Emergence du média Internet dans la presse nationale en France

By 20 April 2012

I. L’émergence du média Internet dans l’information de proximité en France
Partagée entre enthousiasme et crainte, la presse imprimée voit progressivement arriver l’Internet au sein de ses rédactions. Ce nouveau protocole de diffusion de l’information est en passe de modifier le fonctionnement ainsi que la nature des quotidiens traditionnels qui l’utilisent dans l’objectif de s’affirmer en tant qu’acteurs de premier plan au sein de ce nouvel environnement médiatique. Pour la presse écrite, les changements liés à l’émergence des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) tels que la révolution des techniques de fabrication et l’émergence d’un nouvel environnement concurrentiel font d’Internet un défi à relever pour entrer de plein pied dans l’ère du multimédia.

I.1 – Presse Quotidienne Nationale et Presse Quotidienne Régionale, un traitement de l’information très diversifié
I.1.a. La presse quotidienne nationale
Un bref rappel historique

La presse quotidienne nationale a tout au long de son histoire accompagné les mutations de la société française. Ainsi, les combats livrés pour la liberté de la presse et les remises en questions nécessaires à son indépendance ont largement contribué au développement de la démocratie.

D’abord destinée à une élite, la presse quotidienne se démocratise puis devient un média de masse touchant des millions de lecteurs. Bien que les quotidiens ne soient pas, dans un premier temps, créés dans un but essentiellement commercial, la loi du marché et la concurrence publicitaire s’imposent comme des facteurs inhérents à leur développement.

Pour rester populaire, la presse quotidienne résiste au cours du XXe siècle à la diversification des médias. Ni la naissance de la radio durant l’entre deux guerres ni celle de la télévision après la deuxième guerre mondiale n’ont provoqué son déclin. Plus faciles d’accès que l’écrit, le son et l’image apparaissaient pourtant comme deux médias plus aptes à toucher les masses. La presse mise alors sur sa spécificité et renforce sa position de média fournissant une information de fond dans laquelle l’analyse et le recul prime sur l’information à chaud.

Mais la diversification des sources d’information finit par éroder la domination de la presse quotidienne française qui s’affaiblit depuis une cinquantaine d’année. Au début du siècle, la France comptait plus de 300 titres quotidiens, dont 80 dans la capitale. En 1914, la France comptait 80 titres nationaux et 242 titres de province ; en 1946, avec 28 nationaux, 175 régionaux, le point culminant de la presse quotidienne française fut atteint. Aujourd’hui, il reste 11 quotidiens nationaux et 69 quotidiens de province ; huit millions d’exemplaires sont vendus tous les jours, contre 15 millions il y a un demi-siècle. Avec 153 exemplaires vendus pour 1000 habitants, la France se situe au 22e rang dans le monde pour la diffusion de la presse quotidienne. (1)

Les freins et obstacles au développement et à l’amélioration de la productivité

Une des raisons de cette crise des quotidiens d’informations générales réside dans la segmentation grandissante du public : de nombreux lecteurs recherchent une information de plus en plus ciblée et spécifique, plus proche de leurs centres d’intérêts, ils se sont aujourd’hui tournés vers des journaux ou des magazines spécialisés dont le lectorat est en France en augmentation constante.

Le coût de production élevé d’un quotidien est lui aussi devenu un frein au développement. La répartition des coûts du processus de production d’un quotidien se partage entre la production intellectuelle (la rémunération des journalistes), en général plutôt stable et le coût de production matérielle connaissant lui de grandes variations capables de déstabiliser le budget. Les coûts de production matérielle comprennent les investissements à long terme : les locaux de la rédaction, les machines, ordinateurs, et matériel divers permettant d’améliorer le fonctionnement du journal…, les coûts d’impression et de papier et le personnel de fabrication. La mise en page et la phase d’impression (hors coûts matériels) sont le plus souvent prises en charge par un personnel spécifique dépendant du Syndicat du Livre.

Les ouvriers du livre contrôlent donc largement cette ultime phase de la production des journaux et entendent bien conserver un certain nombre d’avantages acquis, ce qui se révèle coûteux pour les grands quotidiens. Ils étaient autrefois la pièce maîtresse de la conception matérielle d’un journal mais l’informatisation remet aujourd’hui leur rôle en cause.

