Société arabe – Emprunts arabes en français

By 13 April 2012

7 – Société arabe
L’arabe devient très tôt la langue de la culture, souvent étroitement lié avec les critères ethniques et religieux de la société (bédouin). Autrement dit, cette société est strictement liée avec la religion, l’Islam, qui se reflète aussi à l’architecture (minaret). Les connaissances de la culture arabe passent à l’Occident grâce aux traductions en latin et en langues romanes.

Les emprunts arabes en français désignant la société arabe présentent les gens et leurs professions (camelot) ou les outils et objets de la réalité quotidienne (gabelle). Cette société reconnaît la valeur de la famille (smala) et de la maison, pour cette raison beaucoup d’expressions viennent de ce domaine (sofa). Par ailleurs, beaucoup d’emprunts concernant l’allimentation viennent de l’arabe.

7.1 – Commerce
Aval, nom masculin
L’hypotèse concernant d’un emprunt à l’italien avallo ou à l’arabe hawālā « lettre de change, mandat » fait problème, parce que le mot italien semble récent et pourrait être lui-même pris au français et la date de aval en français rend peu probable un emprunt à l’arabe. Peut-être, il s’agit d’un abrègement graphique de à valoir.

Civette, nom féminin
Elle est empruntée par l’intermédiaire du catalan civetta « substance odorante sécrétée par les glandes d’un animal d’Afrique ou de l’Inde » à l’arabe zabād. Il s’agit de l’abréviation de qatta az-zabād « chat à civette ».

Le mot s’est répandu comme le nom de la substance odorante qui était longtemps l’objet d’un commerce avec l’Inde et l’Afrique par l’intermédiaire de Venise et d’Alexandrie.

Chouia, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe maghrébin chouya « un peu ».

Fardeau, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt de l’arabe fārdāh « démi-charge d’un chameau », d’où « balle, paquet ».

Flouse, nom masculin
C’est un emprunt à l’arabe maghrébin flûs, arabe classique fuls « l’argent », pluriel de fals, fīls, nom d’une ancienne monnaie arabe.

Magasin, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe mahāzin, pluriel de mahzan « entrepôt » ; soit par l’intermédiaire de l’italien magazzino, soit par le provençal magazenum (1228).

Avant 1615, magasin désigne un lieu destiné à la vente des marchandises. Il se distingue de boutique qui indique un lieu de vente en gros. Dès le XVIIIe siècle, la distinction n’est pas toujours respectée.

Quintal, aux, nom masculin
La forme quintar, attestée aux XIIIe et XIVe siècles, est probablement un emprunt direct à l’arabe.

Le mot désigne d’abord « poids de cent livres », puis « poids de cent kilogrammes ».

Rame, nom féminin
Il s’agit d’une modification de rayme (XIVe siècle), raime (1358 – 1359), remme (1451), reyme (1489), empruntant à l’espagnol et au catalan, lui-même repris de l’arabe razma variante de rizma « paquet de hardes », dérivé razama « mettre en paquet ».

Sequin, nom masculin
Il est attesté après plusieurs variantes : chequin (1540), essequin (fin XIVe siècle). C’est une adaptation du mot vénitien zecchino emprunté à l’arabe sīkkī « pièce de monnaie ».

Souk, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe sūq « marché ».

Souk désigne spécialement un marché couvert qui, dans les pays d’islam, réunit boutiques et ateliers dans un dédale de rues.

Tare, nom féminin
Le mot est emprunté, par l’intermédiaire de l’ancien provençal tara (seulement attesté en 1375) ou de l’italien, à l’arabe tarha « poids des emballages », substantif verbal de taraha « enlever, ôter ». Le mot appartient au même domaine que magasin, autre emprunt commercial à l’arabe par le provençal, est passé en catalan, en espagnol et en portugais sous la forme tara (XVe siècle), ainsi qu’en italien (XVe siècle, tara).

Tarif, nom masculin
Il est emprunté, par l’intermédiaire de l’italien tariffa, à l’arabe ta’rifa « notification ». Le mot arabe est passé aussi en catalan, en espagnol et en portugais sous forme tarifa.

