Stratégie de l’ONEP pour l’alimentation en eau potable rurale

By 9 May 2011

Stratégies, impacts et mesures d’amélioration dans le cadre de l’alimentation en eau potable ruraleChapitre 2 :
L’intervention active et volontariste de l’ONEP dans l’alimentation en eau potable (l’AEP) urbaine depuis sa création en 1972, lui a permis de développer un savoir faire et une maîtrise technique et technologique dans le domaine et qui ont été mis au profit de l’AEP des populations rurales.

En effet, dès 1985, l’ONEP a axé d’abord  son intervention en milieu rural sur la prise en charge des petits centres ruraux comme pôles de développement par le biais de la solidarité entre l’urbain et le rural (Surtaxe de solidarité). En suite, en 1989, l’ONEP a réalisé les premiers projets d’AEP rurale d’envergure destinés aux douars dans la région du Tafilalet. Ces projets ont connu la mise en place pour la première fois de nouvelles formules de gestion adaptées au contexte rural à savoir la gestion par gardien gérant.

Ainsi, les réalisations de l’ONEP avant 1995 ont permis: La desserte de 750 douars regroupant une population de 450 000 habitants, et la prise en gestion de 44 petits centres ruraux et chefs lieux de Communes rurales regroupant une population de 222 000 habitants.

Par ailleurs, c’est dans le cadre du PAGER que l’intervention de l’ONEP dans le milieu rural a été renforcée et a été articulée autour de deux axes: La poursuite de la prise en charge de la gestion des petits centres comme point d’ancrage pour rayonner sur le rural avoisinant; Et le renforcement de l’intervention de l’AEP à tous les douars limitrophes à ses installations.

A partir de 2001, conformément aux orientations gouvernementales et en application des Directives Royales, l’ONEP, pour optimiser et améliorer son intervention en milieu rural est rentré dans un processus de restructuration et entamé des études visant à mieux connaître le secteur, à travers des études de schémas directeurs et des enquêtes de terrain.

En outre et afin d’avoir une situation globale de l’AEP rurale dans le pays, une étude de diagnostic a été réalisée, en 2004, avec l’appui de la FAO et le concours des principaux intervenants. Cette étude a permis de dresser un bilan très positif des retombées du PAGER et a mis également la lumière sur certaines insuffisances.

Les résultats de cette étude ont été exploités pour l’adaptation de la stratégie ONEP en matière d’AEP rurale et le dégagement d’une nouvelle composante pour la mise à niveau des systèmes d’AEP qui connaissent un dysfonctionnement ou une insuffisance.

Section 1: Stratégie de l’ONEP pour l’alimentation en eau potable (l’AEP) rurale
Fort de son expérience et pour les besoins de sa nouvelle mission, comme interlocuteur unique du secteur de l’eau potable en milieu rural, l’ONEP a développé une nouvelle vision en matière d’AEP rurale, qui consolide les acquis du PAGER et qui vient en accélérer la réalisation, tout en  capitalisant les points forts et en évitant les dysfonctionnements observés. Il est bien entendu que le souci permanent de pérennité du service à cours, moyen et long terme y est très présent.

Paragraphe 1 : Nouvelle vision de l’ONEP en matière de l’AEP rurale
Principes fédérateurs de la stratégie ONEP
Les principes[1] fédérateurs de cette stratégie sont: L’eau potable est un droit pour tous les citoyens; Le renforcement de la pérennité du service de l’eau potable; Le contrôle de la qualité de l’eau distribuée; La priorité est donnée aux projets structurants et aux régions déficitaires en ressources en eau, tout en visant la réduction des inégalités régionales en matière d’accès à l’eau potable ; Le développement des solutions appropriées de gestion selon le contexte et les spécificités et la diversité du milieu rural Marocain ; L’utilité de la solidarité entre l’urbain et le rural; L’adoption de l’approche participative avec les populations rurales; Et la promotion  du partenariat avec les Collectivités locales;

La traduction de ces principes fédérateurs sur le terrain permet d’expliciter la position de l’ONEP à l’égard de certaines questions fondamentales.