Il semblerait souhaitable que la mise en page soit dorénavant effectuée par la rédaction elle même, plus à même que les techniciens du livre à opérer une hiérarchisation des informations. Cette hiérarchisation correspond il est vrai à un véritable travail journalistique et dépend directement de la ligne éditoriale du journal.

De tels conflits d’attribution constituent non seulement un frein à l’amélioration de la productivité des quotidiens mais ils ralentissent l’expansion du titre sur l’Internet. Les tensions au sein du quotidien La Tribune, en octobre 1999, illustrent les positions défendues par le syndicat du Livre. (2)

Enfin la distribution physique du journal effectuée par des sociétés de messageries, Les Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (N.M.P.P.) , La SAEM TP et Les Messageries Lyonnaises de Presse (MLP) (3), qui sont souvent en position de monopole, est également une ponction importante sur les ressources. Les seuls frais de distribution représentent en France près de 40% du prix moyen au numéro, ce qui correspond à l’un des taux les plus élevés d’Europe avec la Suisse (45%) selon l’Association Mondiale des Journaux.

Une remise en cause des rôles traditionnels au sein de la presse écrite

Le mois d’octobre 1999 a ainsi été le théâtre d’affrontements entre syndicats et directions des entreprises de presse quotidienne qui ont abouti à des grèves. Le 4 octobre, la parution du Monde, de Libération, de La Tribune était bloquée. Les lecteurs ont en revanche pu découvrir l’intégralité de l’édition du jour sur les sites Internet des quotidiens. L’impact de la grève sur la fréquentation de leurs sites fut flagrant : le nombre de visiteurs augmentait de 25 % sur le site du Monde Interactif, le site web de Libération accueillait 40 % de visiteurs supplémentaires tandis que la version électronique de La Tribune bénéficiait d’une hausse de 60 % de son trafic. La multiplication des internautes engrangée par l’absence de parution de l’édition papier fut également sensible pour Les Echos. (4)

Cette grève des grands quotidiens a non seulement prouvé que les parutions électroniques pouvaient en partie se substituer à l’impression sur papier mais aussi révélé de leur nouvelle aptitude à surmonter les obstacles internes d’une trop grande rigidité. Le report sur Internet de nombreux lecteurs privés d’informations a également donné une mesure à l’intérêt croissant du lectorat des quotidiens pour ce nouveau support. Face à ce regain de réactivité et de dynamisme les lecteurs ont accordé aux quotidiens touchés par la grève un nouvel intérêt.L’apparition de la numérisation puis de l’Internet a ainsi bouleversé l’équilibre acquis de longue date par la presse.

Internet et numérisation
La fabrication d’un journal imprimé est matérialisée par un lieu physique, une publication périodique quotidienne, la nécessité d’effectuer le bouclage à une heure donnée. Il est structuré de manière linéaire et identique pour chaque lecteur. Ces caractéristiques ont été jusqu’à présent dans la nature fondamentale d’un journal quotidien. La grande capacité de l’Internet à véhiculer de l’information intéresse aujourd’hui au premier chef les médias traditionnels. La numérisation et la diffusion sur le réseau peuvent donner un nouveau souffle à l’écrit, notamment en soustrayant la presse à ses contraintes liées à la transmission des données, l’impression et la distribution physique.

Dorénavant la frontière entre l’écrit, le son et l’image n’est plus aussi nette, les nouvelles technologies apportent trois éléments nouveaux : la numérisation, l’hypermédia et l’instantanéité.

La numérisation permet une dématérialisation de l’information et supprime les contraintes d’espace physique. Elle facilite la transmission, le stockage, la reproduction mais aussi la destruction de données. Textes, images et sons deviennent malléables, modifiables à souhaits. Chacun peut personnaliser, individualiser ces données.

L’hypertexte modifie les modes de lecture, et par là même, d’écriture. Permettant de passer d’un document à un autre par le biais de liens, il transforme la structure linéaire classique en une structure brisée et confère à la lecture un aspect aléatoire.

La vitesse de transmission, conséquence de la numérisation, sans cesse améliorée par les innovations matérielles, autorise synchronisme et instantanéité, publication en direct mais aussi transmission instantanée de données, dialogue écrit ou oral en direct. Le renouvellement continu de l’information quelle que soit la distance géographique entre l’émetteur et le récepteur dépend de cette capacité de l’Internet à transmettre rapidement des données.