7.2 – Gens et leurs professions
Almée,
nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe parlé ‘ālm, de l’arabe classique ‘ālima’ « celle qui est experte (à la danse) ». Le mot indique en français une danseuse orientale, notamment égyptienne.

Arbi, nom masculin
Il est issu de l’arabe arabi « arabe ». Il désigne un indigène d’Afrique du Nord.

Assassin, nom masculin
Le mot apparaît au XVIe siècle dans le sens de « tueur à gages ». C’est un emprunt à l’italien assassino ou assessino. Des formes plus anciennes sont fréquentes en latin médiéval, et dans la plupart des langues romanes, notamment occitan et français (assacis, assassis, hassassis,…), pour désigner les membres d’une secte ismaélienne (shi’ite) de Syrie et figurément un séide capable de tuer pour son maître.

En français, cet emprunt a de nombreuses formes : assasin, assacin, halsasin, hassissin, haquassin, harsasis. Le mot qui était expliqué par l’arabe hassa « mettre en pièce », a été considéré comme un dérivé de l’arabe hašīš : la forme haššāš a pluriel haššāšin « fumeur de haschisch ». Cette origine du mot pourrait céder la place au substantif ‘asas « patrouille », ‘assās « gardien » (pluriel ‘assāsīn).

Bédouin/ine, nom et adjectif
Les formes : bedoîns, puis besdouyn, bédouin sont empruntées à l’arabe badawin, pluriel badowîy « habitant du désert », dérivé de badw « désert ».

Cadi, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe (al) qādi, participe actif substantivé de qadā « décider, juger ».

Le mot désigne « magistrat musulman qui remplit des fonctions civiles, judiciaires et religieuuses ».

Cador, nom masculin
Il est venu de l’arabe gaddour « chef » ou de ca (bot) et Mé (dor).

Calife, nom masculin
Les formes califfe et calif sont empruntées à l’arabe halifa « souverain musulman succédant à Mahomet », autrement dit, « successeur » dérivé de halafa « succéder à ».

Cafard, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe kāfir « incroyant », qui a pris le sens « converti à une autre religion, c’est-à-dire, non musulman », d’où « faux dévot ». Kāfir est le participe présent substantivé de kafara « être incroyant ». La finale –ar a été assimilée au suffixe –ard à valeur péjorative.

Caïd, nom masculin
D’abord caïte, caïd sont empruntés de l’arabe qā’id « commandant, chef ». Il s’agit du participe actif substantivé de qadā « conduire, gouverner ». L’ancien français a eu la forme auquaise venue de l’ancien espagnol alcaide « commandant d’une forteresse » (1140) et la variante alcayaz, empruntée à l’arabe avec l’article.

Caïdat « division territoriale sous l’autorité d’un caïd».
Cheik(h), nom masculin
Ce mot est emprunté à l’arabe šayh « veillard », il indique un homme âgé respecté pour son savoir philosophique et religieux. Le mot est introduit en français sous les formes isolées seik (1309), schet (1568), cheque (1598). Depuis XVIIe siècle, la graphie varie entre cheik (1631), cheick (1798) et enfin cheikh (1838).

Émir, nom masculin
Le mot vient de l’arabe ‘āmir « prince, commandant » qui a par ailleurs donné amiral.

Émir est d’abord utilisé au sens de « chef de province », ensuite le mot s’emploie comme un titre des descendants de Mahomet, en particulier pour désigner le chef du monde musulman au début de l’hégire.

Fakir, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe faqīr « pauvre ». L’ancien français connaissait le mot foqui « homme versé dans la connaissance de la loi divine », qui vient d’un autre mot arabe faqīh, mais dont le souvenir a pu interférer avec le nouvel emprunt.

Fanfaron/onne, adjectif et nom
Il s’agit d’n emprunt à l’espagnol fanfarrón, formation onomatopéique, comme l’arabe farfār « bavard, léger ».

Le mot se dit d’une personne qui se vante de sa bavure, réelle ou supposée.

Fatma, nom féminin (1900)
Le mot est venu du nom arabe Fatima, Fatma est le nom de la fille de Mahomet. Les Européens disent toujours « fatma » à une femme musulmane.

Fellaga ou fellagha, nom masculin
C’est un emprunt à l’arabe maghrébin fellāga, pluriel de fellāg qui désigne des bandits de grand chemin. Fellāg vient de l’arabe classique fallāq « pourfendeur ».