Définition de l’intervention ONEP
La mission de l’ONEP dans le rural a été définit autour de deux activités complémentaires: le développement des infrastructures de l’alimentation en eau potable rurale, et la gestion et pérennisation des installations.

Pour le développement des infrastructures de l’AEP rurale, il s’agit de : Planifier, Programmer et Réaliser les nouveaux projets d’AEP rurales pour atteindre l’objectif de la généralisation de l’accès à l’eau potable dans le milieu rural ; Réhabiliter et mettre à niveau les systèmes d’AEP qui connaissent des dysfonctionnements sur la base des Résultats de l’étude diagnostic de l’AEP rurale ; Promouvoir le partenariat et Encadrer les initiatives des tiers dans la réalisation des projets d’AEP rurale (les régies, Communes, AUE, opérateurs privés locaux,..)

Pour la gestion et pérennisation des installations dont il aura la charge: Il y’a lieu de signaler tout d’abord que le souci principal de l’ONEP est d’assurer la pérennité du service et fournir à la population une eau en quantité suffisante et de qualité, tout en respectant les normes de potabilité: Cela exige donc de l’ONEP une maîtrise des installations de production et surtout une parfaite connaissance des ressources en eau.

Ainsi la stratégie[2] de l’ONEP pour la gestion des installations d’AEP rurale se traduit par les modes d’interventions suivants: Intervention directe pour les installations de grande importance (adductions intercommunales…) ou de technicité compliquée (stations de traitement…) ; Assurer au moins la production pour les installations de tailles moyennes (grappes de douars, petits centres ruraux…) dans le cadre de conventions de partenariat avec les opérateurs locaux (communes et associations) ; Assurer l’encadrement, le soutien technique des gestionnaires des installations de faible taille et enclavées dans le cadre conventions tripartite ONEP/Communes/Association (zones montagneuses, les hauts plateaux de l’oriental..;

Typologie des projets préconisés
L’ONEP a toujours basé son intervention pour la réalisation de projets sur l’existence de ressources en eau sûres et pérennes.

C’est ainsi qu’il a toujours avantagé l’alimentation des douars à partir de piquages sur ses adductions existantes ou projetées. L’expérience a montré que les projets, montés autour d’une petite ressource locale, sont plus vulnérables devant les aléas climatiques et les risques de pollution.

Toutefois, l’ONEP reste ouvert à d’autres configurations, tels que les points d’eau aménagés dans le cas où des adductions régionales seraient très difficiles à réaliser ou reviendraient très chères (Zones montagneuses, Rural très dispersé,…).

En fait, l’ONEP préconise de ne pas opérer un choix prédéfini sur une typologie technique donnée; mais de baser le choix sur plusieurs critères tels que la viabilité de l’option choisie, son coût, les problèmes de sa mise en exploitation et l’environnement social dans la zone, car l’expérience a montré que le manque d’adhésion sociale dans certaines zones pourrait conduire à l’échec des projets.

Concernant le mode de desserte[3], la borne fontaine demeure le mode le plus répandu. Toutefois, la population rurale demandant les branchements individuels est en accroissement continu (cf. résultats de l’étude de diagnostic de l’AEP rurale 2004). A cet effet, l’ONEP prévoit dans son programme une composante pour le développement des branchements individuels lorsque la population le souhaite et les conditions technico-économiques le permettent.

Stratégie de l'ONEP pour l'alimentation en eau potable ruraleL’ONEP reste, en effet, favorable à octroyer les branchements individuels sous réserve que la population participe au financement de la partie réseau de distribution et des branchements individuels avec un éventail de facilités financières mis à disposition à cette population ; et que le douar soit équipé d’un système d’évacuation des eaux usées. A noter, que l’ONEP accorde une importance particulière à la question de l’assainissement en milieu rural, la direction de l’Assainissement et de l’Environnement (DAE) travaille conjointement avec la Direction de la généralisation de l’Eau Potable (DEP) afin d’inclure cet aspect, ne serait-ce qu’au niveau de mesures d’urgence, dans les projets d’AEP.

