La démocratisation de l’information

By 21 February 2012

II – La démocratisation de l’information

Grâce à la mise en ligne des formulaires et aux Téléprocédures, de nouveaux accès du public à l’administration peuvent être offerts. Ainsi, les technologies de l’information ne permettent pas seulement de répondre aux attentes classiques des citoyens, qui souhaitent avoir accès à de nouvelles informations et faire connaître leur opinion.

Elles créent aussi de nouvelles attentes de la part du public, qui souhaite les utiliser pour ses échanges quotidiens avec l’administration. L’enjeu est donc d’importance pour l’administration, puisqu’il s’agit d’intégrer une libre expression de tous dans les processus de décisions administrative et politique.

II-1– Un meilleur accès à l’information publique

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication constituent un vecteur puissant de modernisation interne de l’administration et de manière inséparable l’outil prioritaire d’une modernisation « externe » tournée délibérément vers les citoyens et les acteurs socio-économiques, qui sont les destinataires de toute modernisation de l’administration. Ce volet de la modernisation des services publics trouve son sens et sa justification dans sa capacité à doter l’administration marocaine d’outils qui lui permettront demain d’être à la fois plus transparente, plus accessible et plus efficace pour le citoyen et de contribuer à la performance des acteurs économiques.

Les technologies de l’information et de la communication permettent un accès plus simple et moins coûteux à l’information publique et un suivi Philippe Chantepie, Olivier Japiot, Jean-Philippe Mochon et Laurent Sorbier in «Vers une administration à accès pluriel». Commissariat général du Plan. France. 2000.

Beaucoup plus transparent des modalités de décision et d’action de la puissance publique. En effet, elles ouvrent un champ nouveau à la participation des citoyens à la décision publique. D’ailleurs, l’exemple des forums de discussionest très significatif de cette participation. Ils permettent en effet une expression directe des personnes concernées par des décisions administratives. Le recours à ces forums se fait plus fréquent dans nombre de pays, qu’il s’agisse de projets ponctuels ou de champs nouveaux de politique publique.

Dans cette optique, le développement de nouveaux services interactifs dans l’administration marocaine ne vise en aucune manière à créer un accès substitutif des autres modes d’accès à l’administration. Au contraire, inscrite dans la réflexion sur la modernisation administrative, l’introduction des technologies de l’information et de la communication dans l’administration est pour une grande part le levier de développement des autres modes d’accès, en particulier les relations de proximité. Il est en effet évident que la majorité de nos concitoyens continuera, durablement, à s’adresser aux services publics et à échanger avec eux en se fiant aux modes d’accès traditionnels et aux techniques les plus répandues, notamment la téléphonie qui bénéficie d’innovations telles que des services en ligne, sont et seront de plus en plus possibles.

Ce que vise la construction de l’administration en ligne, c’est donc la possibilité d’offrir un nouveau choix d’accès aux services administratifs en utilisant les nouveaux moyens fondés sur les technologies de l’information et de la communication. Le défi, que l’administration marocaine est appelée à relever est celui de « l’accès pluriel », c’est-à-dire que les services doivent être accessibles et homogènes quel que soit le canal : services en ligne, téléphonie, courriers ou guichets.

L’administration ne doit pas, au travers de l’Internet, offrir un service de luxe pour les technologiquement nantis. Elle ne doit pas non plus utiliser l’Internet comme une espèce d’alibi. Cela veut dire qu’il est de plus en plus difficile de joindre en temps réel l’administration au téléphone. C’est souvent difficile. Si l’administration dit : « parce que je n’arrive pas à avoir des agents qui savent répondre compétemment au téléphone, ou parce que mes horaires ne sont pas adaptés finalement aux horaires du public, eh bien passez par l’Internet », ceci n’est pas une solution . Il ne faut pas que l’Internet soit un alibi pour ne pas changer en réalité les modalités d’accueil du public. Donc l’Internet ne doit pas être qu’une alternative de plus. Ce n’est pas un substitut à une «administration réelle » que nous ne pouvons plus joindre, ou un service de luxe réservé à ceux qui peuvent se l’offrir, c’est une alternative de plus qui s’ajoute à d’autres modes d’accueil qui doivent être aussi performants. C’est un peu l’exemple du Canada et du bilinguisme. Quand un citoyen écrit à l’administration canadienne en français, elle doit lui répondre en français, quand il lui écrit en anglais, elle doit lui écrire en anglais.

