Facteurs d’augmentation des dépenses de santé

By 25 May 2012

Les facteurs qui poussent les dépenses vers le haut – Chapitre 2 :

Pour comprendre les raisons de cette augmentation des dépenses de santé, nous verrons tout d’abord les problèmes posés par le système américain, puis nous analyserons les facteurs qui provoquent cette inflation et enfin nous verrons pourquoi les médecins multiplient les actes médicaux.

1. Les dysfonctionnements du système d’assurance

La distorsion sur le marché est vue sous deux angles différents : d’une part par la concentration du marché et d’autre part par la fraude fiscale.

L’association des médecins américains surnommé « American Medical Association » ont observé une concentration du marché de l’assurance maladie ce qui peut provoquer une élévation des tarifs et porter atteinte à la concurrence. Les compagnies d’assurances s’allient par des fusions ou des acquisitions pour par la suite posséder une grande partie du marché.

Tel a été le cas de deux assureurs à but lucratif américains Wellpoint et UnitedHealth Group. Ils contrôlent approximativement 40% du marché américain. Ainsi pour empêcher l’entente sur les prix, la segmentation du marché, la chambre des Représentants a fait entrée en vigueur une loi pour éviter toute position dominante sur le marché.

Les contrats de groupe présentent des inconvénients. Afin de bénéficier d’avantages fiscaux, les salariés et les employeurs choisissent des assurances beaucoup plus chères car une partie de la dépense est supporté par l’état fédéral. Alors qu’en l’absence de cet Etat fédéral, chacun choisirait une police d’assurance à un prix réduit.

Le deuxième effet réside dans les recettes de l’Etat fédéral qui se retrouveraient très fortement réduite à cause de ces contrats de groupe. En 2009, le coût de ces exonérations est évalué à 225 milliards de dollars d’après le Congrès américain.

Toutefois ce dispositif fait apparaître une inégalité puisque ce sont les ménages ayant de haut revenu qui en bénéficieront car ils ont des taux d’imposition élevé. Et donc, les ménages a revenu faible ou modéré se retrouvent lésé car les employeurs ne les assurent pas forcément.

2. Des dépenses de santés excessives

L’importance du poids des dépenses de santé a un impact financier sur le comportement des entreprises et des salariés. Ils sont de plus en plus incités à payer de fortes primes d’assurances comme en 2006 avec une hausse de ces primes de 8%.

La tarification d’une consultation étant élevée dans le pays, tous les américains n’ont pas nécessairement les ressources financières pour consulter un médecin.

Environ un tiers des américains, qu’ils soient assurés ou non, ont refusé de consulter un médecin ou d’acheter les médicaments délivrés par le médecin à cause de leur prix.

20% des américains ont éprouvés des difficultés pour payer leurs factures médicales alors qu’ils ne sont que 9% en France.

a. Une utilisation tempérée du système de santé

Dans un rapport de l’OCDE, la proportion de médecin en activité pour mille habitants aux États-Unis est inférieure à la moyenne de l’OCDE. En effet, on note 2,4 médecins sur le sol américain contre 3,1 pour l’OCDE.

Par ailleurs, le nombre de consultations de médecin par habitant est de 3,8 alors que pour l’ensemble des pays de l’OCDE, cette proportion est supérieure, où elle atteint 6,8.

Les nouvelles technologies ont permis de réduire le nombre d’hospitalisations, donc de réduire le nombre de lits dans les hôpitaux ce qui se caractérise par une baisse de la durée moyenne de séjour. Cependant les hôpitaux américains ont enregistré une élévation de leur taux d’occupation de quatre lits sur la période 1995-2007 passant de 63 à 67 lits.

Le nombre des lits de soins aigus dans les hôpitaux pour mille habitants a diminué aux États-Unis sur la période 1995-2007. Sur cette période le nombre de lit a baissé de 20% environ, on passe de 3,4 lits en 1995 pour mille habitants à 2,7 lits en 2007.

La moyenne de l’OCDE, en 2007 est de 3,8 lits pour mille habitants, c’est 1,1 point de plus que les américains.

Un même type de constat peut être effectué pour la durée moyenne de séjour en soins aigus. Aux États-Unis la durée moyenne de séjours est de l’ordre de 5,5 jours tandis que pour l’OCDE la durée moyenne est autour de 6,5 jours.

Toutes ces observations montrent que les citoyens américains n’utilisent pas abusivement du système de soins. Par conséquent cela n’explique pas l’importance des dépenses de santé.

b. Des tarifs médicaux coûteux.

Le fossé qui sépare les États-Unis et les pays développés peut être expliqué par des tarifs honoraires très élevés. L’OCDE constate des différences de rémunération annuelles importantes entre les pays. En effet, un médecin britannique gagne 25 000 à 40 000 dollars de moins, et l’écart monte jusqu’à 60 000 dollars pour un médecin français.

Cet écart de salaire à l’avantage des médecins américains s’explique par le fait que les jeunes médecins sont endettés à hauteur de 100 000 à 200 000 dollars. Ils se dirigent souvent vers une spécialité qui est mieux rémunérée et s’installent dans des zones où la population est capable de payer. Les médecins doivent souscrire à une assurance en cas d’erreurs médicales. Si le médecin est reconnu responsable, alors, la plupart du temps, la sanction est le versement d’une somme importante de dommages et intérêts.