Par ailleurs, l’ONEP entend continuer son programme de prise en charge des centres Chefs lieux des Communes rurales considérés comme pôles de développements socio-économique, afin d’en faire un point d’appui pour étendre son intervention au rural avoisinant.

Approche de mise en œuvre des projets
L’approche visée[4] par l’ONEP est basée sur l’approche participative et le partenariat avec les parties concernées: populations, Communes, Autorités locales, etc.

A cet effet, il cherche systématiquement à impliquer les partenaires concernés par le problème de l’eau.

Afin d’allier urgence et cohérence d’intervention, l’ONEP a choisi d’aller vers la population, et d’œuvrer pour la prise de conscience de celle-ci de l’enjeu que l’eau potable présente et de susciter et encadrer la demande chez cette population.

Outre les Communes Rurales, qui sont en fin de compte, responsables de l’AEP sur leur territoire, l’ONEP veille à nouer des partenariats avec tous les acteurs dans le secteur, notamment les Conseil Régionaux et Provinciaux. A ce titre l’ONEP a déjà conclu des Conventions de Partenariats pluriannuels avec plusieurs Régions et Provinces, ce qui permet une programmation étendue et concertée, et une mobilisation des fonds à temps facilitant l’atteinte des objectifs fixés à l’échelle nationale.

L’ONEP a établi également avec la direction générale des collectivités locales (DGCL) relevant du Ministère de l’intérieur, un programme annuel de concertation sur les projets, par le biais duquel la DGCL aide les Communes rurales pauvres à mobiliser leurs quotes-parts aux financements des projets.

D’un autre coté, l’ONEP encourage et encadre toutes les initiatives des agences de développement nationales ou régionales et des ONG actives dans ce secteur.

Gestion des installations
La mise en place d’un système de gestion adéquat, constitue la pierre angulaire de la durabilité du service de l’eau. La difficulté provient du fait qu’il faut considérer, pour chaque système, la formule la mieux adaptée.

Partant de l’expérience passée, pour développer le secteur de l’AEP rurale, la réalisation des investissements identifiés ne constitue pas vraiment un obstacle majeur. Par contre, il est primordial que cet effort soit associé à de nouvelles formes de gestion adaptées permettant d’assurer la pérennité de ces investissements.

La gestion des installations en milieu rural par le système classique parait non appropriée et engendrerait des coûts d’exploitation exorbitants.

En effet, la problématique de la gestion en milieu rural réside dans la faible taille, la dispersion des douars et l’incapacité financière des ménages.

Cependant, on sait déjà que vu la diversité des situations, il n’y a pas une solution unique qui puisse s’adapter à tous les cas.

Par ailleurs, il est important de signaler que la gestion du service de l’eau avait été confiée aux Communes dans le but d’un développement local, cependant et compte tenu des moyens limités des communes sur les plans financier et technique, il est apparu des déficiences au niveau de la continuité et la qualité du service.

Pour pallier aux lacunes constatées, l’ONEP a érigé cet aspect en axe stratégique. Ainsi, il est envisagé le recours à toutes les solutions possibles selon les contraintes et les spécificités des contextes d’AEP, à savoir le gardien gérant, les associations, la sous-traitance de la gestion, l’appui des communes.

Lire le mémoire complet ==> (Gestion sociale de l’eau au Maroc)
Mémoire de la Licence en Sciences Economiques
Faculté des sciences Juridiques, Économiques et Sociales
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[1] Rapport sur la stratégie ONEP pour la généralisation de l’accès à l’eau potable aux populations rurales, septembre 2005. Source ONEP
[2] Idem
[3] Idem
[4] Idem