C’est de cela qu’il faut s’inspirer : si un citoyen écris par courrier, l’administration doit lui répondre rapidement par courrier. S’il passe par la voie électronique, elle doit lui répondre par voie électronique. Mais c’est au citoyen de choisir le langage dans lequel il est le plus confortable et c’est à l’administration de répondre dans le langage qu’il a choisi,C’est cette idée «d’accès pluriel» qui veut dire que l’administration doit utiliser et transférer les gains de productivité qu’elle va pouvoir dégager dans le back office, vers une fonction de front office qui doit être beaucoup plus professionnalisée. En somme, un front office dans lequel chacun se sente à l’aise et qui suppose, il faut l’admettre, un véritable effort, une véritable professionnalisation de ce nouveau métier, qui est le traitement à distance, ou au contraire, au plus près de l’utilisateur, des demandes publiques.

L’intérêt que présente pour le citoyen la construction d’une administration en ligne ne doit pas masquer les risques inhérents au développement de services fondés sur les technologies de l’information et de la communication. L’appropriation de ces nouveaux services repose en effet sur un accès par essence inégal tant aux outils nécessaires (PC, modem, etc..) qu’aux infrastructures de communication qui leur sont associés.

II-2– Réduction des inégalités dans l’accès à l’information

La démocratisation de l’informationLes risques de discriminations entre ceux qui peuvent accéder à ces services et ceux qui en sont exclus, ne doivent pas être négligés ou sous-estimés. Car au risque du « fossé numérique » ou d’ « illectronisme » s’ajoute le risque du «fossé territorial». Pour l’administration, la prise en compte de ces risques suppose la mise à disposition d’un niveau de « service universel d’accès aux services administratifs ». Il faut donc rester vigilant quant à d’éventuelles logiques discriminatoires, porteuses d’exclusion, que pourraient alimenter l’utilisation des NTIC par l’administration. Il faut Nous analysons cette question dans notre Deuxième Partie sous l’intitulé « Professionnalisation du « cœur de métier » informatique dans l’administration marocaine ».

Également que l’administration marocaine continue à considérer comme prioritaires toutes les actions engagées qui visent à assurer l’appropriation des NTIC par toute la population. Dans ce domaine, l’Etat marocain a un rôle important à jouer en facilitant par tous les moyens possibles l’accès au Net et en le démocratisant par des actions d’encouragement, notamment par la création de centres publics d’accès, la connexion des maisons de jeunesse et surtout l’effort d’introduction des nouvelles technologies à l’enseignement.

Tous les pays développés, sans exception, sont en train de mener des politiques de généralisation de l’usage des nouvelles technologies dans l’enseignement. Certains l’ont déjà presque réussi. L’enjeu est clair : la bataille des nouvelles technologies se gagnerait à l’école avec les générations montantes. S’il existe un domaine où notre action doit être la plus volontariste et la plus énergique c’est celui de l’enseignement.

Nous avons, certes, beaucoup de difficultés à généraliser l’accès à l’éducation pour toucher l’ensemble des enfants à l’âge de scolarisation et leur permettre de savoir lire et écrire, et l’usage des NTIC dans l’enseignement pourrait donc paraître en décalage par rapport à la priorité de la généralisation. Mais paradoxalement les NTIC peuvent contribuer et aider à la généralisation et surtout à assurer un enseignement de qualité qui serait en phase avec les contraintes de l’environnement et du marché futur.

Il est probable que si nous négligeons cet aspect nous risquerions de nous retrouver dans une dizaine d’années avec, non pas 20% d’analphabètes classiques, mais probablement avec 80% d’analphabètes d’un autre type :
Des analphabètes du troisième millénaire qui seront handicapés car ils ne seront pas en mesure d’utiliser les nouveaux outils et d’en tirer profit. Cela nous pousse à nous interroger sur l’utilité d’une administration en ligne si ce critère n’est pas pris en compte.

L’enjeu des NTIC dans l’éducation est intimement lié à la réussite du projet global de l’intégration du Maroc à la société de l’information : un potentiel humain formé et adapté aux nouvelles exigences est une condition indispensable pour la réussite.

En somme, l’amélioration des rapports entre l’administration et les citoyens reste tributaire de la capacité de notre administration à moderniser ses modes de fonctionnement interne et externe, en vue d’opérer un décloisonnement de ses services impliquant une déconcentration et une décentralisation effectives.

Section II : Les NTIC comme vecteur de proximité et d’organisation
Chapitre1 : Les avantages des NTIC
PREMIER PARTIE:DESCRIPTION DES NTIC

Les NTIC et la modernisation de l’administration au Maroc
Mémoire de fin d’études