L’effondrement du système de Bretton Woods 1970 – 1973

By 8 September 2011

II- L’effondrement du système de Bretton Woods (1970 – 1973) :

Après la première guerre mondiale, apparait à l’échelle mondiale un nouveau leader après l’essoufflement du Royaume Uni les Etats- Unis. La période 1918- 1940 est caractérisée par une grande concurrence entre le dollar Américain qui malgré son ascension, n’est pas encore monnaie dominante.

De plus, c’est une période de désordre économique avec des politiques protectionnistes, des dévaluations de combats avec des inflations galopantes et de nationalismes étroites.

L’or connaît une répartition inégalitaire entre les pays et un épuisement de ses stocks au niveau des banques centrales, le système d’Etalon- Or (E.O) des lors est conteste.

En 1922, la conférence de Gène préconise un nouveau système proche de système de Bretton Woods basé sur des réserves en Or et des monnaies convertibles ainsi que des monnaies épuisées sur l’or. En réalité, durant cette période les pays ne pouvaient redonner au métal jaune (or) son rôle monétaire. La convertibilité de ce dernier a été suspendue.

La décennie 1930-1940 est caractérisée par le désordre et des guerres économiques qui poussèrent les réformateurs du système monétaire à réfléchir à un nouveau système pour rétablir des équilibres mondiaux des économies. Ainsi, après la deuxième guerre mondiale et la victoire des Etats- Unis la conférence de Bretton Woods édifiant en Juillet 1944 le système d’Etalon-Or pour le change ou CES .Quelles sont les principales théoriques de ce système ? Ses automatismes et les raisons explicatives de sa décadence ?

1- Les principes théoriques et les implications du GES :

a- La place de l’Or dans le système de Bretton Woods :

En théorie de l’Or continuait un rôle important dans les REI comme moyen de paiement officiel de dernier ressort. Chaque Etat membre du FMI s’engage à définir la valeur de sa monnaie en un certain poids d’or et les Banques Centrales s’engagent à garder le métal précieux dans leurs réserves. De plus, le FMI demande à ce que chaque Etat membre lui verse un ¼ de sa cote part en or. Toutefois, le pair (ou la parité)  de chacun d’eux peut être exprimé en dollar des Etats- Unis .Les banques centrales ont la faculté de  se référer soit en dollar comme monnaie d’intervention et monnaie étalon. Soit à l’or comme monnaie de compte et monnaie d’intervention sur les marchés des changes. Mais, des détenteurs privés de devises (les entreprises et les particuliers) ne peuvent plus de convertir leur monnaie en or auprès des Banques Centrales comme s’était le cas sous l’Etalon-or. Ils ont seulement la possibilité de convertir les monnaies les unes dans les autres au niveau des marchés des changes.

Ainsi, sous le système du GES les monnaies nationales peuvent jouer le rôle du réserve de valeur auprès les autorités monétaires, mais la valeur des moyens de paiement fiduciaire et scripturale ne se mesure plus que par le pouvoir d’achat lui- même déterminé par le mouvement des prix.

b- La fixité des taux de changes :

Afin d’assurer la sécurité des échanges internationaux et d’éviter les dévaluations compétitives inspirées par un esprit de concurrences, les accords de Bretton Woods ont pour principal objectifs la fixité des taux de changes ou des parités des monnaies. Chaque pays doit déclarer au FMI la valeur de sa monnaie soit par rapport à l’or soit par rapport au dollar d’où le rejet des taux de changes multiples (à l’exception d’une autorisation du fonds) et des parités flottantes dont l’équilibre des cours de devises étaient fonction des offres et des demandes sur le marché des changes sans aucune intervention de la part des banques centrales.

Mais malgré cet objectifs de la fixité du taux de changes, des faibles variations sans autorités, c.-à-d. que chaque devise avait la possibilité d’effectuer de 2% entre sa valeur minimale appelée « plancher » et sa valeur maximale appelée « plafond » ou de s’écarter de 1% au dessous du taux de change.

Cependant, dans le cas ou un cours tend à trop s’écarter de la partie, les autorités monétaires préconisent une intervention en dollar.

c- Le GES et l’ajustement de la balance des paiements :

Afin de garantir la permanence des paiements et d’éviter que les pays se retrouvent dans l’incapacité d’assurer leurs paiements face au déficit prolongé des balances extérieures, le FMI a recommandé plusieurs objectifs liés à ses statuts :

  • – Une certaine orthodoxie des politiques économiques internes afin de lutter contre toute inflation qui peut mener à une dépréciation monétaire et donc affecter les parités des monnaies.
  • – Une aide financière du fonds aux pays membres en difficultés.
  • – Une politique de dévaluation considérée le FMI comme étant le moyen ultime d’ajustement des balances de paiement. C’est une dévaluation concertée (demander autorisation) si une telle dévaluation est inférieure à 10%, le pays membre FMI doit ce dernier. Mais si elle est supérieure à 10% par rapport à la parité, le pays considéré doit obtenir l’autorisation préalable du fonds.
  • – Une politique de contrôle des changes contre les mouvements des capitaux spéculatifs.

