Les hacktivistes – le piratage informatique en droit

By 4 April 2012

Les hacktivistes – Section 2:
Les hacktivistes se situent à la frontière entre hackers et crashers. En fait se sont des hackers qui dérogent à la « netiquette » pour défendre leur conception du Web ou pour défendre leurs idées. Même si l’impact de ces manifestations virtuelles reste faible, plusieurs groupes de hackers politisés prennent conscience des possibilités de ce type d’action mêlant technique de pointe informatique et participation anonyme. Le gang de hackers « Cult of the Dead Cow » (1), célèbre pour son logiciel « Back Orifice » a lancé le site http://hactivism.org/ et a annoncé qu’il fournirait des outils informatiques permettant de lancer des attaques virtuelles sur des institutions et des gouvernements ne respectant pas les droits de l’homme (le gouvernement chinois est particulièrement visé.)

Un hacker français de 17 ans opérant sous le pseudonyme de «DKD» a pénétré dans le système informatique des sites pour effacer les pages d’accueil et les remplacer par des messages à caractère politique ou même parfois des injures.

En l’espace de 14 mois, le hacker aurait fracturé quelque 2.000 sites Internet dans le monde, en France, en Grande-Bretagne, en Australie et principalement aux Etats-Unis pendant le conflit en Irak. Ces cibles étaient des mairies et des préfectures mais aussi des sites militaires comme celui de l’US Navy. «DKD» militait notamment en faveur de la cause palestinienne ou dénonçait la politique guerrière du gouvernement américain. Les investigations du SRPJ de Lille avaient été lancées à la suite d’une plainte de la préfecture du Pas-de-Calais dont le site Web avait subi des dommages, notamment l’effacement de la page d’accueil remplacée par un mot d’accueil de «DKD» se vantant de ses piratages.Le hacker encourt une peine de trois ans de prison et 45.000 euros d’amende pour les effractions et les modifications de données informatiques qu’il a effectuées. (2)

Autres exemples d’hacktivisme, le 10 février 1997 et encore le 14 février 1997, des hackers portugais ont lancé une attaque politique sur la page Web du gouvernement indonésien en insistant sur le fait que ce pays continuait une oppression sur le Timor Est. Ils voulaient attirer l’attention sur la nécessité de l’indépendance du peuple du Timor oppressé depuis des décennies par le gouvernement d’Indonésie. Le site des fourrures Kriegsman fut attaqué en novembre 1996 par un hacktiviste anti-fourrure. Nous avons ici deux exemples de sites Web piratés par des hackers pour défendre une cause.

hacktivistesLes hacktivistes mettent donc leur puissance au service de causes qu’ils considèrent comme « justes », le fait de traquer les pédophiles ou les néo-nazis du Net n’est moralement pas condamnable et est presque louable. Cependant, pour certaines causes plus « personnelles », les actions des hacktivistes peuvent s’avérer très négatives pour l’ordre public. Les hacktivistes ont donc deux rôles à la fois proches et opposés : se sont à la fois des « Zorro » du Web et des révolutionnaires acharnés remettant sans cesse en question toute forme d’ordre établi sur le Net.

Lire le mémoire complet ==> (Le piratage informatique: Définition et problèmes juridiques
)
Un mémoire pour l’obtention du diplôme D’Études Approfondies en Droit Interne et International des Affaires
Université Libanaise – Faculté de Droit et des Sciences – Politiques et Administratives
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(1) D’après le site Internet : http://www.cultdeadcow.com/
(2) La Vie du net du jeudi 10 juillet 2003 © Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002