Accroissement de la rentabilité financière des investissements

By 5 July 2012

2. Accroissement de la rentabilité financière des investissements : rentabilité des projets MDP

2.1 Présentation du Mécanisme de Développement Propre (MDP)

Le Mécanisme de développement propre (MDP) tel que décrit dans l’article 12 du Protocole de Kyoto (voir en annexe) et élaboré par les Accords de Marrakech, repose sur la réalisation de projet qui permettent à des entités des secteurs public et privé d’investir dans les activités qui réduisent les émissions des gaz à effet de serre dans les pays en voie de développement, et d’acquérir en retour, des crédits carbone. Ces crédits peuvent ensuite être utilisés par les entreprises pour réduire leurs propres émissions ou vendues sur le marché carbone européen et mondial qui se mettra en œuvre à partir de 2008.

Ainsi, non seulement les projets MDP (au même titre que ceux issus de la Mise en Œuvre Conjointe ou MOC) contribuent à la réduction des émissions de GES, mais ils participent également à la promotion d’investissements dans des nouveaux procédés plus performants favorisant un accroissement de la compétitivité et l’émergence de nouvelles activités centrées sur la promotion du développement propre. Notons à cet effet que l’accent mis sur ces nouvelles activités constitue un des axes principaux du modèle de croissance de la Chine.

Mais l’intérêt de ces mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto (MDP et MOC) pour les entreprises est surtout et avant tout financier (ce qui reste le principal moteur de l’action de la plupart des entreprises, plus que le développement économique écologique des pays du sud). Car outre le fait que ce mécanisme (tout comme la MOC) agit comme une soupape de sécurité en cas d’envolée du prix du quota sur le marché et permet de réaliser des réductions à bas prix, tout en favorisant un développement plus écologique des pays en voie de développement ; ils permettent d’accroître la rentabilité financière des investissements de l’entreprise grâce aux revenus additionnels liés à la cession des droits d’émission ainsi dégagés.

2.2 Calcul de quelques indicateurs financiers : tentative de calcul de la VAN d’un projet

Si l’on revient quelques instants sur le projet de Lafarge à Tétouan (cité plus haut), le parc éolien contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 30000 tonnes par an, soit un bénéfice annuel pour la planète similaire à 2 000 000 arbres plantés. Et alors qu’il a coûté environ 10 millions d’euros, ce projet MDP devrait permettre de dégager 28700 tonnes de crédits par an pendant 7 ans. Après une quote-part prélevée par le pays hôte, il devrait rester 25000 tonnes annuelles à la disposition de Lafarge.

Le calcul de la valeur actualisée nette (VAN) de ce projet nécessite de tenir compte du fait que les permis sont attribués annuellement pendant toute la durée du projet.

De plus, pour faciliter le calcul, on considère que le volume global de réduction des émissions est réparti de manière égale sur toute la durée du projet (d’autant plus que cette hypothèse est assez proche de la réalité selon les responsables du projet).

Par ailleurs, pour calculer la VAN de ce projet, il faut déterminer son taux d’actualisation et le prix de la tonne de CO2. Pour ce qui est du prix de la tonne, nous prendrons l’hypothèse d’une tonne à 15 € (le prix moyen de la tonne de CO2 sur le marché européen d’échange après un an-et-demi de fonctionnement) ; quant au taux d’actualisation, n’ayant pas réussi à trouver le taux d’actualisation du projet du parc éolien de Lafarge au Maroc, nous ferons nos calculs selon deux hypothèses : un taux à 10% et à 15% (hypothèse retenue par la plupart des analystes financiers).

Ainsi, nous avons : 7
Accroissement de la rentabilité financière des investissements

Ce qui donne

Hypothèse 1 : Taux d’actualisation à 10%
Taux d’actualisation à 10%

Hypothèse 2 : Taux d’actualisation à 15%
Taux d’actualisation à 15%

On peut noter que dans les deux hypothèses, la valeur actualisée nette des flux nettes de trésorerie du projet est négative comparée à l’investissement de base, ce qui, à priori, signifierait que l’investissement ne serait pas rentable.

Mais, nous devons tempérer cette remarque en soulignant le fait que la valorisation de la tonne de CO2 évitée peut dépasser les 15 €, et se situer dans une fourchette nettement supérieure 20 à 25 € par exemple (comme cela s’est déjà passé d’ailleurs) car l’intérêt que suscite le marché du CO2 est grandissant. Dans ce cas, les flux libres de trésorerie générés par ce projet seront plus importants et engendreront une augmentation de la VAN. De plus, les hypothèses du taux d’actualisation diffèrent selon le contexte. On pourrait très bien imaginer que ce taux passe à 7% (qui est la moyenne des taux d’actualisation des investissements de Lafarge, toute précaution gardée), ce qui là encore engendrerait des flux financiers plus importants.

Quoiqu’il en soit, comme nous l’avons déjà évoqué plus haut, les bénéfices en termes d’image ne sont pas négligeables, mais surtout, comme nous allons le voir dans la partie qui suit, l’impact de la revente de crédits d’émissions de CO2 générés par ce type de projet peut être très important sur la valorisation du cours bousier des entreprises car elle génère des revenus supplémentaires pour les entreprises.

Lire le mémoire complet ==> (La finance carbone : En quoi le marché du co2 peut-il être un outil au service de la performance des entreprises? )
Mémoire de fin d’études – Majeure Finance
INSEEC Paris