Emotions et émoticons, Psychothérapeutes sur Internet

By 3 July 2012

Chapitre 6 : Emotions et émoticons

Nous avons trouvé peu de références aux émoticons dans les recherches concernant les activités psychothérapeutiques pratiquées sur Internet, nous trouvons néanmoins qu’ils sont importants et qu’ils sont également une aide potentielle. Comme nous l’avons vu précédemment, nous ne disposons pas du langage corporel lors d’une communication par Internet (à l’exception des cas, très minoritaires, où la vidéo conférence est utilisée). Nous ne pouvons donc pas visuellement identifier les émotions exprimées par l’autre personne. Lors d’un face à face classique, il est déjà parfois difficile pour certains patients d’exprimer leurs émotions verbalement, le langage corporel est, dans ces cas encore plus que dans les autres, un précieux indice pour le thérapeute. A l’origine, la communication par Internet était constituée à 100% de symboles ASCII. Il n’y avait donc pas d’images. Très vite, les utilisateurs ont appris à combiner différents symboles pour en créer de nouveaux représentant les émotions. Voici une table reprenant les émoticônes les plus courants (ceux-ci sont intuitivement compris par la majorité des utilisateurs d’Internet).

Icône sens Icône sens
:-) sourire :-( tristesse
:-D grand sourire :-P tirer  la langue
:-O surprise :-/ incertain
:'( pleurs ;-) clin d’œil

Pendant de longues années, ces symboles ont été employés par de nombreux utilisateurs. Actuellement, et depuis l’arrivée d’ICQ et de MSN, les smileys (images ou dessins représentant les émotions) ont tendance à les remplacer de plus en plus. L’émoticône : – ) devient donc, par exemple, . Ces émoticônes, et actuellement surtout les smileys, sont régulièrement utilisés par certaines personnes. Néanmoins, d’autres ne semblent pas les utiliser de manière régulière, surtout les utilisateurs débutants qui n’ont pas l’habitude d’Internet ou des programmes de chat. Il nous semble y avoir ici une possibilité intéressante pour le clinicien. Même si ces symboles sont assez réducteurs et sans nuances, ils permettent de ponctuer les interactions d’un dialogue, permettant ainsi à l’autre de se faire une idée plus précise de la tonalité émotionnelle ressentie lors de l’envoi d’une phrase. Nous n’avons pas trouvé d’informations cliniques sur ce sujet, néanmoins nous pensons qu’il pourrait être intéressant d’informer le client que l’utilisation de ces symboles pourrait améliorer la compréhension lors des échanges. Il en va de même pour le thérapeute qui devrait, selon nous, faire usage de ces symboles pour ponctuer le dialogue. Pour donner un simple exemple de l’utilité de ceux-ci, considérons la phrase suivante : « quelle bonne journée, je ne me suis jamais senti aussi bien ». Imaginons un instant que cette phrase est envoyée au thérapeute au début du premier entretien. Si le thérapeute ne connait pas encore le client, il n’a aucun moyen, si le contexte ne le permet pas, de savoir si cette phrase est sincère ou ironique. Considérons maintenant l’ajout d’un smiley : « quelle bonne journée, je ne me suis jamais senti aussi bien  ». Le smiley présent en fin de phrase nous permet directement de supposer que cette phrase est ironique et pas à prendre au sens réel. Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres et nous pensons vraiment que l’usage régulier de ces symboles permet d’enrichir fortement le dialogue.

Conclusions

Tout au cours de cette partie théorique, nous avons tenté d’explorer au mieux les spécificités des entretiens de soutien psychologique par Internet. Nous pensons avoir réussi à rassembler toutes les recherches importantes disponibles dans la littérature actuelle. Nous pensons que tout praticien ayant connaissance des qualités psychologiques de base de ce mode de communication, ainsi que des implications des effet de désinhibition, du concept de présence ou encore de la possible régression observée sur Internet, possèdera les bases à une bonne compréhension de sa pratique. Notre réflexion sur les émoticônes lui serait également un atout et notre synthèse des idées et opinions actuelles sur la déontologie ainsi que la proposition de code de conduite complèteront ses connaissances sur les bases de cette nouvelle approche. Nous pensons avoir réussi à réaliser un travail théorique qui couvre les grands points du sujet et pourrait servir de guide au professionnel.

Lire le mémoire complet ==> (Les entretiens de soutien psychologique par Internet)
Mémoire de fin d’études – Haute Ecole Léonard De Vinci
Institut Libre Marie Haps – Département de psychologie clinique

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American Standard Code for Information Interchange : tous les symboles présents sur notre clavier proviennent de cette liste de symboles.

ICQ et MSN (Microsoft Messenger) sont deux programmes de discussion répandus