Assurance et Islam – Assurance classique dans le monde islamique

By 18 April 2012

“… demande d’assurance d’une manière générale et l’assurance vie en particulier demeure relativement faible. Ceci s’explique par deux facteurs essentiels, économiques et religieux.

D’une part, l’assurance en tant qu’activité économique ne s’est developpée …”

Assurance et Islam
Assurance et Islam

Contribution à la conférence – table ronde Assurance et sociétéM. BARKAT Mohamed El-AmineChargé de mission auprès du S/P.

1. Les différents avis jurisprudentiels concernant l’assurance.
2. L’assurance dans le monde musulman.
3. Le système d’assurance islamique et ses caractéristiques.

INTRODUCTION
L’assurance est une activité importante dans l’économie nationale de par ses vertus de protection financière octroyée aux personnes physiques et morales contre les risques ou les aléas qu’elles encourent.

Dans les pays musulmans la demande d’assurance d’une manière générale et l’assurance vie en particulier demeure relativement faible. Ceci s’explique par deux facteurs essentiels, économiques et religieux.

D’une part, l’assurance en tant qu’activité économique ne s’est developpée que tardivement. Les pays musulmans ne se sont engagés sur la voie du développement économique moderne qu’au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle. Le développement de l’assurance est lié à l’existence d’institutions commerciales modernes et à des investissements importants.

D’autres part, il existe dans les sociétés musulmanes actuelles une perception négative de l’assurance laquelle est assimilée à l’usure et aux jeux de hasard. Elle est perçue comme un moyen de contrecarrer la volonté de Dieu.

Cette perception négative de l’assurance et les risques de confrontation avec la foi auxquelles elle conduit chez certains, ont fortement influencé l’attitude des hommes d’affaires musulmans.

Dans la présente contribution, nous proposons de vérifier dans une première partie la teneur de ces appréhensions en consultant les différents avis jurisprudentiels concernant l’assurance.

Nous décrirons, dans la deuxième partie, la place qu’occupe l’assurance dite classique dans le monde musulman. Une troisième partie sera consacrée au système de l’assurance islamique et à ses caractéristiques.

I – Les différents avis jurisprudentiels concernant l’assurance :
Les avis jurisprudentiels concernant l’assurance sont nombreux et partagés.

On peut les résumer en trois avis essentiels :
– Le premier avis affirme que le contrat d’assurance (commercial) classique, pratiqué par les compagnies d’assurances est admissible et licite ;
– Le deuxième avis, se situe à l’opposé du premier et voit tout à fait le contraire, c’est-à-dire que le contrat d’assurance classique est non conforme à la Loi (à la Charia).
– Le troisième avis rejoint le second en affirmant la non conformité du contrat d’assurance classique avec la Loi et donne le substitut légal : une assurance basée sur une assistance mutuelle, préservant la sécurité sociale en conformité avec la charia dont les principes reposent sur le partage équitable des risques et des bénéfices.

II – L’assurance classique dans le monde musulman :
Née au lendemain de l’invasion de l’Egypte par les britanniques en 1882 ; ce n’est qu’en 1944 que fut créée à Jérusalem la première compagnie arabe : l’Arab Insurance Compagny lmd.

Dans le monde musulman, l’assurance classique est plus pratiquée que l’assurance dite « islamique ». L’activité d’assurance reste encore un secteur dépendant de l’étranger, de par la participation au capital des sociétés locales, l’importance des filiales des grandes compagnies mondiales, la réassurance et la formation.

Des jurisconsultes et savants théologiens plus ouvert à la modernité et s’inspirant des travaux des réformateurs de la fin du 19ème siècle qui aspiraient à élaborer une société musulmane libérale et ouverte autour de l’élément de base qu’est la religion, tentent d’apporter aujourd’hui des réponses pour avancer comme l’occident sur la route du progrès économique.

Jamal al Din al Afghani et Mohamed Abdou, essayaient de trouver un compromis entre la doctrine de l’islam et les exigences de la modernité, qui ne débouche pas sur la soumission pure et simple à l’Occident.On remarquera sans surprise que cette catégorie de religieux a donné naissance à de nouvelles figures intellectuelles appartenant à la grande université d’El AZHAR, qui se sont préoccupées de guider les musulmans. Bien qu’ils n’expriment pas la position officielle de leur tutelle, ils ont cru à raison exprimer leur opinion et donner leur avis sur l’assurance. Pour ne citer qu’un, le grand mufti le docteur Ali DJOUMOUA  qui a exposé un avis qui rend licite l’assurance sous toutes ses formes, y compris l’assurance vie.

Cette initiative nous rappelle la démarche du cheikh Mohamed Abdou, l’initiateur du fondamentalisme islamique, qui publia en 1903 une fatwa justifiant le dépôt de fonds dans les nouvelles caisses d’épargne et postales, mises en place par le décret du 14 février 1904 portant intérêt de 2,5%

L’islam est texte et interprétation. De Dieu vient le texte, le Saint Coran, éternel. Des hommes l’interprétation qui change au gré des individus, des sociétés, des époques.

La dimension sociale étant fondamentale, c’est sur elle que repose l’ensemble des références religieuses et culturelles. Organiser l’espace social, c’est se donner les moyens de vivre son identité pleinement, sereinement

« L’islam a montré aux premiers musulmans, et de quelle manière, comment répondre aux défis de leur temps. Celui de nos modernes oulémas qui saura nous montrer comment, à la lumière de l’esprit de l’islam, répondre aux défis de notre temps sera le meilleur des musulmans de ce temps, et nous lui vouerons une reconnaissance éternelle ».

Sommaire du mémoire :

  1. Système d’assurance islamique – Takaful