Prolongements de l’analyse – Etude de Développement Régional

By 18 April 2012

5. Prolongements de l’analyse.
La démarche suivante vise à donner à une sous-microrégion évaluée moyennement à non-sensible (et donc susceptible d’être développée touristiquement) des éléments quasi prévisionnels puisqu’elle fournira une idée des domaines d’exploitation qui semblent les plus appropriés au vu toujours de ses spécificités intrinsèques. Elle donnera ainsi une indication sur ce que ses particularités naturelles lui permettent d’envisager sans risquer de se tromper.

Cette analyse requiert l’utilisation d’un outil statistique très efficace mais qui doit être manipulé avec prudence, nous présenterons donc avant toute chose l’Analyse en Composante Principale.

5.1. Avertissements.
L’Analyse en Composante Principale (A.C.P.) est une méthode statistique essentiellement descriptive : son objectif est de représenter sous une forme graphique, le maximum de l’information contenue dans un tableau de données. C’est une méthode ancienne puisque Hotelling H. fournit une première publication sur ce sujet en 1933 mais c’est Pearson K. qui, dès 1901, en entrevit les idées essentielles. L’utilisation de cette méthode est cependant récente, c’est l’avènement des ordinateurs en 1960 qui a permis sa mise en pratique et c’est seulement depuis 1980 et l’apparition de la micro-informatique que l’A.C.P. est de plus en plus fréquemment utilisée.

Le tableau de données est constitué d’individus et de variables relatives à ces individus. Si le tableau comporte p variables, les individus peuvent être représentés dans un espace à p dimensions. Le but de l’A.C.P. est de trouver des espaces de dimensions plus petites dans lesquels il sera possible d’observer au mieux les individus. Les droites et les plans issus de l’A.C.P. ne sont pas réalisés avec les variables initiales mais avec des indices synthétiques obtenus par ce que les statisticiens appellent des combinaisons linéaires de ces variables initiales. Parmi tous les indices possibles, l’A.C.P. recherche d’abord celui qui permet de voir au mieux les individus c’est à dire celui pour lequel la variance des individus est maximale : cet indice est appelé première composante principale (il donne le premier axe principal). Une certaine proportion de la variation totale des individus est expliquée par cette composante principale. La même opération est répétée pour obtenir une deuxième composante qui fournira la plus grande information possible complémentaire de la première (et ainsi de suite). La phase essentielle de l’A.C.P. consiste donc à transformer les p variables initiales toutes plus ou moins corrélées entre elles en p nouvelles variables non corrélées appelées composantes principales.

Cet outil, en représentant graphiquement les résultats, semble rendre la tâche de l’utilisateur extrêmement aisée ;or, il est important de signaler qu’il n’en est rien : la méthode fournit également des tableaux concernant les donnés qu’il est impératif de consulter, de comprendre, il faut savoir les interpréter. La connaissance des notions de base de la statistique ou de l’économétrie est nécessaire à la bonne exploitation de la méthode. Il ne faut surtout pas qu’un décideur perçoive dans cette méthode de traitement de données une méthode miracle où tout est résumé et expliqué sur un plan (sur deux axes).

L’A.C.P. est certes très intéressante et mérite d’être mentionnée dans le cadre du problème qui nous intéresse mais si elle est choisie comme outil de travail pour mieux analyser les sous-microrégions, elle doit être mise en oeuvre et effectuée par un « spécialiste » en la matière qui saura faire parler les résultats en évitant les erreurs d’un jugement trop hâtif. Nous soulignerons à travers un exemple d’utilisation les pièges à éviter, les attentions à porter.

5.2. Première phase.
5.2.1. Principe.
L’idée est d’effectuer dans un premier temps, une sorte de redéfinition des différents types de tourisme existants (présentés dans notre premier chapitre). Définition qui serait en fait déterminée à partir des attentes du consommateur relatives à chaque type de tourisme et aux caractéristiques que doit contenir une zone pour pouvoir répondre correctement à ces attentes, pour pouvoir mettre en oeuvre le type de tourisme en question. Les exemples suivants illustrent nos propos :

L’exploitation d’une station de sport d’hiver nécessite un taux d’enneigement conséquent pendant la période hivernale, ce critère (enneigement) est donc un critère important pour envisager le développement du tourisme « neige » dans une zone. Par contre, pour le tourisme « balnéaire », une zone devra disposer d’un taux enneigement nul (ou très faible en période hivernale). Pour déterminer le type de produit qu’une zone est susceptible d’offrir avec succès aux consommateurs, une telle caractéristique à toute son importance.

Autre exemple, l’aspect pittoresque d’une région (la beauté du paysage) sera recherché par un voyageur adepte du tourisme de randonnée (des parcours pédestres au milieu d’usines seraient très certainement boudés…). Par contre, cette caractéristique sera moins importante aux yeux de l’individu venu pour affaire, cette personne la voudra trouver sur le site où il doit se rendre des hôtels de qualités.

Il s’agira donc dans cette première étape, et pour reprendre des termes employés précédemment, de déterminer le profil de la zone idéale recherchée par le consommateur friand d’un type de tourisme particulier. Ceci pour les différentes sortes de tourisme connues. Il faudra prendre en compte un maximum de variables et estimer leurs importances respectives pour le visiteur, le rôle qu’elles jouent dans la qualité du produit final proposable.

Chaque « objet », qui sont ici les différents types de tourisme, devra être évalué à partir de toutes les variables (les caractéristiques attendues par le client) intervenant à un moment ou à un autre dans l’évaluation de l’un des objets. Par exemple même si, seul le tourisme thermal nécessite la présence d’une source d’eau chaude sur le site, la caractéristique « présence d’une source d’eau chaude » devra être estimée, plus ou moins importante dans l’exploitation de tous les autres objets. Nous verrons que les valeurs ainsi obtenues constitueront d’une certaine manière les coordonnées des différents objets, c’est à partir de ces critères, de ces estimations, de ces variables, que l’on pourra par la suite, grâce à l’A.C.P., représenter nos objets sur un graphe.