Les quotidiens nationaux précurseurs sur le web

La presse quotidienne nationale a de façon précoce adopté Internet : « Les sites de presse en ligne comptent parmi les pionniers du Web français. Des sites désormais aussi importants en terme d’audience que ceux de Libération, des Echos, du Monde, des Dernières Nouvelles d’Alsace ou du Télégramme de Brest ont été lancés en 1995.(…) dans les 30 premiers sites français en terme d’audience, on trouve sept sites de presse, à savoir Les Echos, Libération, Le Monde, La Tribune, Pariscope, Télérama et Elle » (5).

L’informatique : un outil de travail.

Au sein des rédactions, l’informatique est un outil de travail performant et omniprésent. L’Internet permet une plus grande optimisation du travail journalistique, il rend instantané l’accès à l’information et supplante le téléphone ou le fax pour la transmission des articles.

Le courrier électronique a multiplié les possibilités de dialogue et ouvert les rédactions sans limites géographiques, Internet permet une plus grande délocalisation, il est devenu plus facile de travailler avec des correspondants en province ou à l’étranger.

L’outil Internet est également une immense ressource d’informations pour les journalistes. Outre l’accès à des sites spécialisés fournissant des informations de fond, la lecture d’autres médias français et internationaux, la mise en relation avec des collèges via les forums spécialisés, les bases de données, moteurs et filtres de recherche on développé l’accès aux dépêches éditées en flux continu par les agences de presse ainsi qu’aux archives. Internet améliore enfin la veille technologique et la surveillance de la concurrence.

Du minitel à Internet :

De simples utilisateurs à acteurs du web à part entière, les quotidiens nationaux n’ont pas hésité à franchir le pas. Alors qu’en son temps l’apparition de la radio et de la télévision avaient pu paraître comme une menace pour la presse écrite, elle a dès l’apparition de la télématique investi ces nouveaux espaces d’expression écrite avec enthousiasme.

Chaque quotidien, s’est lancé dans l’aventure du Minitel avec des résultats très disparates (6). L’engouement de la presse écrite pour les nouvelles technologies de l’information se traduit en premier lieu par un rédactionnel très important dans les quotidiens : rubrique Communication dans Le Monde et supplément du mercredi « Le Monde Interactif », cahier multimédia du vendredi dans Libération, rubrique « technologies de l’information » dans Les Echos, ou encore un rubrique multimédia dans le Figaro.

L’expérience du Minitel a permis aux quotidiens nationaux de « tester » de nouveaux services complémentaires ou supplémentaires au contenu rédactionnel des journaux papier. Quelques expériences significatives ont été ensuite réutilisées pour l’élaboration des sites Internet. Les messageries sur Minitel ont eu leur heure de gloire, créant à l’époque de véritables communautés virtuelles, certains quotidiens proposaient les cours de la bourse en directe, la météo, l’horoscope, la livraison à domicile (service précurseur des partenariats en ligne), les résultats sportifs…L’expérience du Minitel a été déterminante pour les quotidiens lorsqu’en 1995 les premiers sites des quotidiens ont vu le jour sur la toile.

Les raisons d’un tel engouement

– Une vitrine promotionnelle
Internet et les nouvelles technologies de l’information et de la communication représentent la modernité et le progrès. Pour les entreprises de presse avoir une vitrine sur Internet fut dans un premier temps un gage d’innovation. Reflet du journal papier, cette vitrine a contribué à renforcé l’image des journaux auprès de leurs lecteurs, annonceurs et actionnaires. Il est exceptionnel de voir le graphisme et les couleurs différer entre une publication et son site : logo, polices de caractères respectent sur Internet une charte graphique parfois identique depuis plusieurs décennies. Bien que confiées à de nouveaux collaborateurs, les éditions électroniques concourent par leur présentation et choix rédactionnels au maintien de l’âme du journal. Les internautes se montrent par ailleurs sensibles à cette familiarité, appréciant dans l’environnement interactif les repères et les rubriques auxquels ils sont habitués.

