Économie sociale : Définitions de l’économie sociale

By 14 July 2012

Économie sociale : Définitions de l’économie sociale

Chapitre I : Cadre conceptuel
Dans le présent chapitre, nous faisons la recension des écrits scientifiques reliés aux principaux concepts de l’étude, soit l’économie sociale, la gestion des ressources humaines (GRH) ainsi que la participation des employés. Pour chacun de ces concepts, nous présentons les définitions les plus marquantes de la littérature et quelques théories sous-jacentes. Afin de parfaire notre compréhension, nous exposons également un bref historique de chacun de ces concepts. L’ensemble du travail réalisé dans ce chapitre nous mènera à dégager les hypothèses sur lesquelles nous nous attardons dans cette recherche.

1.1. Économie sociale
Comme signalée en introduction, l’économie sociale est en essor depuis quelques années au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde. Elle est aujourd’hui une pourvoyeuse non négligeable d’emplois, mais aussi de biens et de services sur le marché. Dans les pages qui suivent, nous dressons les principales définitions de l’économie sociale et terminons en présentant celle que nous retenons pour l’objet de cette étude.

1.1.1. Définitions de l’économie sociale
Malgré le foisonnement des études sur le sujet, un débat conceptuel semble demeurer. Encore aujourd’hui, on ne peut dire qu’il y a totalement consensus sur ce qui constitue l’économie sociale; il existe diverses définitions. La définition retenue actuellement au Québec s’est construite autour de quatre grandes approches théoriques. Voici un aperçu de la perspective de chacune.

1.1.1.1. Desroche : Approche basée sur les composantes
Desroche (1983) est l’un des pionniers en la matière. Au cours des années 80, ce dernier a défini l’économie sociale en se fondant sur trois composantes fondamentales, soit les statuts juridiques coopératif, mutualiste et associatif à but non lucratif. À cela, Desroche (1983) a ajouté des composantes dites incertaines, soit communale (entreprise publique avec une certaine autonomie de gestion), communautaire (partenariat entre association et instances régionales), paritaire (syndicat comme principal responsable) et participative (entreprise privée avec participation), pour souligner justement les diverses subtilités des entreprises d’économie sociale. Ces variantes apportent une valeur dans la mesure où elles nous permettent de mieux comprendre les articulations entre l’État, le syndicat et le marché au sein du même secteur.

1.1.1.2. Defourny : Approche basée sur les valeurs
Ensuite, viennent Defourny et Monzon Campos (1992) qui s’appuient davantage sur une approche de valeurs pour définir le secteur :
L’économie sociale se compose d’activités économiques exercées par des sociétés, principalement des coopératives, des mutualités et des associations dont l’éthique se traduit par les quatre principes suivants : finalité de service aux membres ou à la collectivité plutôt que de profit; autonomie de gestion; processus de décision démocratique; primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des revenus (p.229).

1.1.1.3. Laville : Approche basée sur l’économie solidaire
Laville (1994), quant à lui, emploie davantage le terme « économie solidaire » plutôt qu’économie sociale. Il caractérise ce champ d’études par le fait de « mener en commun un projet d’activités économiques qui contribuent à la fois à la production d’appartenance sociale et à la création de statuts par des emplois » (Laville, 1994, 119). Dans ses études sur les services de proximité, notamment les services de garde et l’aide domestique, il décrit les services offerts par des caractéristiques semblables à celles de Defourny et Monzon Campos (1992), soit leur caractère socialement utile, démocratique et l’implication des usagers. Par contre, il ajoute deux autres aspects: la construction conjointe de l’offre et la demande ainsi que l’hybridation de l’économie marchande, non marchande (redistribution de l’État) et non monétaire (don, bénévolat).

1.1.1.4. Vienney : Approche basée sur les acteurs, les activités et les règles
Enfin, Vienney (1994) insiste sur une approche multidimensionnelle pour comprendre l’économie sociale. D’une part, il tient compte des statuts juridiques, comme l’a fait Desroche (1983), ainsi que de l’efficacité économique par la production de biens et de services. D’autre part, il aborde la dimension sociologique, en spécifiant qu’il n’est pas rare que les organisations d’économie sociale, par la cohésion sociale et la solidarité, reprennent des activités délaissées par d’autres entreprises (privées ou publiques).

1.1.1.5. Définition retenue pour l’étude
Dans le cadre de notre recherche, nous emploierons la définition la plus populaire au Québec, soit celle retenue par le Chantier de l’économie sociale. Cette définition a été approuvée par le Conseil des ministres ainsi que les partenaires impliqués au Sommet sur l’économie et sur l’emploi en 1996.

L’économie sociale se réfère à :
L’ensemble des activités et organismes, issus de l’entrepreneuriat collectif, qui s’ordonnent autour des principes suivants : la finalité de services à la collectivité plutôt que la création de profits, l’autonomie de gestion par rapport à l’État, la force du processus démocratique, la primauté des personnes et du travail sur le capital ainsi que l’importance de la participation, la prise en charge et la responsabilité individuelle et collective.

Ainsi, l’économie sociale regroupe les mouvements autant coopératifs qu’associatifs (ces derniers incluant les organisations à but non lucratif). Notons que cette définition ressemble grandement à l’approche basée sur les valeurs, proposée plus tôt par Defourny et Monzon Campos (1992), en insistant davantage sur la valeur de la participation.

Lire le mémoire complet ==> (Formalisation des pratiques de GRH dans les entreprises d’éco sociale)
Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en administration des affaires
Université Du Québec À Montréal