2- La crise de système de Bretton Woods : l’effondrement du système étalon-or pour le change :

Le système d’étalon-or pour le change a connu une période de crise pendant la décennie 1960/1970 qui a débouché sur son effondrement de 1970 à 1973.

a- La crise du système de Bretton Woods :

 système de Bretton WoodsElle a pris naissance en 1958 / 1959 par un premier déficit de la  balance des paiements américaine qui s’accompagne par des demandes de conversion du USD en or de la part des différentes banques centrales.

Cette contradiction a été analysée en 1961 par le professeur Robert Triffin sous le nom de « dilemme de TRIFFIN » «  Toute défiance suscitée par une surémission éventuelle du USD fait naître une demande de conversion du USD en or des détenteurs non américains du billet vert, mais la surémission du USD est inévitable.

En effet, pour alimenter en quantités suffisantes les circuits monétaires internationaux en monnaies internationales, les USA doivent émettre plus de dollar des USA qui n’est produit d’or dans le monde.

La contre partie en or du USD doit donne inévitablement diminuer ce qui implique un affaiblissement tendanciel du USD tant que l’or reste monétisé et demeure le point d’ancrage du système ».

A partir de 1960, aussi bien les banques centrales que les particuliers cherchent la conversion du USD en or, l’or qui était l’appui du USD deviennent son concurrent. Il en résulte deux conséquences :

  • Une faiblesse du métal jaune aux USA.
  • La hausse brutale du prix.

Le prix de l’or qui était fixé par la conférence du B.W à 30S l’once en 1960.

En 1961 plusieurs actions ont été entreprises par les USA  et ses alliés pour faire face à la crise.

  • – La création de l’organisation de coopération et le développement Economique (OCDE) : Entre pays industrialisés non communistes.
  • – Les accords Généraux d’Emprunt (AGE) : Ce sont des accords signés en 1961 par un groupe de 10 pays (G10 « groupe des 10 » constitue l’instance des décisions) : G.B, USA, la France, la RFA, Pays Bas, Italie, Canada, Suède, Japon. Ces accords permettent à ces pays qui versent au fond une de leurs ressources pour venir en aide à un des pays signataire en difficulté pour pouvoir élargir les capacités d’emprunt des pays occidentaux .Ainsi ; en 1964, la GB était le premier pays à bénéficier de ces accords ce qui lui a permis d’éviter la dévaluation de la Livre Sterling.
  • – Les accords de « SWAPS » : Ce sont des accords entre banques centrales des grands pays industrialisés qui s’échangent des devises contre la monnaie nationale permettent d’élargir les possibilités du prêts entre elles et donc de s’entendre pour lutter contre la spéculation. Cet échange de monnaie se fait pour une période limitée 3à 6 mois éventuellement renouvelables.
  • – Le pool de l’or, et le marché double de l’or : à la fin de 0967, et face à la multiplication du USD dans la circulation dans le monde et aux conséquences qui en résultent, les spéculateurs cherchent à se débarrasser de cette monnaie en se portant acheteur sur le marché de Londres de quantités d’or en échanges du USD.

A fin de freiner cette spéculation  et de sauvegarder la partie du dollar des USA en or ( 35 S l’once ) , les pays membres du  « pool d’or » ( disposent des quantités d’or ) , ce sont réunis à FRANCOFORT dés le 26/09/1967 en décidant de l’émission par leurs banque centrale d’importantes quantités d’or sur le marché , mais face aux retraits de certains pays du pool d’or notamment la France , à la persistance des mouvements spéculatifs et à l’affaiblissement des stocks d’or américains , les banques centrales des 7 grandes pays membres du pool d’or se décidèrent à Washington l’institut d’un double marché de l’or.

Le même  double de l’or  qui remplaça le pool d’or est un système basé sur deux marchés de l’or : le marché privé et le marché officiel. Le premier est un marché libre de l’or ouvert aux particuliers et aux sociétés privées, le deuxième ouvert aux seules banques centrales. La particularité de ce double marché et que le dollar des USA n’est plus convertible en or pour le secteur privé et que seules les banques centrales peuvent acheter de l’or au prix de 35S l’once.