5.2.2. Les données.
Nous ne nous attarderons pas ici sur la façon dont les critères doivent être évalués, nous avons déjà exposé les différentes méthodes de collectes des données, leurs avantages et leurs défauts. Nous utiliserons dans l’exemple explicatif de cette partie un système de notation des critères assez proche de l’échelle de vérité du professeur Fustier vue précédemment, à quelques détails près. Dans le problème qui nous intéresse, il ne s’agit pas de noter les produits touristiques pour savoir lequel d’entre eux est le plus performant, c’est évident, le but ici est de les différencier en fonction de certaines variables, les critères, qui correspondent plus ou moins aux uns et aux autres. Il s’agit donc surtout de les comparer à travers ces variables, c’est pourquoi nous pensons que l’on pourrait effectuer l’évaluation d’un type de tourisme en estimant le niveau de vérité de propositions telles que « le critère numéro 1 est important pour ce type de tourisme » ou encore « la variable 1 est recherchée par le client pratiquant ce type de tourisme » et ceci pour chacune des variables. On répondrait alors par faux, presque-faux, ou tout autre échelon de l’échelle E déjà rencontrée. Cependant un détail important doit être pris en compte :

En principe, l’Analyse en Composantes Principales ne peut pas prendre en considération des variables qualitatives, il faudra donc transformer ces niveaux de vérité en note, ce qui enlève il est vrai toute l’essence de l’évaluation. Aussi, nous choisirons de noter les variables par exemple sur 10 mais en gardant toujours présent à l’esprit que ces notes visent à permettre une comparaison entre les objets. On pourra finalement noter sur 10 « l’importance du critère j sur la variable i ».

Les données devront être collectées auprès d’experts en tourisme, chercheurs, enseignants, membres d’observatoire du tourisme, offices et autres catégories de personnel professionnel de ce secteur. Lorsque l’on teste la méthode, on se rend compte très rapidement que dans l’espoir d’obtenir des résultats fiables, on a tendance à intégrer un maximum de critères, or, cela complique considérablement la tâche de l’enquêté qui pour chaque nouveau critère aura autant de notes à donner qu’il existe d’objets à évaluer. On peut éviter ce problème en étudiant avec soins les critères retenus. En effet, en faisant remplir préalablement un très petit nombre de grilles, l’A.C.P. nous aide à déceler d’éventuels liens entre les critères. Par exemple, si l’on interroge un expert sur l’importance des critères « tradition » et « patrimoine historique », même si l’on considère au départ qu’il existe entre ces deux variables une nuance à prendre en compte, au final on s’apercevra que ces données sont « corrélées » c’est à dire qu’elles sont liées. Un type de tourisme qui requiert de la part d’une zone un fort taux de tradition, demandera également à cette zone d’être fournie en patrimoine historique. La corrélation peut aussi venir du fait que les experts ont du mal à cerner la nuance entre deux critères. Quoi qu’il en soit, une étude minutieuse des corrélations permettra d’éliminer des données qui, au bout du compte, fournissent une information similaire. Notons que deux variables peuvent aussi être corrélées négativement, par exemple, si les critères « tranquillité » et « fréquentation » seront certainement notés de manière opposée. Dans la plupart des cas, deux critères corrélés pourront être transformés en un critère unique, simplifiant ainsi la grille à remplir. La grille pourra ainsi être retravaillée et simplifiée avant d’être distribuée aux experts concernés.

La synthèse des évaluations (des grilles) pourra se faire de différentes manières. On pourra par exemple effectuer pour chaque note la moyenne des estimations données par les experts. On peut également envisager de demander aux experts de pondérer les variables en fonction de leur compétence relative aux différents critères estimés, on multipliera la note de l’expert par le coefficient ainsi obtenu avant d’effectuer la moyenne des notes des experts. Enfin, lors du test que nous avons réalisé, nous avions choisi d’additionner simplement les notes des différents experts, dans ce cas leurs estimations sont prises en compte au même niveau ; si l’on a demandé à cinq personnes de noter sur dix les variables, dans la grille de synthèse les variables seront notées sur cinquante (somme des notes).

5.3. L’analyse.
Les données se présenteront finalement sous la forme du tableau suivant dans lequel les objets en ligne, représentent différents types de tourisme, par exemple « balnéaire ; neige ; culturel ; voile ; affaire » (respectivement notés : b, n, c, v, a), et les variables (numérotées de 1 à 8) en colonnes, sont les caractéristiques sur la base desquelles on compare les objets :

I II III IV V VI VII VIII
b 10 3 5 0 9 7 2 4
n 6 4 3 3 6 7 6 10
c 2 7 2 10 6 8 10 2
v 9 10 10 5 10 9 6 3
a 2 10 4 9 1 7 6 0

C’est cette grille qui fera l’objet d’une Analyse en Composantes Principales. On pourra à l’issue de l’A.C.P. observer sur un plan la disposition des cinq types de tourisme comparés mais également sur le même graphe les huit variables ayant contribué à l’emplacement des objets :
graphe les huit variables ayant contribué à l’emplacement des objets

La simple observation de ce graphe permet de comprendre l’importance des critères I et V pour le tourisme balnéaire (b), que ce type de tourisme est plus proche du tourisme voile (v) que de l’activité tourisme culturel (c), etc. On remarque également que le tourisme neige (n) se distingue nettement des autres et que le critère VIII est très important pour lui alors qu’il ne l’est pratiquement pas pour les autres. Il pourrait s’agir de la caractéristique « enneigement ».

