Caractéristiques socio-géographiques de San Agustín Loxicha

By 7 April 2012

Analyse des données comparatives

I – Contexte économique et social de chaque communauté

Dans cette partie, nous montrerons, à travers l’histoire, comment a évolué l’environnement économique et social des deux communautés depuis les années 1960. La mise en perspective de ces deux historiques permettra de donner un cadre plus large pour l’étude des aspects de la migration qui suivra. Entre San Agustín Loxicha et Totolapa existent de nombreuses différences. Si les deux communautés sont à peu près égales en nombre d’habitants (environ 2300 habitants), elles diffèrent notamment sur leur statut. Au Mexique les régions sont organisées en Municipe, qui se divisent eux-mêmes en plusieurs communautés.

San Agustín Loxicha apparaît comme le chef-lieu du Municipe qui compte 72 communautés. Elle regroupe les fonctions administratives et politiques et détient une large part des activités commerciales de la zone. Dans les années 1990, un conflit qui s’est soldé par une grande répression de l’armée, a opposé un groupe de paysans révolutionnaires aux autorités gouvernementales. Ce conflit a provoqué de nombreux changements politiques, financiers et sociaux. Auparavant inconnu et délaissé par l’Etat, le Municipe perçoit désormais des sommes importantes pour réduire son enclavement et développer ses infrastructures (routes, eau, électricité, écoles…). La zone sort peu à peu de son isolement, et notamment à travers une importante scolarisation des jeunes.

A San Agustín Loxicha, le café reste l’agriculture principale même si cette culture devient de moins en moins rentable. Les politiques libérales des années 1990 ont rendu ce marché totalement instable. Depuis des décennies, les agriculteurs ont consacré la majeure partie de leurs terres à cette culture. La monoculture qui en résulte a, peu à peu, vidé la terre de ses richesses, ce qui a fortement baissé son rendement. Face à cette situation certains ont choisi de migrer vers les grandes villes du pays ou vers les Etats-Unis. Mais ce mouvement, encore éparse, n’exerce pas pour l’instant une influence majeure sur le village.

Totolapa est, quant à elle une communauté d’un Municipe qui en compte neuf. Son organisation se caractérise par un mode de fonctionnement plus communautaire. Elle a conservé un régime foncier basé sur le principe de la terre communale. A Totolapa, l’agriculture a toujours été principalement vivrière. Les politiques libérales ont également touché la zone en rendant le travail de la terre moins rentable ; et, comme à San Agustín Loxicha, la terre a perdu de ses qualités.

Depuis les années 1970, la population a cherché des alternatives dans la migration. D’abord nationale elle s’est ensuite tournée vers les Etats-Unis. Avec la migration internationale, les mouvements d’hommes partant travailler au « Nord » se sont développés de manière exponentielle ; aujourd’hui l’économie de la communauté est maintenue par l’argent envoyé par les migrants.

1- San Agustín Loxicha, Oaxaca

1.1 – Présentation des caractéristiques socio géographiques

San Agustín Loxicha est un village zapotèque perché sur les hauteurs des montagnes de l’Etat de Oaxaca, au Sud-Ouest du pays. Il est le « chef-lieu » de la Municipalité (la cabecera), c’est à dire qu’il accueille la Mairie et concentre les pouvoirs administratifs de la circonscription. La Municipalité, « el Municipio », est l’entité sous laquelle se regroupent 72 communautés dispersées sur 1500 mètres de dénivelé, allant de 300 mètres à 2000 mètres d’altitude. San Agustín Loxicha se situe dans les parties hautes, à 1800 mètres d’altitude. Selon le Secrétariat du Gouvernement, en 2005, la Municipalité comptait 17823 habitants dont 2600 à San Agustín Loxicha.

Caractéristiques socio-géographiques de San Agustín LoxichaLe terme de « communauté indigène » s’applique davantage pour les 72 communautés de la Municipalité que pour le village de San Agustín Loxicha. Cette distinction est essentiellement due à la conservation de la langue indigène, le Zapotèque et d’une organisation sociale plus communautaire. Dans la cabecera, le village chef-lieu, si la langue a été conservée par de nombreuses familles, le mode de vie de sa population reflète de moins en moins l’idée d’appartenance à une communauté.

Etant donné les 1500 mètres de dénivelé sur lesquels s’étalent la Municipalité, les climats varient d’une communauté à l’autre. Dans la partie basse, proche de l’Océan Pacifique, le climat est humide et tropicale ; dans la partie médiane, il est plus tempéré ; alors que dans la partie haute, les communautés doivent faire face à un climat froid et humide pendant la saison des pluies et très sec et chaud en dehors de cette période. La saison des pluies débute en Mai et se termine en Octobre et la saison sèche comprend les autres mois de l’année.

Quand la microfinance cible les migrants
Université de Provence Aix-Marseille 1 – Département d’Anthropologie
Master professionnel « Anthropologie & Métiers du Développement durable » – Mémoire de recherche appliquée