Le mot, repris vers 1954, désigne les partisants de l’indépendance algérienne soulevés contre la France. Le mot, sous sens péjoratif, a été déformé en fellouze par l’argot militaire français.

Genet, nom masculin
Ce mot est venu de l’arabe zinātā, nom d’une tribu berbère connue pour sa cavalerie légère. Il vient au vocabulaire français par l’intermédiaire d’espagnol.

Iman, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe imām « guide ». Aujourd’hui, le mot désigne le chef de prière dans une mosquée.

Mamelouk ou mameluk, nom masculin
Il est emprunté, après des formes altérées (mamelon, 1195 ; mamelu, 1432) à l’arabe d’Égypte mamluk « celui qui est possédé ».

Ce mot désigne le membre d’une ancienne milice turque fournissant les gardes du corps du sultan et devenue toute puissante en Égypte. Au figuré, mamelouk s’est dit d’un partisan zélé et fanatique. Ce sens a disparu.

Marabout, nom masculin
Le mot vient du portugais maraboto (1552), marabuto (1558), lui-même emprunté à l’arabe murābiṭ (merābut dans la prononciation vulgaire à cause du ṭ emphatique).

Le mot arabe indique à l’origine un homme vivant dans un ribāṭ, couvent fortifié situé aux frontières de l’empire pour défendre contre les infidèles. Ensuite, murābiṭ designe un homme pieux, un saint et par métonymie son manteau.

Moudjahiddin, nom masculin
Il est un emprunt à l’arabe moudjahidīn (1903), pluriel de moudjahid « combattant de la guerre sainte ».

Mudéjar, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe mudayyan « pratiquant », venu au vocabulaire français par l’intermédiaire espagnol (mudejar).

Le mot désigne le musulmane d’Espagne devenu sujet des chrétiens après la reconquête.

Musulman, ane, adjectif et nom
Le mot est adapté sous la forme Montssoliman (1551), puis mussulman (1553) et musulman (1562), est emprunté directement ou par l’intermédiaire du turc müslüman, au persan musulmān ou musliman (nom masculin au pluriel). Lui-même est repris à l’arabe muslīm. L’arabe muslīm est le participe actif du verbe aslama « se confier, se soumettre, se résigneré ».

Naban, nom masculin
Il est emprunté d’abord sous la forme nauabo (1614), puis par le canal du portugais nababo. Ce mot est emprunté à l’arabe nuwwāb, pluriel de nā’ib « lieutnant, vice-roi », participe actif de nāba « prendre la place de (qqn), emplacer, représenter ».

En français, nabab est employé pour désigner le titre donné en Inde musulmane aux grands officiers des sultans et gouverneurs des provinces. Au XIIIe siècle, il s’est dit également d’un Européen qui avait fait fortune aux Indes (1777).

De nabab, est dérivé Nababie (nom féminin) « territoire gouverné par un nabab ».

Raïs ou reis, nom masculin

Il restitue le turc reis « chef, président, capitaine », lui-même epmrunté à l’arabe ra’îs.

Roumi, nom masculin
Il vient de l’arabe . C’est le nom que les Autochtones donnent aux Eouropéens chrétiens. Il semble que le terme soit très ancien et chargé de haine religieuse.

Smala, nom féminin
Il est emprunté à l’arabe d’Algérie zmālah « famille », en arabe classique zamāla « réunion de tentes autour de celle d’un chef ».

Smala désigne la réunion de tentes qui abritait la famille et les équipages d’un chef arabe. Le mot se dit par analogie pour « famille nombreuse ».

Sarrasin, ine, adjectif et nom
Il est issu du bas latin Sarracenus, singulier de Sarraceni, nom d’un peuple de l’Arabie. Le latin vient de l’arabe šaraiyyīn, pluriel du šarqī « oriental », mais cette hypothèse est controversée.

Sultan, nom masculin
Il s’est substitué par réemprunt au turc (1540) à l’ancien français souldan (1180 – 1220), soldain, puis soudan. Comme les formes anciennes de l’italien soldano, de l’espagnol soldan, celles de l’ancien français sont empruntées à l’époque des croisades à l’arabe sultān « pouvoir royale » et « souverain ».