5.4. Seconde phase.
Ce n’est qu’après avoir réalisé cette première Analyse en Composante Principale qu’interviendra la zone que l’on souhaite développer. On peut, dans le cadre d’une A.C.P. projeter sur le premier graphe un « objet supplémentaire » afin d’observer sa façon de se positionner par rapport aux objets déjà présents. Il faudra donc considérer la sous-microrégion à traiter comme s’il s’agissait d’un nouveau type de tourisme et dresser son profil réel (et non plus idéal) afin de l’intégrer au graphe selon les mêmes critères ; Il suffira pour cela de noter, de la même façon que pour les autres objets, les variables présentes dans le tableau initial en fonction de leur importance dans la sous-microrégion. En projetant la zone comme « individu supplémentaire », nous verrons comment, compte tenu de ses caractéristiques propres, elle vient se positionner par rapport aux différents types de tourisme existants. Ce nouvel objet ne participe pas activement à l’Analyse, ses caractéristiques ne contribuent pas à la formation des axes. Il serait malvenu (scientifiquement) d’effectuer une analyse à partir de caractéristiques idéales pour certains objets qui seraient des types de tourisme, et des caractéristiques réelles (observées) d’un objet qui serait un espace ; les résultats seraient difficiles à commenter.
Prolongements de l’analyse – Etude de Développement Régional

Sur notre exemple précédent, la zone i vient se positionner à proximité du tourisme d’affaire probablement parce qu’elle est bien fournie en caractéristiques VI et VII qui sont des caractéristiques propices à un tel type de tourisme : hébergements de qualité supérieure, ou proximité d’une université (avec salle de conférences) par exemple. Le décideur saura alors que les spécificités de sa zone sont recherchées par les personnes en tourisme d’affaire ; il pourra envisager d’orienter ses investissements futurs vers des structures attirant ce type de clientèle.

Le premier graphe obtenu permet à lui seul de donner des indications sur les potentialités d’une infinité de zones. En effet une fois les différents produits touristiques placés, leurs positions ne varieront plus, quelle que soit la zone « supplémentaire » projetée (sa projection n’influence en rien la dispersion ou le regroupement des premiers éléments). Il ne sera pas nécessaire de recommencer la première phase pour analyser par exemple, les différentes sous-microrégions d’une même catégorie de sensibilité ou d’un même territoire en générale.

Une Analyse en Composantes Principales peut être effectuée avec des logiciels informatiques tels que STAT-ITCF. Cette démarche permet d’apporter une aide afin d’orienter économiquement l’avenir d’une région vers une production adaptée aux ressources dont elle dispose. Une telle procédure peut aussi être utilisée pour aider le décideur à choisir le type de contrat (station grand site, station littorale, etc.) qu’il est le plus susceptible d’obtenir d’après les spécificités de sa zone. Il suffira pour cela de remplacer les types de tourisme de notre exemple par les différents contrats et les variables par les caractéristiques requises pour décrocher ces différents contrats.

Les résultats obtenus au cours de la première évaluation de sensibilité des sous-microrégions ayant permis d’effectuer un redécoupage de notre cadre de référence (la Corse), une première information nous indique si oui ou non il serait judicieux de développer touristiquement une sous-microrégion, ou s’il serait préférable d’y poursuivre une activité agricole ou simplement de sauvegarder sa richesse esthétique, naturelle, en la préservant de toute détérioration. La deuxième procédure utilisant l’Analyse en Composantes Principales donnera des informations plus précises quant aux capacités potentielles d’une sous-microrégion relatives à ses spécificités économiques et environnementales. Cette dernière pourra ainsi choisir de se spécialiser dans le domaine pour lequel elle semble être la mieux disposée.

Conclusion.
On aurait pu adopter la démarche inverse en cherchant dans un premier temps à établir (à l’aide de l’A.C.P.) l’existence éventuelle d’affinités entre les sous-microrégions et les produits touristiques pouvant y être exploités (ceci pour chacune des 35 sous-microrégions) ; Et, dans un second temps étudier les possibilités d’un éventuel rapprochement entre zones de même « profil » touristique (en s’aidant cette fois de la méthode satisfaction-regret) ceci en vu d’une coopération dans la spécialisation décidée, destinée (la coopération) par exemple à diminuer les coûts d’investissements nécessaires à la bonne marche de la politique de développement choisie.

Deux sous-microrégions voisines, prédisposées à recevoir une clientèle de sport d’hiver, l’une disposant d’une zone riche en sommets enneigés, l’autre englobant les quelques plateaux situés au plus près de ces sommets, pourront s’associer dans un projet d’implantation d’une station de sport d’hiver en partageant les frais relatifs aux installations sportives et d’hébergement nécessaires avant de se partager les recettes ainsi engendrées.

Conclusion du chapitre IV
Les différents domaines de l’économie, des mathématiques, de l’environnement (géographie, écologie) fournissent des éléments qui rendent la stratégie de coopération par la spécialisation largement réalisable puisque nous avons vu dans ce chapitre que toutes ces sciences disposent d’outils que l’on pourra utiliser dans chacune des étapes de la mise en oeuvre de notre théorie.

Soulignons qu’aujourd’hui la plupart des méthodes de traitement de données peuvent être effectuées à l’aide de logiciels de plus en plus performants. La méthode Satisfaction-regret peut, elle aussi, être réalisée avec le logiciel DECISIO certes encore peu connu mais il existe et il fonctionne.

L’exemple d’évaluation donné dans ce chapitre montre que le passage de la théorie à la pratique peut être envisagé assez sereinement. Le but principal restant toujours d’employer au mieux les richesses naturelles d’un site. Rappelons que ce que l’on entend par employer au mieux, n’est pas forcément « employer au maximum » mais plutôt « mettre en valeur » et donc tantôt améliorer, tantôt préserver ces ressources naturelles dans le but d’en user correctement et le plus longtemps possible. Il est parfois essentiel en économie de savoir « ménager sa monture », ou, pour employer une expression plus adaptée au cas des ressources naturelles, de savoir protéger « la poule aux oeufs d’or ».

CONCLUSION
Toute politique de développement passe par une analyse poussée et méticuleuse des particularités et potentiels du territoire qu’elle intéresse. Une bonne connaissance des éléments se rapportant au secteur d’activité qui semble pouvoir utiliser au mieux les capacités naturelles, économiques, sociales et culturelles d’une région, est de la même façon garante de l’efficience maximale du projet d’organisation économique envisagé. La première partie de cette recherche fait ressortir la forte adéquation jusque là perceptible entre les petites économies isolées et l’activité touristique. Le travail des décideurs, responsables politiques et professionnels, sera alors de mettre au point une stratégie de gestion des ressources qui permettra au secteur d’exploitation retenu de se fondre avec le paysage économique mais aussi environnemental du site. Dans le cadre d’espaces restreints, une totale adhésion de la population résidente demeure la principale condition au succès d’un éventuel développement touristique. C’est pourquoi il nous paraît essentiel de rappeler une fois de plus que ce sont les structures et infrastructures du tourisme qu’il faudra adapter aux particularités du lieu et des autochtones. La première erreur, à ne pas commettre, serait d’établir de nouvelles règles allant à l’encontre des us et coutumes, du mode de vie en général des résidents.