– Elargir son public et son audience
Pour un quotidien, ouvrir un site Internet permet de toucher une audience plus élargie. Si l’on se réfère à deux études publiées en 1999, l’une réalisée par NetObserver – Novatris (7) et une autre pour le compte du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) (8) on observe qu’entre 59 et 61% des internautes ont entre 19 et 35 ans (alors que seuls 34 % des Français font partie de cette catégorie d’âges). Ce public est plus instruit et de catégorie socioprofessionnelle plus aisée : un internaute sur 4 est cadre, un autre quart est étudiant.

– Trouver ou retrouver une position de leader
Le potentiel d’expansion de la presse écrite papier est figé, sur le net les positions de leader sont a prendre, de nouveaux acteurs peuvent apparaître. Du stade de simple vitrine, les sites des quotidiens ont évolué vers de véritables journaux d’information en ligne.

Business Model : où la recherche de rentabilité

Dans ce contexte, les éditeurs de presse doivent non plus se poser la question de la nécessité de leur présence en ligne, qui est maintenant un fait acquis et inéluctable, mais celle du modèle de revenu (appelé aussi « business model ») à adopter.

Le mode de financement le plus répandu actuellement est celui de la gratuité des services pour les internautes, les revenus étant générés par la publicité en ligne et les programmes d’affiliation que les différents éditeurs ont conclu notamment avec des sites de commerce électronique, vente de produits culturels en tête (livres, CD, billetterie…).

Certains sites de presse, tel Les Echos ou Le Monde, ont toutefois adopté un modèle différent, basé sur le payement à la demande pour la lecture de certains articles à forte valeur ajoutée, ou pour la consultation en ligne des archives. Ces sociétés de presse s’appuient sur leur forte notoriété nationale, la fiabilité de leurs informations et le sérieux de leurs journalistes.

La recherche de rentabilité, à court ou moyen terme, ne semble pas toutefois être le leitmotiv dominant dans le secteur, les versions électroniques font perdre aux quotidiens plus d’argent qu’elles ne leurs rapportent. Il s’agit dans un premier temps de se positionner en temps que leader sur le marché de l’information en ligne et de s’emparer des parts de marché avant les concurrents. Ces grands groupe de presse s’appuient sur de solides acquis financiers et tentent chacun de comptabiliser le plus de visiteurs ou de pages vus sur leur site respectifs. « La moyenne se situe à 1,5 million de pages vues par mois, mais elle est tirée vers le haut par une poignée de sites qui ont su s’imposer. La médiane se situe quant à elle à 500 000 vues par mois » (9).

Si l’on se réfère à différentes mesures d’audience, Les Echos arrivent en 1ère place des sites éditoriaux. Selon Cybermétrie (10), Les Echos comptabiliseraient plus de 2,8 millions de visites par mois, suivis par Le Monde avec 1,16 million et Libération (850 000).

Nouveaux concurrents pour la presse quotidienne

De nouveaux arrivants investissent l’information en ligne, se préoccupant plus de juxtaposer des services automatisés que de produire des « contenus » autour d’un projet éditorial. En position dominante sur le marché publicitaire, ils accélèrent la dérive marchande de l’information, au risque de l’appauvrissement de l’écriture comme des capacités d’analyse de l’information en ligne.

Les concurrents les plus sérieux au niveau national sont les sites dits portails, tel Yahoo France, Wanadoo, Voilà… qui sont pour les internautes des portes d’entrée sur Internet, quelquefois librement choisi ou imposé par un fournisseur d’accès gratuit sur Internet. L’audience de ses sites, acteurs et prestataires de services, à mi-chemin entre l’utilisateur et le « contenu » de la toile, qui proposent des annuaires du web, et surtout des moteurs de recherche, est très largement supérieure à celle des plus prestigieux quotidiens nationaux.

