Modernisation des outils de gestion du risque

By 10 June 2011

Modernisation des outils de gestion du risque – Section III :
I- Scoring pour la banque de détail
La banque de détail a pour cible une clientèle très exigente en matière de qualité de service et de célérité des traitements. L’industrialisation de l’activité crédit ainsi s’impose et se traduit pour le système de gestion de risque par la mise en place d’outils décisionnels faibles (scoring).

Pour le crédit Agricole du Maroc le cœur de cible de cette banque est composé des agricultures (petites et Moyennes Exploitation Agricoles) et des particuliers.

Pour le premier, une approche est déjà installée avec le système de scoring des PMEA (voir chapitre diagnistic). Il s’agit de la perfectionner davantage et de veiller sur sa mise à jour continuer en enrichissant les critères discriminants.

Pour la clientèle des particuliers, il est nécessaire de mettre en place un système de scoring. Toutefois, la démarche classique de construction du modèle de score ne peut être actionnée en raison d’absence d’historique des réalisations en matière de crédit.

C’est dans ce sens que nous préconisons d’adopter une démarche simpliste de type «  système expert » avec un engagement d’amélioration progressive au fur et à mesure de la construction d’un historique. Le moeur de scoring devrait inclure dans un premier temps des critères simples (risque client, risque projet)

II-Cotation des entreprises :
Les pratiques d’étude du risque crédit auprès de la clientèle des entreprises au sein du CAM pourraient être renforcées par la mise en place d’un système de cotation. Il s’agit d’affecter les entreprises clientes à des classes de risque définies selon des critères d’équilibre financier, d’endettement, de rentabilité, de solvabilité et de liquidité.

Là aussi, la démarche à préconiser devrait être simple et progressive en raison d’indisponibilité de données fiables et complètes sur cette catégorie de clientèle.

III- Offre modulaire strandardisée
La diversification de l’activité du crédit agricole du Maroc «  Banque universelle » induit une ouverture du portefeuille crédit de la banque sur différents profils risque auxquels la banque ne dispose pas d’un grand savoir faire en matière de financement et d’évaluation des risques. Il paraît nécessaire de construire des offres standadisées et modulaires notamment pour la banque de détail.

Il s’agit, en effet, de concevoir des offres de financement (taux, plafond, quotité durée, objet, instance de décision, système de suivi) spécifique à chaque profil risque sans pour autant oublier l’habillage marketing dédié à chaque segment.

L’offre modulaire strandarisée fondera une approche du risque basée sur le couple (rentabilité – risque), aussi bien sur le plan individuel d’un crédit que sur le plan du portefeuille crédit de la banque et ce par le biais de consolidation sectorielle.

La mise en pace d’une telle approche suppose une forte collaboration entre les équipes commerciales qui doivent détercter avec exactitude les besoins de chaque segment et les équipes de gestion de risque qui, de leur part, feront ressortir le profil risque spécifique à chaque classe.

IV- Notation des clients :
La notation des clients est un exercice incontournable pour l’appréciation et le suivi du risque. Elle constitue un élément fondateur des dispositifs Bâle II. La mise en œuvre de la notion des clients, au sein du Crédit Agricole, permettra donc de qualifier le risque que présente chaque que présente chaque emprunteur et par conséquent calculer l’exposition globale du risque de la banque. Sa mise en place passe par :

-la définition des critères de base de la notion qui traduiront une grande partie des facteurs de risque crédit,
La détermination du mode d’appréciation de chaque critère,
-La définition de la fonction de notation qui comportera les coefficients de pondérations de chaque critère.

Il est à signaler que la mise en place du dispositif de notation interne est une action à conduire en mode projet selon une démarche progressive d’amélioration vu le niveau de maturité du système d’information actuel.

VI- Tableaux de bord risque :
Le pilotage du risque suppose la mise en place d’outil de gestion fiable pour la prise de la décision. Les tableaux de bord constituent, dans ce cadre, un outil incontourable. Dans l’absence d’un tableau de bord risque au Crédit Agricole du Maroc, un effort doit être déployé sur deux niveaux : la conception et l’exploitation.

Tableaux de bord risqueLa conception du tableau de bord risque peut s’effectuer selon la démarche suivante :
-La définition du schéma de pilotage globale du risque crédit : elle consiste en l’agencement des différentes activités de maitrise du risque crédit (étude, décision, suivi, pilotage…) dans un cadre conceptuel structuré par rapport aux rôles de chaque intervenant.

-La construction des indicateurs du risque crédit spécifique à chaque activité définit en préalable.

Deux types d’indicateurs sont à distinguer :

-*- Les indicateurs de performance qui permettent d’apprécier le niveau du risque crédit supporté par la banque (exemple : taux d’exposition sur un segement, taux de couverture, taux de casse …).

-*- Des indicateurs relatifs à l’exercice de l’activité elle-même et qui servent à appricier sa valeur ajoutée (exemple : taux de rejet des demandes par un comité)

-La définition de l’articulation des indicateurs sur deux niveaux :

  • Niveau vertical qui traduit les règles de consolidation pour les différents niveaux hiérarchiques
  • Niveau horizontal qui explique les interactions entre les indicateurs

-La fixation des axes d’analyse des indicateurs : la pertinence d’un indicateur s’enrichie par sa lecteure sur différents axes d’analyse à titre d’exemple nous citons :

  • Exemple : l’axe d’analyse client emprunteur qui permet de calculer le taux de couverture par client, par segement ou encore par secteur.
  • Exemple 2 : L’axe objet de crédit permet de calculer le taux de casse sur le crédit à la consommation, sur le crédit immobilier etc.

L’exploitation du tableau de bord risque est une phase aussi importante que sa conception, pour ce fait et compte tenu de la maturité du système d’information actuel du crédit agricole, nous proposons trois mesures à mettre en place.

-La mise en place d’un système de reporting dédié au risque, ce système permettra une remonté sélective et consolidé des données sur le risque.

-L’institutionnalisation des comités de pilotage du risque dont la mission sera l’analyse des indicateurs et l’élaboration des action correctivesn

-La mise en place des indicateurs normatifs et prévisionnels des risques pour une meilleur appréciation des écarts.

Lire le mémoire complet ==> (Gestion du risque de crédit au Crédit Agricole)
Option : Economie et Gestion
Faculté des sciences Juridiques, Économiques et Sociales