La nécessité pour de petits territoires isolés de participer et d’être présents sur le marché international est facilement compréhensible puisqu’il est évident que sans cela le circuit fermé dans lequel s’échangeraient les richesses internes conduirait inéluctablement à une économie stagnante. Le tourisme permet à ces régions d’augmenter leur richesse, par obtention de devises étrangères, sous réserve qu’elles ne proviennent pas d’une fuite plus importante de leurs ressources naturelles. Nous avons démontré dans la seconde partie de ce travail qu’une telle opération est réalisable. Elle passe par une politique de gestion des ressources naturelles visant à mettre en valeur ces dernières plutôt que de risquer de les dilapider en les exploitant de manière irresponsable tels des puits sans fond. La théorie des avantages comparatifs de Ricardo et les prolongements qui en sont issus laissent entrevoir de réelles possibilités pour les régions dont nous parlons de participer au commerce international en se spécialisant dans le tourisme, activité qui leur permet d’employer au mieux leurs atouts.

Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que cette activité reste très dépendante des variations d’humeur et de goût des consommateurs. Même si depuis quelques décennies de nombreuses mesures gouvernementales sont venues favoriser sa pratique (congés payés, déréglementation, etc.), la diversité de l’offre ne peut être exclue du programme d’organisation. La région ne doit donc surtout pas tenter de se transformer en un produit touristique unique mais, une nouvelle fois, chercher à adapter la diversité de ses ressources naturelles à autant de produits différents. C’est là une politique régionale qui doit alors voir le jour, proposant aux zones constituant le territoire de se spécialiser selon leurs spécificités respectives. L’analyse de la demande touristique fondée sur la nouvelle théorie du consommateur de Lancaster montre que la diversité qui fait la force d’un espace fera alors la joie du visiteur qui ne sera plus contraint de consommer le produit proposé, mais pourra construire son séjour en combinant les éléments de son choix, accessibles dans une même région.

Si l’on démontre avec facilité l’intérêt de la spécialisation en termes d’utilité, de préférence, de contentement de la demande, force est de reconnaître qu’il en est tout autrement pour ce qui concerne son efficience en termes de profit. En effet, la spécialisation ne portera ses fruits que si elle est pratiquée sur l’intégralité du pays. Or, on se rend compte assez rapidement que la cohésion entre les multiples décideurs n’est pas forcément rationnellement induite. Les quelques éléments empruntés à la théorie des jeux nous ont permis de donner des exemples de situations conduisant à une impasse, c’est à dire à l’improbabilité d’une mise en place « naturelle » de la spécialisation. Celle ci passe donc par une coopération entre les acteurs économiques qui pourra être imposée ou encouragée selon les moyens employés pour la rendre en tout cas effective.

L’analyse ordonnée des nombreux points à étudier dans l’optique de la mise en oeuvre d’une stratégie de développement des milieux restreints isolés nous a amenés à dire qu’une politique d’organisation du territoire fondée sur la spécialisation touristique micro-régionale par la coopération est tout à fait cohérente et qu’elle présente de fait de nombreux avantages aussi bien pour les acteurs que pour les consommateurs, et ceci, tout en respectant les aspirations et l’environnement des populations locales. Nous nous sommes de plus attachés dans cette recherche à montrer que sa réelle application « sur le terrain » est envisageable. Les quelques exemples proposés montrent que des outils existent pour éventuellement faciliter cette application.

Remarquons cependant pour conclure que nous n’avons pas prêté attention à l’aspect « financement » d’un tel projet. Il serait certes intéressant de se pencher sur les coûts d’implantation des infrastructures, de gestion, d’entretien, de formation et autre. L’intégration de ces aspects dans notre étude ne s’imposait pas selon nous, puisque la démarche suivie tout au long de ce travail consiste en répertorier les potentiels existants, les analyser, pour ensuite les employer au mieux. Il s’agissait donc pour nous de montrer qu’une bonne utilisation des « moyens du bord », et notamment (dans notre sujet) leur mise en valeur, suffit déjà à s’engager sur la voie d’un développement soutenable et durable. Nous serions satisfait si nos travaux apportaient quelques éclaircissements sur la méthodologie à suivre pour y parvenir, et permettaient par la suite d’aboutir à des résultats concrets.

ANNEXE 1
Estimation des exportations régionales par des méthodes indirectes :
le quotient de localisation.
Polese M. :«Economie urbaine et régionale : logique spatiale de mutations économiques.», Economica 1994.
Si l’on a en main, pour chaque secteur d’activité économique, des données sur l’emploi des régions ou villes qui réforment le système national, on peut, par des méthodes indirectes, estimer le niveau des exportations et des importations, ou plus exactement la part de l’emploi qui leur est attribuable, par secteur et par région. L’avantage de ces méthodes indirectes tient à leur grande simplicité. Toutefois, les résultatas qu’elles permettent d’obtenir doivent être traités avec la plus grande prudence, car ce sont, précisément, des « estimations ».

La méthode employée le plus couramment s’appuie sur le calcul du quotient de localisation. En termes simples, c’est un modèle d’estimation qui compare le nombre d’emplois que compte une activité dans une région donnée à un ensemble de références, soit, en général, l’emploi de l’activité dans tout le système étudié :
Q1j=100*(E1j/Ej)/(E1/En)(1)
où Q1j=Quotient de localisation du secteur d’activité 1 dans la région j,
E1j=Emploi du secteur d’activité 1 dans la région j,
Ej=Emploi total de la région j,
E1=Emploi du secteur d’activité 1 dans l’ensemble des régions (n),
En=Emploi total de l’ensemble des régions (n).

La valeur du quotient exprime le degré de concentration de l’activité dans la région par rapport au territoire de référence (c’est pourquoi on parle aussi de quotient de concentration) : une valeur supérieure à 1 signifie une concentration plus que proportionnelle dans la région. Cette information est utile pour comparer la structure économique d’une région (ou ville, ou zone) à celle d’autres ensembles territoriaux. On peut faire le même type de calcul pour analyser les sous-zones d’une région urbaine. Il est possible, par ailleurs, de remplacer la variable « emploi » par d’autres indicateurs : population, production, nombre d’établissements… Bref, la méthode peut servir à plusieurs types d’analyse.