– Les bons de Roosa : Afin de lutter contre la spéculation du USD les autorités monétaires américaines encouragent la demande de ce dernier par les banques centrales en leur permettent de bénéficier du taux d’intérêt supérieur aux taux du marché. Un tel mécanisme a été institue par Roosa, nom du secrétaire américain du trésor.

– Les Droits de Tirages Spécieux (DTS) : Il s’agit de la monnaie mondiale nom métallique dont l’émission a été permise par le FMI en 1969. Son rôle, et de renforcer la puissance de la monnaie américaine et don elle est conçu comme un  complément au dollar des USA, elle constitue une solution au « dilemme du TRIFFIN ». Donc elle sera considérée comme une monnaie du compte et de façon très limitée comme monnaie de réserve.

Conclusion :

Mais, malgré toutes ces mesures, les désordres monétaires et l’accentuation de spéculation, ainsi que les demandes de conversion du dollar des USA en or améliorant le système de BW vers son effondrement.

b- L’effondrement du système de Bretton Woods (1970 – 1973) :

A partir de 1970, la situation des USA se dégrade (économie, politique), au printemps 1971 ce pays connaît un déficit jamais connu précédemment  aussi bien de sa balance des paiements (5 milliards de S pour le seul premier trimestre de cette année dont trois milliards en Allemagne) que de sa balance commerciale.

Face à cet afflux excessif des capitaux en Europe (3 milliards en Allemagne et 2 milliards pour les autres pays européens), l’Allemagne décida d’abandonner momentanément le système de parité fixe et d’instituer un système de changes flottants, il fut suivit par d’autres pays : L’Autriche, la Suisse, la Belgique … etc.

Les spéculateurs cherchent à se débarrasser du dollar des USA en échange les monnaies Européennes ou Japonaises.

La crise du dollar des USA pousse le président NIXON le 15 août  1971 à prendre un ensemble de mesures :

  • Sur le plan intérieur : les autorités monétaires optent pour un blocage temporaire de 3 mois des prix et des salaires, ainsi que certains dégrèvements fiscaux (baisse des fiscalités) pour relancer les investissements.
  • Sur le plan extérieur : Il a été décidé qu’une instauration d’une surtaxe à l’importation de 10% pour freiner la pénétration des produits étrangers ainsi que la suspension de la convertibilité du $ en or.

Face à de telles mesures, une véritable guerre commerciale se déclarait poussant certains pays à fluctuer leurs monnaies ou même à leur revalorisée (le Japon), alors que d’autres ont opté pour un système de partie fixe (la France notamment pour ses opérations courantes d’où la mise en vigueur par ce dernier, à partir du 23 août 1971 d’un double marché de change).

L’accord de WASHINTON : du 17 et 18 décembre 1971 réunissant « le groupe des 10 » s’est basé sur des négociations comportant deux volets : commercial et monétaire.

  • sur le plan commercial : des négociations ont été faite avec la communauté économique européenne (CEE) et les USA décident de supprimer la surtaxe 10% une fois le réalignement des monnaies est effectué.
  • sur le plan monétaire : le système des parités : Dévaluation du $ de 7.89%  par rapport à l’or (une once d’or vaut 38$, mais l’inconvertibilité du dollar des USA à l’or est toujours retenue), la revalorisation de la livre Sterling et du France par rapport au $ 8.57%, celle du Maroc 13.7% et celle du yen 16.8%. toutefois, la marge de fluctuations des devises s’est élargie. elle devient 4.5% au lieu de 2%, c’est-à-dire, que 2.25% au dessus au dessous du pain. de plus, on envisage déjà dans le cadre du FMI une nouvelle réforme du système monétaire international.

Or, pour les 6 pays européens du CEE de WASHINTON menaçait leur système monétaire et leur politique agricole commune, ce qui l’est poussé après la consultation des futurs adhérent de la CEE le premier Janvier 1973 (le Royaume-Uni, l’irlando, le Danemark, la norvégien) à signer le 7 mars 1972 jusqu’au 21 avril 1972 des accords de Bruxelles-Bâle dont les décisions sont les suivants :

– La baisse de moitié de la marge de fluctuation des monnaies européennes qui deviendra 2.25% (1.125 % au dessus et au dessus du pain).

On parlera d’un « serpent monétaire européen » ou du «  serpent dans le tunnel ». En réalité, les pays européens doivent respecter aussi bien la marge de fluctuation fixée par l’accord de WASHINGTON  4.5% que celle fixée par les accords de Bruxelles-bale 2.25%.
-Cours de l’économie mondiale.

Lire le mémoire complet ==> (La crise financière actuelle et son impact sur le Maroc)
Mémoire de fin d’étude en sciences économiques et gestion
Faculté de Sciences Juridiques, Economiques et Sociales