Le travail des enfants, la formation et la scolarité

By 27 June 2012

V. Le travail, la formation et la scolarité

Il ressort des nombreuses recherches effectuées que l’espoir des parents de voir leurs enfants acquérir par le travail une solide formation professionnelle et de l’expérience est majoritairement sans fondement. Le besoin économique des familles pauvres, réduit la période d’apprentissage au minimum et beaucoup d’enfants commencent à travailler sans aucune préparation. L’une des caractéristiques de la main-d’œuvre enfantine est donc sa concentration dans les travaux non qualifiés et routiniers qui offrent peu de possibilités d’accéder à des emplois mieux rémunérés, moins dangereux ou plus intéressants. Cette situation est aggravée selon le sexe, la caste ou tout autre critère, variant d’un pays à l’autre (Bequele et Boyden, 1990, pp. 27-30). Ainsi, par exemple, à la différence des garçons, les petites filles sont affectées à des tâches plus dures, plus néfastes à leur instruction, moins bien rémunérées et requérant une journée de travail beaucoup plus longue; les enfants dont l’origine est la plus modeste sont obligés d’accomplir les travaux les plus humbles et les moins bien payés.

Malgré les tâches exténuantes et les longues journées de travail, nombre de ces enfants fréquentent l’école. Le caractère saisonnier de l’emploi dans certaines branches d’activité d’une part, et l’enseignement à temps partiel et par roulement d’autre part, permet aux enfants d’aller à l’école et de travailler. Cependant, le travail effectué en dehors des heures de classe prédispose les enfants à la fatigue. Surmenés, ils sont moins appliqués à l’école et moins assidus; ils sont donc constamment désavantagés pendant leur scolarité et ultérieurement.

Mais pour beaucoup d’enfants qui travaillent, il n’est pas possible d’aller à l’école. Même dans les pays où l’instruction est gratuite ou dans lesquels les livres, les uniformes et les déjeuners sont fournis, la fréquentation peut être faible car le principal coût de la scolarité est le manque à gagner pour la famille.

Le rapport entre l’instruction et le travail ne se réduit toutefois pas à une simple question de choix économique, la réalité est bien plus complexe. Le niveau d’instruction des parents et l’idée qu’ils se font des avantages immédiats et à long terme de l’instruction est l’un des principaux éléments qui déterminent la fréquentation de l’école par les enfants, ou leur entrée dans la vie active. Pour cette raison, dans nombre de pays, les taux d’inscription dans les écoles sont bien plus faibles, et le taux d’abandon beaucoup plus élevés pour les filles que pour les garçons. Escomptant que leurs filles se marieront jeunes et qu’elles seront prises en charge par leur mari, les parents ne voient aucun intérêt à investir dans leur instruction.

Les valeurs sociales peuvent aussi freiner la scolarisation et encourager le travail. Le statut socioprofessionnel accordé à certains métiers et les attitudes familiales en matière de soins aux enfants influent sur les chances de scolarisation. C’est ainsi que dans certains pays d’Amérique latine, les jeunes briquetiers, par exemple, sont frappés d’ostracisme; d’autre part, le droit d’un enfant à fréquenter l’école dépend de son rang de naissance : l’aîné ayant la priorité, ses parents consentent à de lourds sacrifices pour son instruction dans l’espoir qu’il aidera à financer l’instruction des ses cadets. Dans d’autres cas, ce sont les aînés qui doivent s’occuper de leurs cadets et leur transmettre leurs connaissances.

VI. conclusions

A travers le temps, le travail des enfants soulève le problème de la gestion de la force de travail comme réponse aux besoins de chacun de membres de la société.

Les enfants font toutes sortes de travaux régis par des relations d’emploi divers. Certains, par la nature même du travail, nuissent grièvement le développement intégral de l’enfant. D’autres, tels que l’agriculture familiale, l’artisanat familial ou l’apprentissage, la valeur est traditionnellement reconnue en tant que méthode d’apprentissage et processus de socialisation. Cependant, quelquefois, les conditions dans lesquelles ces activités se réalisent peuvent aussi faire que la pratique se détourne des principes et expose les enfants à toutes sortes d’abus.