L’utilisation du quotient de localisation pour estimer la structure des exportations repose sur le postulat suivant : une valeur de Q1j supérieure à 1 signifie que la région est exportatrice ; une valeur inférieure à 1 signifie qu’elle est importatrice. La formule peut alors se réécrire de la façon suivante:

C1j=[E1j-Ej(E1/En)](2)

oùC1j = le nombre d’emplois de la région j attribuables aux exportations de la branche d’activité 1, à condition que C1j>0.

Si l’on dispose également de données sur la valeur ajoutée par employé et par secteur d’activité (données nationales, en règle générale), il devient possible de transformer en valeur monétaire les estimations des emplois dus aux exportations, tout en estimant la structure des importations :

Vij=[E1j-Ej(E1/En)]*P1n(3)

où : Vij =_ la valeur (en dollars, etc.) des exportations de la région j dans le secteur d’activité 1, à condition que Vij>0
_ la valeur des importations, à condition que Vij
P1n =_ la valeur ajoutée (ou PIB) par employé du secteur 1.

Comme tout modèle basé sur la logique du quotient de localisation, celui-ci comporte des limites importantes. Il n’admet pas qu’une région importe et exporte à la fois les mêmes produits. Les résultats se rapportent toujours à des fluxs nets ; on suppose de façon implicite que l’exportation n’est possible que si la demande locale est d’abord satisfaite, ce qui amène une sous-estimation des exportations et du commerce inter-régional en général. On peut contourner ce problème, du moins pour les exportations d’une région en décidant, après évaluation des résultats, de situer la barre plus bas que Q1j=1 (dans l’équation 1) ou V1j=0 (dans l’équation 3).

Parmi les autres prémisses qui sous-tendent le cacul mentionnons les suivantes. On suppose que l’économie du système n est fermée. Il n’y a ni importation ni exportation hors du système régional analysé. Les résultats auront donc d’autant plus de valeur que le système analysé couvre un grand territoire (un grand pays) dans lequel le commerce international n’occupe pas une place importante. Cependant, peu de pays répondent à ce critère. Encore là, le chercheur pourra contourner le problème en se servant de données sur le commerce international du pays concerné.

On suppose enfin que les structures de consommations sont partout les mêmes (ce qui ne constitue pas, en règle générale, une contrainte majeure) et que la productivité par secteur d’activité est également la même partout, hypothèse déjà plus restrictive. A moins de connaître les variations de productivité par région et par secteur d’activité, information rarement disponible, on ne peut généralement pas modifier cette hypothèse.

ANNEXE 2
Théorie des avantages absolus et comparatifs de Smith et Ricardo
1). Adam Smith et l’avantage absolu.
On illustre généralement la théorie des avantages absolus en prenant pour exemple la Grande-Bretagne, que l’on considérera dans le modèle comme étant l’économie nationale, et le Portugal qui fera office de pays étranger (et dont les facteurs de production et autres variables s’y rapportant seront caractérisées par le signe : * ). Ces deux pays produisent du vin (produit 1), et des draps (produit 2). On suppose alors que les coûts de production (évalués en quantité de travail, en heure par exemple) incorporés dans une unité de bien sont pour chacun des pays les suivants :

Coût unitaire dechaque bien entermes de travail Grande-Bretagne Portugal
Vin (1) 100 80
Drap (2) 20 40

Dans ce cas, on note que pour la Grande-Bretagne 20 heures de travail suffisent à la fabrication d’un drap, qui en nécessite le double au Portugal (40 heures de travail), ce qui implique que la Grande-Bretagne est plus efficiente que le Portugal dans la production de draps. Le même raisonnement permet de mettre en évidence que le Portugal est lui plus efficient que la Grande-Bretagne dans la production de vin (80 contre 100). Smith présente ces résultats en disant que la Grande-Bretagne dispose d’un avantage absolu sur le Portugal concernant la fabrication de draps alors que le Portugal dispose, lui, d’un avantage absolu sur la Grande-Bretagne s’agissant de la fabrication de vin.

Dans ces conditions, les deux pays ont intérêt à échanger en important le bien dans lequel ils sont le moins performant, et en exportant celui qu’ils produisent mieux que leur partenaire. En effet, la Grande-Bretagne important une unité de vin d’une valeur de 80 heures de travail au Portugal, fait une économie de 20 heures puisque sa fabrication lui en aurait coûté 100. Le Portugal gagne également « du temps » en important des draps (selon le même raisonnement).

Cet exemple peut être généralisé en notant les quantités de travail (L) nécessaires par unité produite (X), et en appelant (a) les rapports d’input/output. On a alors :
image069aaasoit image071 et image073 soit image075
Si image077, c’est qu’il faut plus de travail au pays national qu’au pays étranger pour fabriquer X1. Le pays étranger a donc l’avantage absolu pour le bien 1 et le pays national a intérêt à importer ce bien 1.

Si image079 par contre , le pays national a l’avantage absolu pour le bien 2.

Il y aura gain quand le produit acheté à l’étranger a un coût relativement moins élevé que celui de la production nationale.

Les conditions de spécialisation peuvent être représentées graphiquement comme suit. On notera toutefois que pour l’explication graphique, les quantités de travail ne varient pas, se sont les quantités de biens produites (pour une même unité de travail) qui déterminent l’efficience des fonctions de production (ce qui revient au même) :

Représentation graphique des conditions de l’échange
Représentation graphique des conditions de l’échange
_L1 et L2 représentent les quantités de travail,
_X1 et X2 représentent les quantités de vin (1) et de drap (2) produites,
_f1 , f2 , f1*, f2* sont les fonctions de production des biens 1,2 en Grande-Bretagne et au Portugal*,
_[T,T’] et [T*,T’*] sont les frontières de possibilités de production de chacun des pays.

