Le financement en capital-risque

By 10 February 2012

Le financement en capital-risque – Section 2 :
Une fois que le projet de l’entreprise est bien ficelé et que l’équipe de fondateurs est au complet, arrive le moment de la levée de fonds. Les créateurs vont alors rencontrer les capitaux investisseurs pour leur demander de participer à « leur tour de table » et trouver ainsi les fonds nécessaires pour le démarrage de leur projet, c’est la phase du financement en capital-risque mais avant il faut savoir le fonctionnement du capital-risque.

L’activité du capital-risque s’assimile à une forme d’intermédiation financière spécifique de fonds propres ou quasi-fonds propres, schématiquement, il fonctionne comme ci-dessous :

L’activité du capital-risque

Les fonds de capital-risque collectent les capitaux, auprès des investisseurs qui peuvent être publics (caisse de retraite, collectives locales, mutuelle, ….) ou privés (banques privées, individus,…..) pour les allouent à des PME sélectionnées.

A-   processus de financement en capital-risque :
Le financement en capital-risque peut se faire de déférentes manières et à divers moments de la vie de l’entreprise, c’est pourquoi son marché est diversifié et même compartimente.

Au début de son apparition, le capital-risque a souvent servi à financer les premières étapes du développement des entreprises relativement petites et à croissance rapide.

Cependant depuis la récession de 1974, les investisseurs en capital-risque ont étendu leur rôle de financement à des affaires en développement. Aujourd’hui leurs activités concernent toutes les phases du développement d’une entreprise et sa terminologie varie selon qu’on finance la phase du recherche et développement (capital amorçage), la création (capital-risque), la croissance (capital développement), la survie de l’entreprise (capital transmission) ou le redressement d’une société en difficulté (capital retournement) mais le terme capital-risque est souvent utiliser pour désigner ces déférentes phases du cycle d’investissement.

1-  Le financement de la recherche – développement :
Les investisseurs en capital amorçage apportent du capital, ainsi que leurs réseaux et expériences à des projets entrepreneuriaux qui n’en sont encore qu’au stade de la recherche et développement. L’objectif de cette phase, très risquée sur le plan financier, est de finaliser le développement d’une technologie sous la forme de prototype permettant de valider la réussite du pari technologique, et de commencer à tester l’existence d’un marché. Les frais de cette étape sont minimes et ne nécessitent pas l’intervention des investisseurs extérieurs. Mais lorsqu’il s’agit d’un projet industriel dans une technologie de pointe, il est indispensable de recourir à un financement extérieur pour achever le projet de recherche.

Le schéma ci-dessous résume les mécanismes de cette technique :

le financement de la recherche–développement
Dans cette activité, une innovation, un brevet ou une idée de recherche sont apportés par l’inventeur ou « Partnership» dont la capitalisation est assurée par la contribution des« Limited partnership» afin de financer les frais de la recherche menée par une entreprise qui souhaite développer le projet et le mettre en réalisation.

A terme, si le projet réussi, l’inventeur et les « Limited Partners» se partage les recettes générées par la vente du produit de la recherche.

2-   Le capital-risque création (la start-up) :
C’est le financement de la phase de « la création effective » de l’entreprise, financement qui va jusqu’au stade du lancement industriel et commercial des produits.

C’est le cas, par excellence de l’intervention du venture-capital, cette étape peut impliquer un financement important et nécessaire pour couvrir les investissements initiaux et pour faire face aux pertes de démarrage. Mais il se trouve que les promoteurs n’ont pas les fonds nécessaires ni la possibilité d’avoir des crédits bancaires, et c’est à ce moment que l’investisseur en capital-risque intervient.

Au cours de cette phase les risques sont encore très élevés surtout les risques technologiques et le risque managérial et la durée des investissements est encore longue, ce qui nécessite des frais de suivi énormes pour des organismes du capital-risque. C’est ce que rend ce type de financement peut développé, surtout en France.

3-   Le capital-développement (financement du développement) :
Dans cette étape, l’entreprise est définitivement installée sur son marché.
Ce type de financement concerne le développement de l’entreprise pour le renouvellement ou l’extension de son appareil productif pour développer sa production et son marché afin d’atteindre les seuils critiques d’exploitation des économies d’échelles.

Les organismes du capital-risque trouvent dans l’intervention dans cette phase un investissement sur, les risques sont moins grands par rapport aux phases précédentes et la durée d’investissement est moins longue. Mais en contre partie de ces avantages, les prix d’entrée à cette étape, est élevé et la rentabilité escomptée est moins élevé.

Le capital-risque investissentEn France la plupart des organismes du capital-risque investissent ou se spécialisent dans l’intervention à cette étape.

Les fonds qui entrent a ce stade visent une sortie assez rapide (3 à 5 ans) mais leur soucie de valorisation est moins fort (en moyenne 20 à 25%) que celui des investissements d’origines (30 à 50% l’an).

4-   Le capital-transmission :
Également connu sous le terme anglais LBO (Leverage Buy-Out), ses opérations d’acquisition par emprunt consistent à acquérir la totalité du capital d’une société rentable, évoluant généralement sur un marché mure, par une combinaison de capitaux et de financements bancaires (dette structurée).

Ils permettent à un dirigeant, associé à un fonds de capital investissement, de transmettre son entreprise ou plus généralement de préparer sa succession en cédant son entreprise en plusieurs étapes.

5-   Le capital-retournement (financement de redressement) :
L’investisseur en capital-risque recherche les meilleures affaires non seulement dans l’entreprise en bonne santé, mais aussi dans le financement de redressement des entreprises en difficultés financières et qui sont délaissées par les banques.

Dans presque tout les pays, le système financier semble largement inadapté aux besoins des entreprises en difficulté, car quand le doute commence à peser sur la santé financière d’une entreprise, le principal souci des banquiers créanciers est de ce désengager ce qui accentue encore ces difficultés et risque de mener l’entreprise au dépôt de bilan, ( c’est le cas de centaine de PME Marocaines), et les banquiers peuvent aussi perdre tous leurs concours pour avoir voulu les sauver et contribuent ainsi à la dégradation du système productif et à l’aggravation des problèmes de chômage.

Ces différents types de financement de la PME par les organismes du capital-risque ne se font pas à l’aveugle mais différents auteurs et organismes ont essayé de développer des méthodologies pour la pratique de cette technique afin de maîtriser ou de minimiser les risques encourus et dans le but d’organiser la profession.

Sur le plan financier et même sur le plan managérial, l’introduction et le développement de la technique du capital-risque au Maroc, répondra aux besoins pressants de l’entreprise, à savoir, capitaux, conseils en gestion et encadrement, mais ce mode de financement est encore exercé dans un cadre légal peu incitatif qui se caractérise encore par l’absence d’un cadre législatif et réglementaire et par un manque d’incitation fiscal.

Ainsi, pour un développement de l’activité de capital-risque au Maroc, plusieurs facteurs doivent être respectés :
–         La mise en place d’un cadre juridique clair et efficace et qui définisse le rôle des sociétés de capital-risque et les droits des actionnaires.
–         La mise en place d’un second marché visant à encourager les sociétés de taille moyenne.
–         L’amélioration de la capacité de canalisation des projets d’entreprises, ce rôle devant être rempli par les chambres de commerce.
Chapitre III : Capital-risque ou capital -investissement
PARTIE II : Relation Banque – Entreprise

Lire le mémoire complet ==> (Banque – entreprise : pour quels types de relations ?)
Mémoire de fin d’études – Relations Banque-Entreprise
– Structure et organisation du système bancaire Marocain