Le mot emprunte le sens de l’arabe, encore au XVIIIe siècle, pour désigner le titre donné au souverain d’Égypte.

Taliban, nom masculin
Il s’agit d’un mot afghan emprunté à l’arabe taleb où ce mot désigne l’étudiant, spécialement l’étudiant en théologie.

Maintenant, ce mot est utilisé pour désigner le membre d’un mouvement islamiste militaire afghan.

Toubib, nom masculin

Il est un emprunt à l’arabe d’Algérie tabīb « médecin, savant habile ».

Toubib est apparu au milieu du XIXe siècle dans le contexte de l’armée coloniale d’Algérie, à propos d’un médecin militaire.

7.3 – Objets de la vie quotidienne
Almanach,
nom masculin
Almanach vient du latin médiéval almanach. Il s’agit de la transcription romaine d’un mot arabe ‘al manāh « calendrier ».

Amalgame, nom masculin
Ce mot vient de l’arabe ‘aman « sécurité », d’où « pardon octroi de la vie sauve ».

Avanie, nom féminin
C’est un emprunt à l’italien avania qui a été emprunté au grec médiéval abania « calomnie, délation » provenant de l’arabe hawān « traitre ».

En français, le sens figuré « humiliation » est attesté en 1713 et il est devenu le seul en usage. La valeur d’originaire est oubliée

Baraka, nom masculin
Le mot est l’origine arabe qui désigne « bénédiction, faveur du ciel ». Ce mot est utilisé dans un contexte arabe et aussi comme un équivalent familier de « chance » (avoir la baraka).

Bésef ou bézef, adverbe
C’est un emprunt à l’arabe bezzaf, familièrement « beaucoup » (surtout en emploi négatif – par exemple il n’en a pas bésef).

Dahir, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe, « décret du roi du Maroc ».

Darse, nom féminin
Le mot vient de l’arabe dār-sinâ’a « maison de travail ».

Djinn, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe ginn « démons », pluriel collectif de ginni.

Le mot désigne, dans le Coran et les légendes musulmanes, un être intelligent, généralement malfaisant qui peut apparaître sous différentes formes.

Douar, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe maghrébin doûâr. Il désigne une agglomération de tentes disposées en cercle, que les Arabes nomades installent temporairement.

Fanal/aux, nom masculin
Il est emprunté à l’italien fanale « feu placé au sommet d’une tour », en marine, du grec byzantin phanarion « lanterne » (ou de l’arabe fanār qui en provient), du grec classique phanos « lanterne ». Le mot s’est écrit phanars (1369), fanar (1372) et phanal (1548, Rabelais). L’hésitation entre le r et le l finaux marque les sources.

Gabelle, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’italien gabella « des impôts » probablement emprunté par l’Andalousie à l’arabe qabāla avec le même sens.

Harem, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe haram « chose interdite et sacrée ».

Hégire, nom féminin
C’est un emprunt à l’arabe hiğra « la fuite (de Mahomet) » par l’intermédiaire de l’italien hegire.

Houka, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe huqqa « pipe à résevoir ».

Jarre, nom féminin
Jarrre est emprunté à l’arabe ğarra « grande vase de terre ». Elle désigne un vase en poterie. Par analogie de forme, il a pris le sens technique de « cloche de verre, de cristal, dont on forme les batteries électriques ».

Kief, nom masculin
C’est un emprunt à l’arabe kef « aise, état de béatitude ». Le mot désigne le repos absolu au milieu du jour.

Kif-kif, adjectif
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe algérien kif « comme », redoublé à valeur intensive.

Le mot est passé par l’argot de l’armée d’Algérie. Il correspond familièrement à « pareil, semblable ». Il est souvent simplifié en kif et substantivé : c’est du kif (1914) « c’est la même chose ».

Madrague, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe au provençal madraga, repris à l’hispano-arabe madrāba (XIVe siècle), à l’arabe mādraba « lieu, endroit où l’on frappe ».

Le mot a été repris dans le cadre de la pêche au thon en Méditerranée.