On voit que pour une même quantité de travail L, la fonction de production du vin au Portugal (f1*) est plus efficiente que celle du pays national (f1) puisqu’elle permet d’en obtenir une quantité plus importante : X1* se situe sur le graphe au niveau de T*. Alors que pour le bien 2 (les draps), c’est la fonction de production de la Grande-Bretagne qui est la plus efficiente: X2 (situé en T’) > X2* (situé en T’*). Le Portugal a donc intérêt à se spécialiser dans la production du vin et la Grande-Bretagne dans la production de draps.

Pour Adam Smith, seuls les pays possédant un avantage absolu peuvent participer à l’échange. Dans notre exemple, un pays pour lequel les coûts de production d’une unité de vin et d’une unité de drap (toujours en termes de travail) seraient respectivement 110 et 50, ne disposerait d’aucun avantage absolu et ne pourrait donc pas participer à l’échange. C’est sur ce point que David Ricardo est en désaccord avec Smith quand il présente la théorie des avantages comparatifs.

2). David Ricardo, les avantages comparatifs.
Ricardo (« Principes de l’économie politique et de l’impôt », 1817) va démontrer qu’un pays ne bénéficiant d’aucun avantage absolu pourra néanmoins participer à l’échange international. Pour cela, il propose une spécialisation basée cette fois ci sur les avantages comparatifs. (Dans l’exemple donné par Ricardo, l’évaluation de la quantité de travail nécessaire à la fabrication d’un bien n’est pas l’heure de travail mais l’homme-année). Reprenant dans son exemple la fabrication de draps et de vin en Grande-Bretagne et au Portugal, il donne les évaluations suivantes :

Coût unitaire dechaque bien entermes de travail Grande-Bretagne Portugal
Vin (1) 120 80
Drap (2) 100 90

Le principe reste le même, on voit que pour fabriquer une unité de vin il faut 120 hommes-année en Grande-Bretagne et 80 au Portugal tandis que pour fabriquer une unité de drap, il faut 100 hommes-année en Grande-Bretagne et 90 au Portugal. On note alors que le Portugal dispose d’un avantage absolu dans la fabrication des deux biens puisque pour chacun d’entre eux, le coût unitaire de production est plus fort en Grande-Bretagne. Selon Smith, le Portugal n’aurait, dans ce cas, aucun intérêt à échanger l’un de ces deux produits avec la Grande-Bretagne.

Ricardo s’intéresse alors aux coûts comparatifs et constate que le coût comparatif du drap par rapport au vin est moins élevé en Grande-Bretagne qu’au Portugal : 100/120

Le principe se modélise comme suit :
Hypothèses : On considère deux pays, le national et l’étranger (*), et deux biens (1 et 2) ; Un facteur de production homogène (le travail) et mobile entre les deux secteurs (identité intersectorielle du taux de salaire) et des coûts constants quel que soit le niveau de production.

Reprenant les mêmes notations que précédemment, on aura encore : aLi=Li/Xi coefficient d’input-output (le rapport inverse ALi=Xi/ Li représente la productivité du travail) on obtient les prix d’offre interne qui sont égaux au coefficient d’input-output multiplié par le taux de salaire (noté w) :
image082 et image084 soit image086
Pour le pays étranger : image088
Dans l’exemple numérique précédent, on obtient :
image090 ou encore : image092
Le Portugal (pays étranger noté * ) a un avantage comparatif dans la fabrication du vin (produit 1) et la Grande-Bretagne (pays national) dans celle du drap (produit 2).

Les termes de l’échange international image094 s’établiront entre les deux rapports de prix internes tel que :
image096 soit image098
Dans l’exemple chiffré développé précédemment on obtient : image100
Si la spécialisation internationale se généralise, elle entraîne une nouvelle allocation du travail dans le secteur pour lequel le pays a un avantage comparatif. Le gain à l’échange pour chaque pays vient alors du fait que le facteur travail est utilisé au maximum dans le secteur où la productivité est la plus importante, pour le produit que l’on sait le mieux faire (meilleure utilisation du facteur de production : travail). On peut formaliser ce résultat en gardant les données de l’exemple déjà évoqué :

Supposons qu’une quantité de chaque bien (drap et vin) est produite et consommée dans chaque pays (nous verrons que la répartition mondiale des activités ne dépend pas uniquement des conditions de l’offre de production, mais que la demande doit aussi être prise en compte). Sans la spécialisation, chaque pays produit une unité de chaque bien, le coût total est de 220 pour la Grande-Bretagne et de 170 pour le Portugal. Avec spécialisation, la Grande-Bretagne doit produire les deux unités de drap (qu’elle fait comparativement le mieux), ce qui nécessite 200 unités de travail ; tandis que le Portugal doit, lui, produire les deux unités de vin (domaine dans lequel il est le plus performant, où son avantage absolu est encore plus écrasant), ce qui engendre pour lui un coût de 160 unités de travail. Soit le tableau suivant :

Coût unitaire de chaque bien en termes de travail Grande-Bretagne Portugal
Spécialisation : Sans Avec Sans Avec
Vin (1) 120 0 80 160
Drap (2) 100 200 90 0
Coût mondial pour 2unités de chaque bien 220 200 170 160
Gain en unités de travail 20 10

La production des biens de cette économie (englobant les deux pays) est inchangée (deux unités de chaque bien), la spécialisation a permis une économie de 20+10=30 unités de travail.

ANNEXE 3
Fixation des prix des biens échangés.
Mucchielli Jean-Louis : « Economie Internationale ». Dalloz. 1990.
Mucchielli (1990) expose clairement les modalités de fixation des prix des biens échangés à l’aide du graphe suivant :
image101

Sont représentés ici, les segments d’offre du bien 1 correspondant en fait aux quantités possibles produites dans chaque pays aux coûts relatifs image103 et image103. Ces deux segments donnent la droite brisée O.

La courbe D représente la demande mondiale relative du bien 1, elle a les caractéristiques d’une fonction de demande classique (dD/dP<0).

L’intersection de ces deux droites permet d’établir le prix international relatif du bien 1. Ce prix se situera entre les deux rapports de prix relatifs internes (cas par exemple de l’intersection entre O et D2) ou bien sera égal à l’un d’entre eux (cas par exemple de l’intersection entre O et D3).

Le gain à l’échange sera alors égal à la différence existant entre le rapport d’échange interne et le rapport d’échange international du produit considéré. Plus le second sera éloigné du premier et plus le gain sera important.