Deux positions antagoniques dominent l’opinion publique : celle qui estime nécessaire et favorable la mise au travail des enfants et celle qui tient à éradiquer ce type de pratique. La première répond aux besoins économiques et aux pratiques culturelles des groupes sociaux défavorisés. Dans très peu de cas, les ONGs travaillent dans cette direction. La deuxième est soutenue par l’essentiel des pouvoirs économiques et politiques dans le monde et influencée par les informations diffusées par les médias qui ne reflètent pas la réelle dimension de la problématique. Les normes et les politiques adoptées par les organisations internationales et les législations nationales répondent à ce positionnement et ne permettent pas aux acteurs directement concernés (acteurs locaux parmi lesquels les enfants et leurs parents) de prendre conscience du problème et d’élaborer des solutions adaptées à leur réalité.

L’inadéquation entre les mesures prises pour éliminer le travail des enfants et la réalité socio-économique et culturelle des populations pauvres provoque souvent des effets contraires à ceux visés par les lois destinées à lutter contre l’exploitation des enfants.

Carte géographique du Pérou
Carte géographique du Pérou
Fiche signalétique du Pérou

Nombre officiel : République du Pérou.
Aire : 1.285.216 (Km2) (6° en Amérique, 19° dans le monde).
Côtes : 2.997 Km.
Limites : Au nord avec l’Equateur et la Colombie, à l’est avec le Brésil, au sud-est avec la Bolivie, au sud avec le Chili et à l’ouest avec l’Océan Pacifique.
Limites maritimes (mi nautiques) : 200 (mer territoriale), 200 (zone économique exclusive).
Capital : Lima.
Monnaie : Nuevo sol.
Langues officielles : l’espagnol, le quechua et l’aymara.
Membre de : ONU, OEA, ALADI, Pacto Andino.

Profil Démographique Population (recens. de 1993) :Taux de croissance :

Taux de natalité :

Mortalité :

Taux de fécondité :

Proportionnalité de sexes :

22 639 443 hab.2,1% (8° en Amérique).

27,0% (10° en Amérique).

7,0% (9° en Amérique).

3,6%.

Hommes : ……………. 49,7%

Femmes : …………….. 50,3%

Comp. de la pop. par tranches d’âge (1993) : 0-14 ans ….…………… 37,0%15-64 ans …………….. 58,4%

65 ans et plus ………… 4,6%

Villes principales (1993) : Lima : ……….. 5 762 201 hab.Arequipa : …….. 633 428 hab.

Trujillo : ………. 515 278 hab.

Chiclayo : ……… 425 370 hab.

Iquitos : ………… 285 435 hab.

Huancayo : …….. 267 799 hab.

Cuzco : …………. 263 388 hab.

Profil Socioculturel Analphabétisme (1993) :Taux d’abandon scolaire :

Nombre d’élèves par enseignant :

Taux de scolarité :

12.8%14%

25

69.0%

Taux d’immatriculation scolaire (1998) : Educ. Initiale : ……………… 8,29%Educ. Primaire : ……………. 49,9%

Educ. Secondaire : ………… 26,0%

Form. Profes. : …………… … 2,6%

Educ. Sup. Tech. : …………… 2,3%

Alphabétisation : ……………… 4,7%

Niveau d’instruction atteint (1995)* : Sans niveau ……………….….. 9,2%Préscolaire ……………………. 0,4%

Primaire ………………………. 29,8%

Secondaire ……………….….. 39,8%

Supérieur ………………….…. 20,8%

Profil socio-économique Taux d’inflation (1992) :Taux annuel d’inflation cumulée (1996) :

Taux de change (avril 2001) :

Revenu mensuel par habitant (sept. 2000)** :

Taux d’occupation :

Taux de sous-emploi :

Taux de chômage :

Niveau d’extrême pauvreté :

311,7% (4° en Amérique).11,5%

3.62 Nuevos soles par US$

527 US$

44,3%

45,5%

9,2%

20,2%

* Comprend la population de 15 ans et plus et exclut les personnes qui n’ont pas déclaré leur niveau d’instruction.
**INEI, Encuesta nacional de sueldos y salarios a empresas privadas de 10 y mas trabajadores.

Source : Perú – Brevario Estadístico 2000, Perú en números 1996, Almanaque mundial 1996.

Lire le mémoire complet ==> (La formation professionnelle duale comme alternative éducative pour les enfants péruviens qui travaillent )
Mémoire de licence
Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education
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Voir le cas de l’Inde, chez Bequele et Boyden, 1990, p.39.