Wanadoo, en tête avec 16 millions de visites par mois (cela s’explique par le fait que Wanadoo filiale Internet de France Télécom est le fournisseur d’accès principal en France), Yahoo France, Voilà et Club Internet sont chacun au-dessus de la barre des 5 millions de visites. Ces sites ne sont pas des producteurs d’information, mais grâce à des partenariats et le rachat de contenu, ils sont en mesure de fournir de l’information en continu, actualisée en permanence et classifiée suivant les intérêts des internautes. L’architecture en réseau de ces sites, véritable nœuds de convergence des internautes, repose sur une logique de réseau grâce à de nombreux partenariats conclu avec des producteurs de contenus, moteurs de recherche, agences de presse, sites marchands et prestataires de services…

Les sites web des quotidiens, d’abord construits comme un vase clos ne contenant que les articles et services maisons, ont peu à peu observé cette logique de réseau et d’ouverture sur l’extérieur et revu leur stratégie Internet. Pour se développer et éviter que les internautes ne se détournent de plus en plus vers les sites portails pour consulter les dépêches ou avoir accès en deux ou trois clics à une information concurrente, les quotidiens ont remis en question leur organisation et leur mode de diffusion de l’information sur Internet.

« Dans deux ou trois ans, la plupart des 7 à 10 millions de Français connectés à Internet ne consulteront de manière régulière qu’une liste de deux ou trois diffuseurs d’information. » Etre exclu de ces listes « signifie être totalement marginalisé par rapport au marché de l’information en ligne », analysait Frédéric Fillioux (alors responsable des éditions électroniques du quotidien Libération) en juillet 1999. La plupart des études soulignent de plus que la recherche d’information est le deuxième service le plus demandé sur Internet, après le courrier électronique. En juillet 2001, les sites éditoriaux ont en France emporté 39 % des annonceurs publicitaires sur Internet. (11)

La mise à disposition gratuite d’information en ligne par les grands portails constitue donc pour eux un produit d’appel. Sur ce marché, les sites portails sont en position d’imposer leurs conditions aux médias traditionnels grâce à leur très forte audience. Sous forme de « partenariat » ou de « revue de presse », le contenu produit par la presse traditionnelle est diffusé à grande échelle pour un coût minime. En échange les journaux récupèrent du trafic sur leurs sites.

Une périodicité revue et corrigée

Du journal publié quotidiennement, l’entreprise de presse évolue vers un modèle d’information en continu. Ce changement de perception de la fonction et de la nature de l’entreprise de presse quotidienne semble avoir été bien intégré par les différents quotidiens nationaux présents sur le Web et tend vers une synergie des services et une diversification des activités.

L’information est accessible sur les sites à différents niveaux de périodicité :
– La une et les articles du jour sont diffusés de manière quotidienne (à 2 heures du matin pour Libération, avant qu’il ne soit disponible dans les kiosques).
– Des articles hebdomadaires sont accessibles en permanence (Les Echos propose sur leur page d’accueil une rubrique renouvelée chaque mercredi : « La semaine des Echos », proposant « l’information majeure de la semaine écoulée »)
– Les listes de diffusion périodiques personnalisées (quotidienne ou hebdomadaire) ou thématiques sont envoyées aux internautes sur simple inscription gratuite.
– Des services d’alerte personnalisés envoyés par e-mail dès qu’une information susceptible d’intéresser l’internaute inscrit est publiée.
– Un service d’archives accessible en générale par recherche de mots clefs (service payant sur Le Monde et Les Echos)
– Flashs d’information ou brèves publiés de manière continue plusieurs fois par jour sur la page d’accueil ou dans les rubriques spécifiques (Les Echos propose sur la page d’accueil la rubrique : « l’info en continu »)
– Toutes les informations ou articles publiés peuvent être rajoutés, modifiés ou supprimés en permanence

Modification du fonctionnement et rôle de la presse

Les journaux en ligne issus des groupes de presse écrite ou audiovisuelle restent dans de nombreux cas des compléments ou des imitations électroniques de leur produit d’origine. Il convient ici de noter que la volonté de s’en tenir à des simples transpositions ne traduit pas nécessairement un manque de créativité. Tant le public ciblé que le coût de mise en place de véritables équipes rédactionnelles multimédias limitent les ambitions affichées. Le passage au support Internet réclame des modifications structurelles nécessaires à l’obtention d’une plus grande interactivité, à la mise en place de rubriques spécifiques, à l’ouverture de nouveaux services, à la réécriture ou à l’adaptation des articles…

Pourtant, il est un autre changement plus difficile encore à appréhender car celui-ci implique une remise en question du rôle de médiateur jusqu’ici détenu par la presse. Grâce à la numérisation, la frontière entre émetteur et récepteur d’informations peut être court-circuitée, l’information devient malléable, personnalisable à l’infini. L’internaute, du fait de la multiplication des sources, peut devenir son propre ordonnateur de contenu. Cette absence de relais éditoriaux entre l’information et l’internaute accentue d’autant le manque de fiabilité et de justesse de celle-ci.