Pour le pays national, cet écart sera le plus grand lorsque le rapport international sera égal au rapport interne du pays étranger, soit :image103 . Ceci correspond à la situation où la demande pour le produit 1, dans lequel le pays national a un avantage comparatif, est très forte ; le prix international est alors égal au prix interne le plus élevé. A l’inverse, si la demande est très peu élevée, le prix international sera égal au prix interne du pays national et celui-ci ne dégagera aucun gain à l’échange international.

On peut expliciter cet exposé de Mucchielli en reprenant les données de l’exemple traité jusqu’ici :

Grande-Bretagne Portugal
Vin (1) 120 80
Drap (2) 100 90
Coût relatif vin/drap 1,2 0,89
Coût relatif drap/vin 0,83 1,125

Ici, si la demande de drap est très forte, le prix (sur le marché international) sera proche de celui du pays où il est le plus élevé (1,125 au Portugal), par exemple si image113, le gain (national) de la Grande-Bretagne concernant le commerce du drap sera de 0,27 à la vente (1,1-0,83) alors que le gain du Portugal à l’achat ne sera que de 0,025.

Par contre, si la demande en drap est très faible, le prix (sur le marché international) sera proche du pays où il est le moins élevé (0,83 en Grande-Bretagne) soit pour image115 un gain à la vente pour la Grande-Bretagne de seulement 0,07 mais un gain à l’achat de 0,225 pour le Portugal impliquant cette fois ci une moindre « rémunération » de la spécialisation nationale (G-B) dans son avantage comparatif (le drap).

En fait, il n’y aura répartition égale du gain à l’échange que dans le cas (particulier) où la demande est telle que le prix du marché international s’établira à image117 (ici : 0,9775 pour un gain de 0,1475).

Si la demande mondiale de draps est faible et inférieure à la capacité de production de la Grande-Bretagne, le surplus provenant de sa spécialisation complète engendrera une baisse des prix relatifs au niveau le plus bas et par là même l’improbabilité d’un éventuel bénéfice à l’échange. Et même si la spécialisation n’est pas complète, le gain à l’échange est cette fois remis en cause par sa production de vin à des coûts plus élevés qu’au Portugal.

Par contre, si la demande mondiale de draps est très forte et supérieure à la capacité de production de la Grande-Bretagne, le Portugal sera obligé d’en produire lui aussi empiétant de ce fait sur sa production de vin, d’où une fixation du prix relatif international du drap par rapport au vin au niveau le plus élevé impliquant l’absence de gain à l’échange pour le Portugal.

« Ces différences de demande peuvent être liées aux caractéristiques des biens, (biens primaires dont la demande relative baisse avec l’élévation du niveau de vie, par rapport aux biens manufacturés) ou aux différences de taille des pays. Dans le premier cas, les spécialisations sur les biens primaires sont peu porteuses de gains. Dans le second cas, le petit pays, qui peut se spécialiser totalement, au contraire du grand pays, gagnera plus à l’échange. Ce dernier phénomène est connu sous le nom du paradoxe du petit pays » (Mucchielli 1990).

ANNEXE 4
Les hypothèses du modèle des dotations factorielles.
H1Deux pays A et B ne diffèrent que par l’importance de leurs dotations factorielles relatives. Ces pays produisent et consomment deux catégories de biens homogènes X1 et X2. Les facteurs de productions utilisés K et L sont homogènes.

H2Les intensités relatives en capital (ou en travail) de X1 et X2 sont distinctes, par exemple : la production de X1 sera relativement plus capitalistique par rapport au travail que celle de X2.

H3Les facteurs de production disponibles en quantités fixes sont utilisés au plein emploi dans la production et de façon optimale, K=K1+K2 et L=L1+L2. Chaque pays produit des deux biens, il y a donc spécialisation internationale incomplète.

H4Les fonctions de production pour chaque produit sont identiques sur le plan international, homogènes, de degré 1, à rendements d’échelle constants et à productivité marginale décroissante.
X1 = F(L1 , K1) = L1 f(k1) avec k1 = K1 / L1
X2 = G(L2 , K2) = L2 g(k2) avec k2 = K2 / L2

Les intensités factorielles sont non réversibles quels que soient les prix relatifs des facteurs.

H5Les préférences des consommateurs sont identiques de pays à pays. Elles sont caractérisées par une utilité marginale de chaque bien, constamment décroissante.

H6Seuls les produits ou les services sont échangés sur le plan international. Les facteurs de production sont immobiles de pays à pays.

Dans ces conditions, on représente la situation d’équilibre autarcique, situation d’équilibre d’un pays en isolement comme suit :
Situation d’équilibre autarcique
Situation d’équilibre autarcique
Toute combinaison de biens (X,Y) doit assurer le plein emploi des facteurs de production et donc se situer sur la courbe de possibilités de production (Ymax , Xmax).

Toute la production de X et de Y doit être consommée et la combinaison (X,Y) doit procurer le maximum d’utilité à la collectivité donc se situer sur la courbe d’indifférence collective la plus élevée possible (ici II plutôt que I).

Au point E, la combinaison (x,y) répond à ces impératifs.
La droite (Tg) issue de E, tangente à la fois à la frontière de production et à la courbe d’indifférence II est appelée ligne d’échange en isolement. Le point E correspond au rapport des prix Px/Py, c’est le rapport d’échange interne, on l’appel aussi coût d’opportunité du bien x par rapport au bien y ou taux marginal de substitution de x par rapport à y. Au point E ce rapport de prix correspond au prix d’équilibre en isolement.

ANNEXE 5
Un cas type de solution par élimination des stratégies dominées : le dilemme du prisonnier.
Bernard Guerrien :« La théorie des jeux », Economica 1995.

