Aperçu sur l’évolution des PME

By 25 February 2012

Les petites et moyennes entreprises : Evolution et caractéristiques – Chapitre 1 :
Le sigle P.M.E est aujourd’hui d’usage courant pour parler de la réalité “Petite et Moyenne Entreprise “ que l’on oppose à celle des grandes entreprises. Or, ce concept est souvent peu précisé et recouvre des perceptions différentes.

Quoiqu’un courant de la recherche se soit centré sur une perspective unique et universelle de la petite et moyenne entreprise  PME, nombre d’auteurs s’accordent aujourd’hui à reconnaître la contingence et donc la diversité du phénomène. « La P.M.E est un concept flou dont la définition varie1 ».

Section 1 : Aperçu sur l’évolution des PME
Les économistes  dans l’histoire du Monde, au début du XVIIe siècle, mais surtout dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle , avec les Physiocrates, puis Adam Smith, Malthus et Ricardo, négligèrent  presque totalement l’entreprise comme sujet d’étude objective. Le premier à l’intégrer dans la macro-économique à la mode de l’époque fait sans doute R.Cantillon, mais de manièrecombien désabusée,en 1755 ; « La circulation et la troc des denrées et marchandises, de même que leur production se conduisent  en Europe par des entrepreneurs et au hasard ! »

Ce n’est en fait que dans la seconde partie du XIXe siècle que l’on commença à approfondir la véritable nature moderne de l’entreprise, que l’on a coutume aujourd’hui de définir comme «  une unité économique autonome, organisée pour la mise en œuvre d’un ensemble de facteurs de production,  en vue de produire des biens ou services pour le marché; en trois mots une cellule indépendante qui « produit  » ! « se gère » et qui « vend », ce qui la différencie à la fois du salarié et de l’établissement.

§1- Les théories individualistes de 1789 et leurs limites au  XIXe siècle
La révolution de 1789, en supprimant les « corporations », introduisit la liberté théorique de l’entrepreneur : «  Il sera libre à tout citoyen d’exercer tout métier ou profession qu’il trouvera bon, après s’être d’une patente et en avoir acquitté le prix» (sic). La pensé économique des révolutionnaires mettait l’accent sur la propriété privée, l’individu et la libre entreprise, en particulier la petite et la moyenne, en boudant quelque peu le concept d’accumulation de capital, par méfiance des grandes ensembles et des monopoles. Cette promotion désirée de la petite et moyenne entreprise n’a pu se maintenir tout au long du XIXe siècle. Certes, le développement économique qui suivit la première industrialisation  doit encore beaucoup à l’entreprise familiale.

Mais l’explosion de l’industrie lourd de la production des biens intermédiaires, la mise en place des technologies nouvelles et de moyens de transports beaucoup plus performants : les chemins de fer, l’accentuation de l’exode rural apportant une main-d’œuvre plus abondante et plus malléable, l’émergence lente mais continue de la notion  de « l’Etat-providence », ont poussé assez largement à la croissance et à la concentration des firmes.  L’expansion a d’ailleurs concerné aussi bien pour certaines entreprises familiales moyennes, transformées par une ou plusieurs générations en véritable « royautés » économique, que de grandes sociétés industrielles stimulés par ailleurs par la création juridique de la  « Société Anonyme ».Dans le même temps se développaient à partir du second empire des structures financières « à bureaux multiples » qui drainaient l’épargne, constituant la base des capitaux nécessaires. De telles mutations eurent en outre des effets secondaires importants dont celui d’introduire à,

coté des traditionnels chefs de l’entreprise propriétaires et des ingénieurs à la technique indispensables, une nouvelle classe de dirigeants : les managers, capables de contrôler de grands ensembles et d’arbitrer entre les objectifs de croissance verticale ou horizontale.

§2- Explosion des grandes entreprises  au XXe siècle
Au XXè siècle, et jusqu’en 1930, la seconde révolution industrielle, liée d’une part à la mécanisation et à la motorisation généralisée, d’autre part à la mise en œuvre des idées de Taylor et de Fayolle sur l’organisation parcellaire de travail, accentua les phénomènes de concentration, souvent sous la forme plus au mois affichée « d’oligopoles », notamment dans la sidérurgie, l’électricité, l’automobile …Interrompu par la crise de 1931 et les hostilités de 1931-1944, le mouvement reprit de plus belle après la deuxièmes guerre mondiale, sous l’impulsion cette foi de l’Etat qui mit en place dans le secteur publique ou mixte, ou favorisa dans le secteur privé, la constitution de « groupes » puissants dans l’énergie, les transports et communications, l’aéronautique, l’armement, l’industrie mécanique et électrique , la chimie , l’informatique, etc. Sans omettre la banque et l’assurance, et plus tard la grande distribution commerciale ! Le marché commun allait de son coté, à  partir de 1957, exacerber encore d’avantage la recherche des « effets d’échelle » et d’une internationalisation à tout prix.

small is beautiful§3- « Small is beautiful »
En France, le Xe plan, en 1983, était encore  plus affirmatif : «  Seules, les petites unités, capables de s’adapter rapidement à la mouvance du marché aux hautes technologies, à l’aspect ponctuel de besoins nouveaux, peuvent être le fer de lance de l’économie, contrairement aux grandes groupes qui ont constituent l’assise.2 »

Certains esprits résistait, il est vrai, à ce mouvement, expliquant, par référence à la période des années 30-40, que la réussite des petites et moyennes entreprise étaient peut-être inversement proportionnelle à l’exposions économique : leurs emplois se réduiraient ou stagneraient  en période de crise ! Quoique ne manquant pas d’un certains bon de sens cette vue trop simpliste se trouvait cependant de mentie par les travaux économiques sur les PME-PMI qui commençaient à se multiplier, et faisaient apparaître un accroissement de la part relative des petites et Moyennes Entreprises, non seulement dans l’emploi, mais aussi dans la valeur ajoutée, dans les résultats bruts ; dans les investissements, voire dans l’exportations elle-même.

Ne peut-on définitive, retenir l’idée que la crise d’une part, le développement historique du tertiaire d’autre part, ont agi comme le ferait un « catalyseur » pour accentuer un mouvement dont les prémices étaient déjà apparues en Grande-Bretagne, en Italie et en Etats –Unis et dans une moindre mesure en RFA et en France, dans la dernière partie des années 60, donc avant le premier choc pétrolier. Un tel mouvement de redémarrage du phénomène des petites et moyennes entreprises PME, qui exprimerait dés lors, une tendance profonde de l’économie, trouverait sa source dans un nombre d’idées récentes : renaissances des valeurs personnelles, opposition au gigantisme, abandon des systèmes taylorisant et nouvelles conception de travail, décentralisation au niveau de la gestion des implantations géographiques, répartition des risques financiers , recherche de nouvelle relations interentreprises, idées aux quelles s’ajouterait un appui générale de la puissance publique attachée à conserver comme un élément stabilisateur une catégorie politique modérée, moins soumise aux appels des externes et aux oligarchies internationales.

Lire le mémoire complet ==> (Les performances des P.M.E marocaines: Etude empirique)
Mémoire de licence en sciences économiques et gestion
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1– Frank Janssen et Robert Wtterwulghe « PME : une entreprise Humaine ». 1er Edition Boeck 1998. P :13
2– Armand BIZAGUET «  Petite et moyenne entreprise ».1er Edition Boeck:1993.  P : 5,6et 7.