Mafia ou maffia, nom féminin
L’origine du mot est obscure et controversée. On a invoqué un vieux terme toscan, maffia « misère », mais l’orthographe maffia n’est pas d’usage sicilien. On a évoqué une origine arabe, soit un mot signifiant « vantard », soit une expression signifiant « protection des faibles ».

Le développement sémantique du mot cause que la mafia est devenue un terme pour une société secrète protégeant les intérêts économiques liés à la structure sicilienne, puis une association criminelle internationale passée aux États-Unis avec l’immigration sicilienne.

Masser, verbe
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe massa « toucher, palper ». L’art du massage est d’origine orientale.

Matraque, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe maghrébin matraq, à l’arabe classique mītraq « bâton dont se servant les Bédouins pour conduire leurs chameaux ».

Mesquin, ine, adjectif
C’est un emprunt (1604) soit à l’italien meschino « qui manqe de grandeur », proprement « pauvre », soit à l’espagnol mezquino « pauvre, indigent ». Tous les deux sont empruntés à l’arabe miskīn « pauvre ».

Momie, nom féminin
Le mot est emprunté d’abord sous la forme aberrante mommie, au latin médiéval mum(m)ia « substance extraite des corps embaumés utilisée comme drogue médicinale », emprunt à l’arabe mūmiyā « mélange de poix et de bitume, substance dont les Égyptiens se servaient pour embaumer leurs morts », de mūm « cire ».

Momie, dont la forme actuelle n’est attestée que depuis 1563 après mommie (XIIIe siècle) et mummie (XVe siècle), a disparu en ce sens, dont il reste une trace en arts, la momie, dite baume de momie, entrant comme pigment dans la préparation de peintures de palette, encore au XIXe siècle.

Par un nouvel emprunt à l’arabe mūmiyā’ « cadavre embaumé », il a pris son sens actuel en parlant des momies de l’Ancienne Égypte et, par extension, d’un cadavre desséché et embaumé (1690).

Mortaise, nom féminin
Le mot est emprunté à l’espagnol de même sens mortaia, lui-même emprunté à l’arabe murtazza, participe passé de razza « introduire une chose ».

Le mot est un terme technique désignant une entaille faite dans une pièce de bois ou de métal pour recevoir le tenon d’une autre pièce.

Mousson, nom féminin
Le mot vient par emprunt (mouçones, monçondans une traduction du néerlandais) du portugais monçāo, emprunt à l’arabe mawsīm « saison », d’où « fête qui a lieu à époque fixe », « saison de pèlerinage à La Mecque » et chez les marins arabes « saison des vents favorables à la navigation vers l’Inde sur l’océan Indien ». Le mot est tiré du verbe arabe wasama « marquer, désigner ».

Noria, nom féminin
Le mot est emprunté à l’espagnol noria qui désigne une machine hydraulique servant à irriguer. Lui-même emprunté à l’arabe nā’ūra, dérivé de na’ara « gronder ».

Noria désigne un système d’irrigation et un monte-charge à godets (1858).

Raquette, nom féminin
Le mot est emprunté à l’arabe dialectal rahet, en classique rahat « paume de la main ». L’espagnol et le portugais raqueta, l’italien rachetta ont la même origine.

Rock, nom masculin
Le mot vient, sous formes : roc (1653), ruc (1298), de l’arabe rokh. Il désigne un oiseau fabuleux des légendes orientales, d’une force et d’une taille prodigieuse.

Safari, nom masculin
Le mot est emprunté (XXe siècle) au swahili safari signifiant « bon voyage », issu de l’arabe safara « voyager ».

Sacre, nom masculin
Il vient du mot arabe çaqr. Le mot désigne le faucon utilisant à la chasse.

Salamalec, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe as-salām ‘alayk, une salutation signifiant « paix sur toi ».

Le mot est employé à partir du XVIIe siècle avec une conotation péjorative et n’a conservé que le sens familier.

Sébile, nom féminin
Le mot est attesté en 1417. Sébile est un mot d’origine incertaine, peut-être empruntée à l’arabe sabīl « aumōne ».

Sébile désigne une petite coupe en bois utilisée par les mendiants pour recueillir les aumônes.