Dans un environnement où l’information devient de plus en plus difficile à contrôler, le rôle traditionnel de la presse garde tout son attrait. Néanmoins, les quotidiens transposés sur le Web se trouvent dans un nouvel environnement où de nouveaux compétiteurs apparaissent. Outre les sites Web des radios et télévisions, de nouvelles publications issues de l’émergence du Web occupent les même créneau.

Ces nouveaux venus dans le cercle de la diffusion d’informations journalistiques ont des origines très diverses : webzines indépendants ou culturels, magazines en ligne édités par des associations, portails d’informations financés par des capitaux privés…

D’autres sources, non journalistiques, viennent en plus apporter de l’eau au moulin de l’information : publications scientifiques, commerciales, politiques, promotionnelles, institutionnelles… La presse nationale et régionale en ligne ne constituent finalement qu’un maillon du monde de l’« hyperinformation ».

Face à ces autres sites producteurs et demandeurs de contenu, les quotidiens ont à gérer des facteurs nouveaux parfois contraires à leurs principes déontologiques. Mais ils se doivent, semble-t-il, d’investir l’Internet pour ne pas être exclus du marché de l’information. A la recherche d’un nouveau modèle économique rentable, les quotidiens expérimentent et laissent entrevoir ce que pourrait être l’entreprise de presse et le journal de demain. Plusieurs choix fondamentaux se posent à eux, relatifs à leur organisation, à leurs conditions matérielles et économiques ainsi qu’à leurs fonctions.

Le taux de pénétration de la population de la presse quotidienne française est un des plus faibles des pays occidentaux, les quotidiens français ont connu une crise plus profonde encore que dans les autres pays européens. Pourtant, cette presse quotidienne semble renaître de ses cendres et affiche un fort dynamisme sur le Web face aux autres médias.

Dans ce nouvel environnement informatique, les quotidiens sont confrontés à des lecteurs nouveaux. Les caractéristiques du support Internet incitent à changer les méthodes de diffusion, quitte à ce que les quotidiens généralistes se transforment en sites thématiques. C’est pourtant vers un retour à leur vocation première que les quotidiens électroniques pourront se faire une place de choix sur l’Internet, en restant des quotidiens de masse.

Les premiers effets du Web sur les ventes des quotidiens ne semblent pas négatifs : la presse quotidienne connaît depuis quelques années un léger regain, sans que l’augmentation du nombre d’internautes ne viennent l’altérer. Les internautes sont d’ailleurs bien souvent des lecteurs de presse assidus. Un effet de concurrence et de substitution pourrait toutefois jouer sur le long terme, comme c’est déjà le cas pour la télévision.

Lire le mémoire complet ==> Mutation de la presse issue de l’émergence des NTIC – Internet
Mémoire de DESU, diplôme d’études supérieures universitaires
Réseaux câblés et technologies de communication
Université Paris VIII – Vincennes – St Denis
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(1) Association mondiale des journaux, « La situation de la presse quotidienne s’améliore dans le monde » – Le Monde – 16 juin 1999.
(2) « La Tribune gèle ses projets sur le Web », Libération, vendredi 22 octobre 1999.
(3) Site des Le Syndicat National des Dépositaires de Presse : http://www.sndp.fr/bdj/presse/MESS.htm
(4) « Jour de grève pour les quotidiens papier, jour de fête pour les versions Web », Le Journal du Net, 6 octobre 1999.
(5) Etude Benchmark Group, sur le site : www.journaldunet.com
(6) 36 15 Libération ; 36 15 Le Parisien ; 36 15 Le Monde etc…
(7) « Le grand public se connecte », Journal du Net, 17 septembre 1999
(8) « Les Français et Internet », Médiangles – CSA – novembre 1999, http://www.csa.fr/html/etude.htm
(9) Etude Benchmark Group : www.journaldunet.com
(10) Cybermétrie / Médiamétrie ; étude publiée en octobre 1999
(11) www.lemonad.com , site de la pige en temps réel sur Internet en Europe