’existence de relations entre les mêmes variables de contrôle et les huit indicateurs de notre variable dépendante. Les relations ici découvertes peuvent nous donner une première idée de ce qu’il est probable de trouver comme résultat dans les régressions. Le tableau 3.16 présente ces résultats; à la verticale se trouvent les indicateurs de la participation et à l’horizontale, les cinq variables de contrôle à l’étude.

Les résultats nous montrent la présence de relations significatives entre le fait d’appartenir ou non à un CPE et la participation des employés à l’égard des activités de formation, du financement et du plan stratégique. La première relation est positive tandis que les autres sont négatives. Il semble donc que les CPE soient portés à une plus grande participation à l’égard de la formation et une participation moindre pour les sujets de financement et du plan stratégique comparativement aux non CPE. De plus, nous observons une corrélation négative entre les revenus et la participation des employés pour les décisions concernant le financement. Ainsi, il semble que plus le revenu de l’organisation augmente, plus la participation des employés pour le financement diminue.

Si on se fie à ces résultats, il serait donc probable d’observer un effet de ces variables de contrôle sur la participation des employés dans les modèles de régression.

Tableau 3.16 Tableau de corrélation entre les indicateurs de participation et les variables de contrôle

Variables Taille de

l’organisa-

Année de

fondation

Revenus Présence

syndicale

CPE ou non
tion (âge de
l’organisation)
Méthodes de travail 0,073 0,139 0,021 -0,015 0,056
Rythme du travail -0,066 -0,012 -0,104 -0,101 0,031
Coordination du travail -0,102 -0,032 0,034 -0,111 0,054
Construction des

équipes de travail

Activités de

-0,008

-0,056

0,089

0,009

-0,052

0,102

0,107

0,015

0,172

0,236*

formation
Dotation -0,069 0,030 0,000 0,017 -0,003
Financement -0,075 0,152 -0,246* 0,010 -0,213*
Plan stratégique -0,166 0,143 -0,139 -0,003 -0,205*

* = seuil de signification p ≤ 0,05
** = seuil de signification p ≤ 0,01
*** = seuil de signification p ≤ 0,001

Lire le mémoire complet ==> (Formalisation des pratiques de GRH dans les entreprises d’éco sociale)
Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en administration des affaires
Université Du Québec À Montréal
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4 Pour connaître l’ensemble des résultats du projet de recherche sur le portrait général de la GRH, consultez le cahier de recherche du CRISES : Les pratiques de GRH dans les entreprises d’économie sociale (2009).