7.4 Religon
Un certain nombre de noms de fêtes religieuses sont bien connus des Européens parce qu’elles donnent lieu à des réjouissances publiques. Nous pouvons citer :

Le Mouloud, qui vient de l’arabe mulud, est le jour de la nativité du Prophète.

Ayatollah, nom masculin

Le nom est un emprunt à un substantif arabe composant de ‘āyāt-, pluriel de ‘āya qui symbolise un signe miraculeux, et de nom divin ‘allah. Cette expression s’est répandue en 1978, lorsque le dignitaire shiite iranien (ayatollah) Khomeini déclencha la révolution qui mit fin au régime du shah.

Charia, nom féminin

Il s’agit d’un mot d’origine arabe qui désigne une loi canonique islamique.

CoranCoran, nom masculin

Il vient de l’arabe qur’ān « lecture ». Le mot est dérivé d’un verbe qaea’a signifiant « lire, réciter ». Le moyen français a connu la forme alchoran et alcoran, où al- présentais l’article arabe. La suppression de al-, le XVIIe siècle, a introduit la forme moderne koran (1657) puis coran.

Hadjdj, nom masculin
Le mot est issu de l’arabe hādjdjī « pèleringe ».

Mollah, nom masculin

Il est emprunté (1605) à l’arabe maul, maulā « maître, seigneur », mot également passé en turc (molla) et en persan (mullā) et derivé de waliya « administrer, gouverner ». Le mot s’est acclimaté sous diverses formes : meulane, mola, mullat (1653) et mollah (1670).

Mudéjar, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe mudayyan « pratiquant », venu au vocabulaire français par l’intermédiaire de l’espagnol mudejar.

Le mot désigne le musulmane d’Espagne devenu sujet des chrétiens après la reconquête.

Muezzin, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe mo’adhdhin « qui appelle à la prière ».

Mufti, nom masculin
Sous formes : muphti (1559), mofti (1546), le mot vient de l’arabe moufti « juge ». Le mot désigne un théoricien ou un interprète du droit canonique musulman.

Uléma, nom masculin
Le mot vient de l’arabe oulamā, le pluriel d’âlim « savant ». Le mot montre le docteur de la loi, le théologien musulman.

7.5 Alimentation
Alkermès,
nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe al-qirmiz qui vient au vocabulaire français par l’intermédiaire espagnol alkermes. Le mot désigne le liqueur à base de canelle et de girofle, avec addition d’aromates divers, colorée en rouge au kermès animal

Arak, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe araq (at-tamr) « vin (de palme) ».

Boutargue, nom masculin (ou poutargue, nom féminin)
La forme actuelle boutargue vient du provençal boutargo, également poutargo. Ces formes sont empruntées à l’arabe butārih.

Le mot désigne un mets provençal composé d’oeuf de mulet pressés, salés séchés au soleil ou fumés.

Café, nom masculin
Le mot est emprunté au turc qahwe, repris à l’arabe qahwa qui désigne la boisson, à l’origine « liqueur apéritive ».

Carafe, nom féminin
Le mot est peut-être emprunté à l’arabe du Magrheb qarafa « bouteille très ventrue, pot à boire ».

Le mot, employé au figuré dans l’expression vieille Carafe, est attesté depuis 1642 au sens propre.

Caroube, nom féminin
D’abord quarobe (1195), puis caroube (1512), est emprunté au latin médiéval carubia, lui-même emprunté à l’arabe karrûba « fruit comestible d’une espèce d’arbre méditerranéen ».

Le mot désigne la gousse longue et épaisse à pulpe comestible du caroubier, utilisée pour remplacer le cacao dans certaines recettes diététiques et comme stabilisant dans la préparation des glaces.

Couscous, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe d’Afrique du Nord kuskus ou kuskusū, le mot qui désigne la graine de blé dur étuvée ou la semoule.

Par métonymie, un plat dont la base est constituée par cette semoule.

Curcuma, nom masculin
Il est emprunté, de même que l’espagnol cūrcuma, à l’arabe kūrhū « safran ».

Harissa, nom masculin (1930)
Il est venu de l’arabe harasa « piler ». Il désigne un poudre de pimente utilisée comme un assaisonnement (dans la cuisine maghrébin).

Limon, nom masculin
Il vient du mot arabo-persan limûn « citron ».