La montée des dépenses de santé est en outre marquée par l’incroyable ascension des dépenses pharmaceutiques dues à une population vieillissante et à la mise en vente libre sur le marché des produits.

En 2007, les américains dépensés 876 dollars (30% de dépenses publiques et 70% de dépenses privées) tandis que la moyenne des pays membres de l’OCDE est de 461 dollars. Les dépenses américaines sont deux fois plus élevés ce qui implique une utilisation plus que nécessaire des médicaments.

Graphique 8 : Dépenses pharmaceutiques par habitant en 2007

Source : Panorama de la santé 2009 : les indicateurs de l’OCDE

Ainsi la tendance américain, française et de l’OCDE est à la baisse, ce qui se traduit au niveau médical par une utilisation importante des médicaments générique.

Graphique 9 : Croissance annuelle des dépenses pharmaceutiques entre 1997-2007

Source : Panorama de la santé 2009 : les indicateurs de l’OCDE

L’évolution des dépenses se seraient envolées par une tendance à la hausse des prix des soins engendrés par les nouvelles technologies médicales. Les tarifs pour les maladies cardiaques ont connu une importante augmentation passant de 12 000 dollars en 1984 à 22 000 dollars en 1998. La hausse des tarifications médicales est une raison principale compte tenu de la baisse du nombre de consultations aux médecins et de la réduction du séjour pour hospitalisation.

De part l’envolé des tarifs, 52% de la population américaine qui disposait de revenu inférieur à la moyenne ne pouvait pas prétendre à des soins médicaux. La même proportion de personnes ne pouvait pas bénéficier de soins dentaires en 2004 pour une raison financière.

3. La multiplication des services médicaux

Les médecins ont recours à plusieurs examens pour un patient dont les techniques d’examens demeurent très coûteuses tel que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) ou les scanners.

a. Une médecine préventive

L’explosion des dépenses de santé serait avant toute chose causée par le développement des nouvelles technologies qui ont pour effet immédiat une augmentation des tarifs pour le consommateur. Si l’emploi de ces nouveaux appareils continu alors le poids de la santé prendra de plus en plus d’ampleur dans le PIB, car avec l’augmentation de l’espérance de vie, les individus pourront lutter plus efficacement contre leur maladie et ainsi vivre plus longtemps.

Les médecins multiplient les actes médicaux en pratiquant de nombreux examens afin d’éviter toute erreur médicale et ainsi payer des dommages et intérêt aux patients. Les médecins utilisent toutes les technologies à leur disposition pour déterminer le meilleur diagnostic et le traitement. Cependant l’utilisation de ces technologies telles que le scanner ou l’IRM tende à accroître les dépenses et se répercute sur les consommateurs sans toutefois augmenter l’espérance de vie.

Dans le rapport de l’Eco-Santé OCDE 2010, le nombre d’appareils pour les IRM ont connu une bonne progression. En 2008, on comptabilise en moyenne 13 appareils de ce type par million d’habitants contre 6 appareils en 2000.

Pour les scanners, il y en a 19 par million d’habitant en 2000, or en 2008, l’OCDE recense 24 appareils en moyenne.

Le nombre d’appareils d’examens d’IRM (graphique 11) a fortement progressé ces dernières années. Les États-Unis sont ceux qui en ont le plus par habitant avec 91 examens d’IRM pour 1000 habitants. Les examens d’IRM sont deux fois plus importants que dans l’OCDE. Par ailleurs, ils effectuent environ 230 scans pour 1000 habitants (graphique 12) contre 45 scans en France. Les médecins américains effectuent de plus en plus de scans et d’IRM alors que dans le même temps le nombre de patients n’a pas évolué ni l’espérance de vie.

Graphique 10 : Nombre d’IRM pour 1000 habitants en 2007

Source : Panorama de la santé 2009 : les indicateurs de l’OCDE

Graphique 11 : Nombre de scans pour 1000 habitants en 2007

Source : Panorama de la santé 2009 : les indicateurs de l’OCDE

C’est pourquoi les dépenses sont provoquées par l’emploi massif de ces appareils qui dans le temps prendra plus de poids dans le PIB puisque les patients auront recours à ces technologies pour traiter leur maladie et ainsi vivre plus longtemps.

b. Le paiement à l’acte

L’une des causes de la hausse des dépenses de santé est le « free-for-service », autrement dit le système de paiement à l’acte.

Les médecins sont motivés par la maximisation de leur revenu, et leur rémunération dépend de la quantité et de la nature de l’acte médical pratiqué, c’est pourquoi les consultations, les examens, et les soins sont multipliés. Cette pratique est plus favorable aux spécialistes qui proposent des services variés tandis que le médecin généraliste offre toujours les mêmes soins.

c. Une communication entre les services de soins difficile

Dans les hôpitaux ou les urgences, quand le personnel médical n’est pas en possession des résultats des patients alors les examens sont refaits.

Toute l’information n’est pas transmise aux personnels médicaux, ceci caractérisant l’inefficacité du système américain. Ce défaut d’organisation oblige le personnel à pratiquer de nouveaux examens.
Lire le mémoire complet ==> (La réforme du système de santé américain)
Mémoire de master 1 Sciences économiques et gestion
Université du Sud – Toulon-Var