Le « dilemme du prisonnier » est un type de jeu où des individus ont intérêt à s’entendre, plutôt qu’à ne pas s’entendre, mais où chacun peut gagner à ne pas respecter un éventuel accord, si les autres s’y tiennent. Tel est le cas lorsque deux suspects sont incités à se dénoncer l’un l’autre, cas illustré par le tableau suivant :

(gain A, gain B) B se tait B dénonce A
A se tait (2,1) (-5,4)
A dénonce B (3,-2) (-2,-1)

On vérifie immédiatement que, pour chaque joueurs, la stratégie consistant à se taire est dominée par celle consistant à dénoncer l’autre. Par conséquent, la méthode d’élimination des stratégies dominées conduit ici à une solution unique : A et B se dénoncent mutuellement. Solution inefficiente, bien entendu (A et B gagneraient à se taire tous deux), mais inévitable si on adopte un strict point de vue individualiste (chacun a intérêt à dénoncer l’autre, si celui-ci se tait).

Des situations du type dilemme du prisonnier sont fréquentes en économie : cas d’une duopole (ou d’un oligopole) avec fixation de quotas pour obtenir un prix de vente plus élevé, mais où chacun est tenté de produire plus que son quota tout en bénéficiant du prix « avec quotas » ; cas d’entreprises se lançant dans des campagnes publicitaires coûteuses et qui se neutralissent mutuellement ; cas d’un bien collectif dont chacun voudrait bénéficier sans contribuer à son financement etc.

ANNEXE 6
Le choix du découpage.
Serra Denis : « Développement touristique corse : vers une spécialisation micro-régionale ».
Mémoire de maîtrise, Université de Corse, 1994.

La Corse : « Un territoire cloisonné ».
Les réalités économiques et démographiques de la Corse ne sauraient être contenues dans une seule image globale. L’INSEE dresse le portrait de dix-neuf micro-régions insulaires.

Les transformations qui ont affecté l’espace insulaire depuis le début des années soixante ont contribué à remettre en cause les équilibres géographiques anciens. En effet, ceux-ci étaient fondés essentiellement sur les nécessités d’une agriculture agro-pastorale désormais marginalisée. Si l’histoire et la géographie pèsent encore de tout leur poids, l’urbanisation et le développement des emplois du tertiaire ont cependant créé de nouveaux bassins de vie.

Ainsi, la première partition du territoire corse est directement liée à la géographie. De fait, les aménagements humains correspondaient souvent au découpage hydrographique, les relations de vallée à vallée étant difficiles ou inexistantes à certaines périodes de l’année. Malgré l’amélioration des moyens de transport, ce découpage traditionnel est toujours pertinent pour les espaces organisés autour de fleuves tels que le Taravo ou le Golo.

Le souvenir des « piève ».
Ancêtres des cantons, les pieve de l’Ancien Régime constituent un autre élément essentiel qui a fortement contribué à façonner l’espace. Les pieve ont conservé dans la Corse d’aujourd’hui ce que l’on appelle une conscience de soit, sentiment d’enracinement dans une communauté plus large que celle du village. Une donnée sociologique qui survit à l’urbanisation d’une partie croissante de la population.

Conçues comme un découpage administratif et religieux, les pieve constituaient également des territoires économiques à part entière. Leur production, souvent complémentaires les unes par rapport aux autres, donnaient lieu à des échanges importants. Les Niolins échangeaient des fromages contre de la farine de châtaigne venant de Castagniccia, ils partaient aux mois de février-mars sur les routes et les chemins pour vendre des porcelets. Les Tragulini Balanins allaient dans toute la Corse vendre leur huile ».

Un glissement vers le littoral.
La récession démographique de l’intérieur et le développement des zones littorales ont bouleversé profondément l’équilibre traditionnel des pieve. C’est ainsi que les zones les plus peuplées et les plus riches au XIXème siècle, telles par exemple la Castagniccia, se sont progressivement dépeuplées au profit des villes et des anciens hameaux du littoral.

A cette évolution démographique se juxtapose une nouvelle répartition des activités économiques dans laquelle l’agriculture agro-pastorale laisse la place au développement des activités tertiaires, notamment du tourisme.

Un découpage en dix-neuf zones.
L’INSEE a donc été conduit à définir de nouvelles entités infra-régionales. Les critères retenus sont, avant tout, d’ordre économique : les limites administratives (canton, commune) n’ont pas été prises en compte à priori. Seules ont été retenues celles qui reflètent la réalité économique actuelle. Ainsi, certaines communes telles que Zonza et Grosseto-Prugna ont été éclatées dans deux micro-régions différentes. La limite départementale a été généralement conservée. Avec une exception cependant : plus tournée vers Ghisonaccia que vers Porto-Vecchio, la commune de Sari-Solenzara, située en Corse-du-Sud, a été incluse dans la micro-région du Travo (Haute-Corse).

Les étapes qui ont conduit au découpage actuel sont les suivantes :
_ Analyse de l’attraction exercée par certaines communes ou hameaux (source : inventaire communal). Ces pôles micro-régionaux concentre la plupart des équipements nécessaires aux habitants des communes voisines qui en sont dépourvues. L’ensemble de la zone peut ainsi être assimilé à un espace économique relativement homogène.
_ Confrontation de la carte établie à partir de l’inventaire communal avec les SIVOM (Syndicats Intercommunaux à Vocations Multiples), notamment les plus actifs d’entre eux.
_ Prise en compte des migrations alternantes (trajets domicile-travail) dans le recensement. (Economie Corse N°57. INSEE 91)

D’après ces mêmes critères, l’INSEE à effectué un deuxième découpage « sous-micro-régional » en trente-cinq zones ; c’est ce dernier découpage que nous utilisons pour l’étude d’évaluation multi-critères.

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ZADEH L.A.« Fuzzy Sets ». Information and Control. vol.8. 1965.

Autre documentation :
Economie du tourisme N°14 : Ministère du tourisme : « le compte du tourisme en 1988 »,
Documentation française. 1990.
Revue Economie Corse N°57, INSEE 1991.
Dossier Economie Corse N°25, INSEE 1991.
Revue Espace N°126 : Mars-Avril 1994.
«Qelle politique d’aménagement touristique du territoire dans une vision prospective ?» (débat)
D.A.T.A.R. « La politique régionale européenne ». 1987.
Délégation Régionale du Tourisme, Agence du Tourisme de la Corse. 1994.
« Contrat de Plan ETAT-REGION 1994-1998 ».

Lire le mémoire complet ==> (Tourisme et Développement Régional)
Proposition d’une stratégie de spécialisation infra-régionale adaptée aux spécificités des petites économies isolées.