Massepain, nom masculin
Il vient du mot arabe martaban désignant le petit gâteau fait d’amandes pilées, de sucre et de blancs d’oeufs.

Mazagran, nom masculin
Le mot est issu de Mazagran, nom d’un village d’Algérie. Du 4 au 6 février 1840, les Français sous le commandement du capitaine Lelièvre y ont soutenu un siège contre douze milles Algériens. L’idée, outre l’intention de célébrer un fait d’armes, est celle d’un « café bu à la va-vite, comme à Mazagran en 1840 ».

Le mot désigne d’abord un café chaud ou froid, parfois d’eau-de-vie et par métonymie en récipient profond en forme de verre à pied pour boire le café.

Méchoui, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe maghrébin mešwī « rôti grillé », participe passé de šawā « rôtir, griller ».

Le mot indique un procédé de la cuisine arabe dont l’usage s’est répandu en Europe, avec la métonymie « réunion où l’on mange le méchoui ».

Merguez, nom féminin
C‘est un emprunt à l’arabe maghrébin mergāz, merkāza « saucisse » (XIXe siècle). Le mot est connu en arabe d’Espagne sous les formes mirkās ou markās, merquiç-alkanzir (mirkās alhanzīr) « boudin de porc », merauize « saucisse » (1505).

Moka, nom masculin
Il est tiré (1720) de Moka (arabe al-Muhā), nom d’une ville du Yémen, sur la mer Rouge, qui était aux XVIIe et XVIIIe siècles le port principal du pays et aussi un grand centre d’exportation du café.

Le mot a été introduit en français comme toponyme avant d’être employé comme nom commun (1762), elliptiquement pour café de Moka (1751). Il a donné son nom à la boisson obtenue avec les grains du café moka et à une liqueur à base de moka dénommée crème Moka (1823) puis crème de Moka (1852), ainsi qu’à un gâteau parfumé au café.

Raki, nom masculin (1827)
Il s’agit d’un mot arabe qui désigne une liqueur d’Orient, eau-de-vie parfumée à l’anis.

Sorbet, nom masculin
Il est emprunté à l’italien sorbetto, lui-même emprunté à l’arabe dialectal šurbā « boisson », arabe classique šarāb (→sirop).

Tamarin, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe tamar hindi « datte d’Inde ». Le mot désigne le fruit du tamarinier.

Taboulé, nom masculin
Le mot ne se répand que dans les années 1970, reprend par emprunt un mot arabe tabūla signifiant « relevé avec des condiments ».

Le mot désigne une préparation propre aux cuisines libanaises et syriennes.

musique arabe7.6 Musique
Derbouka,
nom féminin
Le mot vient de l’arabe derbouka qui désigne le tambour arabe fait d’une peau tendue sur l’extrémité pansue d’un tuyau de terre cuite, plus de métal.

Luth, nom masculin
Le mot a été emprunté à l’arabe al’ūd, de l’article al et ’ūd « bois, luth », soit directement, soit par l’intermédiaire de l’ancien provençal lautz (fin XIIIe siècle) ou de l’ancien espagnol alod (1254).

Nouba, nom féminin (1897)
Le mot est emprunté à l’arabe maghrébin nūba correspondant à l’arabe classique nawba « tour de rôle », d’où « service de garde » et « corps de troupe faisant à tour de rôle son service », puis par métonymie, « concert de musique qui a lieu périodiquement devant la maison d’un officier ou d’un dignitaire », enfin « concert, fanfare orchestre ».

Rebab, rebec, noms masculins
Ils viennent du mot arabe rabâb. Le premier désigne un instrument de musique du monde arabe à une ou deux cordes, le deuxième désigne un instrument de musique à trois cordes.

7.7 Architecture
Adobe,
nom masculin
Ce mot vient de l’espagnol adobe « brique d’argile » emprunté à l’arabe al-tûb.

Alcazar, nom masculin
Alcazar est un emprunt en architecture pris à l’arabe al qasr « la forteresse » (aussi ksar, ksour) par intermédiaire espagnol alcazar, issu du latin castrum « château fort ».

Le mot désigne un palais fortifié des musulmans d’Espagne, ensuite utilisé comme nom propre pour ces lieux de plaisir décorés.

Fondouk, nom masculin
Il vient de l’arabe funduk « magasin ». Aujourd’hui, le fondouk est un type de construction en Afrique du Nord : c’est une suite de petits bâtiments s’ouvrant sur une cour rectangulaire et servant d’entrepôt, garage, écurie, atelier et même d’habitation pour le gardien, des gens de passage.

Gourbi, nom masculin
Le mot est venu de l’arabe algérien gurbi « maison de terre, chaumière ». Pendant la guerre 1914 – 1918, le mot gourbi et guitaune étaient synonymes dans le sens « d’abri de tranchée ». Aujourd’hui, le mot gourbi peut signifier « appartement moderne ».

Koubba, nom féminin
Le mot est emprunté, sous formes : cube (1568), cubee (1608), kubbe (1776), koubba, à l’arabe qubba « coupole » ; « édifice en forme de dôme ou surmonté d’un dôme ».

Krak, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe karak qui désigne un chateau fort établi au XIIe siècle par les croisés.

Minaret, nom masculin
Il est emprunté, par l’intermédiaire du turc, à l’arabe mamāra « phare, cadélabre », d’où « tour de mosquée » de nāra « luire, briller ».

Médine, nom féminin
Elle est empruntée à l’arabe madīna « ville ».

Mosquée, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’italien moscheta « temple du culte musulman », antérieurement meschita (XIIIe siècle) et meskita en latin médiéval. Celui-ci est emprunté à l’espagnol de même sens mezquita (1140). Le mot a été emprunté à l’époque de la première croisade à l’arabe masgid « lieu où l’on pose la tête en faisant la prière, endroit où l’on adore ».

Moucharabieh, nom masculin
Le mot vient de l’arabe machrabiya qui désigne, dans l’architecture arabe, le balcon fermé par un grillage.

Ogive, nom féminin
Le nom est attesté depuis 1260 (traité d’architecture de Villard de Honnecourt), surtout écrit augive en ancien français, est d’originaire incertaine. Il semble qu’il s’agisse d’un emprunt à l’espagnol algibe, aljibe « citerne », lui-même emprunté à l’arabe al-qubb de même sens.

Ogive désignem dès les premiers textes l’arc diagonal bandé sous une voûte en arc brisé qui se diffuse au XIIIe siècle et devient rapidement caractéristique d’un nouveau style qui reçoit le nom d’abord péjoratif de gothique. Le mot entre dans les syntagmes techniques croisés d’ogive et voûte d’ogive.

7.8 Équipement de la maison
Divan,
nom masculin
Divan est emprunté par l’italien divan au turc divānā qui possède à la fois le sens de « conseil politique » et de « salle de conseil, garnie de coussins ». C’est en turc un emprunt au persan dīwān mot qui désigne un registre, une liste – sens emprunté par l’arabe au VIIe siècle.

Matelas, nom masculin
Il est emprunté, par l’intermédiaire de la langue « franque », à l’italien materasso « grand coussin pour garnir le lit ». Ce mot, attesté dès 1255 en latin médiéval à Venise (mataracius) puis à Bologne (1274, matarazum), est un emprunt à l’arabe maţrah « tapis, coussin » de ţaraha « jeter », parce que les Orientaux jettent tapis et coussin sur le sol pour s’asseoir ou se coucher.

Nadir, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe nazīr, naīr « opposé, vis-à-vis », pris par ellipse de nazīr aš-šams « opposé au soleil ».

Le mot est un terme d’astronomie désignant le point de la sphère céleste opposée au zénith.

Ottoman, nom féminin
Le mot est l’emploi comme nom commun (1729) de Ottoman. Il est emprunté à l’arabe ‘utmānī (adjectif), dérivé du ‘utmān (nom propre du fondateur).

Sofa, nom masculin
Il est emprunté (1560, sopha, 1690, sofa) à l’arabe sūffāh.

Tasse, nom féminin
Le mot est emprunté à l’arabe tasa d’où viennent aussi l’ancien provençal tasse, l’italien et le portugais tazza et l’espagnol taza. Le mot est introduit à la faveur de l’importation de poteries orientales.

Lire le mémoire complet ==> (Emprunts arabes en français : Arabe et Langues arabes)